Chapitre 31 - Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus

Lily se réveilla en sursaut. Elle avait entendu un bruit. Elle jeta un oeil à son réveil qui indiquait 02 : 38. Dire qu'elle s'était couchée il y a une heure. Tant de devoirs à finir... Une chance que c'était samedi. Elle attrapa sa baguette, entrouvrit les rideaux de son baldaquin et sortit de son lit silencieusement. Lena et Tina dormaient. Le lit de Betty était vide. Elle songea à se recoucher quand elle prit la décision d'aller voir dans la Salle Commune si personne n'y avait élu domicile pour la nuit. Vérifier si Betty n'y était pas, en fait. Les autres, elle s'en foutait. Comment y penser rationnellement à deux heures et demie du matin ?!
Lily eut la présence d'esprit de regarder son pyjama. Elle s'était endormie toute habillée. La jeune fille se déshabilla, enfila un survêtement et descendit.
Il faisait sombre. Le feu dans la cheminée s'était éteint. Une fenêtre avait été ouverte, et elle claquait au gré du vent. Lily maudit l'élève qui avait eu l'imbécillité d'aérer en pleine nuit par un temps pareil et de risquer de réveiller tout le monde. Elle la ferma et entreprit de regarder tous les fauteuils, machinalement. Lily sursauta quand elle entendit un « Lumos ! ». Fronçant les sourcils, elle aperçut James Potter qui lui souriait, un air endormi sur le visage.
- Tu ne dors pas ? demanda-t-il.
- Comme tu peux le constater, non, dit Lily avec ironie. J'ai été fermer cette fichue fenêtre ! C'est toi qui l'a ouverte ?
- Ouais. J'avais chaud.
Lily soupira profondément, tremblant de tout son corps.
- Viens t'asseoir, fit James en tapotant le sofa qu'il avait agrandi pour pourvoir dormir, apparemment.
- Qu'est ce que tu fais ici en pleine nuit ? demanda Lily qui obéissait docilement.
- J'attends Sirius. Et Peter ronfle trop fort.
- Quoi ? Il n'est pas rentré ? Betty non plus ! s'écria presque Lily, à présent réveillée.
- Chut ! murmura James en remuant les mains. Je reviens. Va te chercher une cape et mets des chaussures.
- Hein ? s'étonna la jeune fille, incrédule. Pour faire quoi ?
James était déjà parti. Lily réfléchit à toute vitesse. Elle voulait savoir où étaient ses deux amis, mais il faisait nuit noire et même si James avait un bon sens de l'orientation, elle n'était pas sure qu'il sache se repérer dans le noir. D'un autre côté, elle se dit que l'expérience ne se présenterait pas deux fois. Elle fonça chercher ses affaires.


- C'est dingue que tu sois en possession d'une cape pareille ! chuchota Lily, presque fiévreuse.
- Mon père me l'a offerte l'année passée, sourit le garçon.
- Et c'est quoi, cette carte dont tu m'as parlé ?
- Une carte qui permet de voir toutes les personnes du Château, expliqua James avec une pointe de fierté dans la voix.
- D'où elle sort ? se renseigna la grande rousse. Elle manqua de trébucher sur une dalle. Oups ! Désolée.
- Ne fais pas de bruit ! On va se faire repérer ! murmura le jeune homme avec nervosité. En fait, c'est une carte made in Maraudeur, continua-t-il en rougissant. Il avait arrêté de se vanter depuis le jour où Lily lui avait hurlé dessus, l'année passée en juin. D'ailleurs, depuis ce jour, leurs rapports s'étaient considérablement améliorés.
- J'te crois pas, fit Lily, l'air totalement halluciné. Mais comment on peut faire pour les trouver si tu n'as pas cette Carte ?
- Je sais pas trop, marmonna le jeune homme.
- Quoi ? s'exclama Lily. Mais enfin ! On se ballade dans le Château pour quoi, alors ? Le tourisme ?!
- Chut ! Baisse d'un ton ! J'ai entendu quelque chose.
James s'arrêta une seconde, ouvrit de grands yeux paniqués et attrapa Lily par le bras.
- Potter ! Tu me fais mal ! Lâche-moi ! chuchota Lily avec colère.
James desserra sa prise d'un cran.
- Suis-moi ! Rusard et son chat de malheur nous ont flairés !
- Merde ! s'exclama Lily. Eh ! Mais doucement ! Où est-ce qu'on va ?
- Tais-toi et cours ! lui ordonna James Potter qui la tenait toujours par le bras, l'emmenant dans des couloirs et des passages que Lily ne connaissait pas.
Leurs chaussures claquaient sur les dalles dans le silence du Château. Lily se dit à juste titre qu'ils ne passeraient pas inaperçus. Silencio ! lança-t-elle sur leurs souliers qui auraient pu causer leur perte.
James lui fit un sourire reconnaissant et s'arrêta.
- On est arrivés. Je suis sur que Rusard ne connaît pas cette planque. A toi l'honneur, marmonna-t-il devant l'indécision de sa compagne d'infortune.
- Très bien ! fit Lily en secouant la tête. Elle poussa la lourde porte pour entrer dans une petite pièce étouffante de poussière. Elle éternua.
- Chut, Lily ! s'exclama James qui avait fermé la porte.
- C'est pas ma faute si je suis allergique à la poussière, bon sang ! s'écria Lily. Tu m'énerves ! conclut-elle en se laissant tomber sur un vieux fauteuil.
- Okay, okay, tenta James pour l'apaiser. Désolé. Bon, on attend que la menace ait disparu, d'accord ?
- Comment on peut le savoir ? demanda Lily qui piquait du nez. Elle se plaça confortablement dans le sofa et fermait les yeux malgré elle.
- Il faut que je reste éveillée, James. Aide-moi.
- Euh, marmonna le jeune homme. Je sais pas comment faire ! On a pas de potion sous la main, tu sais.
- Qu'est ce que Sirius et Betty peuvent faire à une heure pareille hors de leurs lits ? demanda Lily en se forçant à garder les yeux ouverts. Tu crois qu'ils sortent ensemble ?
- Franchement ? Non.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Ils ont plus l'air de frères et soeurs, si tu veux mon avis, observa James. Tu peux dormir, tu sais. Je te réveillerai quand je saurai Rusard loin.
- Comment tu peux le savoir ?
- L'expérience, sourit James. Lily ne l'avait pas entendu. Elle dormait.

C'était assez étrange pour James Potter de se retrouver dans une pièce enfermée avec Lily Evans. Malgré ses efforts pour la considérer comme une amie, pour oublier ses envies, ses rêves et ses fantasmes, la nuit, l'imaginaire prenait le dessus. James était toujours aussi mordu de Lily Evans, et il profitait de cet instant perdu pour l'observer de tout son saoul. Il était désespéré, tout simplement.


- Betty ? appela Sirius. Betty? Réveille-toi! fit-il en la secouant.
- Laisse-moi tranquille, vieux sac d'os, marmonna la jeune fille endormie.
- Betty ! Réveille-toi, bon sang ! On va avoir des ennuis !
- Hein ? Pourquoi ? demanda Betty en se redressant.
- Il vaut mieux qu'on retourne à notre dortoir, chuchota-t-il.
- Mais on est bien, ici ! soupira la jeune fille en souriant.
Sirius n'avait pas vu ce sourire sur le visage de Betty depuis longtemps. Ils avaient parlé, longuement, en s'empiffrant de plein de choses délicieuses typiquement appelées crasses, et ils avaient fini par s'endormir dans un coin de la Cuisine.
- Bon, d'accord, rentrons, décida-t-elle en se relevant. Elle mit de l'ordre dans ses cheveux et bailla.


Remus ne dormait pas. Il avait prit sa potion, mais il y était tellement habitué qu'elle ne lui faisait plus aucun effet. Il souffrait de tous les pores de sa peau, seul, dans cette infirmerie vide et immaculée. Il essayait de bouger le moins possible, mais une vieille énergie fourmillait dans ses jambes blessées. Il réfléchissait inutilement à plein de choses dans l'idée de s'endormir d'épuisement moral, faute d'épuisement physique, mais il n'y parvenait pas.
Remus avait une impression bizarre. Comme de déjà vu. Comme s'il se voyait en tant qu'observateur extérieur. Il attendait désespérément que quelque chose d'inouï se passe. En vain. Ca faisait tellement longtemps que lui et ses amis n'étaient pas sortis se promener dans le Château. Juste la veille, quand l'infirmière l'avait conduit dans le Saule Cogneur. Un mois qu'ils trimaient à longueur de journée, comme si les profs s'étaient donné le mot pour leur faire apprendre une programme de six ans en quatre semaines. Remus respira profondément, et grimaça en sentant ses côtes lui faire mal. Il se jura qu'à partir du lendemain, quand il serait reposé, il vivrait comme un jeune normal. Il s'endormit finalement, en oubliant sa résolution.



- Mon dieu ! Tina ! Tina ! essayait de la ranimer Lena. Réveille-toi ! s'écria-t-elle en lui donnant des baffes.
Tina l'avait éveillée. Elle gémissait dans son sommeil, et son visage était baigné par ses larmes. Elle s'agitait dans son lit, gigotant comme si un million d'araignées lui courrait sur le corps.
- Lily ! Betty ! Aidez-moi ! les pria Lena. Mais merde ! s'exclama-t-elle en apercevant leurs lits vides. Où elles sont ?! Lena s'empara d'un verre d'eau et le jeta sur le visage de son amie qui se réveilla avec un cri.
- Seigneur ! s'exclama Tina d'une voix enrouée. J'ai fait un cauchemar atroce. J'allais mourir. Merci de m'avoir réveillée, dit-elle avec un tremblement dans la voix. L'italienne se jeta dans les bras de Lena et se mit à pleurer avec force.


- Lily ? James lui secoua doucement le bras. Lily, il faut que tu te réveilles. Rusard est parti.
- Laisse-moi dormir encore un peu, James, grogna la jeune fille. Je crève d'épuisement.
- Tu n'es pas de bonne humeur, hein ? sourit Potter qui s'accroupit devant le fauteuil où Lily était couchée.
- Jamais quand je ne dors pas assez, tu devrais le savoir.
- Maintenant je sais. Allez, viens, on s'en va.


- J'ai envie d'aller voir Remus.
- Il doit dormir à cette heure-ci, Betty, dit Sirius en étouffant un bâillement.
- C'est pas grave. Je n'ai pas été hier, donc on y va maintenant, fit Betty avec une pointe de défi dans la voix.
- D'accodac. C'est de ce côté.
Sirius la tenait par le bras. Elle avait du mal à tenir debout, tout comme lui. Si il avait eu le temps, il se serait couché et aurait dormi une semaine entière. De plus, ils avaient mangé comme des pauvres affamés, ce qui les avait plongés dans une sorte de léthargie hallucinante. Puis, il eut une idée brillante. Ils pourraient dormir dans l'infirmerie !


Lena gardait les yeux fixés sur l'horloge électronique de Lily qui émettait de gros chiffres rouges dans la nuit. 03 : 33. De temps à autre, Tina brisait le silence en reniflant bruyamment. Quand ses hoquets cessèrent, Lena se détacha d'elle doucement et lui demanda avec tact :
- Tu veux bien me raconter ton rêve ?
Tina se leva et prit un verre d'eau qu'elle but cul sec. Le problème, dit-elle, c'est que je ne me souviens pas très bien. Je crois que j'étais mariée avec un des Serpentard, mais je ne me souviens plus de son visage. J'étais poursuivie par plusieurs personnes. Vous étiez mortes, ainsi que les garçons, tous assassinés de manière horrible. A la fin je me vois poussée du haut d'un immeuble. Après qu'on m'ait mutilée, précisa-t-elle avec morgue. Tu m'as réveillée avant que je m'écrase sur le sol. J'ai l'impression atroce que j'ai failli y passer, cette nuit, termina Tina douloureusement.
- Déshabille-toi, demanda Lena qui la regardait droit dans les yeux.
- Pardon ? s'exclama Tina. Pourquoi faire ?
- Je vais te faire couler un bain, sourit gentiment son amie. Il faut que tu te détendes et vides ton esprit. Va dans la salle de bains, j'arrive.
Lena s'empara de sa baguette et inspecta le pichet sur la table de nuit de Tina. Chaque soir, elle buvait une infusion de verveine pour mieux dormir. Lena trempa sa baguette dans l'eau, qui devint foncée. Une potion de cauchemar y avait été versée. Elle fit apparaître une bouteille fermée et transféra le liquide dedans. Lena décida de ne rien dire à Tina pour le moment. Puis, tout sourire, elle rejoignit son amie et versa une quantité plus que raisonnable de gel moussant dans la baignoire pleine.



- Aïe ! Remus ! chuchota furieusement Betty. Regarde-le! Le pauvre. On dirait qu'il est mort ! Pomfresh est devenue brusquement incapable ou bien elle lui a donné un élixir d'anti-régénérescence sans faire exprès?
- C'est vrai qu'il est en mauvais état, commenta Sirius qui s'était assis sur le lit voisin.
- Aide-moi à le soigner, Sirius !
- Tu tombes de fatigue, ma vieille. On n'est pas des Médicomages, que je sache, non ? rigola doucement le jeune homme.
- Je suis sérieuse ! C'est vraiment nul qu'on ne soit pas dans le monde Moldu, cette fois ! Je n'y connais rien, en magie, de ce côté là. Debout, paresseux ! Tu ne vois pas que ton meilleur ami agonise ?!
- Ne plaisante pas avec ça, Betty, dit Sirius avec une pointe dans la voix. Il se releva néanmoins.
- Tu crois que je prends ça à la rigolade ? Ouvre les yeux, beau gosse ! Relève un peu ta mèche rebelle pour mieux regarder !
- Tu as raison, grimaça Sirius. Il se dirigea vers une grande armoire. Je pense que si je tente l'Alhomora, il y aura une alarme et le Château entier se réveillera.
- C'est une chance que j'ai une épingle à cheveux sur moi, sourit Betty en l'enlevant de ses cheveux. Pousse-toi, je m'occupe de forcer la porte.
- Ce serait trop facile, sourit Sirius avec ironie en croisant les bras sur sa poitrine, en position d'attente.
- Tu disais ? jubila la jeune fille quand la porte s'ouvrit en grinçant.
- T'es fortiche, je te le concède, marmonna Sirius, l'air défait. Mais d'où tu connais tout ça ? La boxe, l'enquête sur cette fille, et maintenant ça ! T'as eu une enfance de délinquante dépravée ? Un casier ? Oh, et j'oubliais ! Des sources chez les Serpentard ! Sérieux, t'es une mine d'or ma fille ! Je veux tout apprendre !
- Merci, sourit Betty en exécutant une petite révérence. Mais on verra ça plus tard. Une chance que l'écriture de Pomfresh soit lisible.
Elle s'approcha de Remus et toucha délicatement son front.
- Ca va, il n'a pas de fièvre. Il n'y aurait pas un onguent pour les écorchures ?
Elle le reçut dans les mains.
- Merci, dit-elle en dévissant le pot.
- Quelle heure il est ? demanda Betty après un moment.
- Trois heures quarante-sept, précisa Sirius.
- C'est la première fois que je joue au médecin à une heure pareille, commenta la jeune fille qui attachait ses cheveux bouclés.
- Bon, si tu m'apportais un linge mouillé ? Je ne comprends pas pourquoi il transpire autant ! Il ne fait pas chaud, pourtant.
- Je pense qu'on est trop fatigués pour penser correctement, ma petite. Si les plaies de Remus se sont ré-ouvertes, c'est parce qu'il bouge dans son sommeil. Pas parce que Pomfresh est passée du coté obscur de la force.
Betty éclata de rire.
- Je rêve ! Tu connais Star Wars !
- Ouais, on a été le voir au cinéma pendant les vacances avec les gars, expliqua Sirius. Les Moldus sont impressionnants, quand même.
Betty sourit. C'est vrai qu'elle tombait de sommeil.
- Moi, je vais dormir, si tu n'y vois aucun inconvénient, annonça Sirius en se jetant sur un lit de l'infirmerie.
- Bonne nuit, mon poulet, chuchota Betty qui s'enfonçait dans le lit moelleux.


- Garde les yeux ouverts, Evans, marmonna James qui l'attrapa par le bras pour qu'elle ne tombe pas.
- Depuis quand tu m'appelles par mon nom de famille, Potter ? demanda Lily d'une voix enrouée par la fatigue.
- Tes cheveux me chatouillent, répondit James.
- T'es loquace ! s'exclama Lily qui secoua ses cheveux. Réponds-moi, James.
- Je suis fatigué, Lily. Je ne suis pas d'humeur à faire la conversation.
- T'es un comique raté, tu le sais, ça ? Ca fait une heure qu'on tourne dans le Château comme des idiots et pas de trace de Sirius et Betty ! On perd notre temps. Si ça se trouve, ils sont retournés tranquillement dans leurs lits.
- Ouais, c'est possible, fit James.
- Eh bien, rentrons, alors.
- Non.
- Excuse-moi ? Tu as bien dit non ? s'exclama Lily en s'arrêtant brusquement.
- C'est exact. James ne savait pas ce qu'il faisait. Il était en train de perdre la tête.
- Et je peux savoir pourquoi ? demanda Lily d'un ton aigu.
- Viens avec moi dehors. On va se promener.
- Très bien ! s'écria la jeune fille alors qu'elle pensait exactement le contraire.


- Il fait glacial, James ! On n'aurait pas pu se promener à l'intérieur ?
- Tu aurais dû mettre une cape plus chaude, répondit le garçon qui faillit trébucher.
- Qu'est ce que tu me veux, Seigneur ? s'exclama Lily avec énervement.
Tu peux me lâcher, tu sais. J'ai appris à marcher toute seule vers mes deux ans.
- La neige est trompeuse. C'est une mauvaise idée.
- Evidemment, ce serait une mauvaise idée si on tombait à deux jusqu'au cou ! Comme ça on crèverait de froid ensemble !
- Arrête d'être sarcastique, Lily. Ca ne te va pas.
- Je suis fatiguée, James, tu le sais ?
- Je le suis autant que toi.
- Alors, tu peux m'expliquer ce qu'on fout dehors à quatre heures du matin par un temps pareil ?
- Je veux te montrer quelque chose, sourit James.
- Ca ne peut pas entendre demain ? demanda doucement Lily. C'est gentil à toi, tu sais, mais en ce moment, tu me fais un peu peur.
- Ne t'inquiètes pas, petite Lily. Tu n'as aucune raison d'avoir peur.
- Je peux savoir ce que vous avez tous à nous appeler petites ? C'est vrai que vous êtes immenses, mais Tina, Betty et moi on a une taille raisonnable, pour des filles.
- C'est que tu as l'air vulnérable à mes yeux, déglutit James. Enfin, je veux dire...
- Oui ? demanda Lily qui avait envie de s'enfoncer brusquement dans la neige jusqu'aux cheveux, pour oublier la phrase maudite que Potter venait de prononcer.
- J'en sais rien. Je suis tellement cassé que je n'ai plus aucune idée de ce que je voulais dire.
- Ah, fit Lily, soulagée. D'accord.
- On y est dans deux minutes. Suis-moi, dit James.
Lily avait du mal à y avoir clair. Le parc de Poudlard était recouvert d'un manteau de neige, et elle distinguait à peine la Forêt Interdite. Ils étaient donc de l'autre côté. Au moins, James n'avait pas dans l'idée de réaliser ses fantasmes tordus dans la forêt. Rassurant, songea Lily stupidement, abrutie par le manque de sommeil.
- Regarde ! s'exclama James en souriant de toutes ses dents étincelantes, lançant les bras en l'air, se retournant brusquement.
- Waouh ! s'écria Lily, qui s'était avancée prudemment. James ! Mais comment les as-tu trouvés ?
- En explorant, tout simplement. Je savais que ça te plairait.
Lily courut jusqu'à l'enclos qui abritait de mignonnes petites bestioles, ressemblant à des chiots. Qu'est ce que c'est, exactement ? demanda-t-elle, un peu méfiante tout de même.
- Des sortes de Kneazles, répondit James, qui ouvrit l'enclos pour attraper un animal et le tendre à Lily.
- Tu m'emmènes voir de ravissants petits animaux à une heure pareille ? T'es vraiment fou, James ! éclata Lily en riant, un petit chien dans les bras. Ils viennent d'où ?
- C'est Hagrid, il a joué au poker et a gagné la mère, expliqua James qui avait souri au « compliment ».
- Mais ils ne risquent pas d'avoir froid ?
- Ils sont très résistants. Qu'est ce qu'on fait ?
- Je ne sais pas trop. Si, je sais. Je vais demander à Hagrid demain, si je peux en adopter un. Aah, James, tu es vraiment quelqu'un de dingue ! sourit de nouveau Lily, les yeux un peu dans le vague.
- On rentre ? demanda James Potter en offrant son bras à Lily Evans.
- Volontiers ! répondit la jeune fille avec énergie.


Photo : James Potter
Chapitre 31 - Ceux qui errent ne sont pas toujours perdus

# Posté le dimanche 13 août 2006 09:50

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:41

Chapitre 32 - Le soleil n'éclaire que les gens heureux

- Bonjour, Lily, sourit Betty.
- Bonjour, répondit cette dernière en levant les yeux. Il était dix-huit heures, et Lily venait à peine de se réveiller. Elle rit en voyant Betty qui la regardait d'un air soucieux, alors qu'elle aussi était en pyjama.
- Bien dormi ? demanda Betty en souriant à nouveau. Ca faisait un moment que Lily ne l'avait plus vue sourire avec sincérité. Cette constatation la fit rire encore plus.
- Oui, super. Ca faisait longtemps ! s'exclama joyeusement Lily en sortant de son lit. T'as rien fait d'illégal cette nuit ?
- Euh... j'ai soudoyé quelques Elfes contre de la nourriture, raconta son amie. Rien de bien méchant, en fait. Et toi ?
- Ballades nocturnes dans le Château, puis dans le Parc, répondit Lily, toujours aussi souriante. Elle était enfin reposée. Il était temps. Il lui aura fallu quatorze heures de sommeil ininterrompues.
- En bonne compagnie ? demanda Betty qui se leva de son lit pour s'étirer.
- Oui, ça allait.
Betty acquiesça, sans se départir de son sourire et s'enferma dans la salle de bains.



- Oui, tu as raison. Remus avait l'air soucieux, un flacon dans la main. C'est bien une potion cauchemardesque. Il se tourna vers Tina :
- Qui aurait pu glisser ça dans ton pichet ?
- Aucune idée. Mais ce n'est pas grave. Je ferai attention, à partir dorénavant, dit la jeune italienne en se frottant les yeux, visiblement insouciante. Allez, debout, gros paresseux. Ca fait trop longtemps que tu es séquestré dans cette infirmerie de malheur.
- Je te suis, sourit Remus en repoussant ses couvertures.


- Quelle nuit ! s'exclama Peter qui écoutait les récits de Sirius, Lena et James, tout en mangeant.
- Tu peux le dire, Pete, sourit James, perdu dans ses pensées.
- Jamesie, réveille-toi. Lily ne va pas aimer ton regard vide et creux. N'oublie pas que tu te fais passer pour intelligent ! se moqua Sirius. Il prit une cuisse de poulet et la dévora goulûment.
- Et toi, tu ferais mieux de vérifier si tu n'as pas des morceaux de volaille entre les incisives, répartit James qui balança son poing dans l'épaule de son ami.
- Pourquoi ça ? demanda Sirius, en se massant l'épaule.
- Une partie de la troupe arrive.


- C'est quand même dingue qu'aucun de nous ne se soit fait attraper, lança Lena, terminant son dessert.
- Oui, c'est vrai, fit Betty. C'est étonnant.
- Maintenant, qu'est ce qu'on fait ? demanda Tina, quand les plats disparurent.
- Je sais pas pour vous, mais je vais aller dormir, rigola Lily en se levant.
- Et Hagrid ? s'exclama James, la cuillère encore pleine de mousse au chocolat.
- Ah, oui, c'est vrai. Ca m'est complètement sorti de la tête, dit Lily en la secouant. J'arrive.


- Dis-moi, Betty, tu vas bien ? demanda Christina, assise sur le bord de son lit, occupée à lisser sa couverture.
- Honnêtement, oui, je vais mieux. Je voulais vous remercier d'être à mes côtés, sourit Betty.
- On est là pour ça, tu sais ! s'exclama Lena depuis la salle de bains.
- Oui, je sais.
- Tiens, Betty. Un cadeau ! s'écria Lily qui venait d'entrer dans le dortoir, comme une furie.
- Eh ! Super ! C'est un chiot ! Génial ! rit-elle quand le petit animal se mit à lui lécher le visage, alors que ses amies éclataient de rire, comme si elles avaient bu une potion d'Allégresse.



- Les mecs ?
Ils étaient tous occupés à somnoler, plus ou moins silencieusement, sauf Remus, qui rattrapait ses cours en retard. James était couché dans son lit, et semblait réfléchir, alors que Sirius avait l'air complètement à l'ouest.
- Les mecs ? redit Peter, assis par terre en tailleur. Il laissa tomber sa balle de base-ball par terre, dans un bruit sourd.
- Quoi, Pete ?
- Vous en avez pas un peu marre d'être célibataires ?
- Hein ? s'exclama Sirius en clignant bêtement des yeux, revenant sur terre.
- T'as pas compris ma question ? demanda Peter, malicieusement, les sourcils arqués.
- Si, bien sur, répondit Black. Pourquoi tu demandes ça ?
- Je ne sais pas trop. J'avais l'impression qu'à un moment, tout le monde sortirait avec tout le monde, sauf moi et Betty, en fait. Parfois cette fille me donne une drôle d'impression, comme si elle était un peu asexuée.
- J'ignorais qu'il y avait un bar chicha dans le Château, Peter, coupa James en le regardant comme s'il était atteint d'une maladie très rare et mortelle.
- Quoi ? s'exclama le garçon. Mais enfin, de quoi tu me parles ? Bref, continua-t-il comme si de rien était, j'étais en train de dire que Betty...
- Elle sort avec Tom, tu sais ? interrompit Remus qui avait arrêté de travailler. Ou du moins sortait, je ne sais pas exactement.
- Peu importe ! s'exclama Peter, survolté. On s'en fout, de ça ! Je me demandais juste comment ça se faisait qu'on soit devenus potes avec elles ! Pas plus tard que l'année passée, elles ne pouvaient pas nous voir en peinture à l'huile ! Et là, pouf, en septembre, on est les meilleurs poteaux de l'univers ! Vous l'expliquez comment, ça ?
- Ben, ça paraît logique, je pense, expliqua Sirius. Lily et Remus se connaissaient, Betty et moi, pareil. James était amoureux de Lily, Remus de Lena, et comme Tina était là aussi, on a formé une petite bande.
- Tu oublies de préciser que toi, tu es toujours amoureux de Tina, mon pote, sourit Remus, qui avait les joues un peu roses.
- C'est ça. Sirius contra l'accusation d'un revers de main.
- C'est vraiment trop con d'être amoureux, vous trouvez pas ? s'exclama Peter, toujours dans la même veine, totalement surexcité.
- Explique-moi, mon vieux. T'as treize ou seize ans ? demanda James, que la conversation commençait à ennuyer.
- Comme si tu le savais pas. Même que j'aurai dix-sept ans en mai.
- Peu importe, Pete. Je ne comprends pas le pourquoi de cette discussion ! s'emporta un peu James.
- Mais remuez-vous, bon sang ! Si vous croyez que ça m'amuse de vous voir soupirer d'amour comme des attardés alors qu'aucune fille ne s'intéresse à ma tronche de petit gros !
Un silence accueillit cette déclaration. Remus, James et Sirius se regardaient d'un air gêné.
- Merde, Peter. Fallait nous dire que tu vivais mal ton statut de célibataire, murmura Sirius qui avait les yeux baissés.
- D'ailleurs, sourit Remus d'un air espiègle, je peux arranger ton problème.
- Ah ouais ? Tu vas me faire suivre une cure d'amaigrissement ?
- Il faut juste que tu aies plus confiance en toi et que tu te démarques un peu de nous, tout simplement, expliqua Remus d'un ton posé.
- C'est ça ! Je vis comme ça depuis toujours ! Trop facile, quoi ! s'emporta Peter, qui avait les joues rouges de colère. Peter le suiveur, celui que les Serpentard emmerdent, le petit gros qui vit dans l'ombre des autres, celui que personne connaît, qui n'a pas de fan club, qui brille par sa connerie en cours ! J'en ai ma claque ! Je peux pas changer ! Je serai toujours un pauvre petit con sans personnalité !
- Je pense que tu devrais te calmer, Peter, dit James. Qu'est-ce qu'il te prend ? Tu te sens seul parce que tu n'as pas de copine ? Parce que tu t'imagines que personne ne t'aime ? Tu t'en fous de ce que pensent les autres, mon vieux. Nous sommes les Maraudeurs. Unis pour toujours. Quatre amis, à la vie, à la mort. Tu saisis ? Tu fais partie de notre groupe, et il n'y a aucune chance pour que tu t'isoles, parce qu'on t'en empêchera. T'es pas fort en classe ? Et alors ! Il y en a plein qui sont pires que toi ! T'es gros ? C'est faux ! Tu ne plais à aucune fille ? Toujours aussi faux ! Nous, on a des grosses pimbêches idiotes qui se font la guerre à coups de vernis à ongles et de fers à lisser pour nous mettre le grappin dessus. Tu crois que c'est amusant d'avoir des traces graisseuses de rouges à lèvre laissés sur nos chemises par des fans en délire ? J'échange quand tu veux ! Je suis sur qu'il y a au moins une fille qui t'aime pour ce que tu es vraiment, pas parce que tu fais partie de groupe le plus cool de l'école. Moi, des filles comme ça, j'en connais pas. Toi, si.
- Félicitation, Cornedrue, applaudit Sirius. J'aurais pas pu faire mieux.
- Comment tu peux le savoir, ça ? demanda Peter, gêné d'avoir piqué une crise.
- Tu devrais parler à cette petite blonde-rousse de cinquième année, tu sais, Vanessa Weasley, sourit Remus en regardant son ami d'un air confiant.
- Quoi ? La cousine d'Arthur ? Mais il va me tuer, si il sait qu'elle a des vues sur moi ! s'écria Peter, scandalisé et heureux en même temps.
- Il est parti il y a des années, tu sais, l'informa Sirius. Et puis c'est un mec bien.
- Désolé, les mecs. Et merci, rougit Peter, un peu ému.
Il reprit sa balle, et tous retournèrent à leurs occupations, comme si rien ne s'était passé. Un sourire flottait néanmoins sur leurs lèvres.



Viens à 20 heures devant la sorcière Borgne. Ce n'est pas un piège, ni une ruse. Je ne suis pas un Serpentard, et encore moins mal intentionné. J'ai quelque chose à te montrer. Prends de quoi avoir chaud. A tout à l'heure.

- Tu iras ? demanda Tina, soucieuse. Rappelle-toi que quelqu'un a versé une potion dans ma cruche, prévint-elle en croisant ses jambes sur le lit de Lena.
- Bah, ouais, j'irai. Je n'ai rien à perdre. Enfin, je crois, sourit cette dernière.
- Très bien ! Tu m'enverras des étincelles vertes si tout va bien. Des rouges si je dois venir en renfort, d'accord ? demanda Christina, un peu agitée.
- En fait, cette histoire de potion dans ton eau, ça te perturbe, hein ? fit Lena en grimaçant.
- C'est vrai, avoua Tina en se couchant sur le lit. Je me demande qui a pu faire un truc aussi bizarre. J'ai vraiment eu peur. Je ne peux pas m'empêcher de me dire que ça va vraiment m'arriver.
- Une sorte de mise en garde ? s'étonna Lena. Tu penses qu'on devrait en parler à Mc Go ?
- On verra bien ce qui se passera par la suite. Je ferai attention.
- Allez, viens, on va rejoindre Lily et Betty dehors, avec le chien ! s'écria joyeusement Lena en tirant son amie vers la porte.
- Mais il fait super froid ! s'exclama Tina en riant.
- Pas grave ! J'ai envie de sortir !
- Et ton rendez-vous ?
- Eh bien, je t'accompagne dehors, et j'y vais.
- D'accord ! s'écria Tina en sautant par dessus les marches de son dortoir, atterrissant gracieusement.



Il attendait dans l'ombre, à moitié caché derrière la statue. Le garçon serrait ses mains nerveusement. Viendrait-elle ? Etait-ce une bonne idée ? C'était prévisible, non ? Et puis il faisait froid, dehors ! Quelle idée idiote, aussi, d'avoir écrit une lettre anonyme ! Même que...
- Bouh ! Haha ! Je ne savais pas que c'était toi, Remus ! dit Lena en rigolant, comme il avait sursauté. J'ai bien aimé ta missive ! « Je ne suis pas un Serpentard, et encore moins mal intentionné. » Huhu. Mais excuse-moi, je parle trop. Dis, tu es sûr que ça va ? Tu es tout blanc !
- Oui, oui, ça va, articula Remus, une main sur le coeur. Tu m'as saisi ! Je... euh... tu es contre une petite expédition dans l'au-dehors ?
- Non, bien sûr que non. J'ai pris ce que tu m'as demandé.
- Très bien. Allons-y, alors.

Remus était tout tourneboulé. C'était Peter et son petit laïus déconcertant qui l'avaient fait réagir. Il avait raison, Pete. Il ne se rendait pas compte de la chance qu'il avait. Lena, donc. Si elle avait toujours de l'affection pour lui. Et aux dires de ses amis, elle en avait. Et même beaucoup. Seigneur ! C'est fou ce qu'un petit rendez-vous pouvait être stressant !

- Il contient quoi, ton sac ? demanda Lena, tout près derrière lui, dans le passage secret qui menait à Pré-Au-Lard. Elle avait été un peu étonnée de voir que l'horrible sorcière révélait en fait une passe menant tout droit à elle ne savait où, mais elle suivait Remus avec une sorte de confiance tranquille.
- Tu verras, tu verras. Ca fait partie de la surprise ! Baisse-toi un peu, on est bientôt arrivés. Je me suis cogné la tête une fois, juste là. J'ai eu une belle bosse pendant un petit temps. Ca faisait mal ! termina-t-il en souriant, à la lueur de sa baguette magique.

- C'est vraiment joli, ici ! Je n'étais jamais venue en pleine nuit. Ca donne un tout autre aspect ! fit Lena en s'étirant, remplissant ses poumons d'air frais.
- Tu as raison. Ce petit village a beaucoup de charme, dit Remus en souriant, s'ébouriffant les cheveux. Suis-moi. C'est par-là, fit-il, en se dirigeant vers la droite.
- Compris, chef ! s'exclama Lena, qui lui prit la main. Remus tressaillit.
- Oh, excuse-moi ! dit la jeune fille, écarlate. Je ne voulais pas...
- T'inquiètes pas, dit Remus avec une petite grimace. Ca ne me dérange pas, continua-t-il en serrant la petite main froide contre sa paume. Il rougit aussi.
- On y va ? demanda-t-il, les entrailles bouillonnantes de joie et d'excitation.
- On y va, répéta Lena, se sentant parfaitement idiote.

Remus étalait la nappe à carreaux par terre. Il sortit des provisions de son sac, et les déposa avec méthode en plein milieu de la dite nappe. Il souriait, ce qui devait lui donner un air de cinglé, pensait-il, car à la lueur d'une baguette magique, on a souvent l'air fou.
- Oh, tu as pris du chocolat ! fit Lena en s'asseyant à deux centimètres de lui. Elle avait d'abord fait un tour, inspectant le coin. Remus avait déniché une petite colline en retrait du village, d'où ils pouvaient apercevoir un charmant panorama.
- Y'a tout ce qu'il faut et en grande quantité ! murmura le garçon, serrant sa bouteille de Bierreaubeurre avec crainte.
- Remus ? chuchota Lena. Il y a bien une raison à notre venue ici, non ? demanda-t-elle en se tournant vers lui. Cette scène lui paraissait surnaturelle. Un peu comme si elle se trouvait au... cinéma ? Dans cette salle noire où des gens vivaient dans une boite, comme dirait Betty. Parce que déjà, Remus et elle étaient seuls. Ils pique-niquaient ! Dans un endroit atrocement joli. On pourrait dire romantique. Et Remus, lui, était particulièrement attirant, avec son beau profil, ses longs cils, sa jolie bouche juste comme il fallait... ses yeux dorés rencontrèrent ses siens. Comme au cinéma, ils échangèrent leur premier baiser. Sans un mot. Et ils continuèrent. Jusqu'à plus soif.


Photo : Lena Dimitriadis
Chapitre 32 - Le soleil n'éclaire que les gens heureux

# Posté le dimanche 03 septembre 2006 15:15

Modifié le samedi 23 décembre 2006 08:17

Chapitre 33 - Rien n'est trop vrai pour être beau

Tina tournait sa cuillère dans son café au lait. La mousse s'évaporait peu à peu. Elle était perdue dans ses pensées. Pensées qui rejoignaient un peu celles de Peter, mais elle ne pouvait pas le savoir. Quand elle repensait à l'année passée, elle était perplexe. Tina avait l'impression d'être une sorte de fac-similé d'imposture. Elle était Christina DiRocci, la belle italienne au sourire ravageur que les gens avaient tendance à prendre pour une conne tout juste bonne à savoir accorder vernis à ongles et jupettes. Souvent, ses amies lui répétaient qu'elle était belle, qu'elle avait de la chance, qu'elle faisait tourner la tête de tous les garçons. Vous parlez d'une chance. Elles ajoutaient aussi qu'elle était très intelligente, ainsi que toute une liste d'adjectifs trop grande pour la retranscrire ici. Les quelques garçons avec qui elle était sortie voulaient l'utiliser à des fins humiliantes, dégradantes. Comme si elle n'était qu'un vulgaire sac à main pour mecs. Juste une croix sur un tableau de chasse. Génial. Qui, mais qui, s'intéressait à elle pour autre chose que son physique ?! Elle aurait tellement voulu être banale. Non, Tina n'était pas une Mary-Sue, elle-est-gentille-tout-le-monde-l'aime-et-elle-le-rend-bien. Beaucoup de gens la détestaient, en particulier les Serpentard. Il fallait bien avouer que la gente féminine pro-Mangemort avait des efforts à faire côté beauté. Les autres s'en foutaient. Ils la voyaient une fois, et l'oubliaient. Elle n'avait pas l'occasion de se révéler dans un bal, par exemple. Personne ne se dirait : « Wouah, je ne savais pas qu'elle était aussi jolie ! ».
Si elle n'avait pas Betty, Lena et Lily, elle se sentirait bien seule. Enormément seule. Comme durant son enfance. Banale, somme toute.
Elle et ses amies s'étaient raconté leurs dossiers classés secrets. Lily avait expliqué comment elle vivait avec la jalousie de sa s½ur. Lena avait avoué la mort de son frère et de son oncle. Betty lançait parfois quelques allusions sur son enfance gâchée par des parents irresponsables. Et elle, Tina, souffrait du manque de consistance de son existence. Elle y avait réfléchi, et se sentait un peu honteuse, parfois, mais elle était arrivée à la conclusion qu'elle jalousait un peu ses amies. James était amoureux de Lily, il lui courrait après depuis des années, même si il avait calmé ses ardeurs ces derniers temps. Remus et Lena sortaient ensemble depuis une semaine, dans le total secret des personnes extérieures à leur bande. A croire qu'ils étaient fait l'un pour l'autre, ces deux là. Tout le cinéma qu'ils avaient pu faire, bon sang ! Betty et Sirius étaient comme des frères, d'après ce que son amie disait. Il ne manquerait plus que Peter soit amoureux d'elle pour que tout ça ressemble à une grosse farce ridicule comme une pièce montée.
Et elle, tout ce qui lui arrivait, c'était qu'une sorte de sadique lui verse des potions de cauchemar dans son eau. Génial. Dire qu'à un moment elle avait cru que Sirius avait un peu d'affection sincère pour elle. Quelle vie on mène, tout de même, quand on a seize ans !


- Pouah, ils m'énervent à papillonner vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! C'est vraiment éc½urant ! s'exclama James en regardant Lena et Remus occupés à se murmurer plein de choses ridicules à l'oreille en pouffant comme les idiots qu'ils étaient. Réveillez-vous, les tourtereaux ! Nous sommes dans un espace public ! Pas de cochonneries devant les enfants !
- Laisse-les vivre, James ! rigola Sirius depuis son fauteuil, levant les yeux de son manuel de Défense contre les Forces du Mal.
- Jaloux, James ? demanda Lena d'un air moqueur avant de planter un baiser sur les lèvres d'un Remus écarlate. Ils rirent stupidement.
- Seigneur ! Moi, jaloux ? Jamais de la vie ! s'écria James, une main sur le c½ur. Ha ! Tina ! Tu me sauves la vie ! s'exclama-t-il en voyant la jeune fille entrer dans la Salle Commune. Allons faire un tour dehors, ces deux-là me répugnent !
Tina offrit un sourire contrit à James, hocha la tête, sans un mot, et sortit. Le jeune homme sauta de son fauteuil et, éclatant de rire, s'enfuit de cette atmosphère étouffante.

- Tu es étrange, Tina. James ferma son manteau. Presque en mars et toujours aussi froid.
- Tu veux dire aujourd'hui ou en général ? demanda la jeune fille en le regardant dans les yeux, un sourcil arqué.
- Je ne sais même pas comment tu es dans ton état normal, fit James, se grattant la tête. Ils avaient arrêté de marcher et se regardaient dans les yeux, comme si chacun d'eux essayaient de sonder l'âme de l'autre. Je ne te connais même pas, en fait. Pour dire la vérité, je ne m'intéressais qu'à Lily, il y a pas si longtemps.
- Asseyons-nous, dit Tina en se dirigeant vers un banc mouillé. Elle fit disparaître l'eau et prit place.
- En fait, fit James, je me rends compte qu'il y a beaucoup de tabous entre nous. D'un côté il y a nous, et de l'autre, vous. Sirius et Betty se connaissent bien, Lena et Remus aussi, Remus et Lily, aussi, mais à part ça, on ne se connaît pas vraiment. C'est triste.
- Oui, c'est vrai, fit Tina en souriant tristement.
- Pourquoi tu souris comme ça ? demanda James, étonné. Si Tina faisait semblant de sourire, c'est qu'elle allait mal.
- A cause de mon manque de vie, dit-elle.
James la regarda, n'osant rien dire. Puis il se lança :
- Comment ça ?
Tina soupira.
- Il ne se passe rien. J'ai l'impression de ne pas exister. Elle fit une pause. Tu comprends ?
- Oui, je connais ça. Mais pas longtemps. Parce que quand je me sens déprimé, je monte sur mon balai, et tous mes soucis s'envolent. Il sourit. Tu veux essayer ?
- Je ne sais pas voler, James, fit Tina en secouant la tête.
- Ca s'apprend, tu sais, dit-il en se levant. Je vais chercher mon balai. Attends-moi ici, et réfléchis à la meilleure façon de me raconter ton manque de vie, d'accord ?
- Ouais. Si tu veux, répondit Tina d'un air absent.


- Qu'est ce que tu fais, Cornedrue ? demanda Sirius en voyant son ami entrer dans le dortoir.
- Je vais apprendre le vol à Tina ! cria James à son ami.
- Fais attention ! fit Lily. Tina a le vertige. Enfin, je crois. Elle était assise à une table avec Betty et elles travaillaient, accompagnées de Peter. Lena et Remus étaient partis se bécoter dans un coin sombre, d'après un Sirius goguenard.
- C'est vrai ? demanda James. Tu en es sûre ?
- En fait, Tina était malade le jour de la leçon de vol, donc on ne sait pas, fit Betty.
- Très bien ! s'exclama joyeusement James en partant, son balai high-tech à la main.


- J'ai vite réfléchi, lança Tina en le voyant arriver. On a rapidement fait le tour, avec moi !
- Je t'écoute, dit James, arrivé à sa hauteur, le balai sous le bras.
- Eh bien, je suis née en mai 60. Je n'ai jamais vu mon père. Ma mère dit qu'il est mort. J'ai essayé d'en savoir plus, mais rien à faire. Je suis fille unique, donc, et ma mère s'est acoquinée avec un pauvre gars super-ennuyeux qui fait un boulot à son image. J'ai été à l'école sorcière, comme tout sorcier qui se respecte jusqu'à mes onze ans où j'ai reçu ma lettre d'admission à Poudlard. Avant ça, j'ai eu quelques amis, mais on s'est perdus de vue. Et après ça, j'ai donc été à Poudlard, et j'y suis encore. J'y ai rencontré mes amies, et voilà. Fin de l'histoire.
James grimaça intérieurement. Tina avait l'air blasée et triste. Le mélange des deux l'était encore plus.
- Tu as des hobbys ?
- Euh, marmonna Tina. Ouais. Il m'arrive d'écrire des petites histoires. Et je fais de la capoïera.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda James, intéressé.
- C'est de la danse très poussée, avec des chorégraphies de combat, si tu veux.
- Tu me montreras ?
- Je ne sais pas trop... J'y réfléchirai.
- Bon, viens. On va voler.
- Sur ton balai ? s'exclama Tina, semblant reprendre vie. Mais James ! C'est la prunelle de tes yeux, après Lily!
- Je sais. C'est un grand sacrifice que je fais là pour toi. Ca en vaut la peine, je te le promets.
Il posa son balai par terre.
- Ca va ? demanda-t-il. Pas trop nerveuse ?
Tina secoua sa tête.
- Dis « debout », avec beaucoup de conviction.
- Debout ! cria Tina. Bizarrement, elle semblait en colère, à présent. Elle avait peut-être ses règles ?!
Le balai de James arriva directement dans sa main droite. Comme si Tina savait ce qu'elle faisait, elle l'enfourcha.
- Maintenant, tu tapes du pied et tu t'envoles. Puis, tu t'arrêtes, expliqua James, un peu nerveux à l'idée qu'il arrive quelque chose à son balai... et à Tina.
- Tu as quelqu'un dans ta vie ? demanda-t-il après deux secondes.
- Hein ? s'exclama Tina, glissant un peu de son balai. Euh, nan, personne ! fit-elle en tapant du pied avec force.
Elle monta dans les airs, et sourit, un peu hésitante. Sous les directives de James, elle se pencha sur le balai, et avança de quelques mètres avant de freiner brutalement.
- Rien de cassé ? cria James qui courrait pour arriver jusqu'à elle.
- Non, non, tout va bien. Je suis juste un peu secouée ! Mais c'est quand même chouette ! fit-elle observer.
- Tu vois ! Je pourrais peut-être te pistonner pour que tu joues dans l'équipe en remplacement ! s'exclama James, un peu présomptueux.
- Attends de voir ce que je donne, hein ! s'exclama Tina. Bon, on reprend ?



- Tu te souviens, de ce garçon, Donald McIntosh ? demanda Tina. James lui jeta un regard en coin, son balai solidement accroché sous son bras. Ils étaient au beau milieu d'un couloir qui menait à leur Salle Commune.
- Oui, je m'en souviens.
- J'ai l'impression que les autres ont oublié la crise qu'il a fait à l'infirmerie y'a un moment. Avec le bal, la crise d'dolescence de Betty, les vacances, le travail qu'on doit abattre, c'est normal, je dois dire, expliqua Tina.
- Ouais, c'est vrai. N'empêche que moi je n'ai pas oublié. En fait, j'ai appris qu'il avait des sortes de crises d'épilepsie et qu'il se soignait avec l'écorce des Botrucs, entre autre, dit James, le regard songeur.
- Allez ! s'exclama Tina. Mais pourquoi les avoir agressés ? Il y a bien d'autres moyens de soigner cette maladie, non ?
- Evidemment. Il y a des potions, des sortilèges... Mais ça ne s'est plus produit, hein ? fit James.
- Non, non. Les Botrucs vont parfaitement bien, maintenant, à ce que m'en a dit Betty, assura Tina.
- Donc le mystère est résolu ? demanda James en prenant une voix de petit enfant.
- Eh oui, mon chou. Encore que mystère, il n'y avait pas vraiment ! fit la jeune fille en entrant dans la Salle Commune.


Photo : Christina DiRocci
Toujours Nathalie Portman [:
Chapitre 33 - Rien n'est trop vrai pour être beau

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 08:18

Modifié le samedi 23 décembre 2006 08:24

En attendant le chapitre...

En attendant le chapitre...
J'ai l'immense privilège de vous présenter ces blogs, sûrement déjà connus, et qui méritent de l'être encore plus (pour ceux qui ne cliquent pas sur mes favoris)


Les littéraires

lily-evans01 alias Marine,
écrit comme vous pouvez le deviner une fanfic sur Lily Evans (!)
see-by-me aka Sophie,
qui, comme vous ne vous pouvez pas vous en douter, écrit un récit sur la vie de Lena à New-York, riche en rebondissements en tout genre...
melancolicjunky,
que je ne connais pas, mais qui écrit des poèmes.
story-of-an-elfe
écrit une histoire fantastique plutôt chouette ^^
missmelusine02
propose sa version du tome 7 d'Harry Potter.




Les autres

kwon-the-phoenix
que je ne connais ni des lèvres ni des dents, mais qui a l'air d'avoir une vie trépidante.
magicsiam
le blog d'une fille qui écrit énormément et qui a de belles photos (ce qui est, indéniablement, un plus).
lasuperfandetout
comme son pseudo l'indique, est fan de plein de choses que moi-même j'adore xD
saphir-love
photographe en herbe a l'air sympathique.
lena-lowie
un blog perso que je trouve plutôt cool et fashion.
peaceofkiwi
un autre blog perso joliment fait et qui dégage de la fraîcheur.
inlovedeathangl
encore un blog perso qui a eu la folie de me mettre dans ses favoris (mais c'est pas pour ça que tu dois m'enlever, hein).
karinka01
un blog tout aussi perso que je qualifierais du cute si j'étais anglaise. Comme je ne le suis pas, je dirais simplement mignon =D


Désolée si les commentaires que je mets ne vous conviennent pas, je suis carrément en manque d'inspi ces temps-ci.

# Posté le mercredi 04 octobre 2006 06:32

Modifié le mercredi 04 octobre 2006 08:06

Chapitre 34 - Des trente-six moyens d'éviter un désastre, le plus sûr est de fuir

- C'est fou ce que les cours de Divinations sont horripilants, Seigneur, souffla Tina à Lena et Lily. Elles étaient assises sur des poufs, autour d'une table, et essayaient de trouver des signes dans les sachets de thé.
- Tu peux le dire ! rit doucement Lena. Tout ce que je vois, c'est un truc brunâtre et puant qu'on est supposées boire après l'avoir mis dans de l'eau bouillante.
- Tu n'aimes pas le thé, Lena ? demanda Lily en grimaçant. C'est une des caractéristiques qui fait la fierté de notre patrie !
- Je te signale que je suis une immigrée, Lil, et que je n'accroche pas vraiment aux us et coutumes de mes amis les Britanniques.
- Tu vis ici depuis que tu as trois ans, non ? fit Tina, qui inspectait son propre sachet et prenait des notes. Alors, où est le problème ?
- Ouais, approuva Lena, sans répondre à la question. Qu'est ce que t'écris ? Tu viens pas de dire que tu trouvais ça horripilant ?
- Si. Mais je dessine. Regarde, fit-elle en souriant.
- Oui, montez-nous, Miss DiRocci. Montrez-nous votre chef d'½uvre ! s'exclama Mrs Pity, le professeur, qui était derrière elle. Ooooh, fit-elle en examinant les esquisses de Tina, votre dessin est très révélateur ! Vous avez un véritable don de double vue ! Continuez comme ça ! Je vais voir les autres, s'ils font d'aussi belles prouesses que vous !
Lily, Lena et Tina se regardèrent. Sans un mot, Lily prit le dessin de Tina posé sur la table, le regarda, et le mit dans sa poche.
- J'pourrais savoir ce qu'il se passe ? demanda Lena, d'une voix plaintive.


- J'ai l'impression que les Serpentard préparent quelque chose, Sirius, chuchota James à l'oreille de son ami. Sirius, tu m'écoutes ?
- Quoi ? Ah, ouais. Possible. On en reparle tout à l'heure, tu veux ? Maintenant, les gars, aidez-moi avec cette foutue bestiole !
- Betty s'en sort mieux que nous, j'ai l'impression, marmonna Peter, peu heureux à l'idée de devoir maîtriser une créature hideuse et déchaînée.
- Allez mon pote, à l'attaque ! s'exclama Sirius, l'air survolté. C'est pas un petit gnome à l'air méchant qui va nous faire peur !
- Si tu le dis, vieux, si tu le dis, répéta James. A trois, on fonce dessus.
- Eh, c'est pas du jeu ! s'exclama Betty, tout sourire, qui s'était approchée, suivie de Remus et d'un garçon de Poufsouffle avec qui elle faisait équipe. Il faut le calmer avec tact !
- Tu as fini ? demanda Peter, toujours à l'affut de conseils sages. Comment t'as fait ?
Mais Betty ne répondit jamais. Le Poufsouffle était tombé par terre, mort.


Il y avait une drôle d'atmosphère dans l'école. Lily avait l'impression qu'elle avait raté une marche, et que tout dégringolait. La question « Mais que se passe-t-il ?! » était sur toutes les lèvres. Tous les élèves présents dans la Salle Commune chuchotaient fiévreusement, et ça donnait à Lily l'impression d'être près d'une fourmilière. Betty, Remus, Sirius, Peter et James étaient chez le Directeur depuis plus d'une heure. Tous les élèves avaient été priés de rejoindre leurs Salles Communes. Les cours avaient été suspendus, et les Professeurs surveillaient l'école entière. Parfois, Nic-Quasi-Sans-Tête entrait dans la Salle Commune de Gryffondor et repartait tout aussi vite, l'air grave.
Tina était assise sur son lit, l'air songeur. Elle rompit le silence :
- Vous pensez que ce type est vraiment mort ?
- Oui, répondit Lily après deux secondes de réflexion. Si c'était un évanouissement, la vie dans l'école continuerait.
- Vous avez remarqué quelque chose de louche, ces derniers temps ? demanda Tina, qui s'était levée. Elle fit apparaître de l'eau, et but.
- Juste que les Serpentard ne me regardent plus comme s'ils souhaitaient que je meure dans d'atroces souffrances, dit Lena. En fait, ils ne me regardent plus du tout, depuis environ... trois semaines.
- Moi pareil, annoncèrent Tina et Lily en même temps.
- Ecoutez, fit Tina après un moment de silence. Il faut qu'on se prépare. Imaginez qu'il se passe quelque chose, ici, à Poudlard. Quelque chose de grave. Une attaque, une invasion, je sais pas. Ce type, il est mort, vous percutez ? En plein cours de Soins aux créatures !
- Tina, calme-toi deux secondes, dit Lily, posément. Peut-être qu'il est simplement mort naturellement, on en sait rien.
- Alors pourquoi toutes ces mesures de sécurité ? Pourquoi les autres sont depuis une heure chez Dumbledore ? Non, Lily, Tina a raison, fit Lena. Préparons-nous, par précautions.
- J'espère qu'il ne se passe rien de grave, murmura Lily, troublée à présent.


Chère Maman, cher Papa,

Il se passe de drôles de choses à l'école. Je ne sais pas encore quoi, mais ça me fait un peu peur. Je veux que vous sachiez que je vous aime de tout mon c½ur, que vous êtes des parents formidables et que je n'ai jamais manqué de rien avec vous. Je veux m'excuser pour toutes les fois où je n'ai pas été gentille, où je vous ai manqué de respect et où j'ai élevé la voix. Je vous aime vraiment. J'espère que je vous reverrai bientôt. Juste au cas où.
Lily.



- Merde, Lily, jura Tina, qui avait lu par dessus son épaule. On va pas mourir, hein ! J'te promets que tout se passera bien !
- Comment tu peux le savoir ? s'écria soudain son amie, visiblement choquée par la tournure des évènements.
- Du calme, Lily, murmura Lena en la prenant par les épaules. On est pas encore parties.
- Mais où est-ce qu'on irait, d'abord, hein ? On ne sait pas ce qu'il se passe ! Comment tu veux qu'on sorte d'ici, à propos ? Les profs surveillent les entrées, termina-t-elle plus calmement.
- Attendons les autres, proposa Tina en se rasseyant sur son lit. Elle sortit sa baguette, et essaya toutes sortes de sorts.
- Je pense que vous devriez faire comme moi, ajouta-t-elle.


- Ca va, Betty ? demanda Sirius.
Ils venaient de sortir de chez le Directeur, qui leur avait fait répéter à chacun leur version des faits, qui concordaient parfaitement. Après ça, Dumbledore leur avait demandé s'ils avaient remarqué quelque chose d'inhabituel, ces derniers temps. Ce à quoi Betty avait ricané en disant qu'un type était mort devant leurs yeux, et qu'elle se demandait si c'était assez inhabituel ou pas pour le prendre en compte. Sirius se souvenait parfaitement du regard que le Directeur lui avait lancé. Il avait regardé Betty d'une telle façon qu'elle avait baissé les yeux et s'était excusée. Puis, elle avait avoué presque inaudiblement qu'elle avait remarqué que les Serpentard qui l'embêtaient habituellement semblaient se moquer de sa présence. Quand elle a eu fini, James avait rebondi sur ses paroles en disant qu'en tant que principal ennemi des Serpentard, il avait l'impression que quelque chose de louche se tramait, mais qu'il ne les accusait pas spécialement d'avoir tué Dave Knittel. Puis ils avaient gardé le silence, et leur Directeur avait soupiré. C'est là que Remus avait demandé si cette histoire avait quelque chose à voir avec les nouvelles de la Gazette du Sorcier. Là, Sirius s'était retourné, et avait regardé son ami d'un air interrogateur.
- Eh bien oui, mon vieux, avait dit Remus en fouillant dans sa poche, tu ne lis pas le journal ?
Sirius avait secoué la tête.
- Tiens, avait fait son ami en lui tendant une coupure. Et lis.


La Communauté Magique en émoi.

Le Premier Ministre Moldu a de plus en plus de mal à fournir des explications à son peuple...
En effet, ces derniers temps, les attaques d'un groupuscule dangereux qui se fait appeler « Sbires de Voldemort » ou « Mangemorts » contre les Moldus et les Sorciers se multiplient de plus en plus. Hier, dans la Christ Church Road, à Bornemouth, un restaurant Sorcier a été violemment saccagé. On dénombre plus de quarante-sept victimes et aucun survivant. Ce matin, à Londres, une station de métro a été le lieu d'un terrible massacre : la rame a été complètement détruite, et les secours Moldus ont avoué entendre des plaintes sous les décombres, mais ils n'ont rien pu faire, faute de moyens. C'est sans compter les cambriolages de plus en plus fréquents sur le Chemin de Traverse... Suite de l'article en page sept.


- Quant tu penses que ce genre d'infos est monnaye courante, maintenant, avait ajouté Remus quand Sirius lui avait rendu l'article.
C'est à ce moment là que le jeune Black avait remarqué la tête de plus en plus décomposée de Betty.
Dumbledore n'avait pas répondu, mais avait regardé ses élèves d'un air presque désolé, ce qui contrastait violemment avec l'air enjoué qu'il prenait d'habitude. Puis, il avait ordonné assez sèchement de ne parler de cet entretien à personne, et d'être suffisamment sur ses gardes.
Avant de fermer la porte, Peter, qui n'avait pas ouvert la bouche jusque là, avait osé demander si la mort de Dave était intentionnelle ou non. Leur Directeur avait gardé le silence et hoché la tête ; oui, c'était bien un meurtre.


- Betty ? Tu es toujours avec nous ? interrogea Sirius, après un moment de réflexion.
- Faut qu'on se tire, chuchota Betty en croassant, tant sa gorge était sèche. Elle avait les larmes aux yeux et tordait ses mains. Ses pas résonnaient dans le silence total du couloir, tandis que tous les autres s'étaient arrêtés.
- On dirait que ça vous est égal, qu'il y a un assassin en liberté à Poudlard ! continua-t-elle à chuchoter, presque furieusement. A croire que Dumbledore ne sait même pas qui c'est ! Vous avez vu comment il nous a interrogés ?!
Ses amis se taisaient toujours, l'air halluciné.
- Betty a raison. Ca peut être n'importe qui. Il se passe un truc qui échappe totalement à notre contrôle, dit finalement James, en marchant de nouveau.
- Mais qu'est ce qu'on va bien pouvoir faire ?! couina Peter. Imaginez que les Mangemorts attaquent le Château ! Comment on pourrait le savoir, d'ailleurs ?
- Quand tu verras des types totalement demeurés habillés en noir qui te disent Adava Kedavra en agitant leur baguette magique, dis toi que c'est le moment et qu'il te reste plus qu'à courir vachement vite, lança Sirius qui claquait sa langue d'agacement.
- Ca sert à rien de s'énerver, fit Remus, étrangement calme. Comme si on avait pas assez de problèmes comme ça !
- Je suis d'accord avec lui, dit James. Rentrons dans la Salle Commune, et on improvisera à ce moment là, avec les autres.


- Peter ?
Le garçon se retourna, et scruta la pièce. Il y avait des jeunes de tout âges, mais il ne reconnaissait personne en particulier. Puis, une jeune fille aux cheveux noirs s'avança vers lui et le serra dans ses bras, de toutes ses forces.
- Serena ? Qu'est ce qu'il t'arrive, ma petite ?
C'était sa cousine, elle avait quinze ans.
- Je connaissais Dave... C'est trop triste ce qui lui est arrivé ! Elle se mit à sangloter. Tout le monde me disait qu'il était amoureux de moi... Et moi je me moquais de lui ! Les Serpentard m'ont dit que j'étais qu'une sale traînée et que c'était bien fait pour moi s'il était mort !
- Hein ? s'exclama Peter, incrédule. Qui, exactement ?
- Rosier ! Et Fisher ! Cette vieille ordure qui ressemble à Barbe Rousse !
- Ceux de Septième Année ? demanda Peter qui avait entreprit de lui caresser doucement les cheveux, sous l'½il interrogateur d'à peu près toute la Salle Commune.
Serena acquiesça en reniflant. Puis, elle se dégagea des bras de Peter, le visage tout mouillé, et partit s'enfermer dans son dortoir, suivie de ses copines.


Photo : Peter Pettigrow
Chapitre 34 - Des trente-six moyens d'éviter un désastre, le plus sûr est de fuir

# Posté le vendredi 06 octobre 2006 11:47

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:40