Chapitre 38 – Piégés

James poussait la porte de toutes ses forces. Il entendait des cris à l'intérieur du Château. Il lui semblait distinguer Sirius hurler un cri de guerre, avant de se jeter dans la mêlée. Son c½ur battait à tout rompre. Il avait peur. Il ne voulait pas que ses amis meurent. Il ne voulait pas mourir à dix-sept ans. Il ne voulait pas mourir tout court !
Lily eut un hoquet. Elle serrait sa baguette dans sa main à s'en faire mal. Elle ferma les yeux et un tremblement lui parcourut l'échine. Elle n'avait rien dit depuis qu'ils avaient découvert le cadavre du garçon. Mais qui pouvait avoir fait une chose si horrible ? Et puis, elle ouvrit les yeux. Son visage était crispé. Un jet de lumière épais et rouge fusa de sa baguette et vint heurter le bois de la porte. Un trou ! Elle avait fait un trou dans la porte !
James avait presque envie de l'embrasser. Mais il se retint. L'heure n'était malheureusement pas aux câlins. Lily releva la tête, et sans un regard pour lui, passa à travers la porte. Ils arrivèrent dans le hall principal. Il y avait un Mangemort par terre. James s'approcha de lui et lui donna un coup de pied dans les côtes. Il ne bougeait pas. Mort, pensa James, avec satisfaction. Aussitôt, ses pensées le dégoûtèrent.
Des cris fusaient tout autour d'eux. Mais James ne voyait personne. Lily lui indiqua l'escalier d'un mouvement de tête, toujours muette. James comprit. La bataille se déroulait en haut. Rapidement, il montait l'escalier, suivi de Lily. Elle lui faisait un peu peur, à ne rien dire.


Lena et Remus couraient sous la pluie. Il n'était pas tranquille. Sa perception plus aiguë que les humains normaux lui disait que quelque chose d'anormal se tramait. Il en fit part à Lena, tout en courant. Soudain, Remus s'arrêta brusquement. Lena faillit tomber. Elle lui lança un regard interrogateur.
- Je sens l'odeur du sang, murmura Remus, livide.
Alarmée, Lena sortit sa baguette. Remus fit de même. D'un geste, Lena lui demanda d'ouvrir le chemin. A regrets, Remus se dirigea vers la gauche, du côté opposé du Château.
Ils avaient l'impression de ne pas avancer. Ils n'y voyaient rien, à travers la pluie. Leurs pas se faisaient hésitants. Mais Remus se fiait à son nez. Il guidait Lena à travers le Parc, dont les herbes étaient de plus en plus hautes. Personne ne venait jamais dans cette partie du Parc. Elle était un peu laissée à l'abandon. La rumeur disait qu'Hagrid y laissait des créatures sauvages en liberté. Perdue dans ses pensées, Lena ne vit pas que Remus s'était arrêté. Elle se cogna contre lui. Il en profita pour la serrer dans ses bras, avec tant de force que Lena en eut la respiration coupée.
- Il vaut mieux que nous partions d'ici, Lena. C'est trop horrible.
- Qu'est ce qu'il y a, Remus ? Dis-moi, le supplia presque la jeune fille. Il avait l'air bouleversé.
- Des animaux morts, voilà ce qu'il y a, répondit le garçon, secoué. Je crois qu'ils protègent Poudlard.
Lena ferma les yeux deux secondes. Très bien. Si Remus ne voulait pas qu'elle voie, elle ne regarderait pas. Sa curiosité avait des limites, surtout si le sujet était morbide. Elle se retourna, prit la main de Remus dans la sienne, et se mit à courir vers le Château.


Ils avançaient doucement, en file indienne. Les cris et les incantations hurlés à pleins poumons donnaient mal au c½ur à Tina. Elle avait envie de vomir tout ce qu'elle savait et de serrer sa peluche préférée dans ses bras. Des Mangemorts. A Poudlard. Ils étaient entrés dans Poudlard. Mais comment ? Etaient-ils partout ? A l'étage, dehors ? Une peur horrible lui serrait l'estomac. Elle ne savait pas quoi faire. Elle se tourna, et vit ses amis la suivre. D'accord. Elle était leur leader. Elle devait assurer, et surtout ne pas se prendre un sort en pleine poire. Elle s'accroupit. Ils étaient arrivés au Deuxième Etage. A sa gauche, elle vit Mc Gonnagal se battre contre quatre Mangemorts. Elle criait des choses qui échappaient à Tina, tant le vacarme était assourdissant. Son chignon s'était défait, et une grimace de rage déformait ses traits habituellement sévères. Trois Aurors étaient devant une porte. Apparemment, ils la protégeaient. Plus loin, Tina vit le Professeur Flitwick faire tomber une armoire sur deux Mangemorts. Il les ligota, et leur jeta un sort. Ils disparurent. Tina n'en croyait pas ses yeux. Maintenant, il prêtait main forte à sa collègue, tandis que les Aurors restaient là, lançant des sorts de loin. Ils étaient apparemment protégés par un sort. A droite, la voie semblait libre. Elle se tourna vers Sirius, qui était à genoux derrière elle.
- Où est-ce qu'on va ?
- Pas dans notre Salle Commune ! chuchota Sirius, paniqué. La peur transformait sa voix. Les Aurors protègent celle des Serdaigles ! On dirait que les Mangemorts veulent y entrer !
Tina sentit sa gorge se serrer. Ils devaient se bouger, pour ne pas faire office de cible. Elle fit un geste de sa main, s'assura que ses amis l'eurent comprise, et courut, le dos courbé, vers la droite. Quelqu'un poussa un cri. Paniquée, elle se tourna, et vit Vanessa qui était tombée par terre. Sa jambe était ensanglantée. Anthony lança sur eux une bulle de protection, aussi puissante qu'il le put, et aida Peter à porter la jeune fille. Ils couraient tous à la suite de Tina, qui passait devant des salles de classes, sans s'arrêter.
- Où est-ce qu'on va ? cria Betty. Elle semblait à bout de souffle.
- Loin d'ici ! cria Tina. Il y a trop de Mangemorts !


- Il n'y a personne, ici ! chuchota James. Le couloir était désert. Peut-être s'étaient-ils trompés de direction. Les escaliers menaient vers tellement d'endroits différents !
- Par là ! s'exclama Lily. De la lumière ! Viens !
Ils coururent jusqu'à l'endroit lumineux, qui semblait se diriger vers eux avec nonchalance.
Lily sursauta avec force. Elle fit un bond violent en arrière.
- Belle soirée, n'est ce pas ? demanda l'homme. Il abaissa sa capuche, et Lily put voir le personnage sourire de toutes ses dents, comme s'il était particulièrement content d'être là.
Avant même que James ait pu faire un geste, une lame sortit de la baguette de l'homme, qu'il pointa sur la gorge de Lily.
- Asseyez-vous. Nous allons discuter, annonça le Mangemort d'une voix doucereuse.
- Qu'est ce que vous nous voulez ? cria James avec hargne.
- Discuter, mon cher ami, puis m'amuser un peu avec vous. Je me présente, fit l'homme avec une petite courbette ridicule, Tobias Rice. Et vous ?
Les deux adolescents ne répondirent pas. Le Mangemort appuya sa lame négligemment sur la peau de Lily, tétanisée par la peur.
- Evans, bredouilla-t-elle. Lily Evans.
- Oh, mais vous êtes une Sang-de-Bourbe, me trompai-je ? questionna Tobias Rice.
- Nnnon, bégaya la jeune fille. Elle ferma les yeux. Une goutte sueur coula le long de son nez.
- Je vais devoir vous tuer, jeune dame. Dommage, vous êtes physiquement à mon goût. Et vous, mon garçon, votre nom ?
- James Potter, articula James. Il réfléchissait de toutes ses forces à un moyen de s'en sortir. Si il tentait quelque chose avec sa baguette, l'ordure trancherait net la gorge de Lily.
- Vraiment ? demanda l'homme. Il approcha son visage de celui de James, réellement intéressé. C'est qu'on ne voit pas très bien, dans le noir, ajouta-t-il avec un petit rire. Oh, oui, c'est bien vous. C'est fou ce que vous ressemblez à votre père ! s'exclama le Mangemort, satisfait. On va l'a déjà dit ? supposa-t-il avec raison. Bien, très bien ! s'exclama Rice, guilleret. Le Maître va être fier de moi quand il saura que j'ai assassiné le fils de William Potter ! Et accessoirement débarrassé la planète d'une impure à son sang... Mais ça, c'est un autre débat. Soudain, le Mangemort se figea dans son expression de contentement extrême. Il tomba lentement en avant. Lily et James se jetèrent sur le côté. Ils sortirent leur baguette d'un geste rapide et la pointèrent sur l'inconnu qui se tenait devant eux.
- Il parlait trop, lâcha l'homme, un petit sourire au coin des lèvres. Baissez vos baguettes, les jeunes. Je suis dans votre camp.
James se leva, et Lily l'imita aussitôt. Une fine goutte de sang perlait au niveau de son cou. Elle se tâta la gorge, comme pour s'assurer qu'elle était toujours là.
- C'est un Auror, acquiesça Lily après avoir scruté l'homme. Elle baissa sa baguette. Comment vous vous appelez ?
- Scarlotti, répondit l'homme. Vous feriez bien d'y aller. Vous n'êtes pas en sécurité ici.
James le regarda, interloqué. L'Auror était de taille moyenne, et semblait être un homme comme un autre, banal, ni trop gros ni trop mince, ni beau, ni moche, sans signe distinctif particulier.
- Et où on est supposés être en sécurité ? James le regarda dans les yeux. Il n'y voyait rien, si ce n'est le reflet des siens.
- Honnêtement ? Je ne sais pas trop, répondit l'Auror. Les Mangemorts ont envahi l'Ecole. On ignore comment. D'après des sources sures, ils essayent d'entrer dans les différentes Salles Communes. Donc je vous déconseille de vous y cacher.
- Même dans celle de Serpentard ? s'exclama James.
Scarlotti hocha la tête.
- Je retourne au combat, les enfants, annonça l'Auror, après une minute de silence. Bonne chance !



- Merde ! s'exclama Remus. Moi aussi j'aurais dû avoir ce fichu miroir !
- Qu'est ce que tu dis ? demanda Lena, qui regardait le trou dans le mur avec une certaine appréhension.
- Pour communiquer avec eux ! Je sais pas où ils sont ! Viens, on y va ! s'écria Remus avec détermination, en lui serrant la main très fort.
- Est-ce qu'on a seulement le choix ? fit Lena en déglutissant avec force. J'aurais dû écrire à mes parents, pensa-t-elle avant de s'engouffrer dans le hall, glauque, de leur Ecole.
Quelqu'un éclata de rire. Ni Remus ni Lena n'osèrent faire de la lumière, ne sachant pas ce qui les attendait. Ils avancèrent silencieusement vers la porte de la Grande Salle, d'où provenait le bruit. Quelque chose se serra dans le corps de Remus. Deux ombres encapuchonnées torturaient des élèves apeurés. Ils étaient trois, acculés contre le mur, le visage déformé par la peur. Les vêtements de la fille était déchirés, et des minuscules plaies saignaient partout sur sa peau. Des larmes inondaient son beau visage. Les garçons n'étaient pas en meilleur état. Ils tremblaient de tous leurs membres, sans fin, comme électrocutés. L'un d'eux se crispa, et vomit une mousse blanche. Il ne bougea plus. L'autre remuait les lèvres, recroquevillé en f½tus sur lui-même. Remus sentit de la bile remonter dans sa bouche.
- EXPERLIAMMUS ! hurla-t-il. Les Mangemorts s'écrasèrent contre le mur. Un filet de sang coula du front d'une des femmes. On aurait dit des s½urs. Elles étaient presque belles, comme ça, évanouies. Remus enjamba les obstacles par terre, ramassa leurs baguettes, et les brisa en deux. Il les ligota, serra leurs liens à la main, et s'éloigna de ces deux monstres. Il s'appuya contre un mur, et se laissa tomber par terre. Il aurait voulu être resté dans la Serre, avec Lena, jusqu'à l'infini.
- Comment tu t'appelles ? chuchota Lena, avec douceur.
- Kristy, murmura la petite fille. Elle était minuscule, livide, et des croûtes se formaient sur sa peau. Lena enveloppa les enfants dans une bulle de chaleur, et leur fit apparaître des couvertures. Elle leur fit boire tour à tour de la Bierraubeurre, espérant les réchauffer un peu. La jambe de Jeremy avait une fracture ouverte. Elle lui fit une attelle, puis cicatrisa les plaies superficielles de Dominic. Elle sursauta. Remus était derrière elle, et avait posé une main sur son bras.
- Allons-nous en, murmura-t-il doucement.
- On ne peut pas les laisser ici ! s'exclama Lena, horrifiée. Pas avec ces monstres dans la même pièce ! Il faut qu'on les emmène avec nous !
- En pleine bataille ? Pas question, trancha Remus. Il faut qu'on retrouve les autres, qu'on se mette en sécurité !
- Mais où ? Tous les Mangemorts sont sûrement d'anciens élèves ! Ils connaissent l'école par c½ur ! Tu comprends ?! Lena perdait le contrôle d'elle-même. Sa mâchoire tremblait, et elle semblait sur le point de pleurer.
- Chuuut, fit Remus en essayant d'apaiser sa petite amie. Je connais un endroit sur. Tous les élèves n'ont pas la prétention d'être des Maraudeurs. On va les y emmener. Pour ça, il faut que tu nous désillusionnes. Tous. On pourra y aller sans danger. Je te le promets, assura Remus en serrant Lena dans ses bras. Il lui caressa les cheveux deux secondes, puis se détacha d'elle. Il faut qu'on y aille.



- Ici ! cria Tina. Elle poussa la porte d'un coup. Ses forces semblaient décuplées. Elle ne savait pas où elle était. Elle avait couru, longtemps, les autres à sa suite. Elle se laissa tomber par terre, dans un coin, et passa ses mains sur son visage, cinq fois. Peter et Betty s'activaient autour de Vanessa. Elle ne savait pas exactement ce que la fille avait, et étrangement, ça lui était complètement égal. Tina ne savait pas ce qui lui prenait. Elle était dans la peau de quelqu'un d'autre.
- Viens nous aider ! lui cria Sirius, qui était penché sur Vanessa.
Enervée, Tina se leva, et s'approcha de la blessée. Okay. Une mare de sang flottait autour de sa jambe, qui était devenue bleue.
- Putain ! s'exclama Tina, horrifiée. Elle se mit à genoux, et commença à marmonner une série d'incantations destinées à guérir cette blessure. Après cinq minutes qui leur semblèrent à tous une éternité, le sang cessa de couler. Mais la plaie était toujours aussi purulente.
- Je vais perdre ma jambe. Vanessa était blême, le visage recouvert d'une fine pellicule de sueur. Ses yeux sortaient de ses orbites et ses lèvres étaient blanches. Sa question sonnait comme une affirmation.
- Mais non ! s'exclama Betty. On veillera sur toi ! Je te le promets. Elle serrait la main de Vanessa, fort. L'inquiétude se lisait dans ses yeux. Tina et elle échangèrent un regard. Sirius essayait de sourire, sans succès. Il se mit à faire les cent pas, et Peter le fixait sans cligner des yeux, absent.
Personne ne parlait. Tina observait tour à tour ses camarades de galère, et voyait bien que parfois, quelqu'un voulait dire quelque chose, mais n'osait pas. Seules les plaintes de Vanessa troublaient le silence.
Anthony, posé près de la porte, sursauta soudain comme un diable dans sa boite.
- Des bruits ! Il y a des bruits dehors ! Qu'est ce qu'on fait ?
- Lance un sortilège de protection sur nous ! lui intima Sirius, qui avait récupéré son self control. Anthony obtempéra.
Sirius fonça vers la porte. L'ouvrit lentement.
- Je ne vois rien, annonça-t-il après s'être figé pendant une minute.



- Qu'est ce que tu crois que fait Dumbledore ? chuchota soudain Lily. Jamais le Château ne lui avait semblé si grand. Elle avait l'impression d'être redevenue une petite fille de onze ans, nouvelle, nerveuse et paniquée. A l'époque, elle avait peur de se perdre, de ne pas être vraiment une sorcière, que ce soit une mauvaise blague, un rêve éveillé. Mais finalement elle s'était rendue compte que tout était réel, bien là. Comme maintenant.
- J'en sais rien, répondit James sur le même ton.
- Qu'est ce qu'on doit faire dans une situation pareille ? demanda Lily.
- Se mettre à l'abri, fit James, sûr de lui.
- Mais où ? Et les autres ? murmura la jeune fille d'une voix hachée.
- Il faut qu'on sache pourquoi les Mangemorts sont ici.
- Comment ?
- Chuuut, dit James. Il s'était arrêté de marcher. Ils étaient au bout d'un couloir. Je vais contacter Sirius, annonça-t-il. Ils parlèrent quelques minutes. James fit un topo de la situation à Lily. Ils n'avaient aucune nouvelle de Remus et Lena. Sirius et les autres étaient dans une classe avec une blessée grave. La petite amie de Peter. Ils ne savaient pas quoi faire d'autre que de s'y cacher. Lily coupa James dans ses explications. Des gens se rapprochaient. Ils parlaient et riaient fort. James tira Lily derrière une statue. Ils étaient presque dans les bras l'un de l'autre. Lily serra les mains de James.
- Le Maître va être content de nous, si on trouve cette dague, jubila un des Mangemorts.
- Encore faut-il qu'on l'a trouve ! lança l'autre, pessimiste. Elle n'est pas chez les Serpentards, une connaissance a vérifié. Mon frère m'a dit à l'instant qu'elle n'était ni chez les Pouffsoufle ni chez les Gryffs.
- Je crois pas qu'elle est chez les Serdaigles ! coupa le premier. Ils sont trop vertueux, ces idiots ! Il se mit à ricaner.
Lily et James respiraient le plus silencieusement possible, mais avaient peur que les battements de leurs c½urs les trahissent. Les Mangemorts passèrent devant eux sans les remarquer, d'une démarche conquérante.
- Y'a p'tet moyen qu'elle soit chez le vieux Dumby, continua l'autre. T'imagines ! Ca fait des années que je rêve de le buter, l'enfoiré !
- En parlant de buter, reprit son camarade, tu sais pourquoi le Seigneur nous a dit de les capturer et de les garder en vie ? Il avait l'air choqué d'une telle requête.
- J'en sais rien, répondit l'autre. Mais ce sont les ordres, alors on exécute, c'est tout. Arrête de te poser trop de questions, et je te dis ça uniquement parce que je t'aime bien.
L'écho de leurs voix s'éloignait au fur et à mesure, puis disparut définitivement. Après cinq minutes d'attente, James et Lily bougèrent enfin de leur cachette.
- Qu'est ce qu... ? commença Lily, bouche bée.
- Je sais où on sera en sécurité, coupa brusquement James. Dans la Salle du Cyclope. Mais c'est à l'autre bout du Château.


Photo : Lily Evans
Chapitre 38 – Piégés

# Posté le lundi 05 mars 2007 11:20

Modifié le samedi 14 avril 2007 08:00

Chapitre 39 – J'ai passé une excellente soirée, mais pas aujourd'hui

Première partie


- Doucement, chuut... Ca va aller, ne vous inquiétez pas, chuchotait calmement Lena, en essayant d'apaiser les trois enfants. On va y arriver. Pas vrai, Jeremy ? l'encouragea-t-elle avec énergie. Elle le remonta sur ses épaules, pour ne pas qu'il tombe. Il avait une fracture plutôt moche à la jambe, et était dans une sorte de demi conscience. Elle sentait ses bras s'accrocher à son cou comme à une bouée, et cela la poussait à continuer d'avancer.
- J'ai mal, se mit à pleurnicher Dominic. Il cessa de marcher. Il sembla à Remus que son petit visage se crispa de douleur, parce que moins d'un seconde après, son corps désillusionné s'affaissa par terre. Remus se pencha vers le garçon et le prit dans ses bras. Il avait déjà Kristy sur ses épaules, et son mauvais état la rendait plus lourde. Le jeune homme se demandait si ils avaient encore beaucoup de chemin à faire jusqu'à la Salle du Cyclope, parce qu'il sentait ses forces l'abandonner.
- Le charme fonctionne bien ? demanda Lena, dont la voix était devenue étrangement aiguë, signe qu'elle n'allait pas aussi bien qu'elle voulait le faire croire.
- Oui, pour le moment, répondit Remus en serrant les doigts de Lena deux secondes pour lui exprimer son soutien et son tout amour. Continuons, murmura-t-il. On va y arriver. Il entendit Kristy renifler, ce qui lui fit accélérer l'allure.


- D'où viennent ces bruits ?
Sirius se tourna vers Betty. Des étranges sons, comme des cliquetis, semblaient se rapprocher d'eux, dans une sorte de mélodie tristement macabre. Le jeune homme ouvrit un peu plus la porte, mais ne distinguait rien d'autre qu'un couloir vide.
- Je ne sais pas ! chuchota-t-il, agité. Je ne vois rien !
Il poussa soudain un cri horrifié. Sirius secouait son corps comme quelqu'un atteint d'épilepsie. D'étranges bosses se mouvaient sous ses vêtements.
- Aaaaah ! Des trucs me courent dessus ! Ils vont rentrer dans mon corps et me bouffer de l'intérieur ! criait-t-il, sans arrêter sa danse folle. Son miroir glissa de sa poche et tomba par terre, se brisant en petits morceaux.
- Ne bouge plus ! lui cria Tina, alors qu'elle sortait sa baguette de sa poche. Elle la pointa sur Sirius, et s'écria : « Scripto » ! Après deux secondes d'étonnement, comme si elle doutait de l'efficacité de son incantation, elle s'approcha lentement de Sirius, qui s'était figé, blanc comme un ligne.
- Ca va, tu n'as rien ? demanda doucement Tina en le regardant. Des traces de brûlure perçaient sa chemise là où les choses se trouvaient précédemment, et Sirius semblait sur le point de vomir. Il avait apparemment vécu la peur de sa vie.
- Qu'est ce que c'était ? murmura Sirius, reprenant ses esprits. J'ai la nausée, ajouta-t-il, le visage crispé. Il se plia vivement et vida son estomac par terre autant qu'il put. Il n'avait pas remarqué que son miroir était cassé.
- On dirait des mégapodes telluriens, annonça Anthony, tout en faisant disparaître le vomi de Sirius. Il s'était penché sur les cadavres calcinés. Je peux t'assurer que d'habitude, ils ne se déplacent pas en meute, et leur régime alimentaire se borne uniquement aux animaux ... Je ne comprends pas ce qu'il se passe, avoua-t-il. Pourquoi sont-ils dans le Château ? Anthony semblait inquiet.
Betty le regarda deux secondes, surprise. Elle s'approcha de Tina, qui semblait épuisée, et la fit asseoir sur une chaise à peu près intacte.
- Comment ça se fait que tu connaisses toutes ces formules, et que Sirius n'ait pas été brûlé alors que les créatures étaient sur son corps ?
- Comme tu le sais, ma mère est guérisseuse, donc elle m'a appris certaines formules, expliqua son amie, un peu sur la défensive. Et le sort que j'ai lancé à Sirius, c'est un Auror qui me l'a appris, ajouta-t-elle, en baissant les yeux.
- Un Auror ? s'exclama Betty, les sourcils froncés sur ses yeux bruns qui brillaient d'un mélange qu'elle même n'aurait pas su définir. Elle mit ses mains sur les épaules de Tina. Tu fréquentes des Aurors maintenant ? Un de l'école ? Qui ça ? interrogea-t-elle, curieuse et méfiante en même temps.
- Il s'appelle Zovi, c'est un italien, répondit brièvement Tina. Peu importe comment je l'ai connu, ce n'est pas le moment, continua-t-elle. Il faut qu'on aille voir s'il n'y a pas d'autres de ces créatures, d'accord ? Qui vient avec moi ? demanda-t-elle en regardant tour à tour chacune des personnes présentes dans cette vieille salle poussiéreuse. Dehors, le ciel était toujours aussi sombre, et la pluie fouettait les fenêtres, fort.
- Betty, et Sirius, venez avec moi, suggéra finalement Tina en se levant, alors que Peter annonçait qu'il restait avec Vanessa parce qu'elle avait besoin de quelqu'un pour la soigner et la protéger.
- Je viens avec vous, avisa soudain Anthony, se levant d'une chaise défoncée. Je pourrais vous être d'une certaine aide, continua le jeune homme en s'avançant vers les trois amis. Désolé, vieux, dit-il à Sirius en lui tendant les morceaux du miroir qu'il avait ramassés. Il est cassé.
- Merde ! s'écria Sirius en voyant que son seul moyen de communication avec James s'était brisé en mille morceaux. Il est irréparable ! s'exclama-t-il, furieux. Il serra les poings, et semblait sur le point de se les exploser sur le mur le plus proche. Sirius n'arrivait pas à imaginer qu'il lui était à présent impossible de parler à son meilleur ami, dans une situation où leur sort à tous était incertain.
- Arrête, lui dit simplement Betty, en prenant son bras. Elle le regarda dans les yeux, et essaya de lui communiquer le peu d'espoir et de courage qui lui restait, en cachant bien qu'elle était accablée, effrayée, et morte de fatigue. Tu vas te défouler en tuant les cochonneries qui t'ont attaquées, tenta-t-elle de plaisanter, sans convaincre personne.
Sirius acquiesça, abattu. Il s'approcha de Peter et Vanessa, leur dit qu'ils reviendraient bientôt, et serra brièvement l'épaule de son ami, tout en se demandant s'il y avait une chance que ses déclarations soient vraies. Il sortit de la pièce, et Betty et Tina le suivirent.


- J'espère qu'on ne croisera personne en chemin, murmura James, faisant part de ses pensées à Lily le plus doucement possible. Ils rasaient les murs humides, durs et froids du Château, contournaient les tableaux vides d'occupants, les armures inanimées, et les torches éteintes. Ils avançaient très lentement, et James avait l'impression qu'ils arriveraient à la Salle du Cyclope à l'aube.
- Je te le dis au cas où... James s'interrompit, et se tourna vers Lily. Il plongea ses yeux dans ceux de la jeune fille, et y lut tout un panel d'émotions que lui même ressentait : la peur, l'angoisse, la lassitude, l'inquiétude, mais aussi la détermination, le courage, et la volonté. Il sourit, soulagé, et un poids s'envola de ses entrailles. Ecoute moi bien, reprit-il, la salle est au cinquième étage. Tu prends le deuxième couloir, et tu marches sur environ cent mètres. Là, il y trois bifurcations. Tu prends celle de gauche, et tu vas jusqu'au bout. Tu seras face à un mur. Il y a une fausse pierre, sur laquelle tu tapotes ta baguette quatre fois en chantonnant : « Laissez-moi entrer dans le repère du plus divin de l'Antiquité ». Tu y seras en sécurité, lui promit James. D'accord ? demanda le jeune homme en se penchant vers elle, réellement inquiet pour son sort.
Lily cligna des yeux, troublée. A cet instant, elle était sure que James était bel et bien sincère avec elle, plus que n'importe quel garçon ne l'avait été et ne le serait jamais. Assimilant cette constatation, son visage s'embrasa, de honte de penser aux sentiments dans un moment et une situation pareils, et de consternation face à son comportement navrant durant toute l'année avec le jeune homme, qui, à cet instant, semblait uniquement inquiet pour elle, pas même pour lui. Heureusement, il faisait aussi noir que dans un four, pensa Lily avec soulagement.
- Tu m'as bien entendu ? demanda James, toujours penché vers elle, attendant visiblement une réponse positive.
- Oui, répondit Lily avec une voix un peu éraillée. Elle baissa les yeux, et poussa un peu James pour qu'il continue de marcher.
- De toutes façons, on ira ensemble, reprit-elle en essayant de lui sourire gentiment.
- Bien sur, fit James, en souriant lui aussi. Ca lui faisait plaisir de voir qu'elle essayait d'être positive.


- Seigneur ! souffla Minerva Mc Gonnagal en grimaçant. Ses côtes la faisaient atrocement souffrir. Elle regarda rapidement son estimé collègue, le professeur Flitwick, lancer des sortilèges et autres incantations aux Mangemorts qui affluaient vers eux comme des mouches sur un cadavre en décomposition. Elle grimaça encore plus face à ses réflexions. D'un geste vif et agile, elle esquiva un sort jeté par un personnage encagoulé. Rien que pour voir contre qui elle se battait, Minerva fit voler la capuche du Mangemort. Ses yeux verts s'écarquillèrent en reconnaissant Robert van Dale, un homme avec qui elle avait eu une liaison quelques années plus tôt. Malgré l'effarement qui la submergea, elle ne retint pas son bras, et son ancien compagnon valsa durement contre le mur de pierre qui se trouvait quelques mètres derrière lui. Chassant toute pensée qui pourrait la rendre moins lucide et donc plus vulnérable, elle regarda autour d'elle, analysa la situation et continua d'éviter et de lancer des sorts, mécaniquement. Minerva Mc Gonnagal, vingt-six ans et jeune professeur de Métamorphose de son état, se raccrochait à la certitude que les renforts arriveraient bientôt, et que Dumbledore assurait la survie de ses élèves plus que n'importe quoi d'autre.


- Vous ne trouvez pas étrange qu'on n'ait encore croisé aucun autre élève ? demanda anxieusement Betty, qui regardait droit devant elle, dans le couloir obscur, et vide. Elle se tourna vers Anthony, qui ne répondit pas.
- A mon avis, fit Tina qui marchait à côté d'elle, ils sont tous dans leur Salle Commune. Tu te souviens, hier, les Préfets y ont ramené les élèves.
- C'était hier ? demanda brusquement Sirius, d'une voix éthérée.
- Non, dit Tina après quelques instants de silence. Tu as raison. C'était il y a quelques heures, peut-être trois.
- Ils n'ont pas l'air d'être là, marmonna Anthony, rompant le silence après plusieurs minutes de marche en silence. Les mégapodes telluriens, je veux dire, expliqua-t-il en voyant les autres le regarder bizarrement.
- J'ai un truc à vous demander, commença Betty, son humeur passant brusquement de la nervosité à la colère. Je peux savoir pourquoi vous vous êtes cachés derrière ce mur au lieu d'aller directement dans la Salle Commune ? Et surtout pourquoi vous m'avez forcée à me cacher avec vous ?
Sirius ouvrit la bouche pour répliquer une phrase bien sentie, mais pour une fois, il ne trouva rien à répondre. Il stoppa sa marche, embêté.
- Il fallait qu'on retrouve les autres avant de se mettre en sécurité, répondit calmement Tina. Et puis quand on est sortis de la cachette, on ne t'a pas forcée à nous accompagner. Je veux dire, reprit-elle en voyant l'expression blessée de son amie, que tu aurais pu aller dans la Salle Commune, mais que tu as préféré rester avec nous.
- Et puis, continua Sirius, ç'aurait été une mauvaise idée d'y aller, étant donné que les Aurors mettaient beaucoup d'acharnement à bloquer l'entrée des Salles Communes aux Mangemorts.
- Ouais, grogna Betty en faisant un geste vague de la main. Excusez-moi, je suis un peu sur les nerfs, avoua-t-elle, honteuse.
- C'est bon, fit Sirius en essayant de sourire pour la rassurer. Moi non plus, je n'aurais pas apprécié qu'on me kidnappe sans me demander mon avis. Il posa sa main sur l'épaule de son amie. Qu'est ce que t'as, Antho ? demanda-t-il en voyant le jeune homme s'arrêter de marcher, quelques mètres plus loin, comme pétrifié dans un mouvement de stupeur.
- C'est horrible, cracha le Serdaigle d'une voix pleine d'émotion. Vraiment horrible.


- Tu ne crois pas qu'on devrait aller dans notre Salle Commune ? questionna Lily, alors qu'ils étaient arrivés au troisième étage.
- Franchement, je ne pense pas, répondit James après un temps de réflexion. Tu as entendu ces deux Mangemorts comme moi : ils cherchent quelque chose, une dague, et des gens, peut-être des élèves, des professeurs, n'importe qui. Je pense que tant qu'ils n'auront pas trouvé, il vaut mieux se mettre en lieu sur.
- La Salle du Cyclope le sera ?
- Je te le garantis. Peu de gens la connaissent.
- Tu penses que les élèves sont en sécurité, quelque part ?
- Oui, répondit James en hocha la tête avec certitude. Je suis sur que Dumbledore s'en occupe. C'est vraiment un homme de confiance. Mon père est son bras droit.
- Vraiment ? s'exclama Lily, étonnée.
- Chut, parle moins fort, on va se faire repérer, chuchota James, en regardant autour de lui, préoccupé. On parlera de ça plus tard. Viens, montons, il nous reste encore deux étages.
Lily acquiesça, inspira profondément et reprit sa marche, derrière James.

# Posté le samedi 14 avril 2007 07:50

Deuxième partie

Debout, le regard fixe, Dumbledore attendait une réponse à sa missive. Il en avait envoyé cinq en tout, et aucune réponse ne parvenait. A chaque fois, il faisait la navette entre cette pièce qui faisait office de bureau de fortune et la Salle où se reposaient magiquement tous les élèves de Poudlard. Enfin, presque tous. Il en manquait dix-neuf, et ils restaient introuvables. Les Aurors et les Professeurs étaient trop occupés à se battre contre les Mangemorts pour partir à la recherche d'une dizaine d'adolescents en vadrouille.
- Professeur Dumbledore ! s'exclama Robert Paris, le chef des Aurors, essoufflé. Mes hommes viennent de me faire part d'activités suspectes dans la Forêt Interdite.
- Ca suffit ! trancha Dumbledore d'une voix puissante qui ne souffrait d'aucune réplique. Je vais régler ça ! fit-il en s'avançant vers le petit homme. Je ne supporterai pas de rester enfermé ici une minute de plus !
- Désolé, Professeur, mais vous n'avez pas le droit, dit l'Auror en sortant sa baguette. Ce sont les ordres de Monsieur le Ministre.
- Mon pauvre Robert, fit Albus Dumbledore, sincèrement désolé. Vous croyez vraiment que vous réussiriez à me maîtriser ? Quand le Château sera en sécurité et tous les Mangemorts enfermés, j'aurai une petite discussion avec Monsieur le Ministre Henri de Pulford. Maintenant, écartez-vous, je n'ai pas envie de vous faire souffrir.
- Pourquoi avoir attendu ce moment pour sauver votre Château, si vous aviez les moyens de le faire bien plus tôt ? demanda Robert Paris en s'écartant de Dumbledore, comme pour le laisser passer.
- Voldemort vient d'arriver, et mes élèves sont en danger de mort, répondit le Directeur de Poudlard, une lueur de colère flottant dans ses yeux bleus. Je vous charge de surveiller l'endroit, Robert. Vous avez pris là une sage décision. Dumbledore marmonna une incantation dans la langue des Sirènes, et disparut.


- Mon dieu ! s'écria Tina qui avait franchi les quelques mètres qui la séparaient d'Anthony. C'est le Professeur Electra ! ajouta-t-elle d'une voix blanche. Elle ferma vivement les yeux, et faillit tomber sur le corps. Betty la soutint, sans dire un mot. Elle était plus pâle que jamais et sa bouche tremblait. Sirius vomit pour la deuxième fois en moins d'un quart d'heure. La pauvre femme était réduite à l'état de décomposition avancée, seule sa chevalière particulière permettait de l'identifier.
- Partons d'ici, fit Anthony en déglutissant. Retournons dans la classe...
- Non ! coupa vivement Sirius. Nous devons continuer à avancer. On doit retrouver les autres, se mettre en sécurité, attendre les renforts !
- Mais nous ne serons nulle part en sécurité ! s'exclama brusquement Betty, en colère. Qu'est ce que tu veux qu'on fasse dans cette classe avec Peter et Vanessa ? Elle est blessée et incapable de bouger. Peter a choisi de rester avec elle. On viendra les chercher après...
- Après quoi, hein ? demanda brutalement Tina. Quand ils se seront fait surprendre par des Mangemorts ? Quand ils seront dans le même état que le Professeur Electra ?! Sa voix se brisa. Christina se mit à pleurer, secouée de sanglots, dans ce long couloir sombre et vide, avec un cadavre à ses pieds, à la merci de n'importe quel danger. Cette constatation la fit pleurer encore plus.
Betty la serra dans ses bras. Elle lui chuchota à l'oreille :
- Je voulais dire, après avoir trouvé des secours. Excuse-moi, Chris. Tina se détacha lentement d'elle et regarda son amie dans les yeux. Des larmes perlaient sur ses longs cils bruns.
- Oui. Je suis stupide, marmonna Tina en reniflant. Désolée. On peut y aller.
Sirius lui sourit et lui serra le bras.
- J'ai confiance en nous, avoua-t-il.


- Fais attention où tu mets les pieds, chuchota James. Il marchait sur la pointe des pieds, faisant attention à ne pas toucher le bord des dalles.
- Pourquoi ? demanda Lily, qui observait son manège.
- J'ai oublié de te dire que l'endroit est protégé. Si tu marches sur les fissures entre les pierres, notre présence est détectée.
- Par qui ? demanda nerveusement Lily.
- Le cyclope, répondit normalement James, comme s'il s'agissait d'une chose tout à fait banale.
- Quoi ? s'exclama la jeune fille, abasourdie. Elle s'arrêta de marcher, prenant bien soin de poser chaque pied sur le centre d'une dalle.
- Ne t'inquiète pas, si on fait bien attention, le cyclope reste endormi. Regarde, chuchota-t-il rapidement, on voit la fin du couloir ! Le visage de James Potter se détendit soudain.
- Je suis contente, chuchota Lily en souriant doucement. C'est bientôt la fin du cauchemar. Enfin, ne parlons pas trop vite, ajouta-t-elle en reprenant son ascension vers la fin du couloir, qui était quand même assez loin.

- Quelle heure il est ? demanda doucement Remus, brisant le silence total de la pièce dans laquelle ils s'étaient arrêtés pour un peu se reposer.
- Quatre heure vingt-cinq, répondit Lena sur le même ton. Elle n'arrivait pas à imaginer pire nuit. Elle était sure de s'en souvenir toute sa vie, si elle réussissait à y survire. Tout avait pourtant si bien commencé. Quel cauchemar.
Remus sentait ses yeux se fermer contre son gré. Il laissa reposer sa tête contre le dos du fauteuil.
Brusquement, il ouvrit les yeux. Merde ! il s'était endormi ! Il jeta un ½il à la montre fluorescente de Lena. Une demi-heure s'était écoulée. Ils étaient visibles, à présent. Il essaya de lancer le sort de Désillusion, mais il ne se souvenait pas du mouvement précis. Ils l'avaient appris un lendemain de pleine-lune. La bonne excuse... Remus sursauta. Il n'était pas à l'aise. Il sentait quelque chose, mais ne savait pas le définir.
- Lena, Lena, réveille-toi, chuchota-t-il en secouant l'épaule de sa petite amie. Elle ouvrit difficilement les yeux et le regarda d'un air complètement hagard.
- Qu'est ce qui se passe ? demanda la jeune fille d'une voix éthérée.
- Il faut que tu nous désillusionnes ! Je crois que quelqu'un arrive ! Vite ! la pressa-t-il. Lena tint fermement sa baguette, fit une série de petits huit dans le vide, murmura une série de mots et toucha le sommet de la tête de Kristy. Le sort fonctionna. Elle réitéra l'expérience sur Jeremy et Dominic. Avant qu'elle n'ait pu ajouter quoi que ce soit, la porte explosa dans un fracas étourdissant. Deux Mangemorts apparurent sur le seuil de la porte, et avant que Remus ou Lena n'ait pu amorcer un mouvement, ils les désarmèrent et les ligotèrent.
- C'est eux ? demanda l'un en les observant. Il enleva sa capuche et son compagnon fit de même.
- Qu'est-ce que vous nous voulez ? hurla Remus. Lâchez-nous ! Il essaya de se détacher, mais les cordes tenaient bon.
- Tais-toi, petit con, lui lança l'un des Mangemorts d'une voix glaciale. Si tu parles encore, je t'arrache les cordes vocales.
- Qu'est ce que tu dis, ma jolie ? demanda l'autre qui s'était avancé vers Lena tout en la reluquant tel un porc lubrique. Il était grand, taillé comme un bûcheron et semblait animé de mauvaises intentions.
- Rien, rien, murmura Lena d'une voix hachée en regardant l'endroit où étaient les enfants, horrifiée.
- Tu es sûre, ma petite ? chuchota l'homme qui approchait lentement ses doigts du visage de Lena.
- Arrête ça, ordonna froidement le Mangemort qui semblait exercer un certain pouvoir sur l'autre. On est pas ici pour que tu profites de cette gamine.
- Allez, Mac, pas longtemps, supplia l'homme d'un air presque désespéré. Tu sors avec elle ? demanda-t-il en regardant Remus avec un sourire goguenard. Elle est bonne ? continua-t-il, son sourire s'élargissant. Il effleurait lentement ses joues.
- Ne la touchez pas, murmura Remus avec rage. L'homme ricana.
- Tu es sourd ou quoi ? Je t'ai dit d'arrêter! cria l'autre homme. Sa baguette était pointée sur son compagnon, et il semblait très furieux. Ses yeux gris lançaient des éclairs, et sa fine bouche était pincée en un pli pratiquement invisible.
- Ok, ok, ça ne sera pas pour aujourd'hui, marmonna l'autre, dont le visage était beaucoup moins délicat. Il se leva rapidement et s'éloigna de Lena, sans cesser de la regarder.
- Qu'est-ce que vous nous voulez ? demanda à nouveau Remus, cette fois plus calmement. Il bouillait littéralement de l'intérieur. Encore quelques minutes et il réussirait à se détacher.
- Malheureusement, tu ne nous es d'aucune utilité, répondit le Mangemort aux traits fins. Il n'y a que Lena Dimitriadis qui intéresse le Maître.
Remus vit sa petite amie ouvrir les yeux de surprise. Puis, quelque chose dans son regard changea. Elle semblait tétanisée.
- Je crois qu'elle a compris, chuchota le larbin de Mac. Le Maître nous a chargés de nous occuper de toi, parce que tu as mis un de ses plus fidèles serviteurs à Azkaban, il y a quelques mois de ça. Ca te revient, hein ?
Remus ouvrit la bouche d'horreur. Ils allaient tuer Lena parce qu'elle avait dit à Dumbledore que Zabini avait assassiné son oncle !
- Comment vous nous avez retrouvés ? demanda le jeune homme dans une tentative de gagner du temps.
- Peu importe, répondit dédaigneusement le Mangemort qui s'occupait apparemment du sale boulot. Maintenant, baissez la tête. Vous êtes finis.
Lena voulut parler, mais sa gorge était tellement sèche qu'elle était incapable d'émettre le moindre son. Elle capta le regard de Remus, remua les lèvres et ferma les yeux très fort. Une détonation déchira la nuit. Puis une autre. Lena ne sentait plus rien. Elle pensa qu'elle était déjà morte. Puis, elle sentit qu'on lui retirait ses liens. Elle ouvrit les yeux, horrifiée à l'avance de ce qu'elle pouvait découvrir.
- Mais... Comment ? Le choc lui avait fait retrouver la voix. Avant qu'elle n'ait pu ajouter quelque chose, Remus la serra tellement fort dans ses bras qu'elle eut mal. Elle se mit à pleurer de soulagement, et Remus lui chuchota à l'oreille des mots sans aucun sens. Derrière lui se trouvait Rusard, un fusil encore fumant à la main.

- Bonsoir, Tom. Belle nuit, n'est-ce pas ?

# Posté le samedi 12 mai 2007 11:27

Troisième Partie

Troisième Partie
- Est-ce que c'est bien prudent de dormir ?
Lily avait prononcé des mots doucement, comme si elle craignait de faire trop de bruit. Elle avançait lentement à travers la vaste pièce, touchant les objets comme si elle doutait de leur réelle existence.
- Oui, Lily. Je te le garantis, promit James en la regardant d'un ½il fatigué.
Ils étaient enfin arrivés dans la Salle du Cyclope, sains et saufs. Le cyclope ne s'était pas réveillé, et finalement, tout s'était bien passé. Enfin, si on oubliait ce qui les avait poussés à se cacher là...
- Alors je vais me coucher dans ce fauteuil. Il m'a l'air bien, fit la jeune fille en s'enfonçant dedans. Elle ferma les yeux. Après quelques instants de calme, elle sursauta, sortant James de son demi-sommeil par la même occasion.
- Qu'est ce qu'il y a ? demanda James, encore assoupi. Il se leva de son fauteuil et s'approcha de Lily, qui était figée.
La jeune fille ne répondit pas tout de suite.
- Tu vas rire, articula-t-elle finalement en regardant un point fixe dans le vide, mais je ne suis pas tranquille... Je me sens seule.
- Comment ça ? interrogea James. Il s'accroupit à sa hauteur.
Lily le regarda enfin dans les yeux et il put remarquer qu'ils étaient humides. Sa bouche trembla légèrement. Elle déglutit.
- Il faut que tu restes à coté de moi, murmura-t-elle en cachant son visage dans ses mains. Elle commença à pleurer. J'ai peur. J'ai l'impression qu'il va y avoir d'autres nuits comme celle-ci...
- Ne t'inquiète pas, lui chuchota gentiment James. Ca va aller. Il ne savait pas quoi faire pour la rassurer. Il posa ses mains sur ses épaules, et exerça quelques pressions. Finalement, il la prit dans ses bras de telle sorte qu'ils se retrouvèrent à deux sur le fauteuil, Lily serrée contre lui. Egoïstement, James espérait que ce moment durerait toute la vie.


- Comment ça va ? grogna Rusard aux deux jeunes gens enlacés. Il s'approcha des deux corps et une grimace de dégoût profond déforma ses traits. Finalement, on peut dire que la chasse m'aura servi à quelque chose. J'suis pas peu fier de les avoir flingués, ces enculés de Croque-Morts. Heureusement que j'étais pas loin, hein, continua le concierge en souriant presque avec bonté. J'comprends vraiment pas le cerveau d'ces gus. Ca leur rapporte quoi de buter des gosses ? Des fois j'suis content d'être limite niveau capacités magiques, comme ça j'pourrais jamais être du côté des méchants. Il éclata d'un rire désabusé.
Remus se détacha de Lena et articula quelques remerciements à l'homme.
- A votre service, of course, fit Rusard en claquant des talons, à la manière d'un soldat. Maintenant, suivez-moi. Y faut que j'vous ramène en lieu sur. Ce sont les ordres, hein.
- Attendez, fit rapidement Lena, revenant doucement à elle. On doit aussi ramener les enfants.
- Quels mômes ? s'exclama Rusard avec étonnement. Oh, ceux-là ? Eh ben, on peut dire que vous avez fait du bon boulot, les jeunes, les complimenta-t-il, sincère.
- C'est Lena qu'il faut féliciter, murmura Remus en s'approchant des enfants. Il leur sourit, pour les rassurer.
- Vous pensez qu'on ne risque rien, maintenant ? demanda Lena, anticipant déjà un prochain massacre. Si les deux Mangemorts qui devaient la tuer étaient morts, d'autres viendraient les remplacer.
- Ecoutez, commença Rusard, semblant redevenir sérieux. Vous n'aurez qu'à créer un bouclier qui nous protégera tous. Je garde mon fusil près de moi. Comme pour prouver ses dires, il le chargea. Et puis, je pense que tous les Mangemorts sont dehors à l'heure qu'il est, continua-t-il en souriant de sa bouche édentée.
- Comment vous le savez ? demanda Remus en se tournant vers l'homme. Il était en train de replacer le bandage de Dominic. Dites, vous y connaissez quelque chose en Médecine Magique ?
- Désolé mon grand, mais j'y connais rien, répondit Rusard en grimaçant. Mais j'peux vous aider à les porter. D'ailleurs, pourquoi vous utiliseriez pas la magie ? fit-t-il, alors qu'il s'approchait des blessés. En fait, c'est le Professeur Dumbledore me l'a dit, continua le concierge en détournant les yeux. Remus s'aperçut qu'il était choqué.
- Il vous a dit quoi ? le pressa Remus.
- Ben que les Mangemorts devaient tous être dehors parce que Celui-Que-Vous-Savez croit avoir ce qu'il veut et donc ils attendent Dumbledore pour en finir avec lui ! s'exclama Rusard, comme si c'était une évidence.
- Et ils vont réussir ? couina Lena, alarmée. Sa voix lui avait échappée.
- Mazette ! Bien sur que non, ma demoiselle ! s'écria le concierge avec une confiance aveugle. C'est bien du Grand Albus Dumbledore qu'on parle ! Le meilleur Directeur que cette école ait jamais eu ! Suite à ces paroles enflammées, une lumière perça à travers sa chemise. Il plongea la main à l'intérieur et en sortit un miroir.
- Ah ! Hagrid ! s'écria-t-il, surpris. Alors, vous les avez trouvés ? Moi j'en ai cinq. Sérieux ? Comment vous avez fait pour passer inaperçu dans les couloirs de l'école ? C'est vrai, j'avais oublié que votre carcasse repoussait les sorts. Ok. Bon, on se retrouve là-haut. Ouais, a plus.
Lena s'assit dans le fauteuil le plus proche, épuisée. Après des évènements pareils, il lui faudrait un bon mois pour se remettre.
- Bon, Hagrid m'a dit qu'il avait trouvé Pettigrow et Weasley en vie, annonça Rusard après un petit moment de réflexion. Hannigan est dans un sale état et Cohen est mort. Il manque Black, Di Rocci, Evans, Potter, Hopkins, Wells, les jumelles Mendez, Bruckeimer et Norris.
- Je n'ai jamais entendu parler de Hannigan, Cohen, les jumelles et les deux derniers que vous avez cité, remarqua Remus qui restait attentif malgré la fatigue qui teintait ce qu'il voyait en points mauves.
- D'après ce qu'on dit vos amis qu'Hagrid a retrouvés, Cohen et Hannigan avaient rendez-vous avec les deux Mendez et c'est là que Cohen s'est fait tuer. Hannigan reste figé, comme traumatisé, et les filles ont disparu. On ne sait pas ce que sont devenus Bruckeimer et Norris.
- Et nos amis ? demanda vivement Lena, en se redressant. Peter et Vanessa savent où ils se trouvent ?
- Ils ont parlé de mégapodes telluriens, mais je n'ai pas très bien compris, avoua Rusard, un peu embêté. Bon, il faut que je vous ramène. On y va !


Voldemort se tourna lentement vers Albus Dumbledore, comme s'il savourait l'instant. Face à son vieil ennemi, il inclina sa tête de serpent, d'un air moqueur.
- Oui, belle nuit, Albus. Je déguste le moment de ma victoire. Tu n'es pas trop triste de savoir que j'ai en ma possession la dague de Gryffondor ? susurra le Seigneur des Ténèbres avec une satisfaction non feinte.
Dumbledore sourit.
- J'ai l'immense regret de t'annoncer qu'elle n'est pas en ta possession. Mes sincères excuses, annonça-t-il calmement, faisant tourner sa baguette entre ses longs doigts osseux.
Une ombre passa sur le visage de Voldemort. Il émit un long sifflement.
Aussitôt, un grand serpent arriva. Sous le regard attentif de Dumbledore, ils discutèrent un petit moment. Puis, Nagini disparut rapidement dans les profondeurs de la Forêt Interdite.
- De toutes façons, Albus, reprit Voldemort, que j'ai la dague ou non, ce Château m'appartient désormais. Te crois-tu vraiment de taille à m'affronter, moi et mes fidèles Mangemorts ?
- Certainement, répondit Dumbledore, posément. Pour le prouver, il ouvrit la bouche, et se mit à chanter. C'était une mélodie douce, envoûtante, gracieuse, captivante. Aussitôt que le directeur de Poudlard eut fredonné cette mélodie, la surface du Lac ondula.
- Encore un de tes tours, Albus ? demanda Voldemort en souriant, visiblement amusé. Il n'avait pas remarqué le changement du lac. Je n'aurais jamais cru que tu te mettrais un jour au chant pour essayer de me vaincre. Tu me fais rire. D'ailleurs... Le tourbillon qui s'était formé au milieu du lac l'interrompit. Un vent glacial se leva, et les deux éléments prenaient de plus en plus d'ampleur.
- Qu'est ce que c'est que ça ? s'exclama la Seigneur des Ténèbres, placide. S'il lui restait des sourcils, il en aurait levé un. Néanmoins, il lança un ordre sec à ses Mangemorts. Ses projets ne se déroulaient visiblement pas comme prévu, et la partie encore rationnelle de son cerveau se mit à douter.
Dumbledore ouvrit les bras, et tous les Mangemorts à proximité furent projetés dans le lac, devant l'impuissance de Voldemort. Par la pensée, il ordonna à ses fidèles encore en vie de fuir. Ses sbires se débattaient contre le courant, mais tous étaient entraînés vers le gouffre sans espoir de survie. Ceux qui parvenaient toutefois à regagner la rive étaient emportés au le fond du lac par des Sirènes aux traits diaboliques.
La couleur rouge des yeux de Voldemort changea de ton. Ses pupilles devinrent rouge sang, signe d'une très grande colère. Se sachant vaincu, il lança un éclair jaune qui perça la protection de Dumbledore, et qui le frappa en plein fouet. Puis, il disparut.


- Vous trouvez ça normal ? demanda soudain Anthony. Ses paroles résonnèrent dans le long couloir, vide, sombre et silencieux.
- De quoi ? répondit Tina d'une voix éraillée.
- Il n'y a plus aucun bruit. On dirait qu'il n'y a plus personne dans le Château... Qu'est ce qu'on fait ?
Sirius s'arrêta de marcher. Betty lui rentra dedans.
- Comment ça, qu'est ce qu'on fait ?! s'exclama vivement Sirius, visiblement énervé. Qu'est ce que tu voudrais qu'on fasse ! Une partie de cricket peut-être ? On continue à marcher, voilà ce qu'on fait !
Anthony dévisagea Sirius, les sourcils froncés. Son visage s'était assombri.
- Putain, mec, je te demande juste ce qu'on fait. Tu peux me dire pourquoi on devrait continuer à marcher ? On va où, comme ça ? C'est quoi l'intérêt de marcher sans but ? On peut se faire surprendre n'importe quand par n'importe qui. T'as pris ça pour une promenade de santé ?
Betty se plaça entre les deux garçons qui se faisaient face. Manifestement, ils voulaient se battre. Elle tendit les bras vers chacun d'eux.
- Doucement, les gars. On se calme. Ce n'est pas vraiment le moment de s'engueuler. On marche jusqu'à ce qu'on trouve de l'aide et voilà. Si on se cache, il y a des chances qu'on nous trouve. D'ailleurs c'est pas pour dire mais je vous trouve un peu stupi...
- Chut ! la coupa brusquement Tina, alarmée pour on ne savait quelle raison. Vite, cachons-nous ! Y a des gens qui s'approchent ! Elle regarda autour d'elle et ne vit qu'une tapisserie accrochée au mur. Elle la longea, rapidement, puis s'arrêta brusquement. Elle recommença le processus plusieurs fois.
- On a déjà du se faire repérer, de toutes façons, marmonna Anthony, blasé. Changeant d'attitude, il essaya de faire de l'humour :
- Bon, les gens, j'ai été content de vous connaître. Je me battrai jusqu'à la mort. Si jamais l'un de vous survit, il faudra dire à mes parents que...
- Tais-toi, imbécile ! s'exclama Tina, stressée. Viens ici ! Elle le tira jusqu'à une petite porte qui était apparue au milieu de la tapisserie. Elle ouvrit la porte d'un coup d'épaule, et le poussa à l'intérieur. Elle s'y engouffra, fit entrer Sirius et Betty et la ferma d'un coup sec.
- Bon sang ! Je suis vraiment con de ne pas y avoir pensé ! s'exclama Sirius en se frappant le front. C'était pourtant évident ! On y avait été une fois parce que je... il s'interrompit et s'assit sur une chaise dans un coin.
- Où est-ce qu'on est ? demanda Betty en inspectant la pièce. Un lit apparut juste devant elle. Eh ! s'exclama-t-elle, étonnée. J'ai pensé à un lit et je l'ai eu. Super ! Elle se vautra dessus, exténuée.
Assoiffée, Tina but un verre d'eau en s'étranglant presque. S'essuyant la bouche, elle s'approcha de la porte d'entrée. Anthony se trouvait près d'elle, l'air perdu. Une fenêtre se matérialisa dans le mur. Tina colla son visage contre la vitre.
- Ils ne peuvent pas nous voir, c'est sur ? demanda Anthony, en baillant. Putain, je suis vraiment mort. Il s'assit sur le lit de Betty, et enfouit son visage dans ses mains. Apparemment, lui et Sirius avaient oublié leur petit accrochage.
Betty se releva, et s'approcha de son amie.
- Comment tu connais cette pièce, Tina ? demanda-t-elle. Sans attendre de réponse, elle écarta son amie de son poste d'observation, et put enfin voir qui les cherchait, dehors.
- Ouf, ce ne sont pas des Mangemorts, constata-t-elle avec soulagement. Des Aurors, alors ? Tiens, j'ai déjà vu ce type, dit-elle en se tournant vers Tina. C'est celui qui nous fouillait, le premier jour. Celui que tu regardais bizarrement... Ne me demande pas pourquoi je fais attention à des détails pareils et surtout pourquoi je m'en souviens maintenant, fit-elle avec un petit rire dû à la fatigue. Après quelques instants, ses yeux s'écarquillèrent. Attends, reprit-elle brusquement, ne me dis pas que c'est l'Auror qui t'a appris des sorts ! s'écria Betty, avec la voix de quelqu'un qui s'est rendu compte de quelque chose trop tard.
Mal à l'aise, Tina baissa les yeux. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais ne dit rien. Betty la prit par les épaules, et se mit à la secouer.
- Dis-moi qui c'est, Tin' ! fit-elle en arrêtant de la ballotter. C'est avec lui que t'es quand tu t'absentes ? Qu'est ce que vous faites ? C'est quoi, ton nouveau mec ?! s'écria Betty qui ne plaisantait qu'à moitié. Même si elle ne le laissait pas paraître, le fait que son amie lui cache des choses l'inquiétait beaucoup trop. A ces mots, Tina sourit franchement. Elle prit les mains de Betty, et les lui serra.
- Il n'y a pas de raison de s'inquiéter, Betty Boop, chuchota-t-elle. Mais jure moi que tu le garderas pour toi, demanda Tina en la regardant dans les yeux. Betty acquiesça sans rompre le contact visuel. Après avoir pris une inspiration, Tina avoua, directement et sans détours :
- C'est mon père.

# Posté le mercredi 13 juin 2007 06:06

Modifié le lundi 02 juillet 2007 05:03

Chapitre 40 - La vie n'est qu'une grande histoire

Chapitre 40 - La vie n'est qu'une grande histoire
- Lily ! Lily, réveille-toi ! On est arrivés ! s'exclamait Lena en la secouant.
Endormie, la jeune fille cligna plusieurs fois les yeux, s'habituant peu à peu à la lumière aveuglante filtrant à travers les fenêtres de leur compartiment.
Elle regarda ses amis, chacun à leur tour. L'année scolaire était finie, et ils rentraient tous chez eux, un drôle de sentiment au creux de leur ventre. Après deux mois et demi, Lily avait toujours du mal à repenser à cette nuit de Pâques. La nuit où Poudlard avait été attaquée par les Mangemorts... Elle avait envie d'oublier ce qu'il s'était passé, mais n'y parvenait pas. Le soir, seule dans son lit, les souvenirs la rattrapaient, se transformant en cauchemars qu'elle ne parvenait pas à occulter. D'un côté, cette désastreuse aventure faisait partie de son histoire, de son parcours. Après ça, rien n'avait plus été comme avant. Elle se sentait changée, et ses proches aussi. Elle repensait à avant ce moment bouleversant, et avait l'impression d'être devenue une autre personne, comme si elle s'était dédoublée : la Lily rêveuse, naïve, inconsciente, appartenait désormais au passé. Baillant, elle se leva de la vieille banquette au cuir rouge et attrapa son sac à bandoulière. Elle se demanda de quoi seraient faites ses vacances.
Sur le quai, elle regarda autour d'elle. Elle se sentait un peu perdue, parmi toutes ces familles s'étreignant avec un certain soulagement. Puis, elle eut une vision qui lui réchauffa le c½ur. James s'approchait d'elle avec ses parents, un grand sourire aux lèvres. Il la représenta, et Lily se rendit compte que James était quelqu'un de très charmant. Ses parents devaient y être pour quelque chose. D'ailleurs, William et Isabel Potter se souvenaient d'elle, parce qu'ils l'avaient rencontrée à l'école, à l'infirmerie, quand tout fut fini. Chacun à leur tour, ils lui serrèrent la main, lui proposant de passer chez eux pendant les vacances. Lily leur sourit, et accepta. Se retrouvant à nouveau seule, elle se demanda ce que faisaient ses parents à elle. Avant qu'elle ne puisse faire un geste pour porter son énorme valise, Sirius l'attrapa et la souleva sans efforts. Il éclata de rire devant la mine ahurie de son amie.
- Je suis fort, pas vrai ? s'exclama-t-il avec un grand sourire. Avant que Lily n'ait pu répondre, il ajouta :
- Regarde par là-bas.
Lily se tourna. A quelques mètres d'elle se trouvaient Tina et sa mère. Elles étaient en grande discussion. Un homme se tenait à côté d'elle, grand et raide, nerveux. Il ne disait pas un mot.
- J'espère que ça va bien se passer, murmura Lily pour elle-même alors qu'elle observait la « famille » à nouveau réunie. Ils en auraient, des choses à se dire...
- Mais oui, ma grande, lui promit Sirius avec un sourire confiant. Il l'embrassa sur la joue. Les parents de James m'attendent. On se reverra !
Lily le regarda s'éloigner à grandes enjambées.
Avant de passer du côté Moldu de la gare, elle se mit à chercher ses amis. Elle tomba d'abord sur Betty, qui disait au revoir à Anthony d'un air enthousiaste. Quand il partit, Betty se jeta dans les bras de son amie. Etonnamment, ses yeux étaient mouillés.
- Tu vas me manquer ! s'exclama-t-elle. Surtout après ce qu'on a vécu, ajouta la jeune fille après une pose. Elle se détacha de Lily, et la regarda dans les yeux.
- J'ai l'impression que ça ne s'est pas passé, fit Betty en détachant chaque mot.
Lily acquiesça. Elle la serra dans ses bras et lui promit qu'elles se reverraient bientôt. En souriant, Betty s'éloigna de Lily pour se diriger vers un vieil homme qui se tenait là, un peu perdu, une cigarette à la main. Dès qu'il la vit, il écrasa son mégot et s'avança rapidement vers la jeune fille. Il la serra contre lui, heureux de la voir. Il souleva sa valise avec quelques difficultés, et ils partirent.
Lily soupira. Il lui restait Lena, Remus, Tina et Peter à voir. Regardant autour d'elle, elle se rendit compte que le quai se vidait peu à peu, et que ses parents n'étaient toujours pas arrivés. Plus loin, elle aperçut Peter qui embrassait une femme, probablement sa mère. Elle était plutôt jolie, et était accompagnée d'un grand jeune homme, brun et dégingandé. Lily restait là, à s'interroger sur l'identité de l'inconnu, quand Peter la vit et lui fit signe. Tant bien que mal, elle traîna sa valise jusqu'à eux, et leur sourit, malgré sa gêne.
- Je te présente ma mère, Alicia, commença Peter en la désignant, et voici mon frère, Jimmy, fit-il en évitant de regarder le jeune homme.
Intriguée, Lily ne posa néanmoins pas de questions. Elle regarda simplement Peter d'un air interrogateur tout en saluant poliment sa famille. Alors qu'Alicia Pettigrow lui demandait ses résultats aux examens, Tina apparut à côté d'eux. Elle avait l'air bien. Elle sourit à la mère de Peter, lui fit la bise, et serra la main de Jimmy avec affection.
- Où est ta mère, ma grande ? lui demanda Alicia, en regardant autour d'elle. Je l'ai vue discuter avec Vincent, mais je n'ai pas eu l'occasion de lui parler...
- Oui, elle m'a envoyée pour vous inviter à prendre le thé cette après-midi, expliqua Tina à Mrs Pettigrow. Se tournant vers Lily, elle lui fit une accolade, lui sourit d'un air complice, salua les autres, et détala rapidement.
Ne sachant pas très bien quelle conduite adopter, Lily prit congé des Pettigrow et se dirigea vers une de seules familles encore présentes sur le quai : celle de Remus. En la voyant arriver, Lena l'aida à porter sa valise.
- Je ne suis pas triste d'être en vacances, dit-elle avec un soupir. Après ce qu'il s'est passé, les examens, notre petite soirée, on mérite bien ça, pas vrai ? Elle s'arrêta, serra gentiment l'épaule de son amie et posa sa valise par terre.
- Tu veux qu'on te reconduise chez toi ? demanda Remus d'une voix endormie. Il était blanc comme un linge et ses yeux étaient cernés, car il n'avait pas dormi dans le train, trop occupé à observer Lena. Les Gryffondors avaient fait la fête jusqu'à six heures du matin, oubliant pendant quelques heures les évènements de Pâques, à grand renfort de Whisky-Pur-Feu et de musique bruyante. Lily n'avait pas eu le c½ur à réglementer la fête.
- Lena vient dormir à la maison, ses parents sont partis pour quelques jours aux Etats-Unis, expliqua Remus en reprenant des couleurs, ne sachant cacher un petit sourire malicieux.
A ces mots, son père, Alan, si Lily se souvenait bien, se retourna, regarda Remus et sourit d'un air complice, se retenant d'ébouriffer les cheveux de son fils. Il vit Lily, et lui serra la main. Samantha, sa femme, fit de même. Comparé aux autres fois, ils semblaient apaisés, sereins, comme si un lourd poids leur avait été enlevé. Samantha – Sam, lui avait-elle prié de l'appeler, l'invita à passer quelques jours chez eux, dans leur maison près de la mer, à Bornemouth. Embarrassée, Lily ne put qu'accepter, à la grande joie de Lena, Remus et sa mère. Ils discutèrent un petit moment de l'année écoulée, de leurs résultats aux examens, qui avaient été d'une simplicité affolante –étant donné les circonstances- et au bout d'une éternité, Lily entendit les cris de ses parents, angoissés d'être aussi en retard. Sa mère, complètement échevelée, l'étreignit avec vigueur, et son père, quoique plus calme, fit de même, avec émotion. Ils discutèrent un moment avec les Lupin, et finirent par prendre congé.
Assise dans la voiture, Lily répondait mécaniquement aux questions de ses parents. Elle leur parla de sa santé, physique et mentale, de l'attaque de Poudlard, des cinq cadavres d'élèves qui avaient été découverts, des quatorze Mangemorts qui avaient été capturés et jugés, de la façon dont la sécurité de l'école avait été renforcée, et la gorge nouée, elle raconta comment Rusard les avait retrouvés, James et elle, dans une cachette supposée secrète, sa convalescence à l'infirmerie, ses amis sains et saufs -par on ne savait quel miracle- et la peur qui ne quittait plus son ventre. Et puis, elle passa à des sujets plus légers, comme si elle voulait oublier, ne plus en parler. Elle réussit même à esquisser un sourire en évoquant des souvenirs. Il était petit, mais c'était un sourire quand même. Le temps l'aiderait à passer à autre chose, se jura Lily.



Fin

# Posté le lundi 02 juillet 2007 05:09

Modifié le vendredi 06 juillet 2007 20:22