Lily eut la présence d'esprit de regarder son pyjama. Elle s'était endormie toute habillée. La jeune fille se déshabilla, enfila un survêtement et descendit.
Il faisait sombre. Le feu dans la cheminée s'était éteint. Une fenêtre avait été ouverte, et elle claquait au gré du vent. Lily maudit l'élève qui avait eu l'imbécillité d'aérer en pleine nuit par un temps pareil et de risquer de réveiller tout le monde. Elle la ferma et entreprit de regarder tous les fauteuils, machinalement. Lily sursauta quand elle entendit un « Lumos ! ». Fronçant les sourcils, elle aperçut James Potter qui lui souriait, un air endormi sur le visage.
- Tu ne dors pas ? demanda-t-il.
- Comme tu peux le constater, non, dit Lily avec ironie. J'ai été fermer cette fichue fenêtre ! C'est toi qui l'a ouverte ?
- Ouais. J'avais chaud.
Lily soupira profondément, tremblant de tout son corps.
- Viens t'asseoir, fit James en tapotant le sofa qu'il avait agrandi pour pourvoir dormir, apparemment.
- Qu'est ce que tu fais ici en pleine nuit ? demanda Lily qui obéissait docilement.
- J'attends Sirius. Et Peter ronfle trop fort.
- Quoi ? Il n'est pas rentré ? Betty non plus ! s'écria presque Lily, à présent réveillée.
- Chut ! murmura James en remuant les mains. Je reviens. Va te chercher une cape et mets des chaussures.
- Hein ? s'étonna la jeune fille, incrédule. Pour faire quoi ?
James était déjà parti. Lily réfléchit à toute vitesse. Elle voulait savoir où étaient ses deux amis, mais il faisait nuit noire et même si James avait un bon sens de l'orientation, elle n'était pas sure qu'il sache se repérer dans le noir. D'un autre côté, elle se dit que l'expérience ne se présenterait pas deux fois. Elle fonça chercher ses affaires.
- C'est dingue que tu sois en possession d'une cape pareille ! chuchota Lily, presque fiévreuse.
- Mon père me l'a offerte l'année passée, sourit le garçon.
- Et c'est quoi, cette carte dont tu m'as parlé ?
- Une carte qui permet de voir toutes les personnes du Château, expliqua James avec une pointe de fierté dans la voix.
- D'où elle sort ? se renseigna la grande rousse. Elle manqua de trébucher sur une dalle. Oups ! Désolée.
- Ne fais pas de bruit ! On va se faire repérer ! murmura le jeune homme avec nervosité. En fait, c'est une carte made in Maraudeur, continua-t-il en rougissant. Il avait arrêté de se vanter depuis le jour où Lily lui avait hurlé dessus, l'année passée en juin. D'ailleurs, depuis ce jour, leurs rapports s'étaient considérablement améliorés.
- J'te crois pas, fit Lily, l'air totalement halluciné. Mais comment on peut faire pour les trouver si tu n'as pas cette Carte ?
- Je sais pas trop, marmonna le jeune homme.
- Quoi ? s'exclama Lily. Mais enfin ! On se ballade dans le Château pour quoi, alors ? Le tourisme ?!
- Chut ! Baisse d'un ton ! J'ai entendu quelque chose.
James s'arrêta une seconde, ouvrit de grands yeux paniqués et attrapa Lily par le bras.
- Potter ! Tu me fais mal ! Lâche-moi ! chuchota Lily avec colère.
James desserra sa prise d'un cran.
- Suis-moi ! Rusard et son chat de malheur nous ont flairés !
- Merde ! s'exclama Lily. Eh ! Mais doucement ! Où est-ce qu'on va ?
- Tais-toi et cours ! lui ordonna James Potter qui la tenait toujours par le bras, l'emmenant dans des couloirs et des passages que Lily ne connaissait pas.
Leurs chaussures claquaient sur les dalles dans le silence du Château. Lily se dit à juste titre qu'ils ne passeraient pas inaperçus. Silencio ! lança-t-elle sur leurs souliers qui auraient pu causer leur perte.
James lui fit un sourire reconnaissant et s'arrêta.
- On est arrivés. Je suis sur que Rusard ne connaît pas cette planque. A toi l'honneur, marmonna-t-il devant l'indécision de sa compagne d'infortune.
- Très bien ! fit Lily en secouant la tête. Elle poussa la lourde porte pour entrer dans une petite pièce étouffante de poussière. Elle éternua.
- Chut, Lily ! s'exclama James qui avait fermé la porte.
- C'est pas ma faute si je suis allergique à la poussière, bon sang ! s'écria Lily. Tu m'énerves ! conclut-elle en se laissant tomber sur un vieux fauteuil.
- Okay, okay, tenta James pour l'apaiser. Désolé. Bon, on attend que la menace ait disparu, d'accord ?
- Comment on peut le savoir ? demanda Lily qui piquait du nez. Elle se plaça confortablement dans le sofa et fermait les yeux malgré elle.
- Il faut que je reste éveillée, James. Aide-moi.
- Euh, marmonna le jeune homme. Je sais pas comment faire ! On a pas de potion sous la main, tu sais.
- Qu'est ce que Sirius et Betty peuvent faire à une heure pareille hors de leurs lits ? demanda Lily en se forçant à garder les yeux ouverts. Tu crois qu'ils sortent ensemble ?
- Franchement ? Non.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Ils ont plus l'air de frères et soeurs, si tu veux mon avis, observa James. Tu peux dormir, tu sais. Je te réveillerai quand je saurai Rusard loin.
- Comment tu peux le savoir ?
- L'expérience, sourit James. Lily ne l'avait pas entendu. Elle dormait.
C'était assez étrange pour James Potter de se retrouver dans une pièce enfermée avec Lily Evans. Malgré ses efforts pour la considérer comme une amie, pour oublier ses envies, ses rêves et ses fantasmes, la nuit, l'imaginaire prenait le dessus. James était toujours aussi mordu de Lily Evans, et il profitait de cet instant perdu pour l'observer de tout son saoul. Il était désespéré, tout simplement.
- Betty ? appela Sirius. Betty? Réveille-toi! fit-il en la secouant.
- Laisse-moi tranquille, vieux sac d'os, marmonna la jeune fille endormie.
- Betty ! Réveille-toi, bon sang ! On va avoir des ennuis !
- Hein ? Pourquoi ? demanda Betty en se redressant.
- Il vaut mieux qu'on retourne à notre dortoir, chuchota-t-il.
- Mais on est bien, ici ! soupira la jeune fille en souriant.
Sirius n'avait pas vu ce sourire sur le visage de Betty depuis longtemps. Ils avaient parlé, longuement, en s'empiffrant de plein de choses délicieuses typiquement appelées crasses, et ils avaient fini par s'endormir dans un coin de la Cuisine.
- Bon, d'accord, rentrons, décida-t-elle en se relevant. Elle mit de l'ordre dans ses cheveux et bailla.
Remus ne dormait pas. Il avait prit sa potion, mais il y était tellement habitué qu'elle ne lui faisait plus aucun effet. Il souffrait de tous les pores de sa peau, seul, dans cette infirmerie vide et immaculée. Il essayait de bouger le moins possible, mais une vieille énergie fourmillait dans ses jambes blessées. Il réfléchissait inutilement à plein de choses dans l'idée de s'endormir d'épuisement moral, faute d'épuisement physique, mais il n'y parvenait pas.
Remus avait une impression bizarre. Comme de déjà vu. Comme s'il se voyait en tant qu'observateur extérieur. Il attendait désespérément que quelque chose d'inouï se passe. En vain. Ca faisait tellement longtemps que lui et ses amis n'étaient pas sortis se promener dans le Château. Juste la veille, quand l'infirmière l'avait conduit dans le Saule Cogneur. Un mois qu'ils trimaient à longueur de journée, comme si les profs s'étaient donné le mot pour leur faire apprendre une programme de six ans en quatre semaines. Remus respira profondément, et grimaça en sentant ses côtes lui faire mal. Il se jura qu'à partir du lendemain, quand il serait reposé, il vivrait comme un jeune normal. Il s'endormit finalement, en oubliant sa résolution.
- Mon dieu ! Tina ! Tina ! essayait de la ranimer Lena. Réveille-toi ! s'écria-t-elle en lui donnant des baffes.
Tina l'avait éveillée. Elle gémissait dans son sommeil, et son visage était baigné par ses larmes. Elle s'agitait dans son lit, gigotant comme si un million d'araignées lui courrait sur le corps.
- Lily ! Betty ! Aidez-moi ! les pria Lena. Mais merde ! s'exclama-t-elle en apercevant leurs lits vides. Où elles sont ?! Lena s'empara d'un verre d'eau et le jeta sur le visage de son amie qui se réveilla avec un cri.
- Seigneur ! s'exclama Tina d'une voix enrouée. J'ai fait un cauchemar atroce. J'allais mourir. Merci de m'avoir réveillée, dit-elle avec un tremblement dans la voix. L'italienne se jeta dans les bras de Lena et se mit à pleurer avec force.
- Lily ? James lui secoua doucement le bras. Lily, il faut que tu te réveilles. Rusard est parti.
- Laisse-moi dormir encore un peu, James, grogna la jeune fille. Je crève d'épuisement.
- Tu n'es pas de bonne humeur, hein ? sourit Potter qui s'accroupit devant le fauteuil où Lily était couchée.
- Jamais quand je ne dors pas assez, tu devrais le savoir.
- Maintenant je sais. Allez, viens, on s'en va.
- J'ai envie d'aller voir Remus.
- Il doit dormir à cette heure-ci, Betty, dit Sirius en étouffant un bâillement.
- C'est pas grave. Je n'ai pas été hier, donc on y va maintenant, fit Betty avec une pointe de défi dans la voix.
- D'accodac. C'est de ce côté.
Sirius la tenait par le bras. Elle avait du mal à tenir debout, tout comme lui. Si il avait eu le temps, il se serait couché et aurait dormi une semaine entière. De plus, ils avaient mangé comme des pauvres affamés, ce qui les avait plongés dans une sorte de léthargie hallucinante. Puis, il eut une idée brillante. Ils pourraient dormir dans l'infirmerie !
Lena gardait les yeux fixés sur l'horloge électronique de Lily qui émettait de gros chiffres rouges dans la nuit. 03 : 33. De temps à autre, Tina brisait le silence en reniflant bruyamment. Quand ses hoquets cessèrent, Lena se détacha d'elle doucement et lui demanda avec tact :
- Tu veux bien me raconter ton rêve ?
Tina se leva et prit un verre d'eau qu'elle but cul sec. Le problème, dit-elle, c'est que je ne me souviens pas très bien. Je crois que j'étais mariée avec un des Serpentard, mais je ne me souviens plus de son visage. J'étais poursuivie par plusieurs personnes. Vous étiez mortes, ainsi que les garçons, tous assassinés de manière horrible. A la fin je me vois poussée du haut d'un immeuble. Après qu'on m'ait mutilée, précisa-t-elle avec morgue. Tu m'as réveillée avant que je m'écrase sur le sol. J'ai l'impression atroce que j'ai failli y passer, cette nuit, termina Tina douloureusement.
- Déshabille-toi, demanda Lena qui la regardait droit dans les yeux.
- Pardon ? s'exclama Tina. Pourquoi faire ?
- Je vais te faire couler un bain, sourit gentiment son amie. Il faut que tu te détendes et vides ton esprit. Va dans la salle de bains, j'arrive.
Lena s'empara de sa baguette et inspecta le pichet sur la table de nuit de Tina. Chaque soir, elle buvait une infusion de verveine pour mieux dormir. Lena trempa sa baguette dans l'eau, qui devint foncée. Une potion de cauchemar y avait été versée. Elle fit apparaître une bouteille fermée et transféra le liquide dedans. Lena décida de ne rien dire à Tina pour le moment. Puis, tout sourire, elle rejoignit son amie et versa une quantité plus que raisonnable de gel moussant dans la baignoire pleine.
- Aïe ! Remus ! chuchota furieusement Betty. Regarde-le! Le pauvre. On dirait qu'il est mort ! Pomfresh est devenue brusquement incapable ou bien elle lui a donné un élixir d'anti-régénérescence sans faire exprès?
- C'est vrai qu'il est en mauvais état, commenta Sirius qui s'était assis sur le lit voisin.
- Aide-moi à le soigner, Sirius !
- Tu tombes de fatigue, ma vieille. On n'est pas des Médicomages, que je sache, non ? rigola doucement le jeune homme.
- Je suis sérieuse ! C'est vraiment nul qu'on ne soit pas dans le monde Moldu, cette fois ! Je n'y connais rien, en magie, de ce côté là. Debout, paresseux ! Tu ne vois pas que ton meilleur ami agonise ?!
- Ne plaisante pas avec ça, Betty, dit Sirius avec une pointe dans la voix. Il se releva néanmoins.
- Tu crois que je prends ça à la rigolade ? Ouvre les yeux, beau gosse ! Relève un peu ta mèche rebelle pour mieux regarder !
- Tu as raison, grimaça Sirius. Il se dirigea vers une grande armoire. Je pense que si je tente l'Alhomora, il y aura une alarme et le Château entier se réveillera.
- C'est une chance que j'ai une épingle à cheveux sur moi, sourit Betty en l'enlevant de ses cheveux. Pousse-toi, je m'occupe de forcer la porte.
- Ce serait trop facile, sourit Sirius avec ironie en croisant les bras sur sa poitrine, en position d'attente.
- Tu disais ? jubila la jeune fille quand la porte s'ouvrit en grinçant.
- T'es fortiche, je te le concède, marmonna Sirius, l'air défait. Mais d'où tu connais tout ça ? La boxe, l'enquête sur cette fille, et maintenant ça ! T'as eu une enfance de délinquante dépravée ? Un casier ? Oh, et j'oubliais ! Des sources chez les Serpentard ! Sérieux, t'es une mine d'or ma fille ! Je veux tout apprendre !
- Merci, sourit Betty en exécutant une petite révérence. Mais on verra ça plus tard. Une chance que l'écriture de Pomfresh soit lisible.
Elle s'approcha de Remus et toucha délicatement son front.
- Ca va, il n'a pas de fièvre. Il n'y aurait pas un onguent pour les écorchures ?
Elle le reçut dans les mains.
- Merci, dit-elle en dévissant le pot.
- Quelle heure il est ? demanda Betty après un moment.
- Trois heures quarante-sept, précisa Sirius.
- C'est la première fois que je joue au médecin à une heure pareille, commenta la jeune fille qui attachait ses cheveux bouclés.
- Bon, si tu m'apportais un linge mouillé ? Je ne comprends pas pourquoi il transpire autant ! Il ne fait pas chaud, pourtant.
- Je pense qu'on est trop fatigués pour penser correctement, ma petite. Si les plaies de Remus se sont ré-ouvertes, c'est parce qu'il bouge dans son sommeil. Pas parce que Pomfresh est passée du coté obscur de la force.
Betty éclata de rire.
- Je rêve ! Tu connais Star Wars !
- Ouais, on a été le voir au cinéma pendant les vacances avec les gars, expliqua Sirius. Les Moldus sont impressionnants, quand même.
Betty sourit. C'est vrai qu'elle tombait de sommeil.
- Moi, je vais dormir, si tu n'y vois aucun inconvénient, annonça Sirius en se jetant sur un lit de l'infirmerie.
- Bonne nuit, mon poulet, chuchota Betty qui s'enfonçait dans le lit moelleux.
- Garde les yeux ouverts, Evans, marmonna James qui l'attrapa par le bras pour qu'elle ne tombe pas.
- Depuis quand tu m'appelles par mon nom de famille, Potter ? demanda Lily d'une voix enrouée par la fatigue.
- Tes cheveux me chatouillent, répondit James.
- T'es loquace ! s'exclama Lily qui secoua ses cheveux. Réponds-moi, James.
- Je suis fatigué, Lily. Je ne suis pas d'humeur à faire la conversation.
- T'es un comique raté, tu le sais, ça ? Ca fait une heure qu'on tourne dans le Château comme des idiots et pas de trace de Sirius et Betty ! On perd notre temps. Si ça se trouve, ils sont retournés tranquillement dans leurs lits.
- Ouais, c'est possible, fit James.
- Eh bien, rentrons, alors.
- Non.
- Excuse-moi ? Tu as bien dit non ? s'exclama Lily en s'arrêtant brusquement.
- C'est exact. James ne savait pas ce qu'il faisait. Il était en train de perdre la tête.
- Et je peux savoir pourquoi ? demanda Lily d'un ton aigu.
- Viens avec moi dehors. On va se promener.
- Très bien ! s'écria la jeune fille alors qu'elle pensait exactement le contraire.
- Il fait glacial, James ! On n'aurait pas pu se promener à l'intérieur ?
- Tu aurais dû mettre une cape plus chaude, répondit le garçon qui faillit trébucher.
- Qu'est ce que tu me veux, Seigneur ? s'exclama Lily avec énervement.
Tu peux me lâcher, tu sais. J'ai appris à marcher toute seule vers mes deux ans.
- La neige est trompeuse. C'est une mauvaise idée.
- Evidemment, ce serait une mauvaise idée si on tombait à deux jusqu'au cou ! Comme ça on crèverait de froid ensemble !
- Arrête d'être sarcastique, Lily. Ca ne te va pas.
- Je suis fatiguée, James, tu le sais ?
- Je le suis autant que toi.
- Alors, tu peux m'expliquer ce qu'on fout dehors à quatre heures du matin par un temps pareil ?
- Je veux te montrer quelque chose, sourit James.
- Ca ne peut pas entendre demain ? demanda doucement Lily. C'est gentil à toi, tu sais, mais en ce moment, tu me fais un peu peur.
- Ne t'inquiètes pas, petite Lily. Tu n'as aucune raison d'avoir peur.
- Je peux savoir ce que vous avez tous à nous appeler petites ? C'est vrai que vous êtes immenses, mais Tina, Betty et moi on a une taille raisonnable, pour des filles.
- C'est que tu as l'air vulnérable à mes yeux, déglutit James. Enfin, je veux dire...
- Oui ? demanda Lily qui avait envie de s'enfoncer brusquement dans la neige jusqu'aux cheveux, pour oublier la phrase maudite que Potter venait de prononcer.
- J'en sais rien. Je suis tellement cassé que je n'ai plus aucune idée de ce que je voulais dire.
- Ah, fit Lily, soulagée. D'accord.
- On y est dans deux minutes. Suis-moi, dit James.
Lily avait du mal à y avoir clair. Le parc de Poudlard était recouvert d'un manteau de neige, et elle distinguait à peine la Forêt Interdite. Ils étaient donc de l'autre côté. Au moins, James n'avait pas dans l'idée de réaliser ses fantasmes tordus dans la forêt. Rassurant, songea Lily stupidement, abrutie par le manque de sommeil.
- Regarde ! s'exclama James en souriant de toutes ses dents étincelantes, lançant les bras en l'air, se retournant brusquement.
- Waouh ! s'écria Lily, qui s'était avancée prudemment. James ! Mais comment les as-tu trouvés ?
- En explorant, tout simplement. Je savais que ça te plairait.
Lily courut jusqu'à l'enclos qui abritait de mignonnes petites bestioles, ressemblant à des chiots. Qu'est ce que c'est, exactement ? demanda-t-elle, un peu méfiante tout de même.
- Des sortes de Kneazles, répondit James, qui ouvrit l'enclos pour attraper un animal et le tendre à Lily.
- Tu m'emmènes voir de ravissants petits animaux à une heure pareille ? T'es vraiment fou, James ! éclata Lily en riant, un petit chien dans les bras. Ils viennent d'où ?
- C'est Hagrid, il a joué au poker et a gagné la mère, expliqua James qui avait souri au « compliment ».
- Mais ils ne risquent pas d'avoir froid ?
- Ils sont très résistants. Qu'est ce qu'on fait ?
- Je ne sais pas trop. Si, je sais. Je vais demander à Hagrid demain, si je peux en adopter un. Aah, James, tu es vraiment quelqu'un de dingue ! sourit de nouveau Lily, les yeux un peu dans le vague.
- On rentre ? demanda James Potter en offrant son bras à Lily Evans.
- Volontiers ! répondit la jeune fille avec énergie.

