Chapitre 35 - La chance ne donne pas, elle prête

James ne savait pas quoi penser de tout ça. Il était sous le choc, bien sur, comme à peu près toute l'école. Ce n'était pas tous les jours que quelqu'un mourrait au Château, heureusement d'ailleurs. Il se souvenait vaguement de cette affaire que son père lui avait racontée il y a deux ans, la Chambre des Secrets, l'Héritier de Serpentard et cette fille qui s'était fait tuer... James avait interrogé son père, mais il ignorait ce qui s'était passé en détail. Toujours est-il que maintenant, l'école était en ébullition et Dumbledore n'était pas aussi souriant et calme que d'habitude. Sincèrement, il ne savait pas quoi faire. Qu'est ce qu'il devait faire en telle circonstance ? Se préparer à une attaque ? Attendre ? S'enfuir ? Se poster à l'entrée de l'école en criant : Montrez-vous, saloperies de Mangemorts, je suis là !!! Un peu trop suicidaire ou présomptueux comme approche, peut-être ?
James était là, complètement déboussolé, assis sur son lit, la tête dans ses mains, à penser à un tas de trucs, dont le fait qu'il avait seize ans et qu'il craignait déjà pour sa vie.
Lentement, il releva sa tête. Son regard tomba sur Remus, qui était quant à lui assis par terre, contre son lit. Il avait aussi les yeux dans le vague, et comme tout un chacun semblait préoccupé. Sirius était parti se noyer sous la douche, et Peter était excité comme jamais. Il fouillait son armoire de fond en comble, sortait des pulls, des fioles, courait dans toute la chambre, s'arrêta brusquement, sembla s'illuminer...
- James ? s'exclama-t-il soudainement. Elle est où ta cape d'invisibilité ?
- Je ne suis pas sur que ce soit le moment d'aller marauder, Pete, répondit le jeune homme d'une manière hachée, sortant lentement de sa transe.
- C'est pour savoir ce qu'il se passe, hein ! s'écria-t-il, toujours aussi enthousiaste.
- Tu parles d'espionner ? demanda doucement James, en se relevant tout aussi lentement.
- Bien sur ! J'aurais cru que tu serais le premier à y aller, mon pote !
- Evidemment. Ca pourrait nous aider. Je suis toute ouïe, Pete. Tu viens, Remus ?
Ce dernier cligna les yeux et secoua vivement la tête.
- Je vais voir Lena, expliqua-t-il dans un souffle. Venez nous rejoindre après, il suffit de feinter pour monter les escaliers enchantés. Il se leva, et quitta rapidement le dortoir.
- Ca y est ! Il a une petite amie, et on ne fait plus partie de sa vie ! s'écria tragiquement Peter, une main sur le c½ur. Bon, reprit-il, un peu gêné de s'être laissé emporter, on attend Sirius et on y va.



- Tiens ? Qui ça peut être ? demanda Tina et se dirigeant vers la porte. Remus ? s'exclama-t-elle après deux secondes, comment est-ce que tu...
- Facile, répondit vaguement le jeune homme. Lena ! s'exclama-t-il en la voyant, tu vas bien ? demanda-t-il une fois qu'elle s'était blottie contre lui.
- Oui, je vais bien, murmura-t-elle, collée contre le corps du garçon. Et toi ?
- Pareil, répondit-il en soupirant de soulagement. Sous l'½il interrogateur des autres filles, il se détacha légèrement de Lena et leur expliqua en deux phrases ce que ses amis étaient en train de faire.
- On a plus qu'à attendre, conclut Lily avec une petite voix.



- Il faut que vous fassiez extrêmement attention, répéta Sirius. Ne vous faites pas prendre. N'oubliez rien. Rendez-vous dans une heure maximum dans le dortoir des filles. Je vais rejoindre Remus, termina-t-il, la mine grave.
- Tout se passera bien, promit James, l'air atrocement sérieux. Il rabattit sa cape sur Peter et lui, attendit que Sirius ait ouvert la porte, et sortit de la chambre sans un bruit. Enfin, c'est ce que son meilleur ami supposait. Ils étaient devenus tellement experts en discrétion que même entre eux ils ne se remarquaient pas.
Sirius était d'une humeur sombre. Toute la tranquillité qu'il avait acquis s'était évaporée en une seule seconde. Un assassin ou même plus rodaient dans Poudlard. Cela pouvait être n'importe qui. A quelques exceptions près. Il s'efforça de penser à autre chose. S'il laissait son cerveau envisager toutes les hypothèses, cela signerait la fin de Poudlard. Et ça, il ne pouvait pas l'accepter. Impossible.



- Les couloirs sont glauques, j'ai l'impression, chuchota Peter aussi bas que possible.
- C'est ton imagination, répondit James sur le même ton.
D'un pas rapide, ils se dirigeaient vers la salle des professeurs. James avait observé sa carte et tous les professeurs y étaient présents, Dumbledore compris.
La question était de savoir comment y entrer sans se faire repérer. Il avait entendu parler d'un Auror qui avait la capacité de voir dans la matière, un certain Fol-Oeil. Et si Dumbledore en était aussi capable ? pensait James, mal assuré. Depuis ce matin, il se sentait mal. Quelqu'un était caché à Poudlard, et voulait sa fin. Il ne pouvait pas croire à un règlement de compte. Ce garçon était presque totalement insignifiant ! Même les Serpentard n'avaient jamais remarqué son existence...
- On y est, dit Peter, inutilement.
Quelques mots filtraient par delà le mur de pierre.
« Couvre feu, mesures de sécurité... »
« Vous plaisantez ! s'exclama une voix bourrue, appartenant à Hagrid. Il faut faire un relevé de toutes les baguettes, de tout le monde, et vérifier si l'une d'entre elle a lancé le sortilège de la mort ! »
« Vous avez raison, Hagrid, répondit une femme, que James identifia comme le Professeur Mc Gonnagal, et je suis persuadée que le Directeur vous approuve totalement. »
- Viens, partons, murmura James à l'adresse de Peter. On sait tout ce qu'il faut savoir !
Alors qu'ils se dirigeaient à toute vitesse vers leur Salle Commune, la voix de Dumbledore amplifiée magiquement annonça, dans l'école entière :
« Tous les élèves de toutes les Maisons sont priés de descendre dans leurs Salles Commune respectives. Vos Directeurs de Maisons vont tous vous conduire dans la Grande Salle pour quelques vérifications. Toute absence sera considérée comme inquiétante. »
- Vite, vite ! murmura furieusement Peter, qui s'était mis à courir, à présent, on va arriver en retard !



Lily avait mal aux doigts. Elle serrait sa baguette comme une forcenée. Et si quelqu'un lui avait volé sa baguette pour jeter le sort, hein ? Elle lançait des regards inquiets à ses amies qui étaient alignées à côté d'elle.
Les tables de la Grande Salle s'étaient brusquement mises contre les murs, quand le Directeur avait ouvert la porte avec force. Lily avait compté les élèves de Gryffondor, et aucun n'était absent. Elle connaissait au moins tout le monde de vue, étant la Préfète, avec Remus. Lily avait peur. Elle avait peur que quelqu'un soit accusé, alors qu'on lui avait volé sa baguette, par exemple.
Dans la Grande Salle régnait un silence de mort. Dumbledore toussa. Il demanda aux Directeurs de Maisons si un ou plusieurs élèves n'étaient pas présent.
Mrs Chourave, Directrice de Pouffsouffle, toute vêtue de noir, répondit que non. Le Professeur Mc Gonnagal, leur Directrice de Maison, secoua la tête d'un air pincé. O'Connor, le respecté Directeur des Serpentard, annonça que tous ses élèves étaient présents. Et finalement, le Professeur Flitwick, tremblant comme une feuille, lâcha de sa petite voix couinante que deux de ses élèves avaient disparu. Deux garçons de Cinquième Année, Radoslav Recnik et Daniel Chauvey, tous deux très studieux et sans histoires, jusqu'à aujourd'hui. Ils n'étaient pas venus en cours, et personne ne les avait vus depuis la veille, où ils s'était comportés tout à fait normalement.



Un brouhaha s'éleva dans la Salle. Lily était pétrifiée. Elle déglutit plusieurs fois, blême, et desserra sa prise sur sa baguette.
Dumbledore cria : « Silence ! » et son v½u fut exaucé. Plus calmement, il pria les Directeurs de Maisons de procéder à l'analyse complète des baguettes. Après une demi-heure, on en vînt à la conclusion que plusieurs élèves avaient pratiqué des sorts étranges, voir dangereux, mais aucun n'avait lancé un sortilège de Mort. Soucieux, Dumbledore quitta la Grande Salle et ordonna à ses Professeurs de surveiller leurs élèves. Soudain, quelqu'un tira Lily en arrière. C'était Betty. Elle lui glissa un mot à l'oreille, et l'entraîna vers les Maraudeurs, qui formaient un cercle. James avait sorti sa Carte, et l'observait très attentivement, caché des autres élèves par ses amis.
- Ils ne sont plus dans l'école, annonça-t-il. A moins qu'ils soient dans la Salle sur Demande, incartable...



- Et qu'est ce que tu penses de l'idée d'agrandir ta cape ?
- Du calme, Lily, chuchota Lena. T'as ta voix des mauvais jours.
- Et parce que tu crois que c'est une bonne journée ? s'exclama vivement la jeune rousse. Un garçon est mort, je te signale !!! Et les deux suspects sont peut-être dans cette salle ! On a pas l'air déments à passer devant trois fois de suite en pensant trouver la pièce où ils sont histoire de les choper bien héroïquement !
- C'est une bonne idée, de l'agrandir, annonça Peter, dans ses petits souliers.
- Ecoute, Lily. Tu ferais bien de rester tranquille. Comment veux-tu qu'on soit discrets si ta voix avoisine les cris hystériques ? demanda Sirius tout en s'éloignant de Lily qui lui lançait des regards noirs.
- Taisez-vous. Vous voyez bien qu'il n'y a pas moyen d'entrer dans cette salle ? On a pensé à plein de trucs, mais on a aucune idée de ce qu'ils fabriquent là-dedans ! Alors on rentre gentiment au dortoir, et arrêtez de vous disputer à propos de cette stupide cape ! déballa Remus, d'apparence calme quoi qu'un peu plus à cran que d'habitude.
- Je vais dire quelque chose de stupide, mais ma cape ne l'est pas, fit James, un peu blessé dans son orgueil.
Betty, un peu en retrait, ouvrit la bouche, et parla. C'était la première fois depuis qu'elle avait parlé de fuir.
- Je trouve ça assez dément que vous arriviez à parler et à plaisanter alors que notre vie au Château a basculé...
Les autres se regardèrent, crispés.
- Je pense que c'est une façon de faire pour ne pas se laisser abattre, Betty, dit Tina en s'approchant de son amie. Elle lui mit une main sur l'épaule en signe de réconfort. Tu marches avec nous ? demanda-t-elle.
- Ouais.


Photo : Sirius Black
Toujours Cillian Murphy.
Chapitre 35 - La chance ne donne pas, elle prête

# Posté le dimanche 22 octobre 2006 06:51

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:40

Chapitre 36 – Atmosphère étrange

Elle suffoquait. Elle s'agitait dans ses draps, tremblant de tous ses membres. Elle repoussait ses couvertures, battait des jambes, des bras, tournant sur elle même, gémissant doucement.
- Tina ! Tina !
Lena avait allumé la lumière, faisant émerger ses amies de leur profond sommeil.
- Qu'est ce qui se passe ? marmonna Lily en se frottant les yeux, les cheveux en pétard.
- Elle fait encore des cauchemars ! expliqua Lena en s'approchant du lit de Tina.
Cette dernière fit quelque chose d'étrange. Sa poitrine se souleva, elle émit un cri rauque, et s'affaissa sur son matelas, sans plus bouger. Son visage semblait serein, posé sur le côté, offrant un drôle de contraste avec le masque d'horreur qu'elle arborait trente secondes plus tôt.
Betty déglutit tellement fort que Lily et Lena se tournèrent vers elle. Ses cheveux bonds bouclés étaient emmêlés, et ses yeux étaient cernés, et rouges. On pouvait lire l'inquiétude dans son regard. Elle s'approcha de lit de Tina, tordant un bout de sa chemise de nuit.
- Vous croyez qu'il faut la réveiller ? demanda Betty d'un ton hésitant.
- Elle a l'air de s'être remise, dit Lily, incertaine.
- On en reparlera demain, chuchota finalement Lena, en retournant sous ses couvertures.


Elle cligna plusieurs fois des yeux, revenant peu à peu à la réalité. Quel était l'idiot qui avait ouvert les rideaux ? Un jet de lumière inondait toute la pièce, lui donnant un aspect spectral. Tina repoussa ses couvertures lentement, et sortit de son lit. Le dortoir était désert, et le parquet grinçait sous ses pas. Elle se dirigea vers son armoire, et entreprit de choisir des vêtements pour la journée, l'esprit encore embué par sa longue nuit de sommeil.


- Je trouve ça perturbant, cette histoire de cauchemars, chuchota Lena, assise à la table des Gryffondors.
- Tu as regardé son eau ? demanda Remus, qui lui tenait la main.
- Oui, répondit Lily. Il n'y avait rien dedans.
- Je dois avouer que j'ai eu peur, quand elle a semblé s'étouffer, murmura Betty, l'air triste.
- Attendons qu'elle arrive pour l'interroger, marmonna James entre deux bouchées de pain.
- Où croyez-vous qu'est Dumbledore ? demanda Peter.
Il fut interrompu par l'arrivée des hiboux. Il semblait y en avoir beaucoup plus que d'habitude. La Salle fut envahie d'un grand brouhaha, et des exclamations fusaient de n'importe où.
Lily arracha presque la Gazette du Sorcier des pattes d'un Grand Duc qui le transportait. Elle le parcourut à une vitesse incroyable, fronçant les sourcils au fur et à mesure qu'elle continuait sa lecture. D'un geste brusque, elle froissa le journal et l'envoya au loin.
- Mauvaises nouvelles ? fit Sirius, qui ne semblait pas dans son assiette.
- Tu parles ! fulmina Lily. Ils ne parlent même pas de ce qu'ils s'est passé hier !
Tiens, Tina ! Comment ça va ? s'exclama-t-elle, son visage changeant à peine d'expression.
- Bien, je suppose, répondit cette dernière qui prit place à côté de Peter. Et vous ?
Ses amies échangèrent des regards.
- Tu as bien dormi ? demanda calmement Lena, en serrant plus fort la main de son petit-ami.
Tina grimaça :
- J'imagine que non, à en juger par ton air...
- Tu ne t'en souviens pas ? demanda Sirius, avant de jeter un drôle de regard à James.
- Le trou noir, dit Tina, après avoir réfléchi. J'ai agi bizarrement ? Je suis somnambule ? C'est ça ?
- Euh, non. Tu nous as fait peur. On aurait dit que tu souffrais... intensément, chuchota presque Betty.
James fit tomber son couteau sur la table dans un grand bruit. La Grande Salle était silencieuse. Soudain, les adolescents prirent conscience de ce qui les entourait. Il n'y avait plus aucun bruit. Quelques groupes étaient formés. Tous les élèves semblaient tristes, la mine accablée. Les professeurs avaient l'air grave, plus que d'habitude. La place centrale était vide, Dumbledore était absent. Et puis, sans que personne ne s'y attende, il y eut un cri. Un hurlement, pour être plus exact. Un hurlement de rage. De haine. De colère. Un cri qui résonna longtemps dans la Grande Salle. Etonnés, les étudiants semblèrent revivre.
Dans un bruit sourd, un corps tomba au sol. Les chaises raclèrent le carrelage dans mouvement de panique. Comme un seul homme, les élèves se levèrent, et se dirigèrent vers la source de bruit. Une jeune fille, de Serpentard, à en juger par son uniforme, était par terre, sans connaissance. Une lettre froissée reposait près d'elle. Elle avait de longs cheveux bruns, et des taches de rousseur, sur une peau cadavérique.
Toute l'Ecole n'avait qu'une question : « Etait-elle morte, comme Dave Knittel ? »
Le Professeur de Potions, passablement échevelé et affolé, mit fin à leur interrogation. Il transporta cette jeune fille, qui ne devait pas avoir plus de quatorze ans, sur un brancard, vers l'infirmerie.
Alors que tous les élèves étaient en état de choc, ne sachant pas très bien ce qu'ils devaient faire, la Sous-Directrice, le Professeur Mc Gonnagal prit la parole : « Miss Chabrol n'est pas en danger de mort. Elle s'est évanouie suite à une très mauvaise nouvelle. Veuillez reprendre place. Le Directeur arrivera d'une minute à l'autre. »
Les chaises raclèrent à nouveau. Et la Grande Salle était redevenue tout aussi silencieuse. Elle renfermait un grand nombre d'étudiants. Je pense pouvoir vous les décrire en utilisant ce mot : hagard. Ils l'étaient tous. Sans aucune exception. Les questions et la peur se lisaient dans leurs yeux. Oui, on pouvait dire qu'une atmosphère étrange planait au dessus de leurs têtes.



- « Chers Elèves, annonça Dumbledore. Je reviens du Ministère de la Magie. Après avoir discuté une bonne partie de la nuit avec le Premier Ministre, et ses conseillers, nous avons conclu un accord. Il ne tient pas à fermer Poudlard, et je suis de son avis. C'est pourquoi il a mis à notre disposition des Auros formés qui sont là uniquement pour votre protection.
De nouvelles mesures de sécurités sont prises à partir de maintenant. Les dortoirs et les colis, ainsi que les lettres, seront fouillés, les objets suspects confisqués. Personne n'a l'autorisation de sortir après le couvre-feu. Les Préfèts et Préfets en Chef n'auront plus l'obligation de patrouiller le soir. Vous passerez au détecteur de Magie Noire en entrant et en sortant de l'école. C'est pour cela qu'une fois mes explications terminées, vous irez tous dans le Parc, afin que les Aurors procèdent aux tests.
Des questions ? »
Le Directeur avait l'air vieux. Depuis la mort du Pouffsouffle, il était devenu anxieux. Il ne s'était pas attendu à une attaque de ce genre !
- Oui, Miss Buzzati ?
- Si les Auros sont ici, cela signifie que les deux suspects, Radoslav Recnik et Daniel Chauvey, ont un lien avec Vous-Savez-Qui et son organisation ? demanda une petite brune qui était en Septième Année, à Gryffondor.
- J'ai le regret de vous annoncer que oui, répondit Dumbledore. Une enquête est ouverte à ce propos. Vous pouvez disposer, termina-t-il.



- Comment est ce qu'on va faire pour ton petit problème de fourrure ? marmonna James à l'adresse de ses amis qui marchaient côte à côte.
- Je me demandais la même chose, mais je trouvais ça un peu égoïste, tu vois ? répondit Remus, le c½ur battant.
- Il y a sûrement une salle dans cette école qui pourrait te contenir, réfléchit Peter. Tu devrais demander au Directeur.
- Je crois qu'il a mieux à faire qu'écouter Remus, mon vieux, murmura Sirius.
- On pourrait peut-être essayer la Salle sur Demande ? hasarda James.
- A mon avis, elle sera réquisitionnée, répondit Remus. N'en parlons plus. Il nous reste encore quelques jours.



- Je ne me sens pas très à l'aise, chuchota Lily qui était juste derrière Lena.
- Moi non plus, répondit celle-ci. Regarde ces types ! On dirait qu'ils sont dépourvus... d'âme !
- Tu connais quelqu'un ? demanda Betty qui avait entendu leur conversation.
- Non, personne, marmonna Lena, en baissant les yeux. Je pourrais demander à mes parents, mais depuis que mon frère et mon oncle sont... Elle se tut. Mes parents ne sont plus au courant de tout ça. Ils se sont retirés.
- Et toi, Tina ? Tu connais quelqu'un ?
Elle regardait un des hommes avec insistance. Se sentant observé, ce dernier se tourna lentement vers Tina. Il était grand, et maigre, mais on sentait qu'il était puissant. Il avait des cheveux noirs, avec quelques mèches grises, et ses yeux l'étaient encore plus. Son visage était foncé, strié de rides d'expression, comme quelqu'un qui a beaucoup ri ou pleuré dans sa vie. Lui aussi regardait Tina comme si elle lui rappelait quelqu'un. Mais après une ou deux minutes, un de ses collègues l'appela, et le contact visuel fut brisé.
- Tina ? Tina ?
La jeune fille battit des paupières, revenant à elle.
- Qu'est ce que vous dites ? demanda-t-elle à ses amies qui la regardaient, étonnées.
- Ca va bientôt être notre tour, dit simplement Betty.



Les cours avaient repris. Les élèves se traînaient dans les couloirs, comme d'habitude, même s'ils y mettaient moins d'enthousiasme qu'avant. Presque chaque jour, on pouvait voir des élèves éclater en sanglots, sous l'effet d'une mauvaise nouvelle ou de la terrible pression qui s'installait au Château. En effet, les Professeurs, pensant sûrement les aider, pour les distraire du monde extérieur, leur donnaient une masse inouïe de devoirs et de leçons à étudier. De plus, les cours étaient surveillés par des Aurors anonymes, qui ne parlaient pratiquement jamais, ce qui donnait aux cours une atmosphère sinistre, qu'aucun étudiant n'arrivait à rompre, obligés de suivre les cours sans arrêt. Et ceux qui espéraient recevoir un quelconque réconfort venant de l'extérieur se trompaient lourdement ; chaque lettre et chaque colis étaient fouillés, et une grosse inscription rouge (Autorisé) décorait l'emballage, provoquant une réaction de dégoût chez la plupart des destinataires.
Poudlard abritait des élèves déprimés, soucieux, en mauvaise forme. D'ailleurs, pour ne rien arranger, une pluie torrentielle s'abattait sur le domaine.
Bref, une ambiance parfaite pour quelque chose d'inattendu...





Je n'aime pas ce chapitre.
So sorry.
Chapitre 36 – Atmosphère étrange

# Posté le jeudi 02 novembre 2006 10:25

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:39

Chapitre 37 - Mares de chagrin, vagues de joie

Première partie

- Dispersez-vous, s'il vous plait... Je suis Préfète...
- Plus depuis que Dumbledore a dit que tu servais à rien ! lui répondit hargneusement un élève de sa maison.
Lily soupira, abattue. Cela faisait deux semaines que les Aurors étaient arrivés, et la vie était devenue épouvantable. Elle avait l'impression d'être très vieille et à bout de forces.
- Elle t'a demandé de te reculer ! Alors tu le fais ! s'exclama Remus, une lueur animale dans le regard.
Lily le regarda, étonnée.
- Tout va bien, Remus ?
- Non. Mais ne me demande pas de développer... Bon sang ! Qu'est ce qu'ils ont tous à s'amasser devant ce foutu tableau d'affichage !
Un jeune garçon se retourna. Il était en première année, d'après Lily, mais elle ne se souvenait plus de son nom.
- Il y a un bal, pour Pâques, annonça-t-il, avec un petit sourire.
- Un bal ? s'exclama Remus en secouant la tête. Je rêve !
Il s'éloigna en marmonnant des choses inaudibles, bousculant un grand nombre de gens sur son passage.


La nouvelle avait fait le tour de l'école en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Les petits étaient joyeux, et les plus grands, sceptiques.
- Je ne comprends pas Dumbledore, marmonna Lena. Il veut nous achever, ou quoi ? Comment peut-on s'amuser à un bal si les croques-morts nous surveillent ?
- On pourrait y aller, fit Betty. On a rien à perdre, je suppose.
- Vous dites ça comme si aller à un bal était une calamité ! Vous exagérez ! dit Tina.
Elles étaient assises à une table de la bibliothèque, et faisaient une pause dans leur travail.
- Elle a raison, essaya Lily. Ca pourrait nous détendre... Je crois qu'on en a bien besoin.
- Si tu m'avais proposé d'aller à un bal il y a deux semaines, j'aurais accepté sans hésiter, mais là, je suis perplexe, dit Lena en secouant la tête. Elle trempa sa plume dans de l'encre, et continua de griffonner sur un parchemin.
- Ce serait une superbe occasion de t'amuser avec Remus, argumenta Lily avant de bailler.
- Je reviens, annonça Tina et se levant. Elle ramassa ses affaires et quitta la bibliothèque d'un pas vif.
- Où est-ce qu'elle va ? demanda Betty, plus par automatisme que par réel intérêt. Oh, Alice ! s'écria-t-elle soudain, sous l'½il noir de Mrs Pince. Viens !
C'était une jeune fille de leur année, à Pouffsouffle. Elle était jolie, et souriait toujours. Betty faisait souvent équipe avec elle lors des cours de Soins, et la jeune fille était très douée avec les animaux.
- Salut, lança Alice d'un ton sympathique avant de prendre place. Comment allez-vous ?
- Terrible, et toi ? répondit Lena sans lever les yeux de son parchemin.
- Mouais, ça va. Vous allez au bal ?
Lily soupira.
- On essaye de convaincre Lena, mais elle est têtue.
- Et en plus d'être têtue, je suis pressée, dit cette dernière. Désolée les filles, ce n'est pas contre vous que je suis de mauvaise humeur. J'y réfléchirai. Ciao, fit-elle avant de partir de la bibliothèque.
- Alors, Alice, tu sais avec qui tu vas aller au bal ? demanda Betty avec un réel désespoir. Elle détestait parler chiffons et sentiments.
- Je pense que je vais demander à Franck de m'accompagner, murmura Alice en prenant quelques couleurs.



- Arrête de tirer sur ta robe, Betty ! Tu vas la déchirer ! lui cria Tina.
- J'ai l'air d'une catin ! s'exclama Betty. Ce n'est pas du tout mon style ! marmonna-t-elle en tournant sur elle même, devant le miroir.
- Cesse de râler, ma vieille ! dit Tina en réprimant un rire. Elle est superbe ta robe ! Anna et Nathalie l'ont très bien arrangée, on ne dirait pas du tout celle que tu portais à Noël.
- Evidemment, il a fallu confier nos robes à ces deux filles là... On va nous prendre pour des prostituées de cabaret ! s'exclama Betty en se laissant tomber sur son lit.
Lena éclata de rire.
- C'est vrai qu'elles sont courtes et assez pigeonnantes.
- Ca plaira à Remus !
- Evidemment ! marmonna Lena en toussant.
- Il aurait mieux fallu qu'on se déguise en lapins ou dieu sait quoi ! Sérieusement, je ne peux pas sortir comme ça ! C'est dégradant !
- Betty... Tais-toi ou je te raccourcis la robe encore plus, menaça Tina en s'emparant théâtralement de sa baguette.
- Tu sais Betty, si ça te dérange tant que ça, il suffit de prononcer la formule magique, lui dit Lily avec un grand sourire.
- Suis-je bête ! s'exclama Betty en se frappant le front. Je suis une sorcière !



La décoration était assez réussie, quoique plutôt kitch. Les murs semblaient étonnamment propres, ils brillaient d'un éclat nouveau, et inhabituel. Une grande table était poussée dans le fond de la Salle, et il sembla à Lena qu'il millier de plats y reposaient. Au centre se trouvait un espace immense, où quelques couples dansaient déjà. Des oisillons voletaient de ça et là, et quelques lapins sautillaient un peu partout. Dumbledore, un sourire aux lèvres, était affublé d'un chapeau grotesque. Une musique douce s'élevait d'on ne sait où.
- Si on allait s'asseoir dans ces gros fauteuils ridicules ? lança joyeusement Betty en montrant du doigt quelques canapés regroupés en forme d'½ufs de Pâques.
- Excellente idée, approuva Lena en faisant la moue pour on ne sait quelle raison.
- Très mauvaise idée, chérie, contra Remus qui était apparu soudainement. Viens danser ! ordonna-t-il presque en la tirant gentiment sur la piste de danse.
- Et en voilà deux de retrouvés, marmonna Tina avec un geste théâtral de désespoir.
- Bonsoir chères demoiselles ! s'écria Sirius en bondissant vers les filles comme un beau diable. Comment ça roule ?
- Nickel chrome, Sirius, et toi ? répondit Lily, alors qu'elle réfléchissait à de la chimie organique.
Il la regarda deux secondes d'un air interloqué, avant de répliquer
- Absolutely fantastic* !
- Où sont les deux autres ? demanda Betty que l'euphorie avait totalement gagnée. Elle se balançait doucement au rythme de la musique, et son visage avait quelque chose de béat.
- Peter mange des crevettes dans le coin, et James.. je pense que je l'ai perdu en chemin !



Cette soirée était excellente. Il était près de minuit, et Tina s'éclatait comme jamais. Elle dansait avec un paquet de garçons, et dans le tas, il y en avait au moins un qui lui plaisait. Du coin de l'½il, elle observait Betty qui dansait depuis quelques temps déjà avec le même garçon. Et puis, comme dans un film, d'une manière totalement prévisible, les lumières s'éteignirent pour laisser la Grande Salle illuminée par quelques bougies. Un slow s'éleva des ténèbres, et c'est avec plaisir que Tina s'appuya contre le torse de Benjamin, Septième Année à Serdaigle de son état. Elle laissa son esprit vagabonder, pour apprécier pleinement l'instant présent, et oublier un peu tout ce qui la préoccupait.



- Ca va l'estomac, Peter ?
- Oh, James, tu m'as fait peur ! marmonna le garçon, en se retournant, une main sur le c½ur.
- Pourquoi tu ne danses pas ? demanda le jeune homme ébouriffé.
- Là je fais une petite pause bouffe. T'étais où pendant tout ce temps ?
- Ici et là, répondit vaguement James en regardant les couples danser.
- T'es sur que ça va, vieux ? interrogea Peter, un peu intrigué par la mine maussade de son ami.
- Oui, ça va... Ca ira surtout quand j'aurai trouvé ce que je cherche.
- Et qu'est ce que tu cherches ?
- Oh, un truc sans importance. Allez, je te laisse. Le devoir m'appelle, lança-t-il avant de se diriger vers Lily, un grand sourire aux lèvres, les bras écartés.



- Sirius ? fit Tina. Qu'est ce que tu fais ici ?
- Oh, tu sais, la routine, je fuis les petites groupies écervelées qui me harcèlent, répondit-il avec un grand sourire. Il rejeta ses cheveux en arrière.
- Tu m'accordes cette danse ? demanda-t-il dans une petite courbette sympathique.
- Bon, juste une fois, accorda Tina en lançant un regard désolé au garçon avec qui elle dansait précédemment.



- C'est plutôt romantique de sortir dans le parc après une soirée, tu ne trouves pas ? chuchota Lena à l'oreille de Remus.
Ce dernier rit.
- Oui, je trouve.
Il prit Lena par la taille, la fit tournoyer dans les airs et la reposa sur le sol.
Ils riaient tous les deux.
- Je suis particulièrement heureux avec toi, Lena, tu sais ? avoua Remus à mi-voix.
- Maintenant je le sais, répondit la jeune fille, la voix vibrante d'émotion. Moi aussi je me sens bien avec toi.
- Je crois que je t'aime, dit tout à coup Remus, comme une promesse.
Un feu de joie explosa dans le corps de Lena. Ils se sourirent, et dans le silence du Parc désert uniquement perturbé par quelques bruits environnants, ils échangèrent un v½u, vibrants d'un amour neuf et se sentant immortels.
Chapitre 37 - Mares de chagrin, vagues de joie

# Posté le mardi 19 décembre 2006 10:38

Modifié le mardi 26 décembre 2006 12:12

Deuxième partie

- C'est une belle soirée, hein ?
- Oui ! Dumbledore a eu raison d'organiser cette fête ! s'exclama Lily, enthousiaste. Elle souriait de toutes ses dents à James et s'arrêta brusquement de danser.
- Qu'est ce qu'il y a ? demanda James, un peu désorienté. Ils s'amusaient bien, pourtant, à remuer sur ce morceau de rock ultra rapide.
- Je meurs de soif ! expliqua Lily en le prenant par le bras. Elle l'emmena jusqu'au buffet où trônait une énorme bassine de ponge. Elle se remplissait magiquement dès que la boisson manquait.
- Merde, Lily, murmura James pour lui-même.
- Quoi, qu'est ce que tu dis ? s'écria joyeusement la jeune rousse en se penchant vers lui, légèrement déséquilibrée.
- T'es saoule !
- Mais non, James, voyons ! s'exclama Lily, ses joues prenant une jolie couleur rouge. Je suis juste un peu euphorique ! Ca fait de mal à personne.
- C'est pour ça que tu danses avec moi, sans me repousser !
- Mais enfin, James, ne te fâche pas ! Je te promets que je ne suis pas bourrée !
- Viens, on va se promener dans le Parc. Ca va te rafraîchir les idées, chuchota James dans l'oreille de Lily, troublé par cette proximité. Il pouvait sentir son parfum...
- Tu ne me peloteras pas, hein ? demanda Lily en levant de grands yeux interrogateurs vers le visage de James.
- Quoi ? s'écria le jeune homme, scandalisé.
- Je plaisante ! marmonna Lily entre deux éclats de rire.


- Bref, elle me repoussait, assez violemment d'ailleurs, jusqu'au soir où j'étais tranquillement assis dans un fauteuil de la Salle Commune. Là, elle s'est assise en face de moi, et a commencé à me parler. Maintenant vous savez ce que ça a donné ! termina Mickael Boulgakov, un Pouffsouffle, en serrant sa petite amie, Léa Knowles, tout contre lui.
Tina sourit.
- Ils sont mignons, hein ?
- C'est clair ! s'exclama Sirius. Je propose qu'on leur lève un toast ! fit-il en joignant le geste à la parole, éclaboussant quelques personnes qui étaient autour d'eux.
- Bon, viens, on va danser ! ordonna presque Tina en tirant Sirius par sa manche. Tu as vu où sont passés Lily et James ?



- Hey, salut !
Peter se retourna, choqué, une main sur le c½ur.
- Mon Dieu ! s'exclama-t-il, tu m'as fait peur ! Comment tu vas ? demanda-t-il en se penchant vers la jeune fille. Il y avait tellement de bruit, impossible d'avoir une conversation normale...
Blonde, petite et menue, elle était en Cinquième Année, dans sa Maison.
- Bien, Peter, bien. Et toi ? s'enquit timidement Vanessa Weasley, le bas de sa robe serrée dans son poing.
- Ca va. Tu es venue te rafraîchir ? lui dit Peter, en pensant justement qu'il avait un peu trop chaud.
- Non, en fait, je voulais te demander quelque chose..., chuchota la petite cousine d'Arthur, en se mordant les lèvres.
- Ah bon, quoi ? fit Peter, rembrunit.
- C'est le quart d'heure américain ! Alors je te propose une danse ! s'exclama joyeusement Vanessa, en s'applaudissant presque de sa bravoure. Elle vit que Peter avait remarqué son intention, et vira au rouge soutenu.
- Rien qu'une seule ? interrogea Peter, charmeur, mais un peu surpris de sa propre audace.
- Jusqu'à ce qu'on s'enflamme ! s'écria la jeune fille, au comble de l'excitation.
- C'est parti ! cria Peter, à sa suite, complètement transformé.



- Ca va mieux, maintenant ?
- Pas trop, murmura Lily en se recroquevillant. J'ai froid.
- Evidemment. Avec tout l'alcool que t'as bu, aller dans le Parc au beau milieu de la nuit ne peut que te faire frissonner, marmonna James. Tiens, fit-il, en lui posant sa cape sur les épaules.
- Merci, chuchota Lily.
Ils continuaient à marcher dans le noir, sans trop savoir quoi faire ni où aller. De temps à autre, ils surprenaient des couples en train de s'embrasser dans des coins sombres, gémissant et soupirant de bonheur. Ce spectacle horripilait profondément James.
- Viens, on va sur la berge du Lac, dit Lily en bifurquant vers la droite, entraînant James avec elle.
- Tu ne vas quand même pas te baigner ?! demanda le jeune homme, incrédule.
- Mais noon ! Juste m'asseoir. Et je te rappelle que je n'ai pas bu au point de me baigner dans le plus simple appareil ! Ni même habillée ! Franchement !
James éclata de rire, se prenant la tête dans les mains.
- C'est bon, je te crois, mais avoue quand même que tu as bu un peu plus que de raison.
- Ben, c'est normal ! C'est pour sortir de l'ambiance franchement glauque de ces derniers temps ! Un peu rigoler pour oublier, quoi.
- Oh, ça, je te comprends ! dit James en secouant la tête, faisant bouger ses cheveux ébouriffés. Ca fait une éternité qu'avec les Maradeurs on est plus sortis, comme à l'ancienne...
- Et pour Remus, comment vous avez fait ? demanda Lily en faisant mine de s'asseoir à même l'herbe.
- Eh ! s'exclama James, non ! Tu vas salir ta superbe robe ! Attends, je faire apparaître un plaid.
- Ah, merci, fit Lily, un peu troublée. Elle enleva ses chaussures à talons, et s'assit. Alors, pour Remus ?
- Eh bien, commença James en prenant place, Pomfresh a réussi à l'emmener au Saule sans que personne ne le remarque, mais on n'a pas osé y aller. Les Aurors étaient partout, sur la carte. Ils sont vraiment étranges, tu ne trouves pas ?
- Si ! répondit Lily avec véhémence, ils sont là, comme des ombres ! Ils sont trop sérieux, ils rodent, sans jamais rien dire ! On dirait plus des Détraqueurs que des Aurors !
- Ah, ça, non, je peux te le garantir ! Même s'ils sont sinistres, ils n'ont rien des Détraqueurs, assura fermement James.
- Comment tu peux le savoir ? demanda Lily qui avait remarqué la dureté dans les yeux de son... ami, un peu étonnée.
- De mon père, dit James. Puis, voyant les yeux écarquillés de Lily, il reprit.
- Il va souvent voir des... types à Azkaban. Pour son boulot, tu comprends. Et à chaque fois qu'il rentre à la maison après une journée de ce genre, il est tout bouleversé. Mon père est un Auror assez réputé en Angleterre, et le fait de savoir que les Détraqueurs ont cet effet sur lui ne me rassure pas du tout..., avoua James, en se frottant les mains, gêné.
- Oh, fit Lily, ne sachant pas quoi dire. Peut-être que...
- Chut ! intima férocement James, coupant la jeune fille dans son élan. Il ne bougeait plus, l'oreille aux aguets.
- Quoi ? s'exclama Lily, vexée. J'ai dit un truc qui fallait pas ? Quelque chose de gentil, pour une fois, et t'as pas pu le supporter ?!
- Non ! Mais par pitié, fais moins de bruit ! lui pria James. Il se passe quelque chose d'anormal... Viens, levons-nous, ordonna-t-il en la soulevant sans grande difficulté.
- De quoi tu me parles ? chuchota Lily, abasourdie par le comportement de James. Où est-ce qu'on va ? Tu sais, ce n'est qu'un brusque changement de climat ! Rien d'anormal là-dedans !
Lily Evans avait raison. Le vent s'était brusquement levé, et les arbres de la Forêt Interdite se fouettaient les uns les autres. La surface du Lac, calme quelques secondes auparavant, ondulait violemment, et les nuages s'étaient mis à cracher des gerbes d'eau, à verse, alors que le ciel était dégagé deux secondes avant que James ne s'agite. Des éclairs zébraient l'air, partout autour d'eux, et l'orage grondait, semblant se rapprocher d'eux aussi vite que le temps passait.
- Rien d'anormal là-dedans, tu es sure ?! hurlait James, que le vent semblait éloigner de Lily. Encore un peu et elle s'envolerait...
Une branche cassa dans un grand fracas, et aussi trempés qu'effrayés, James et Lily se rapprochèrent. Et puis, un hurlement déchirant leur parvint. Alarmés, les deux jeunes gens se regardèrent pendant une brève seconde, et d'un commun accord, se mirent à courir vers l'école, d'où semblait leur provenir le cri.



Betty éclata de rire. La tête lui tournait, et le charmant jeune homme avec qui elle dansait depuis presque une heure ne devait pas y être étranger. Il était vraiment craquant, avec sa robe de sorcier simple et classe en même temps, ses jolie pommettes bien taillées, son regard marron et rieur, son nez droit et fin, son superbe sourire et son mystérieux grain de beauté quelques centimètres au dessus de sa lèvre supérieure...
- Betty, tu m'écoutes ? lui demanda Anthony Hopkins, se penchant vers elle, en souriant toujours.
- Euh, non, excuse moi, j'étais perdue dans la contemplation de tes traits..., lui chuchota-t-elle au creux de l'oreille.
Son cavalier frissonna, et la serra doucement contre son corps.
- Tu veux bien danser ce slow avec moi ? lui demanda-t-il, en respirant le magnifique parfum qui émanait des cheveux de sa compagne.
- Avec grand plaisir, mon cher, murmura Betty, comblée.




- Regarde Betty et ce type, marmonna Sirius à Tina qui s'approvisionnait au buffet.
- Ils sont mignons, hein ? coupa Tina avant que Sirius ne dise des bêtises.
- Ca, c'est sur, renchérit Black, ironique. Il piqua un toast dans l'assiette de son amie, et l'avala d'un coup.
- Pourquoi es-tu si cynique, Sirius ? Le bonheur des autres ne te réjouit-il pas ? demanda Tina avant de mordre dans un petit sandwiche.
- Siii, mais tu comprends, Tina chérie, que c'est bien du bonheur des autres qu'on parle. Pas du mien, c'est ça qui est malheureux, s'exclama-t-il, théâtralement.
- Ne me fais pas le coup du petit chien battu, Sirichou, minauda Tina en étouffant un rire, s'étranglant presque avec son petit pain.
- Mais non, mais non, mais ce soir, tout le monde est en couple ! Je suis sur à cent pour cent que Lily en James sont en train de faire des choses que je ne citerai pas ici, que Remus et Lena font des choses pas très catholiques, que Peter échange son premier baiser avec Vanessa, que Betty et ce mec vont se revoir, alors que nous, on est là, en train de s'empiffrer comme deux bons vieux célibataires ! s'emporta un peu Sirius, mais ne se départant pas de son sourire.
Tina le regarda deux secondes, un peu énervée qu'il lui rappelle qu'elle était seule. Elle se détourna de lui, et attaqua un deuxième sandwiche. Quand elle eut fini de le mâchonner, elle se tourna vers Sirius, qui visiblement attendait une réponse, et lui dit d'une voix sèche :
- Ne t'attends pas à ce que toi et moi on sorte ensemble ce soir ! Je ne suis pas le vingtième choix !
- Eh, mais ne te fâche pas ! Je ne pensais vraiment pas à ça ! Nous sommes de vrais et simples amis, pas vrai ? lui demanda Sirius, incrédule, et touché par sa réaction et ses propos. De toutes façons, tu n'es le vingtième choix de personne ! Pourquoi tu dis une chose pareille ?
- Parce que les mecs ne sont intéressés que par mon physique ! Comme pour toutes ces poufiasses de l'école sans cervelle ! s'énerva Tina, brisant du même coup le verre qu'elle tenait dans sa main. Merde !
Sirius sortit sa baguette, la posa doucement sur la main ensanglantée de son amie, et prononça distinctement « Apo Reparo ». Puis, il sortit une serviette propre de sa poche, et épongea le sang.
- Merci, fit Tina en soupirant. Désolée pour la scène, dit-elle après un temps de pose. Il tenait toujours sa main. C'est juste que ça m'énerve d'être cataloguée pétasse !
- Tu n'es pas une pétasse, assura calmement Sirius en lâchant sa main. Celui ou celle qui dit ça, je lui règle son compte !
Christina sourit. Puis, alors qu'elle leva la tête vers le plafond magique, son expression changea, et ses sourcils se froncèrent. Sirius l'imita.
- Ca a l'air mauvais, ça, chuchota-t-elle, de façon que seul Sirius l'entendit. Très mauvais.
A ce moment précis, la pluie commença à battre les vitres du Château. Le vent soufflait, comme une plainte, et des éclairs se mirent à lacérer le faux plafond. Le tonnerre gronda, et un hurlement perçant retentit.


Photo : Betty Wells



Désolée d'en avoir fait patienter certaines (hein Laura!), c'est pas de la méprise de ma part, j'fais pas comme ces auteurs qui mettent des mois avant d'écrire quelque chose de nul en fin de compte, c'est juste que j'ai plus autant de temps qu'avant, études, amis, famille obligent.
Encore désolée. J'espère que ça vous plaira!
Biz.
Deuxième partie

# Posté le dimanche 21 janvier 2007 04:26

Troisième partie

- Qu'est ce qu'il se passe ? murmura Vanessa en se blottissant contre Peter.
- Je ne sais pas, répondit ce dernier, en la serrant entre des bras qu'il espérait protecteurs.
- Aïe ! Merde ! Tu me marches sur les pieds ! cria quelqu'un.
- Désolé, répondit un autre.
Ils étaient plongés dans le noir complet.
Et puis, comme si chacun se rappelait être doté de pouvoirs magiques, ils crièrent, dans un ensemble presque parfait, un « Lumos » retentissant.
La lumière les éblouissait tous. Les élèves de Poudlard s'entre regardaient, hébétés, un peu choqués, sans trop savoir pourquoi. Un mouvement se fit dans la masse d'étudiants agglutinés. C'était le professeur Electra, qui dispensait le cours d'Astrologie. Elle était apparemment descendue de la Tour. Elle paraissait en proie à une profonde terreur, et tremblait de tous ses membres.
- Le professeur Dumbledore, vite ! Appelez-le !
Les adolescents reprenaient leurs esprits. C'était comme s'ils avaient été soumis à un sortilège d'abrutissement. A moins que ce ne soit le ponge...
- Qui a crié ? cria soudain un jeune homme que Peter identifia comme étant Amos Diggory, le capitaine de l'équipe de Serdaigle.
- Oui, c'est vrai, ça, qui a crié ? reprirent les gens autour de lui.
La rumeur se propagea dans toute la salle. Ils étaient maintenant franchement paniqués. Il n'y avait plus un son autour d'eux, mis à part le bruit des conversations. Tout détenteur d'autorité semblait avoir disparu.
- Où est passé le Professeur Electra ? interrogea doucement Vanessa, qui était toujours dans les bras de son compagnon. Il sursauta légèrement, il l'avait presque oubliée.
- Je ne sais pas, répondit Peter, tout aussi doucement. Disparue, se dit-il en lui même.
- On est enfermés ! s'écria quelqu'un.
Les élèves se tournèrent vers la porte de la Grande Salle comme un seul homme. Elle était lourde, puissante, mais ouverte.
- Qu'est ce que tu racontes ? s'exclama Sirius, qui était suivi de Tina. Ils venaient de l'autre bout de la Salle, apparemment, et tous les étudiants le regardaient, un peu comme s'ils venaient de désigner d'un accord commun et silencieux leur leader.
- On ne peut plus sortir du Château ! se mit à hurler le garçon, en proie à un état proche de l'hystérie.
Il éclata en sanglots.


Sans trop savoir pourquoi, Tina se rapprocha du garçon. Il était petit et mince. Elle ne l'avait jamais vu. Alors qu'elle était en face de lui, il releva brusquement la tête. Tina sursauta. Ses yeux étaient noirs, vides, et une cicatrice horrible traversait son visage. Elle saignait. Avant même de réfléchir, elle pointa sa baguette sur le garçon.
- Qui es-tu !
- Je, je... Mon nom est Richard Hannigan. Je suis en Deuxième année à Pouffsouffle, avoua-t-il en reniflant, la respiration bruyante.
- Qu'est ce que tu fais ici ! cracha presque Tina. Elle était horrifiée devant ce garçon. Elle ne savait pas pourquoi, mais il lui faisait peur.
- Caleb et moi on avait rendez-vous... avec deux filles de Troisième dehors. Et là, il s'est passé un truc... j'ai pas compris quoi ! Mais j'ai entendu Caleb hurler ! Et j'ai reçu un maléfice en pleine figure ! J'ai mal !
Tina se calma un peu. Elle abaissa sa baguette, soudain consciente que quelques centaines de têtes la fixaient depuis le début de son interrogatoire.
- Alors je suis rentré dans le Château... et j'ai essayé d'en ressortir pour voir où était Caleb. Mais la porte est fermée, termina Richard en se laissant tomber par terre, inerte. Il passa une main sale sur sa figure ensanglantée, et frissonna. Depuis lors, il ne dit plus un mot. Depuis ce jour, il est suivi à St-Mangouste pour traumatisme aigu.


- Vite, Lily, cours ! hurlait James. Il avait l'impression de hurler à s'en casser la voix. Il ne comprenait pas pourquoi il criait, d'ailleurs. Lily était à sa hauteur. Sa condition physique l'étonnait. Il ne lui connaissait aucune pratique de sport. Mais, il devait bien se l'avouer, il ne connaissait pratiquement rien d'elle, à part que c'était une magicienne hors-pair.
Ca faisait à peine une minute que le cri s'était fait entendre. Mais Lily avait tellement du mal à avancer à travers cette pluie torrentielle qu'elle avait les poumons en feu, les jambes comme des blocs de béton et une migraine atroce. Elle avait peur. Ils ne s'était pas tellement éloignés du Château, si ?


Betty prit Anthony par la main et chemina à travers les élèves. Ils devaient rejoindre Sirius et Tina. Elle entendit vaguement quelqu'un donner des ordres. C'était Amos Diggory. Il demandait aux étudiants de sa Maison de se mettre en rangs. Ils attendraient le Professeur Flitwick dans leur Salle Commune.
Voilà qui est sage, pensa aussitôt Betty, néanmoins sans grande conviction.
Tous les autres Préfèts l'imitèrent. Comme Lily et Remus restaient introuvables, ce fut la Préfète en Chef, de Serpentard qui conduisit tout le monde vers la Maison de Gryffondor. Avant de s'en aller, elle cria quelque chose que Betty n'entendit pas. Quelqu'un plaqua sa main sur sa bouche, pour l'empêcher de crier. Elle fut violemment tirée en arrière, et tenta vaille que vaille de se débattre. On lui chuchota un « chut ! » à l'oreille. Elle s'arrêta aussitôt de gigoter en tous sens. C'était Sirius.
Après dix minutes d'attente, il relâcha son étreinte. Derrière lui se trouvaient Tina, Vanessa, Peter et Anthony. Ils étaient cachés derrière ce que Betty identifia comme un pan de mur.
- Qu'est ce que vous foutez ! insulta presque Betty en se retenant de frapper Sirius. Ses mains en tremblaient.
- Attends qu'ils soient tous partis, chuchota Peter qui était tendu, à l'affût d'un bruit.
- Désolé, murmura Sirius, avec un sourire. C'était pour que tu nous suives sans discuter.
Elle se retint de hurler de rage. Puis, deux mains se posèrent doucement sur ses épaules, et elle inspira profondément. Ils étaient tous collés serrés dans cet espèce de trou creusé dans le mur. Betty se demanda contre qui elle était appuyée. C'était soit Vanessa, soit Anthony.
Elle se retourna, et vit sans grande surprise son cavalier lui sourire timidement. Il ne savait pas du tout dans quelle galère il risquait d'être entraîné, le pauvre. Alors, sans vraiment réfléchir à ce qu'elle faisait, elle enroula ses bras autour de son cou, et l'embrassa passionnément.
Après trois minutes de silence, elle sentit quelqu'un qui lui frappait doucement l'épaule. A regrets, elle se sépara de la bouche d'Anthony, et regarda férocement la coupable qui lui souriait de toutes ses dents.
- Attends d'être seule avec lui, tu me mets mal à l'aise, la prévint Tina d'un air ironique.
Anthony rougit violemment. Il donnait l'impression d'avoir adoré le baiser. Tant mieux.


Ils étaient arrivés. Devant le Château. Tout semblait anormalement calme. La fête était finie. Lily respirait bruyamment. Dans la course, sa robe s'était déchirée. Elle était trempée, et tremblait de tout son corps. James, quant à lui, n'était guère mieux. Il claquait des dents, et ressemblait à un fou, avec sa baguette levée. Une drôle de lueur dansait dans son regard.
- Viens, murmura-t-il en tendant la main à Lily. On va faire le tour du Château. Mais avant ça, il lui fit apparaître un vêtement de pluie. D'un coup de baguette magique, elle se sécha les cheveux, et l'enfila, dos à James.
Il secoua la tête. James avait vraiment l'impression d'être devenu adulte sans s'en rendre compte. Tout les évènements s'enchaînaient tellement vite. Il n'avait même pas le temps de réfléchir. Tout lui semblait si étrange. Il avait l'impression de rêver. Mais il savait qu'il était conscient.
Il jeta un ½il à sa montre. Une heure vingt du matin. Il tourna sur lui même, les yeux plissés. Aucun bruit ne troublait le Parc, à part le souffle du vent et de la pluie. Il créa une bulle de chaleur autour de lui et de Lily, et cessa aussitôt de claquer des dents. Il sortit un miroir de sa poche, et se mit à prononcer le nom de Sirius plusieurs fois.
- Qu'est ce que tu fais ? demanda lentement Lily, complètement sobre à présent.
- J'appelle Sirius, ça ne se voit pas ? Ah, vieux frère, te voilà ! Que se passe-t-il ?
Lily pencha la tête vers le miroir de James. Elle y voyait le reflet de Sirius qui racontait des choses vraiment dingues. Où étaient passés les Professeurs, les Aurors ? Ses amis étaient tous regroupés dans la Grande Salle, vide à présent. Lily entendait Tina dire qu'un garçon était peut-être blessé, dehors, un certain Caleb. James dit à Sirius qu'ils les rejoindraient bientôt, et coupa la communication.
- Dis, où sont passés tous ces couples qui se bécotaient ? demanda Lily, étonnée de sa propre question.
James lui lança un drôle de regard. Il était sérieux, à présent. Il ne prenait pas toute cette mascarade à la légère.
- Suis-moi, ordonna-t-il.
Il s'avança vers un buisson, et en écarta vivement les branches. Personne.
Les deux jeunes gens continuèrent ainsi, pendant un petit moment. Et puis, Lily sentit une drôle d'odeur. Elle s'avança vers la lisière de la Forêt Interdite, intriguée. Ce qu'elle vit lui arracha un cri. Elle se plia en deux, et vomit.


Lena sursauta. Remus et elle étaient en train de s'embrasser, à l'abri dans la Serre numéro deux.
- Remus. Remus, arrête, soupira Lena alors qu'il continuait à déposer de petits baisers papillons dans son cou.
- Voyons, ma chérie, je sais que tu aimes ça, murmura Remus en soufflant doucement vers la zone sensible de sa gorge.
Elle frissonna de plus belle, même si elle mourrait de chaud dans cette serre étouffante. Elle enleva son petit gilet, offrant à son amoureux la possibilité d'aller plus bas s'il le voulait. Il releva la tête, ses cheveux tombant en mèches rebelles et trempées sur son visage. Ses yeux étaient plus dorés que jamais. Il lui sourit, d'un vrai sourire de beau gosse, qu'il lui réservait spécialement dans leurs moments à deux. Elle lui rendit son sourire, heureuse comme jamais. La guerre lui semblait si lointaine, à présent. Il l'allongea sur le matelas, et se blottit tout contre elle. Il lui caressa le visage, embrassant chaque centimètre carré de sa peau. Lena était totalement ivre de bonheur dans ses bras. Elle déboutonna lentement la chemise de Remus, ses mains tremblant un peu. Elle effleura son superbe torse de ses doigts graciles, le faisant frissonner à son tour. Il lui emprisonna ses petites mains dans les siennes, une lueur de doute dans le regard. Elle se sentait prête. Elle lui sourit, et continua son exploration.


- Lily ? Lily ? Qu'est ce qu'il se passe? s'exclama vivement James, en voyant la jeune fille vomir par terre.
Il courut vers elle. A mi-chemin, il trébucha sur quelque chose de dur. Etonné, il baissa les yeux. C'était une chaussure. Il fronça les sourcils, et continua à courir. Arrivé à la hauteur de la jeune fille, une odeur épouvantable le prit au visage. Il continua à s'approcher, et le spectacle lui brûla l'estomac.
Un corps. C'était un corps. Atrocement mutilé. Les vêtements en lambeaux. Les orbites vides, noires, creuses. Une horrible grimace lui déformait la bouche. Le cuir chevelu à vif. James Potter détourna les yeux. Il en pleurait presque. Il savait que Caleb se réveillerait bientôt. Dans ses rêves.


Il prit Lily par le bras, et se mit à courir, complètement affolé. Lily pleurait, et tremblait violemment. James espérait qu'il délirait, qu'il se réveillerait bientôt. La soirée avait si bien commencé. Pourquoi fallait-il que le malheur s'abatte sur Poudlard ?!
Il avait envie de se laisser tomber par terre, et d'attendre que la Mort l'emporte. Mais son instinct de survie et l'optimisme que ça se terminerait bientôt reprirent le dessus.


- Comment est-ce que James Potter va faire pour rentrer dans le Château si les Portes sont fermées ?
Tina jeta un regard agacé à Vanessa. Cette fille l'horripilait.
- Il est plein de ressources, tu sais, marmonna-t-elle en guise de réponse.
Ils étaient assis en cercle, sur des chaises, et ne disaient mot. Jusqu'à ce que cette fille prenne la parole.
Dehors, la pluie faisait toujours rage. Sirius fixait le plafond sans cligner des yeux, comme hypnotisé par le carnage qui sévissait dehors. Au moins, ici, ils étaient à l'abri. Enfin, c'est ce que Tina espérait le plus au monde.


- On ferait bien de rejoindre les autres, murmura Lena, dans les bras de Remus. Un éclair illumina la pièce.
- Tu as raison, dit-il en souriant. Il se mit debout et entreprit de se rhabiller. Lena fit de même, un peu mal à l'aise. Elle ne savait pas vraiment comment réagir après ce genre de situation. Avait-elle été à la hauteur ? Elle avait conscience que demander si c'était bien relevait du dialogue de film X. Alors elle se tut.
- Qu'est ce qu'il y a, ma chérie ? demanda Remus avec douceur, se rapprochant d'elle.
- Rien, mentit Lena en regardant le sol. Elle sentit ses yeux se remplir de larmes.
Remus vint la serrer dans ses bras. Il l'embrassa avec délicatesse, toujours aussi doux qu'avant.
- Pourquoi tu pleures ?
Il lui leva le menton, et elle put voir son regard déborder d'inquiétude.
- J'en sais rien, marmonna-t-elle entre deux sanglots. Puis elle sourit. Maintenant, Remus était vraiment perplexe.
- J'ai fait quelque chose de mal ? demanda-t-il, ne sachant quoi faire.
- Non, le rassura Lena. C'était très bien, sourit-elle en s'essuyant le visage.
Remus sourit à son tour. Il lui sécha ses larmes, et lui répéta pour la troisième fois de la soirée qu'il l'aimait.


Betty avait le c½ur qui battait. Elle en avait marre d'attendre. Elle n'avait pas envie que des Mangemorts lui tombent dessus sans qu'elle ait le temps de leur lancer un sortilège entre les deux yeux !
Elle se posta devant la Porte, et essaya de l'ouvrir. D'abord, avec les mains. Elle appela Anthony pour qu'il l'aide. Rien à faire. Elle avait beau tirer de toutes ses forces, la Porte ne bougeait pas d'un millimètre. Les autres vinrent lui porter secours. A six, ils n'arrivaient à rien. Alors elle lança tous les sortilèges qui lui passaient par la tête. Sortilège d'attraction, d'explosion, de force... Elle fit même apparaître des oiseaux dans l'espoir qu'ils picorent le bois de la porte. Rien ne fonctionnait. Soudain, un grand fracas se fit entendre dans un étage supérieur. Les adolescents ne bougèrent plus. Ils attendaient un autre bruit, en silence. Tina se mit à monter les escaliers.
- Je vais voir ce qu'il se passe ! expliqua-t-elle. Elle était livide.
A peine les autres eurent-ils amorcé un mouvement pour la rejoindre, que quelqu'un tomba par dessus la rampe de l'escalier.
Le groupe d'amis se rapprochèrent, avec crainte, du cadavre disloqué. Il avait une cagoule, et un serpent ornait son bras gauche. C'était un Mangemort.
C'est à ce moment-là que la vraie bataille débuta.




Voilà, c'est les vacances,
donc je peux faire
+- ce que je veux =)
Ca m'a fait plaisir de voir tous vos
commentaires encourageants et tout. Merci.
Donc voici le nouveau chapitre.
Je sais pas trop ce qu'il vaut,
mais j'espère qu'il vous a plu!
Bisous et bonnes vacances
=D
Troisième partie

# Posté le jeudi 01 février 2007 10:41

Modifié le samedi 17 février 2007 06:44