Chapitre 26 - Vivre ses sentiments Non, vous y avez cru ? Je plaisantais... Rira bien qui rira la dernier

Elle avait vu Tina qui s'était avancée dans la Salle Commune, le bras solidement accroché à celui de Remus. Elle s'était vue lui sauter dessus et faire de même. Elle avait vu James, Sirius et Peter le serrer dans leurs bras avec force. Elle avait vu Betty l'embrasser sur les deux joues avec deux gros baisers sonores.
Et elle avait vu Lena monter dans son dortoir.
Un coup d'oeil à Remus lui montra qu'il était blessé. Comment cela se pouvait-il ?

Lily Evans était assise à côté de Remus en classe, deux semaines après.
Il ne s'était rien passé d'extraordinaire, seulement Lena qui s'éloignait et qui ne disait rien. Pas à Remus, en tous cas. Elle parlait normalement avec les autres, mais prétextait des bêtises pour s'en aller quand il arrivait.
Quelle ambiance...
En plus, de nouvelles attaques avaient perturbé le monde magique. Nouveaux attentats, mais cette fois sans dégâts. Il y avait des rumeurs, les plus sérieuses jusqu'aux plus folles. Ce n'étaient que des spéculations.
Lily avait des nouvelles de sa famille, plutôt bonnes. Tout ce passait bien à la maison, mais ses parents étaient tristes qu'elle ne sache pas si elle venait à la maison à Noël. Faut dire aussi qu'il y avait le Bal, et qu'ils risqueraient de tous bien s'amuser... Et non, elle n'aurait aucun cavalier ! Même si à son plus grand étonnement, il y en avait eu déjà quelques demandes... C'était pour dans un peu plus d'un mois, ils avaient le temps. D'ailleurs, elle se demandait bien avec qui les autres iraient...

- Miss Evans, cessez de rêvasser ! la sermonna son professeur de Métamorphose, veuillez répétez ce que j'ai dit, s'il vous plait.
- Le sortilège de Disparition est très complexe c'est pourquoi nous allons revoir celui d'Apparition, beaucoup plus simple, qui vous nécessitait beaucoup de concentration et d'exercices malgré tout. Faites-le en silence, s'il vous plait, récita timidement Lily.
Mc Gonagall sourit: « Je vous donne cinq points pour la peine, Miss. »
- Merci madame.
- Eh, glissa-t-elle discrètement à Remus une fois que le Professeur eut tourné le dos, en réfléchissant à ce qu'elle pourrait lui raconter d'intelligent, tu te souviens comment on fait ? lui demanda-t-elle finalement, misérable, sachant très bien comment on faisait et sachant aussi que Remus savait qu'elle savait et que...
- Tu as oublié ? lui demanda-t-il, pas plus étonné que ça. Un pli soucieux barrait son front, comme à l'accoutumée, à présent.
Hochement de tête. Il lui expliqua. Re-hochement de tête.
Elle s'apprêtait à lui poser une question cruciale (elle avait réfléchi pendant tout le cours à comment bien tourner sa phrase pour que ça ne fasse pas trop curieux ni trop théâtral, bref) quand la cloche sonna, l'interrompant dans son élan.
Il se dirigeait vers l'Etude de Runes. Avec Lena...
Elle aurait donné beaucoup pour pouvoir se glisser discrètement entre eux deux, histoire de savoir ce qu'ils pouvaient se raconter de beau, mais espionner, c'était mal.


Voilà. Il était devant cette foutue classe de Runes. La dernière fois, il n'y avait pas eu cours. Et la fois d'avant, il était à l'infirmerie pour se remettre de ce-que-vous-savez.
Bon, on tente le coup, on regarde discrètement par la porte. Pas de Professeur. Mais Lena par contre était déjà là.
D'habitude, ils s'asseyaient à côté. Il devait aller à côté d'elle, ou pas ?
Faire comme d'habitude, ou...
Trop tard. Il s'était avancé contre sa volonté jusqu'à leur banc et avait timidement demandé s'il pouvait s'asseoir. Hochement de tête.
Okay. C'est normal. Respire un bon coup et sors tes notes, le Professeur est arrivé.
Coup d'oeil à Lena. Rien. Elle écrit, la tête baisée.
Re-coup d'oeil à Lena. Encore tête baissée.
Il allait finir par se faire remarquer de Mr Stravenski s'il continuait de la dévisager, comme ça. En plus elle était gênée. Garde tes yeux chez toi mon pauvre !

Bon. Ca faisait cinq minutes que le cours avait commencé. Le temps passait rudement lentement, sacre bleu ! Concentre-toi et écoute ce que le Professeur raconte !
Il prenait des notes par automatisme. Il n'écoutait pas et griffonnait sur son parchemin.
Tant pis, il piquerait celles de Lena. Bah oui ! Comme si elle allait les lui passer comme si de rien n'était ! Quand une idée lui vint. Après tout... Ca ne lui coûterait rien d'essayer... La prochaine fois...


- Dis moi que tu es d'accord ! S'il te plait !
- C'est hors de question. Tu plaisantes, ou quoi ? Comme si j'allais obliger ma meilleure amie à aller un rendez-vous où je n'irai pas pour que tu puisses y aller...
- C'est pour la bonne cause, Tina. Dis oui.
Remus la regardait avec un air de chien battu. Il avait l'air vraiment triste.
Tina commençait à en avoir marre de cette mascarade débile et terriblement consternante à l'eau de rose.
Elle se fendit d'un grand sourire et écouta le plan de son loupiot-chou.


- On pourrait écrire un livre, franchement, dit soudainement Betty qui s'entraînait à faire disparaître des bonbons.
- A quel propos ? demanda Sirius qui lisait un manuel de Métamorphose pour son devoir.
- Comment réussir à déprimer comme des imbéciles en amour. Enfin, un truc dans le genre.
Peter éclata de rire, suivi de James.
- Hum, fit Sirius qui trouvait la réaction de ses amis exagérée. On pourrait en souffler un mot à Rem' et Len'.
- Mais non, bêta. On écrirait ça dans leur dos et on se ferait un max d'argent, expliqua Betty qui essayait vainement de réussir sa Métamorphose.
- Tu es sérieuse ? s'exclama Sirius qui ferma son livre d'un coup sec.
- Bien sur que non ! Pfff, pouffa Betty.


Lena frissonnait. Elle était assise sur un banc, dehors. L'eau du lac ondulait sous la poussée du vent. Il pleuvait. Elle ramena sa capuche sur sa tête.
Il faisait froid. Elle risquait d'attraper la mort. Elle ria jaune à cette pensée. Attraper la Mort...
Le ciel vomissait de l'eau, l'air était électrique. On était même pas à la mi-novembre et il faisait déjà sombre à seize heures. La météo était déprimante.
Les cours étaient déprimants. Elle était déprimante. Lena passait son temps à s'apitoyer sur son sort. Et quel sort ! Ca devenait carrément débile ! Elle devait ennuyer méchamment ses amies à force de se replier sur elle même. Elle voulait rire, chanter, danser. Ne plus se taire, ne plus avoir le cafard. Si seulement rien ne s'était passé. Si seulement...


Lily secoua la tête. Ca faisait dix minutes qu'elle avait arrêté de travailler. Dix minutes qu'elle regardait Remus qui faisait semblant de lire.
- Remus ?
- Mmh ?
- Ca fait dix minutes que tu fixes cette page sans la lire. Tu penses à quoi ? Un truc qui te contrarie ?
- Non. Remus ferma son livre. Ca va.
Il se leva et sortit de la Salle Commune pour « s'aérer. »


Il s'approcha de Lena, posa sa main sur son épaule, délicatement. Elle sursauta, et se retourna vivement, en colère d'avoir été dérangée dans ses si nobles réflexions. Elle haussa un sourcil en voyant Remus et son visage forma un masque impassible.
- Salut, fit Remus. Je peux m'asseoir ?
Lena hocha la tête.
- Salut, réussit-elle à articuler brillamment.
Remus regarda le lac sans rien dire, fixant un point précis dans l'eau, laissant Lena se demander de quoi il retournait.
- Tu as reçu mes lettres ? demanda-t-il, enfin.
Elle se tourna vers lui, une expression étonnée sur le visage.
- Non. Je n'ai pas reçu tes lettres.
- Après tout, c'est normal. Je ne te les ai pas envoyées. Quel con. Tiens.
Il lui tendait un paquet de lettres. Lena hésitait à les prendre. Allez ! cria une petite voix dans sa tête.
Elle ouvrit l'enveloppe, lentement, et la mit dans son sac. Elle déplia sa missive et commença à lire.

Lena,

Je tiens à m'excuser si je t'ai fait du mal. Ce n'était pas voulu. Je me suis éloigné un moment pour réfléchir à ma vie, à ce qu'il se passait, à ce que je devais faire. Il y a eu une erreur. Tu as cru que je m'éloignais de toi parce que je ne t'aimais pas, c'est ça ? Tu pensais que je ne voulais plus jamais te voir ?
Et cette boite que je t'ai donnée. Toutes ces photos, ces dessins. De nous, ensemble.
J'ai voulu partir. M'en aller, pour toujours. J'ai eu peur de ce que j'ai ressenti.
Peur que tu ne veuilles plus jamais me parler. Je ne vais pas te sortir le couplet « tu ne me mérites pas » parce que je sais que tu l'as en horreur. J'ai réfléchi, et j'ai eu une réaction stupide. J'aurais du rester auprès de toi, mais je n'ai pas pu. Je te l'ai déjà dit, j'avais besoin de m'éloigner un moment.
Alors excuse-moi.
Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour me faire pardonner.

Remus.


Lena déglutit et ouvrit l'autre lettre. C'était un dessin, d'eux. Rien qu'eux deux. Ils riaient, assis à la bibliothèque, et paraissaient très complices. Ses cheveux étaient défaits et semblaient voler. Ses yeux pétillaient et elle semblait plus heureuse que jamais. Remus aussi. Il avait une expression de tranquillité absolue sur le visage, comme si la vie s'était arrêtée ce fameux soir de pleine lune pour reprendre le lendemain matin. Remus l'avait dessiné de sa main, comme s'il avait été extérieur à la scène.
Ils s'aimaient. Non mais sincèrement... On a pas idée de faire des scènes pareilles pour des conneries d'alchimie et de coeur qui palpite plus fort que d'habitude, des éclats dans les yeux et...
Elle enfouit son nez dans le cou de Remus, et se dit qu'a cet instant, elle aurait pu mourir de honte tellement elle trouvait ça imbécile et misérable.

- Tu as raison, fit James, en chuchotant. C'est digne d'un pauvre film sentimental. N'importe quoi. Ils deviennent ridicules.
- Ooooh, James, ne sois pas jaloux, minauda Sirius. Nous savons très bien que tu rêves de Lily enfouissant sa tête dans le creux de ton épaule, après avoir vu un magnifique dessin de vous deux qui lui prouve que vous vous aimez depuis toujours et à jamais.
- Ferme-là ! s'exclama James en éclatant de rire malgré lui.
- Chut ! fit Peter, ils vont finir par nous remarquer ! Remus nous a déjà sûrement entendus avec son ouïe exceptionnelle. Partons ! En évitant que la cape glisse...
- Enfin, Peter ! Ne trouves-tu pas cela merveilleux ? se moquait Sirius.
Peter ignora la question. « Venez, on va le raconter aux filles. Elles vont devenir dingues. »
Ils sourient jusqu'aux tempes, heureux que tout se soit presque arrangé. Remus s'était fait prendre à son propre piège...


Betty se coiffait. Tout était rentré dans l'ordre. Enfin. Lena souriait de nouveau, Remus aussi, et ils avaient toujours les joues roses depuis cette après-midi.
Elle sourit en repensant à Lily qui avait failli s'étouffer d'indignation quand Sirius leur avait appris qu'ils avaient espionné leurs deux amis d'imbéciles heureux.
Mais Betty s'inquiétait. Elle avait entendu plus d'une fois, depuis septembre, des ragots sur Lena véhiculés par des pauvres jalouses de n'importe quelle Maison. Sauf Serpentard, évidemment. Il fallait avouer que Remus avait pas mal de succès auprès de la gente féminine de Poudlard même s'il n'avait pas l'air de s'en rendre compte.
Elle devait prévenir Lena, au cas où.


- Alors, ça va mieux, vous deux ? demanda innocemment Tina, à table, le soir-même. Elle sourit devant la mine rose et gênée du futur petit couple.
Lena et Remus marmonnèrent en même temps quelque chose d'inaudible, ce qui attira des sourires mutins de part et d'autre.
Quelqu'un hurla.
Les élèves présents dans la Grande Salle se tournèrent vers l'origine du cri comme un seul homme et après quelques secondes de surprise, les éclats de rires fusèrent.
Une jeune fille de Serdaigle, Rose-Mary Colomb, qui était attablée à la même hauteur que les Maraudeurs, lança à James : « C'est extraordinaire ! Rappelez-moi de ne jamais faire partie de vos ennemis ! » Et elle éclata aussi de rire après s'être vainement retenue.
Lily réprimait un rire, en secouant ses longs cheveux roux en signe de dénégation. La bande des Serpentards qui les avaient attaqués il y a près de trois semaines, s'étaient transformés en...
- Des grand-mères ! Des furets ! Des lutins ! Des clowns ! Des hommes éléphants ! Et j'en passe ! s'exclama Justin McDonald, un des batteurs de Gryffondor assis à côté de Peter. Il riait à s'étouffer et des larmes perlaient à ses yeux.
- Regardez Zabini ! articula Lena qui riait sans pouvoir s'arrêter, essoufflée. Regardez-le !
Zabini s'était transformé en monstre. Seul son uniforme où son nom était cousu permettait de l'identifier. Son visage n'était qu'un amas de chair putréfiée de cadavre, tandis qu'il n'avait plus un seul cheveu et que ses oreilles étaient longues, pendantes, et dégoulinantes de pus.
Tina regardait McNair, se moquant ouvertement de lui, avec Sirius. Il avait une tête de furet. De furet !! Habillé en grand-mère ! Betty, elle, riait avec Peter du garçon qui s'était fait métamorphoser en fac-similé d'hippopotame, tandis que Lily pleurait de rire, et que James recrachait son porridge, s'étranglant encore plus devant la tête de Rogue qui regardait tout ça avec une certaine répulsion, alors que Remus frappait ta table de son poing, en proie à un fou rire interminable.
Les autres garçons étaient transformés en divers personnages de foires, honteux, se dirigèrent à grands cris vers leur Tour, pour, sans doute, récupérer le peu de dignité qui leur restait. Il n'en restait pas.

Après un grand sermon de leur Directrice de Maison, qui ne pouvait malheureusement rien prouver, la joyeuse bande des Maraudeurs, accompagnés des filles, se dirigèrent avec allégresse vers leur Salle Commune, riant et criant comme des fous, pour participer à la petite fête improvisée organisée en leur honneur. Mais tout cela devait rester top secret, évidemment.
Et puis, il restait les asticots et les cafards...
Chapitre 26 - Vivre ses sentiments Non, vous y avez cru ? Je plaisantais... Rira bien qui rira la dernier

# Posté le dimanche 18 juin 2006 07:42

Modifié le samedi 23 décembre 2006 06:56

Chapitre 27 - Oh happy days...

Ceci est un chapitre de filles. Attention aux grillages de neurones =D

Les filles étaient folles. Elles se déplaçaient en bande, gloussant comme des poules, armées de magasines de mode et de maquillage.
Il fallait qu'un seul garçon passe à leur proximité pour se retrouver noyé parmi les cris hystériques et les conversations hautement intellectuelles comme « Et le vernis ?! Tu as oublié le vernis ! Oh mon Dieu ! »
Qu'est ce que c'était ridicule... Tout ça parce qu'il restait moins d'une semaine avant ce fameux bal. Pas la fin des haricots, quoi !
Sirius Black secoua la tête, et se retourna pour la quatrième fois sur son devoir de Potions. Il n'avait même pas su écrire le titre, tellement il était impossible de se concentrer. En face de lui, Lily et Betty étaient en proie à un délire sans fin, car Lily n'avait toujours pas de cavalier. Moi, je connais un foutu cavalier qui a toujours pas osé te demander, Lily...
Soupirant sans retenue, cette fois, il osa demander : « Les filles, vous n'avez pas envie de discuter plus tranquillement, que je puisse travailler ? » Le tout accompagné d'un sourire charmeur.
- Non mais dis donc ! Toi ! Va faire tes devoirs ailleurs ! Y'a une salle d'étude pour ça ! lança Betty, énervée face aux arguments pas crédibles de Lily.
- Bande d'harpies ! lança Sirius, en riant, pour s'éloigner un peu plus loin, à côté de Mark Nicolshon, un Septième Année, qui, tout comme lui, essayait de travailler.

- Laisse tomber, Betty. Je n'irai au bal avec personne !
- Mais pourquoi !? s'exclama Betty, prête à s'arracher les cheveux.
- Parce que. Fiche-moi la paix, tu m'énerves.
- De toutes façons... Je trouverai bien le moyen de te faire danser avec quelqu'un, toussota Betty, qui faisait tourner sa baguette entre ses doigts.
- Ca, ça m'étonnerait fort, Betty, sourit Lily, faussement inquiète.
- Mmh, tu verras, lança Betty avec un sourire énigmatique, s'enfonçant un peu plus dans son siège.


- Et alors ? Comment je lui demande ?
Remus était en train de faire les cent pas dans son dortoir, et James commençait à avoir le tournis à force de le regarder tourner en rond. Il se demanda vaguement si Remus était capable de creuser une tranchée rien qu'en marchant, avant de répondre.
- Comme ça : « Veux-tu m'accompagner au bal ? » en lui montrant galamment le bras.
Remus s'arrêta, stupéfait.
- T'es sur ? Et si elle refuse ? Il continua à tourner.
- Elle ne refusera pas ! s'exclama James. Tu te poses trop de questions, Lup'. Tu réfléchis trop.
- C'est pas pour rien que je suis le leader moral de la bande, sourit Remus, en se tordant les mains.


- Et toi, Betty, tu ne nous as toujours pas dit avec qui tu y allais ! s'exclama Tina qui avait rejoint ses deux amies dans la Salle Commune.
- Surprise ! Je vous le dirai en temps voulu ! Lena n'est pas avec toi ? demanda-t-elle, désireuse de changer de sujet.
- Ouais, esquive la question, Betty, rigola Lily. Tu n'en as tout simplement pas ! ricana-t-elle encore, sure d'elle.
- Bien sur que si ! En vérité, j'y vais avec Peter, dit-elle, malicieusement.
Christina et Lily se jetèrent un coup d'oeil, souriant.
- Tu mens, fit Tina, en secouant la tête.
- On ne peut rien te cacher, Watson ! plaisanta Betty. Bon, sérieusement, où est Lena ?



- Zen, soyons zen, chantonnait Lena en regardant derrière elle, sentant une présence importune la suivre. Elle tourna à gauche, et se plaqua contre la pierre froide, attendant de voir qui la filait.
- Bouh ! s'exclama Lena en rigolant nerveusement. Je t'ai fait peur !
- Je dois avouer que tu m'as saisie ! dit Remus en souriant, une main sur le coeur.
- Tu me suivais ? demanda Lena en reprenant son chemin.
Remus la regarda, étonné et gêné.
- En fait... oui.
Lena s'arrêta.
- Tu voulais t'exercer à la filature pour connaître mes habitudes, me téléphoner en prenant une voix de tueur en série et me demander la couleur de ma culotte ? demanda Lena, sérieuse.
- Hein ? s'exclama Remus en riant à moitié. D'où tu sors ces idées ?
- J'ai lu un thriller, que Betty m'a prêté, une fois. Mais réponds à ma question.
- Ce n'est pas vraiment l'endroit ni le moment, mais... Bon, très bien, je me lance. Je voulaistedemandersituvoulaisveniraubalavecmoi ?
- Uh ? Répète-moi ça un peu plus clairement et moins vite, s'il te plait, demanda Lena en fronçant les sourcils.
- Tu veux venir au bal avec moi ?
Elle cligna des yeux, deux fois de suite. Aussi brûlante qu'un feu de joie, elle articula un oui, et s'éloigna en vitesse de Remus, qui ne savait pas vraiment ce qu'il devait faire.


- Bonjour Miss Dimitriadis ! lança Hagrid, le garde-chasse. Vous n'avez pas trop froid ? Vous accepteriez un thé de ma part, bien au chaud dans ma cabane ?
- Oui, merci, Monsieur, dit Lena, lentement.
- Venez, suivez mes pas, il y a des tous dans la neige.

- Merci Monsieur, répéta Lena, en soufflant sur son énorme tasse pleine à ras bord de thé bouillant.
- Appelez-moi Hagrid, Miss, sourit ce dernier de toutes ses dents, heureux d'avoir de la compagnie un samedi après-midi d'hiver.
- Que faisiez-vous dans le Parc par un tel froid, Miss ? demanda Hagrid. Si ce n'est pas trop indiscret, évidemment ! précisa-t-il, un peu timide.
- Appelez-moi Lena, Mons.. Hagrid, sourit Lena, les yeux dans le vague.
- Même les plus téméraires ont renoncé à faire des batailles de boules de neige par un tel temps ! On dirait qu'un blizzard a frappé Poudlard ! Ca faisait longtemps que la saison n'avait pas été aussi glaciale, Miss, euh, Lena, raconta Hagrid.
- Oui, c'est vrai, articula Lena qui se brûlait la gorge en risquant une gorgée de thé.
Hagrid sourit gentiment et sortit une boite de biscuits, faits maison, précisa-t-il avec un clin d'oeil.
- Merci, fit Lena, sincère, même si elle avait risqué de se casser quelques dents sur un rocher au chocolat, qui était malheureusement aussi dur que de la pierre.
Elle écarquilla les yeux et faillit lâcher sa chope, à moitié pleine.
- Que se passe-t-il, Miss Lena ? demanda Hagrid, soucieux.
Lena déglutit, et murmura : « Je viens de réaliser que j'ai accepté une invitation au bal et que je me suis enfuie comme une voleuse... »
- Vous ne vouliez pas aller au bal avec ce - très sûrement, charmant jeune homme ? fit Hagrid, souriant comme un enfant.
- Si, bien sur que si, dit Lena, en souriant elle aussi.
- L'heureux élu serait-il Monsieur Lupin ? demanda le garde-chasse, brusquement rouge. Excusez-moi, je ne voulais pas être indiscret, articula-t-il, en se retournant.
- Comment le savez-vous ? s'exclama Lena, choquée et en même temps rose de plaisir.
- Disons que les murs ont des oreilles, Miss Lena, expliqua Hagrid. Mais si j'étais vous, je ne moisirais pas dans une vielle cabane en compagnie d'un vieux bouc comme moi, et j'irai rejoindre ce jeune homme avant qu'il ne pense que vous avez refusé son offre, sourit Hagrid, en regardant Lena avec bienveillance, tandis que cette dernière le remerciait encore, et promettait de revenir le voir très souvent, avant de courir en direction du Château qui abritait tant de vies, tant d'avenir...


- Tu aurais du l'embrasser, avant qu'elle ne s'enfuie, mon pauvre loup, dit Sirius avec une moue moqueuse.
- N'importe quoi ! s'exclama Remus, outré. Je ne m'appelle pas Sirius Black ! Et arrête de m'appeler ton loup !
- Et heureusement, fit James, désireux d'avoir d'autres détails. Que s'est-il passé, ensuite ? Tu l'as suivie et ça s'est passé comme dans les films ?
- Non. Remus le regardait avec étonnement. Je ne l'ai pas suivie. Comment ça se passe, dans les films ?
- Tu es resté planté là, comme un piquet ? demanda Peter qui engloutissait des tonnes de friandises.
- J'aurais pas du ? fit Remus, gêné.


- Ah, Lena, te voilà enfin, dit Lily. Tina s'interrogeait sur une question cruciale : « Des chaussures plates ou à talons ? »
- Je dirais plates. Tu es assez grande comme ça, et je pense que Sirius préfèrerait que tu ne sois pas bancale, comme fille.
- Disons talons de maximum deux centimètres, fit Betty, qui se demandait dans une partie reculée de son cerveau si elle n'était pas en train de parler chiffons par les plus grands des malheurs.
- C'est ça. Il faut que je trouve un sort pour les ajuster, donc, fit Tina. Les filles, vous venez avec moi ? Non, pas toi, Lena. Je pense que tu as quelqu'un avec qui parler, précisa-t-elle en désignant Remus du menton, qui s'avançait timidement. Ah, Lena, un conseil, évite de t'arracher les ongles, les garçons n'aiment pas les filles qui s'auto mutilent, murmura Tina avec un clin d'oeil complice.

- Qu'est ce qu'ils disent ?
- J'en sais rien, James ! Je ne lis pas sur les lèvres !
- Où est Peter ?
- J'en sais rien non plus ! Peut-être parti chercher un truc aux Cuisines. Il a toujours faim, celui-là ! Pas étonnant qu'il sache pas rentrer dans son costume !
- Chuut, déjà que j'entends rien, mais si en plus tu parles !
- Je pense qu'on devrait les laisser, murmura Sirius, grimaçant sous la cape d'invisibilité de James.
- T'es devenu pudique, tout d'un coup ? Qu'est ce qu'il se passe, Patmol ?
- Non, mais Remus est secret. Je ne pense pas qu'il apprécierait !
- Ok, allons-nous en, alors, chuchota James, se reculant doucement, faisant attention à ne bousculer personne.


- Allez, raconte nous les détails croustillants ! s'exclama Tina, hystérique.
- Fausses soeurs ! Vous êtes nulles de vous être tirées, comme ça ! fit Lena, faussement fâchée, un grand sourire scotché aux lèvres et les yeux pétillants.
En voyant que ses amies attendaient plus ou moins patiemment, elle expliqua : « Il m'a juste invitée au bal, tout à l'heure. Je lui ai répondu oui, mais je n'étais pas sure qu'il ait bien entendu alors je lui ai répété. »
- Et alors ? demanda Tina, avide.
- Bah c'est tout, dit Lena, en écartant les bras.
- Tu devrais écrire la rubrique potins du journal de Poudlard, Tina, plaisanta Lily.
- On dirait une vraie concierge ! termina Betty en éclatant de rire devant la mine vexée de son amie.
- Tiens, Lily, finalement, pour le bal... Tout le monde dansera avec tout le monde... Désolée si ça te brise le coeur, mais tu devras partager ton choupinou d'amooour avec moi! minauda Tina, se vengeant mesquinement, avec humour.
- C'est pas vrai ! s'étouffa Lily. Je vais vomir. Et elle joignit le geste à la parole.




Betty sourit en secouant la tête. Elle remit sa lettre dans son enveloppe et la rangea dans son sac.
- Quelque chose de drôle ? demanda Lena, qui rédigeait elle aussi une lettre.
- C'est juste que mon cousin, Boone, a passé ses examens de décembre avec brio. Il me raconte tous ses résultats et me dit aussi qu'il est triste que je ne puisse pas venir chez lui pendant les vacances. Sa petite soeur, Katherine, exige de me voir... Mais bon, peut-être que j'irai les voir la deuxième semaine. Vous restez aussi, après le Bal ?
- Non, j'ai décidé d'aller chez mes parents, dit Lily. Ils me manquent... Elle renifla, ayant attrapé un début de grippe. Et vous ? demanda-t-elle en désignant Christina et Lena.
- On va tous se réunir dans le manoir de mes grands-parents, avec la famille, et tout ça, au Pays de Galles, expliqua Tina.
- Tandis que moi... Mes parents ont loué un chalet, en Suisse. On va y rester cinq jours. Il y aura aussi beaucoup de personnes de la famille, fit Lena, qui cacheta sa lettre, finie.
- Dites, les filles. Vous vous rendez compte qu'il reste deux jours avant le bal ? On devrait peut-être commencer à se préparer ? fit Tina, en souriant. Non, je plaisantais, précisa-t-elle devant les regards étonnés de ses amies.
- Je monte à la volière, dit Lena. Quelqu'un m'accompagne ?


- Tu es sure que ça va, Lena ? demanda Lily, qui essayait de suivre son amie qui courrait presque jusqu'à la volière.
- Oui, super. Et toi ? demanda Lena qui n'était pas le moins du monde essoufflée.
- Je vais bien... Mais je dois t'avouer que je m'inquiète pour toi...
Lena s'arrêta, d'un bloc, laissant Lily revenir à sa hauteur.
- Tu t'inquiètes trop, Lily. Inspire par le nez et souffle par la bouche. Tu me fais penser à un phoque à souffler comme un saint-bernard asmathique !
- Je te signale que j'ai la grippe ! s'exclama Lily qui avait le nez encombré. Je vais aller immédiatement à l'infirmerie après que tu aies posté ta lettre. Tu l'envoies à qui, au juste ?
- Tu ne connais pas. Je voulais juste m'assurer de quelque chose à propos McIntosh, souffla-t-elle doucement à l'oreille de Lily, qui acquiesça, sans poser plus de questions, car il y avait foule à la volière.


- James ? Qu'est ce que tu lis ? demanda Sirius qui sortait de la salle de bains, les cheveux trempés.
- Oh... Rien, dit précipitamment James qui cacha le livre, sans ciller.
- Eh ! Mais tu me caches des choses ? s'exclama son meilleur ami, qui avait déjà saisi le livre de James.
- Rends le moi ! s'exclama ce dernier, visiblement énervé.
- Tiens. Te fâche pas, dit Sirius qui affichait un sourire démoniaque, en lui rendant son bouquin, non sans avoir lu le titre : « Comment se faire aimer, en dix leçons. »
- Mon pauvre vieux, continua Sirius. Tu sais aussi bien que moi que Lily ne ressent pas le moindre sentiment amoureux pour toi. Et ce n'est pas en lisant ce livre stupide (tu t'es fait arnaquer, en plus), qu'elle va t'aimer. Elle te prenait pour un crétin arrogant qui ne voyait qu'en elle un défi.
- Pourquoi tu parles au passé ? s'exclama James, avide de savoir.
- Parce que maintenant vous êtes juste amis. C'est pas tout ça mais je dois aller voir McGonagall, elle m'a convoquée.
- En quel honneur ? fit James, amusé.
- Peut-être parce j'ai fait brûler sa fougère ? Ou bien parce que Rogue se comporte comme une licorne depuis ce matin ? Il laissa échapper un petit rire. A tout à l'heure. Ou peut-être pas !


Remus soupira. Il avait déjà terminé ses devoirs. Depuis trois jours, en fait. Il les avait fait avec soin, comme d'habitude, et y avait mis de l'énergie.
Il pensait en avoir terminé avec le travail, pour les vacances, au moins, quand la voix gémissante de Peter retentit pour la cinquantième fois - au moins, à ses oreilles douloureuses. Tout son corps était douloureux, en fait. La pleine lune était il y a deux jours.
- Remus, je n'ai toujours pas compris cette propriété en potions...
Le dudit Remus se massa les tempes, et calmement, pour la cinquantième fois, il reprit son explication, avec patience, dans l'espoir secret de voir le visage de Peter s'éclairer de compréhension.
Ce qui ne fut toujours pas le cas.





L'effervescence était à son comble. C'était le grand soir, la veille du réveillon de Noël. Les couples étaient surexcités, et les célibataires (mais plus pour longtemps, à leur avis) l'étaient encore plus.
Seule la bande des Maraudeurs restait stoïque. Ils n'avaient pas de cavalière à proprement parler, seul Remus y allait officiellement avec Lena. Mais ce n'était pas comme si ils n'allaient pas échanger de cavalière à tout bout de champ.
Cette soirée s'annonçait merveilleuse.

- Dites « cheeese » ! s'exclama Sirius en actionnant l'appareil photo avec le minuteur. Il se plaça entre Peter et Tina et fit un grand sourire de banane.
- Bon, c'est pas bientôt fini ? s'impatientait Peter. Ca fait plus d'une heure qu'on est en train de poser pour les photos.
- C'est la dernière ! s'exclama Lily. Un, deux, trois, le petit oiseau va sortir !
« Cheeeese ! » hurlèrent les adolescents.


La fête avait déjà commencé depuis une heure. Un groupe que Lily ne connaissait pas jouait merveilleusement bien. Ils avaient l'air de connaître tous les styles musicaux, car d'une chanson à l'autre, ils enchaînaient reggae, tango, rock et salsa.
Il y avait de l'ambiance. Hagrid dansait avec McGonagall sur un air de tango, prenant toute la place sur la piste, les élèves reculant de peur de se faire écraser. Dumbledore tapait dans ses mains, avec un enthousiasme non feint, comme si seul le fait de voir tous ses élèves réunis devant lui, l'air comblé, faisait de lui l'homme le plus heureux de la terre.
Un jeune homme, un peu plus âgé que Lily, serra Betty dans ses bras et l'emmena sur la piste de danse, en marquant le rythme, sous les éclats de rire et les discussions des autres.
Avant d'avoir pu poser une question, Lily se fit entraîner par Sirius, Tina et James, laissant Remus et Lena seuls, à l'entrée, qui se lançaient des coups d'oeils timides.

Après avoir dansé pendant une demi-heure sans s'arrêter, le cavalier mystérieux de Betty partit chercher des boissons. Lily, qui cherchait un échappatoire depuis quarante-cinq minutes, se faufila jusqu'à elle, prête à l'assaillir de questions.
- Allons au buffet rejoindre Lena et Remus, fit Betty en la prenant par la main.
- Mais...
Lily consentit à la suivre, se tordant la cheville de temps à autre, avec ses affreuses chaussures à talons, se tortillant dans sa robe, beaucoup trop près du corps à son goût.
- C'est qui, ton cavalier ? demanda Lily, avant de se ruer sur le buffet qui renfermait des mets plus que délicieux.
- Tu ne l'as pas reconnu ? C'est Tom ! s'exclama Betty, qui avait un air plus qu'imbécile à sourire comme ça.
- Tiens, où sont nos deux tourtereaux ? demanda Lily, après avoir difficilement avalé tout ce que contenait son assiette.
- Là-bas ! Regarde-les ! Dégaine ton appareil photo, Lily !
FLASH !
- Hihi, on les a eus !

- Qu'est ce que vous faites, les filles ? demanda Sirius, qui donnait des coups de coudes à tout le monde, tellement il était impossible d'avancer vers le buffet, où la Bierreaubeurre coulait à flots.
Tina, Peter et James le suivaient.
- On prend des photos ! Regarde ! J'ai pris Dumbledore avec Chourave !
- A mon tour de prendre des photos, Lil's ! Allez, sur la piste ! s'exclama James en la poussant gentiment vers l'avant.



Le réveil de Lily indiquait quatre heures cinquante trois du matin. Les filles riaient comme des sottes, silencieusement. Enfin, elles essayaient. Disons juste qu'elles avaient abusé de Whisky-Pur-Feu...
Cette soirée était... magnifique. Merveilleuse. Indescriptible.
Lily n'avait jamais ressenti autant de bonheur. Elle souriait depuis des heures, comme un enfant, l'avait fait remarquer Remus. Elle en avait même mal à la mâchoire, à force.
Christina était heureuse. Simplement et irrésistiblement heureuse. Seul l'instant présent comptait. Elle était sur son petit nuage.
Betty... Betty était assise sur son lit, les joues rouges, les lèvres gonflées, un grand sourire étalé sur son visage resplendissant de bien-être. Ses yeux étaient légèrement vitreux, mais le coeur y était.
Et Lena... Lena avait des papillons dans le bidon. Elle s'étira, joyeuse. Son visage semblait lavé de tous ses soucis, ses craintes, ses peurs. Elle irradiait de bonheur. Heureuse, amoureuse...
C'est le baume au coeur qu'elles s'endormirent vers cinq heures, épuisées.


Photo : Christina DiRocci
En fait, c'est Nathalie Portman
Chapitre 27 - Oh happy days...

# Posté le dimanche 25 juin 2006 11:35

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:26

Chapitre 28 - Choses étranges

- Tchan !
- A tes souhaits !
- Merci, Sirius, marmonna Betty. J'ai attrapé un foutu rhume !
- Attention ! s'exclama ce dernier. Tu vas tomber ! Aïe ! Ca va ?
- Super, Sirius. Tu peux m'aider à me relever, dis ? demanda Lily qui s'était malencontreusement écrasée face contre neige.
- On ferait bien de s'accrocher les uns aux autres, dit Remus qui se frottait les mains sur son pantalon, après avoir vu Peter déraper sur une plaque de verglas.
- Héhé, ricana James, quand Peter tomba lourdement sur ses fesses.
- Eh, marmonna se dernier en se relevant. Qui c'est l'imbécile qui m'a mis de la neige dans la nuque ! Je vais attraper une pneumonie !
- T'inquiètes, Peter, sourit Tina qui lui lança un sort réchauffant.

- Bon, les gosses, je vais aux Cuisines, j'ai une faim de loup, s'exclama James alors que son ventre grognait plutôt fortement. Si tu m'excuses l'expression, Remi.
- Pas de problème, Bambi, ricana Remus.
- Attends, gros goinfre, fit Tina. J'ai développé les photos, pendant les vacances, viens plutôt voir.

- Je vous dérange pas ? demanda Lena qui s'était approchée doucement du groupe qui comatait plus ou moins bruyamment, deux heures plus tard.
- Non, non, chuchota James qui étouffait un bâillement. Qu'est ce qu'il y a ?
- Réveille les autres, dit Lena qui regardait Peter ronfler comme un hippopotame, filet de bave inclus.
- Sirius, Peter, Remus ! Venez vite ! Les objets de vos fantasmes se promènent toutes nues dans la Salle Commune !
- Hein, quoi ? s'exclama Sirius avec une ébauche de sourire avantageux sur le visage, tandis que Peter s'était écrasé avec fracas hors de son fauteuil et que Remus regardait James d'un air amusé, sous les rires des autres filles.
- Il faut que je vous parle de quelque chose, commença Lena.
- Assieds toi, petite, fit James qui remarquait qu'elle se tordait les mains d'un air ennuyé, en tapotant le siège juste à côté du sien.
- Pas la peine d'essayer de me complexer avec ton mètre quatre-vingts, Jamesie, lança Lena. Bien, fit-elle. Avant les vacances, j'ai envoyé une lettre... C'était à propos de McIntosh. En vérité... ce garçon, Donald, nous pensions que c'était une fille qui s'était réveillée de la mort, et au final c'était un garçon... Il est venu à Poudlard qu'en deuxième année. Il est venu ici, comme ça. Et sous un faux nom. En septembre.
- Deux minutes, Columbo, s'exclama Betty. D'où tu tires ces infos ?
- D'un ami d'un cousin à mon neveu qui travaille au Ministère de la Magie Française...
- Il s'appelle comment, McIntosh, en vrai ? demanda Sirius.
- C'est étrange que tu poses une question censée, Siri, se moqua James.
- On ne connaît pas son prénom. Tout ce qu'on sait, c'est que ce garçon vient d'une famille supposée riche. Les... j'arrive pas à lire, en fait.
- Montre, pour voir, demanda Remus en souriant.
- Tiens.
Remus prit la missive, fronça les sourcils à la lecture du contenu, prit sa baguette, chuchota quelques mots, secoua la tête et rendit la lettre à son amie.
- A mon avis, on a caché cette information expressément, expliqua-t-il.
- Notre Seigneur ! s'exclama exagérément Sirius, les traits tordus, un complot !
- T'es trop comique, Black, murmura Tina en secouant la tête.
- Passez-moi ça, fit Lily qui pour une raison inconnue était nerveuse. Elle tapait furieusement du pied sur le sol. Ouais, t'as raison, Remus, dit-elle après avoir essayé une série de sorts. Impossible à lire. Désolée, Lena. L'affaire est classée.
- Bon, je vais me promener. Toute seule, précisa-t-elle tandis que Betty ouvrait la bouche pour l'accompagner.

- Et sinon, les autres infos de cette lettre, ça dit quoi ? demanda James.
- Rien du tout, répondit Peter qui avait examiné la lettre. Rien concernant le nom, du moins. Sinon, ils disent comme quoi il a été malade pendant un temps, sans aucun détail.
- La chose est étrange, marmonna Betty. Vous êtes surs que tout le mot est illisible ?
Peter acquiesça.
- Si on allait faire des recherches à la bibliothèque ? Non, oubliez ce que je viens de dire. Je crois que Betty m'a refilé son rhume, sourit James.
- Bon, qu'est ce qu'on fait ? demanda Remus qui baillait allègrement.

- Tu penses que c'est important, cette histoire, ou qu'on s'embête tellement qu'on ne peut pas s'empêcher de faire fonctionner notre imagination ? chuchota Lena à l'oreille de Remus.
- Je penche plutôt pour l'option numéro deux. C'est pas comme si on pouvait continuer à y penser, de toutes façons, avec le nouveau trimestre qui débute après-demain.

- Dis, tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose qui cloque, euh, pardon, cloche, entre Remus et Lena ? demanda Tina en se servant un verre de jus de citrouille.
- Pourquoi ? Qu'est ce qui cloche, d'après toi ? fit Betty qui mâchonnait distraitement une cuisse de poulet.
- J'sais pas. Je me suis mal exprimée. Qui cloche, dans le sens où c'est pas comme d'habitude. Il a l'air plus... cool. Disons, détendu. Dans sa façon de parler. Puis, même, les petits rougissements, les bafouillages, les bégayements, c'est fini. Tu trouves pas ?
- Non, pas vraiment. J'en sais rien, Non, mais sérieusement, laisse les vivre tranquillement. Ils n'ont besoin de personne pour se mettre ensemble. Il manquerait plus qu'ils nous refassent une petite tragédie Shakespearienne, comme la dernière fois, hein ? sourit tristement Betty.
- Et toi, ça va, Betty ? T'as pas l'air dans ton assiette.
Christina s'approcha un peu de Betty en fronçant les sourcils, un peu inquiète.
- Ouais, t'inquiètes. Un rhume.
- Ca a été, les vacances ? demanda Tina qui avait posé sa main sur le bras de son amie, en signe d'affection.
- Bah, tu sais... J'suis rentrée à la maison, chez mes parents. Rien de bien trépidant, comme tu t'en doutes. Betty émit un petit rire ironique.

- Atchoum ! Décidément ! s'exclama Lena en s'asseyant à côté de Betty, à table. Ah, Lily n'est pas rentrée ? Je pensais que je la trouverais ici, mais non.
- Tu l'imagines comment, ta vie, après Poudlard ? demanda Sirius à Tina en lui passant le plat de pommes de terres à la provençale.
- Pas terrible. Je me vois assez bien en vieille fille, un peu folle, seule, vivant dans un grand château désert, avec une colonie de chats puants. A moins de me faire tuer avant.
- Tu as une vision de ta vie future assez pessimiste, Tina, dit Sirius qui mangeait une énorme part de tartiflette.
- Je suis réaliste, je crois.
- Plutôt sarcastique, si tu veux mon avis, dit Sirius avec un joli sourire.
- Je le prends comme un compliment, donc, merci, fit Tina en souriant elle aussi.
- Excusez-moi d'interrompre vos rêveries, mais il faut qu'on retourne travailler en haut, s'exclama Peter, qui, au grand étonnement de tous, se levait le premier de table.
- Qu'est ce qu'il t'arrive, Pete ? T'as passé de mauvaises vacances ? interrogea James.
- Oui, euh, non, enfin, des vacances tranquilles, avec ma mère, bafouilla-t-il en essayant de cacher son dégoût.
- J'ai comme l'impression que peu de monde apprécie les vacances familiales, ici, marmonna Sirius en voyant Lily monter les escaliers vers leur Salle Commune sans même manger de dessert.

- Sirius, viens, on va faire un tour, histoire d'évacuer la tension. Tu vas un peu m'expliquer ce qui se passe, aujourd'hui. Ca commence à me courir sur le haricot, de les voir presque tous aussi tristes et bizarres ! s'exclama James en le traînant dehors, dans le froid.
- De quoi tu parles, avec tes haricots ?

Lena fixa le bout de ses chaussures, gênée.
- Qu'est ce qu'on fait ? demanda-t-elle, en suivant des yeux les traces des dalles sur le sol, dans le couloir. Elle était redevenue aussi timide que quand elle avait six ans. Crétine.
- On... pourrait peut-être aller à la tour d'Astronomie ? Pour... que je puisse enfin me retrouver seul avec toi ?... regarder le ciel ? J'ai rencontré un Centaure, une fois. Depuis, j'ai un peu la passion du ciel. Hors astre lunaire, évidemment. Ferme-là. Tais-toi, cerveau. Chuuut. Bien. Reprends-tes esprits. Regarde-là autrement que maintenant, c'est-à-dire yeux exorbités et filet de bave... Souris. Voilà, respiiire.
- Okay, murmura Lena en pouffant un peu, les joues roses.
Pas très causante sur ce coup-là, coco. Imagine que vous ne trouviez rien à dire. Ca va être cool, pour la petite promenade romantique, sous le ciel mentholé. Etoilé, je voulais dire. Tais-toi cerveau... Elle va finir par croire que tu penses à autre chose. Dis un truc drôle, pour détendre la stratosphère. Atmosphère. Elle est gênée. Elle va finir par se casser la bobine si elle continue à regarder ses chaussures. Allez, détends-là. Reprends du poil de la bête, Remus. Enfin, pas trop, ça risque de devenir dangereux. Fais ton ébauche de sourire avantageux. Lààà. Elle te regarde, ça y'est.
- Remus, ça va ? Tu as l'air dans la lune. Enfin, je voulais dire... dans les nuages. Désolée, rougit (encore !) Lena.
- Je pensais à... quelque chose.
- Ah.
Mais pourquoi elle a l'air déconfite, maintenant... Rooh, les filles. Pourquoi il a fallu que tu tombes amoureux, crétin des montagnes ? C'est vachement compliqué, l'amour. Bon, d'accord, ça fait comme des bulles de champagne dans le ventre, ça chatouille, c'est rigolo, tout ça, mais tu te serais épargné plein d'emmerdes si t'étais pas tombé amoureux. A la limite si tu t'étais dégotté une simple fille, invisible aux yeux de tous, tu te serais pas pris la tête, mais là, évidemment, il a fallu que tu tombes sur cette Lena Dimitriadis. La prochaine fois, tu ferais bien de... tais-toi, cerveau !
- Hein ? Remus... Tu parles tout seul ? demanda Lena en souriant très joliment.
- Disons que je suis adepte des dialogues mentaux, de temps en temps. Ca m'arrive de converser tout seul, au plus profond de mon être et même que parfois... On est arrivés.
Remus poussa la lourde porte en chêne et laissa passer Lena, comme il avait lu dans le livre qu'il avait pris (volé) dans la commode de James. « Comment se faire aimer en dix leçons... » Nooon, tu ne t'es quand même pas abaissé à lire une idiotie pareille, Remus ! Eh si...
- C'est très joli, ici, commenta Lena en chuchotant, avec la voix devenue un peu grave et rocailleuse sur le coup.
Très sexy cette affaire là, mon gros, parla une nouvelle fois le cerveau de Remus, tandis que Lena se grattait inaudiblement la gorge. Tu ferais bien de l'embrasser, avant qu'elle ne se mette à pleurer tellement la situation est désolante. Si c'est pas malheureux, mon vieux, ça fait des mois que vous vous tournez autour, et t'as même pas pris la peine d'échafauder un plan pour la conquérir comme James ou Sirius auraient fait, même qu'ils t'ont glissé un mot à ce propos, mais t'avais tellement d'idées que tu les as même pas écoutés, pas vrai... Allez, dis un truc intelligent, ouvre la bouche...
- Oui, c'est vrai. Je venais me recueillir ici, de temps en temps. Ca me fait plaisir de montrer mon petit patrimoine secret à quelqu'un à qui je tiens beaucoup, au delà des limites possibles et que j'ai une furieuse envie d'embrasser, là, tout de suite... Tu ferais bien de parler à voix haute, Remus, s'auto-menaça la conscience dévergondée du jeune garçon.
- Glrbbrg, crachota Remus, après avoir gardé la bouche grande ouverte sans qu'un seul son n'en sorte.
- Ca va ?
- Très bien, marmonna Remus. Je pense qu'on devrait s'asseoir juste en dessous de la fenêtre, ça fait déjà quelques minutes qu'on reste plantés là comme des pantins rouillés.
- Oui, dit Lena en s'exécutant, tandis que la volonté mentale de Remus réussit à soulever son bras pour le poser sur l'épaule de cette dernière.
- Fait froid, marmonna-t-il pour expliquer son geste.
- Kof, kof, toussa Lena pour dissiper le malaise du silence. Elle était horriblement mal posée sur le sol glacé. Elle pensait à tous ces livres horriblement pralines que Lily avait piqué une fois à Pétunia. Elle était l'héroïne de ce genre d'histoire merdique. Là, tout de suite. D'ailleurs le seul livre que Lily ait emprunté à sa midinette de s½ur a fini dans la poussière en dessous de son lit.
- Pourquoi tu m'as emmenée ici ? demanda-t-elle en se demandant si Remus était toujours en train de débattre avec son cerveau. Comme elle.
- Je sais pas. Sur le coup, je me disais que ça te plairait peut-être. Mais j'ai comme l'impression d'être dans un rôle et que dans moins d'une seconde il va se passer un truc trop fou, genre je vais te faire apparaître des fleurs et on va s'acheter une maison en Espagne pour pouvoir y habiter pendant les grandes vacances... D'accord, j'arrête de délirer. On ferait peut-être bien de descendre.
- Les autres sont sûrement en train de s'imaginer des scénarios les plus dingues les uns que les autres. Genre on a été kidnappés par des extra-terrestres ou on est en train de flirter allégrement, au choix. Je pencherais plutôt pour les extra-terrestres, si tu veux mon avis, essaya de se rattraper Lena en se demandant vaguement si une de ses soi-disant amies n'avait pas glissé un philtre de folie dans son verre de jus de citrouille.
- Je pense qu'une nuit de sommeil nous fera le plus grand bien. Et un interrogatoire s'impose. Est ce que nos prétendus amis n'auraient pas infiltré quelque potion douteuse dans notre nourriture ? Parce que je me demande sincèrement si je ne suis pas en train de tourner aliéné. Pas toi ? En plus je parle trop bizarrement.
- Je trouve aussi. Sus aux traîtres !


Le lendemain, après s'être mutuellement rassurés de ne s'être jamais empoissonnés, la joyeuse bande respira enfin et les divagations mentales cessèrent. Peter, Lily et Tina, ainsi que Sirius et James essayaient de finir leurs devoirs pour la rentrée.

Remus et Lena se dirigeaient vers la Bibliothèque, pour rejoindre leurs amis, en bavardant de tout et de rien. Lena marchait tranquillement. Soudain, elle glissa en avant et fit un vol plané d'au moins trois mètres. Sonnée, elle essaya de se relever pour s'apercevoir qu'une douleur immense lui cuisait la jambe droite entière et les côtes.
- Ca va ? s'exclama Remus en accourant vers elle, choqué de la tournure des évènements qui s'étaient déroulés si vite.
Lena laissa échapper un petit rire ironique.
- Je me suis sûrement brisé une côte et une rotule dans l'aventure, mais je tiens le coup. Elle se releva lentement et difficilement avec l'aide de Remus dont le teint était devenu blafard.
- C'est bien ma veine ! s'exclama à nouveau Lena. Glisser sans raison ! On aura tout vu. Ah, ben si. Mes lacets. Pourtant j'aurais juré les voir correctement attachés il y a trois secondes. Que s'est-il passé ?
- Je n'en ai aucune idée, murmura-t-il quand ils entendirent des petits rires. Ils se regardèrent, et Remus lui chuchota : « Je pense qu'on devrait aller à l'infirmerie. Je vais te faire une atèle. »

- Ma pauvre enfant, décidément, les malheurs ne vous épargnent pas ! s'exclama l'infirmière. A croire que vous le faites exprès, bande de casses-cou.
- Vous devez passer la nuit à l'infirmerie, reprit-elle après avoir examiné Lena. Je suis désolée, Miss, mais je préfère vous garder ici en sécurité que vous laisser gambader dehors que vous vous cassiez quelques chose en plus. Quel était l'objet de votre chute, déjà ?
- Je ne vous l'ai pas dit, Madame, dit Lena, tandis que Remus lui fit les gros yeux. C'était juste... une flaque d'eau un peu givrée.
- Ce qui laisse penser que vous avez l'ossature fragile, Lena. Buvez-vous beaucoup de boissons lactées ?

- Des gens qui riaient ? Rires de filles ou de garçons ? demanda Lily qui examinait un livre d'un oeil noir.
- Je ne sais pas, fit Remus. Peut-être les deux ?
- Mais qui en voudrait à Lena personnellement ? chuchota James qui fit tomber une livre sur la tête de Peter. Excuse, vieux.
Ils discutaient entre les rayons de la Bibliothèque.
- Activez un peu vos neurones, les mecs, fit Betty. Réfléchissez. Lena, Remus, ça ne vous dit rien ? Un futur couple marié, mais à part ça ? Deux jeunes gens merveilleux qui suscitent un gros paquet de jalousies ! Donc... A votre avis ?
Remus toussa dans sa main, soudainement rouge brique.
- Quelqu'un qui envierait notre popularité ? finit-il par demander.
- Oh oh, s'exclama Sirius qui baissa aussitôt la voix. Evidemment. Les idiotes de ton Association de Groupies !
- Pardon ? s'exclama Remus, horrifié, qui essayait de ne pas s'intéresser à cette conversation hallucinante.
- Mais enfin, Remus. Ne sois pas aveugle et stupide ! Tu vas essayer de me faire croire que tu n'as jamais remarqué toutes ces filles qui te courent après !? Tu as un fan club, bon sang ! Tu aurais du voir le nombre de filles qui nous ont harcelé, James et moi, pour qu'on aille te parler d'elles ! Et avant le bal ! C'était l'anarchie ! Elles se faisaient la guerre pour tes beaux yeux dorés ! s'exclama doucement Sirius.
- Ah bon. Ce fut tout ce que Remus réussit à articuler.
- Mais qui ? demanda James.
- Telle est la question, répondit Tina.

Lena lisait et relisait la lettre qu'elle avait reçu hier matin. Elle s'embêtait, dans son lit. Ca faisait à peine dix minutes que ses amis étaient partis, lui ayant apporté ses affaires pour demain. Elle griffonnait distraitement sur un parchemin et entendit un craquement. Elle sursauta légèrement, et sa respiration s'accéléra.
Du calme, vieille, essaya-t-elle de s'apaiser mentalement. Ce n'est rien. Pauvre paranoïaque que tu es. Une branche qui a cassé ou le parquet qui grince tout seul. Il n'y a personne... Quand la lumière s'éteignit. Elle plissa les yeux pour les habituer à la pénombre et s'empara vivement de sa baguette qui était restée sur sa table de chevet. Hello ? Y'a quelqu'un ?
Apercevant une forme, elle murmura Lumos ! et se détendit en voyant Mrs Pomfresh allumer la lumière. Elle s'afférait visiblement autour d'un nouveau venu... McIntosh.


Photo : Peter Pettigrow
Chapitre 28 - Choses étranges

# Posté le samedi 01 juillet 2006 09:18

Modifié le samedi 07 juillet 2007 03:26

Chapitre 29 - Curieux comportement

- Il était comme agité de spasmes. Il hoquetait, et son oeil gauche tremblait violemment. Il avait de l'écume aux lèvres et donnait des coups avec sa jambe droite, dans le vide. Il balançait sa tête d'avant en arrière, comme un fou, vous savez, et il murmurait des trucs inaudibles. Il chantonnait, si on va par là. Après, quand Mrs Pomfresh est partie à toute vitesse vers sa réserve spéciale, il s'est mis à tousser dangereusement, il a viré violet, puis il s'est calmé d'un coup.
- Waouh, s'exclama Betty.
Elles étaient au cours de Sortilèges, où elles pouvaient bavarder aisément, tant qu'il y avait des travaux pratiques. Lena était revenue de l'infirmerie le matin même et s'était empressée de raconter ce qu'elle avait vu à ses amies.
- Et après ? demanda avidement Lily, qui s'exerçait en même temps au Sortilège Lévitation Avancée.
- Après, l'infirmière a fermé les rideaux, et je n'ai rien entendu d'autre que le silence complet. J'ai fini par m'endormir, termina Lena.
- Ca m'énerve de ne pas savoir qui est ce garçon, fit Tina. Tu devrais peut-être réécrire une lettre à ton correspondant français qui travaille au Ministère.
- Oui, je crois que je vais le faire, répondit Lena, tandis que Lily gagnait des points pour sa maîtrise parfaite du Sortilège.

Après avoir raconté l'anecdote aux garçons qui étaient restés au fond de la classe en Sortilèges, ils se séparèrent pour aller vers leurs différents choix de sections.
Ainsi, Betty, James, Sirius, et Peter se dirigèrent vers la Cabane de Hagrid, à la lisière de la Forêt Interdite, où le Professeur Gobe-Planche donnait ses cours, avec, la plupart du temps, un coup de main de la part de Hagrid.
- Aujourd'hui, annonça Mrs Gobe-Planche, nous allons examiner les Botrucs. Je sais, je sais, tenta-t-elle de se défendre, nous avons déjà vu cette espèce l'année passée. Mais ils sont malades. Vous devrez donc essayer de les soigner.
- Mais, protesta un Serdaigle, Brendon Corner, comment pourrions-nous savoir comment les soigner ?
- Vous avez un Manuel, pour ça, jeune homme ! s'exclama le Professeur.
- Pas très fute fute, ce gars, marmonna Betty.
- Vous vérifierez si nous les avons bien soignés, et en fonction du résultat, vous nous coterez ? demanda une Pouffsouffle que Betty ne connaissait pas.
Elle eut une exclamation furieuse. Idiote ! Je déteste ces gens qui font passer les points avant le bien-être du sujet !
- Ca va, Betty ? demanda James qui avait remarqué le changement d'humeur de la jeune fille.
- Mouais, grogna cette dernière avec mauvaise foi. Tu sais qui est cette pouffe ?
- Euh, la fille de Pouffsouffle ? interrogea James en se demandant s'il y avait eu jeu de mot. C'est Bertha Rondon...
- Je vois, coupa Betty. Merci bien, dit-elle avec une politesse feinte, tandis que James se groupait avec Sirius et Peter pour soigner le Botruc que le Professeur leur avait assigné. Il était dans un sale état, le pauvre. On aurait dit qu'il avait été écorché au couteau et qu'on avait essayé de lui arracher son écorce. Machinalement, il regarda dans son Manuel ce qu'on pouvait faire avec de l'écorce de Botruc, et ce qu'il lu lui arracha un hoquet.
« On peut concocter une potion avec de l'écorce de Botruc pour apaiser les crises graves, comme celles d'épilepsie. Pour plus de détails, veuillez vous référenciez au Manuel de Potions avancé pour les Septièmes Années. »
Il fut interrompu dans sa lecture par Betty qui parlait d'une voix forte. Elle était en train de crier sur la fille de Pouffsouffle, Bertha Rondon, avec qui elle s'était mise.
- Non mais ça va pas, la tête ! Tu peux m'expliquer pourquoi t'es en train d'étrangler cette bestiole ! Ouais, c'est ça, jette-la au sol ! T'occupes surtout pas de lui briser la colonne en même temps ! Comme si elle était pas encore assez mal en point ! Donne-moi ça ! Tu penses vraiment que tu vas réussir à la soigner en étant aussi brute que ça ? Pauvre imbécile !
- Que se passe-t-il, ici ? interrompit Hagrid après avoir jeté un coup d'oeil au Professeur Gobe-Planche qui était occupée ailleurs.
La fille qui se faisait engueuler par Betty éclata d'un rire ultra nerveux.
- Rien, Monsieur, Betty m'expliquait juste comment m'occuper correctement de ce... truc.
- Ce Botruc, Miss Rondon, lui dit gentiment Hagrid. Veuillez reprendre vos soins, maintenant, et en silence, s'il vous plait. Il partit s'éloigner vers un autre groupe qui avait besoin d'aide.

Au déjeuner, Peter était en train de raconter aux filles le comportement étrange de Betty quand celle-ci apparut, folle de rage. Elle s'écrasa sur sa chaise, les yeux lançant des éclairs.
- Quoi? aboya-t-elle devant le regard interrogateur de Sirius. Elle posa le pichet de jus de citrouille tellement violemment qu'il explosa en mille morceaux, faisant un brouhaha immense dans toute la salle.
- Saloperie! s'exclama telle encore plus furieuse. Reparo, grommela-t-elle en sortant sa baguette.
- Betty, il y a quelque chose qui te contrarie? demanda gentiment Sirius qui lui tendit le plat de pommes de terre au four.
Elle inspira fort, relâcha lentement sa respiration et s'excusa, avant de sortir de table en courant à moitié.
- Euh, vous pensez qu'on doit aller lui parler? demanda innocemment Lily qui s'apprêtait à sortir de table.
- Non, laisse la, qu'elle se calme un peu, répondit sagement Sirius, devant le silence des autres.

Betty n'était toujours pas réapparue. Elle avait manqué son double cours d'Arithmancie de l'après-midi et l'heure de Métamorphose.
Il faisait presque nuit, maintenant, quoi qu'il était à peine vingt heures. Lily arpentait nerveusement son dortoir, tandis que Lena et Tina la regardaient avec lassitude.
- Lily, arrête de tourner, tu me donnes le mal de mer, lui dit Tina. Pourquoi tu t'agites, comme ça ? Elle va revenir, Betty, c'est une grande fille, elle a seize ans.
Lily s'arrêta de tourner et s'assit docilement sur son lit, non sans donner des coups de pied plus qu'agaçants sur le sol.
- Je sais tout ça, mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter.
- Si tu nous racontais comment se sont passées tes vacances ? demanda Lena, consciente de toucher une corde sensible, pour changer de sujet.
- Pétunia... Elle m'a mené la vie dure, pour changer ! Son horrible gars était de la partie. Quel porc lubrique, ce mec ! J'ai vraiment cru que j'allais péter une durite ! Le nombre de fois où j'ai failli lui lancer un sort pour de vrai... Je les comptais plus !
- Lily, fit Tina en lui tapotant le bras, n'étant pas habituée à l'entendre jurer, ni la voir perdre son self-control, on est désolées. La prochaine fois, rudoies-la toi aussi, pour de vrai ! Tu auras dix-sept ans ! Pour ce qui est de Betty, on sait aussi sait que tu supportes mal le fait de nous sentir en insécurité. Mais ici, c'est Poudlard ! Il ne peut rien arriver à Betty à moins de se faire embusquer par une vingtaine de Serpentards. Bon, d'accord, se reprit-elle, je sais que ce n'est pas très rassurant, mais je n'ai jamais été très douée pour détendre les gens... Désolée. Lena, prends la relève, s'il te plait, je m'embrouille un peu.
- Allez, Lily, commença Lena. Il ne peut rien arriver à Betty. Elle n'est pas inconsciente au point d'aller se balader au clair de lune, près des cachots ou encore pire, dans la Forêt, d'accord ? Elle est énervée, on sait pas pourquoi, et en tant qu'amies, on va la laisser revenir ici tranquillement et l'écouter si elle en a besoin. D'accord ? termina-t-elle.
Lily hocha la tête et descendit avec son sac de devoirs dans la Salle Commune, suivie des deux autres.
Elles y retrouvèrent Remus, assis près du feu dans son fauteuil habituel, qui expliquait le cours de Métamorphose à Peter qui essayait visiblement de faire des efforts. James lisait un Manuel de Potions avancé et Sirius manquait à l'appel, comme le fit remarquer Lena.
- Oh, il est parti se dégourdir les jambes, expliqua James sans lever les yeux de son bouquin.


- Qu'est ce que tu fais là ?
- J'avais juste envie de me promener sur le toit. C'est agréable, il fait tellement glacial. Et fort glissant. J'ai envie de me rompre le cou, ça pourrait être chouette, comme expérience, t'en penses quoi ?
Betty se retourna. Elle et Sirius se fixèrent un instant, puis Sirius s'avança vers son amie (oui, maintenant, il pouvait la considérer comme telle), en faisant le pitre, à tel point qu'il failli vraiment tomber.
- Tu viens souvent ici ? demanda Sirius, qui s'était assis à côté d'elle, en remontant son col. Il frissonnait.
- Non, pas vraiment. Betty avait parlé d'une voix rauque.
- Cigarette ? proposa Sirius en lui tendant un paquet.
- Non, merci, je fume pas.
Il rangea son paquet.
- Moi, parfois, dit-il, en en allumant une.
Après plusieurs minutes de silence, Betty s'arracha à la contemplation du paysage gelé, de ce blanc immortel, infini, qui lui rappelait l'espoir, le mariage, mais aussi les hôpitaux, la mort et les enterrements. Elle lui demanda :
- Comment tu m'as trouvée ? Je pensais avoir dégotté le bon coin.
- Je venais ici, avant. Pour réfléchir.
- Ah oui ? A quoi ?
- A ma vie. Ma famille, l'école, les amis, moi... La guerre.
Betty ne répondit rien. Il n'y avait rien à dire à tout ça.
- On rentre ? proposa Sirius qui écrasa sa clope, en se relevant, tendant déjà la main à son amie d'infortune.
- Pas tout de suite.
- Les autres s'inquiètent. Sirius suspendit sa phrase.
- Il ne faut pas, articula Betty. J'avais besoin de réfléchir, d'évacuer le stress, la tension. Ca fait du bien. Je me sens un peu mieux, maintenant. Merci d'être venu.
- Aucun problème, sourit Sirius. Faudrait pas que tu glisses, tiens toi bien à moi.
- N'essaye pas de profiter de la situation, mon vieux, fit Betty en souriant légèrement.
- J'oserais pas ! s'insurgea faussement le jeune homme en riant, exposant son beau sourire qui ne laissait aucune fille indifférente.
- Tiens, au fait, la fille de Pouffsouffle, de ce matin, c'est elle qui a accidenté Lena.
- Comment tu le sais ? demanda Sirius, étonné.
- Secret professionnel, fit Betty d'une voix éraillée, en ricanant.
- Tu vas le dire à Lena ? demanda Sirius en secouant la tête pour enlever les flocons de neige.
- Pas si elle ne me le demande pas, répondit Betty.

Ils se sentaient un peu mieux qu'avant. C'était bon de savoir qu'on pouvait compter sur ses amis quand on était plus capable de compter sur soi-même.


Photo : Betty Wells
Chapitre 29 - Curieux comportement

# Posté le vendredi 28 juillet 2006 06:30

Modifié le samedi 23 décembre 2006 07:04

Chapitre 30 - A ma manière, j'ai essayé d'être libre

Note : j'ai essayé de lire mes débuts, pour voir ce que ça me ferait. J'ai pas réussi. Je trouvais ça emmerdant au possible, ridicule, carrément risible. Je me suis forcée à lire les quatre premiers chapitres, et puis j'ai abandonné. C'est vrai qu'il ne se passe rien, c'est Lily, avec ses potes, qui ont l'air aussi connes que Pétunia, la midinette ridicule qui a la chambre remplie de magazines idiots, et qui vénère un pauvre type. Je me demande vraiment ce qui m'est passé par la tête. Pas de fil, pas d'histoire, rien. De la merde. Franchement, j'ai honte.



- Grmpff, marmonna Sirius en se frottant énergiquement les yeux. Il se leva difficilement, enfila ses habits et s'assit lourdement sur la seule chaise bancale qui était restée plus ou moins intacte dans la Cabane.
Les murs étaient sales, en bois et il devait y avoir un trou quelque part, car il y avait un courant d'air qui faisait frissonner le jeune homme.
Dans un coin, Peter ronflait encore. James, plus échevelé que jamais, dormait la bouche ouverte en marmonnant des mots inaudibles. Et Remus était recroquevillé sur le sol en terre battue, comme brisé, la colonne vertébrale saillant à travers sa peau diaphane, presque transparente, où luisaient plusieurs cicatrices et quelques nouvelles blessures. Il ouvrit un oeil et le referma aussitôt en soupirant de douleur.
- Sirius ? chuchota James, à présent réveillé. Comment ça va ?
- Aussi bien qu'on peut aller après ce genre de nuits, sourit ce dernier en s'étirant de tout son long.
- On a pas mal fait les cons, hein ? demanda James qui s'était mis debout.
- J'ai trouvé ça marrant, moi, grimaça Sirius. Aïe ! J'ai des courbatures partout !
- C'est pas étonnant, marmonna James. Peut-être que la prochaine fois on devrait se tenir tranquilles, ici, non ?
- Ce qui est étonnant, par contre, c'est que tu tiennes ce genre de propos dignes de Lily, mon vieux. C'est la fatigue qui t'engourdit le cerveau ? rit silencieusement Sirius.
- James a raison, intervient Remus qui avait toujours les yeux fermés. C'est trop dangereux de se promener dehors sous notre forme... animale, grimaça-t-il avec un dégoût vibrant dans la voix.
- Je vais réveiller Peter, annonça James en grinçant des dents. Sirius, conduis Remus à l'infirmerie.
- Oui, chef !


Lily soupira. Une sorte de torpeur s'était emparée de leur groupe. Ils somnolaient plus ou moins silencieusement à longueur de journée, se comportaient comme des automates, des moutons obligés de suivre le chemin indiqué par le chien de berger qui aboyait à qui mieux mieux pour imposer son autorité. Les profs.
Les études. Ils croulaient sous la masse de travail qui s'abattait sur eux comme une tempête acharnée dont ils n'étaient pas près de voir la fin.
Lily se levait le matin, s'occupait de sa toilette à demi-réveillée, mangeait, allait en cours, mangeait, retournait en cours, faisait ses devoirs, mangeait, continuait ses devoirs encore longtemps, faisait ses rondes de Préfète avec Remus, et montait se coucher, épuisée, vidée de toute énergie, pour recommencer le même scénario toute la semaine durant, le répit n'arrivant que le temps du week-end, et encore, ils avaient tellement de devoirs qu'ils avaient à peine le temps de prendre le temps, justement.
Lily soupira de nouveau, se frotta les yeux, et sortit de son lit. Une longue journée l'attendait.


- Bonjour Lena, grommela Betty qui se brossait les cheveux dans la salle de bains.
- 'lut, répondit-elle en baillant violemment. C'va ?
- Morte crevée, aussi fraîche qu'un macchabée déterré y'a pas une heure. Et toi ?
- Pareil, dit Lena qui n'avait même plus la force de parler. Tina est pas encore levée ?
- Nan. J'vais m'occuper d'la paresseuse, t'inquiètes pas pour ça ma caille ! s'exclama Lily, survoltée.



- Vous savez quoi ? J'arrête ! J'en ai ma claque ! s'exclama Betty. J'me tire !
- Eh, Betty ! Attends! s'exclamèrent Lily, Lena et Tina simultanément en se levant de leurs fauteuils de la Salle Commune.
- Qu'est ce qui lui prend ? demanda Peter en se grattant le crâne avec sa plume.
- A ton avis ? T'as mal entendu ? se moqua Sirius qui le regardait d'une manière étrange, comme s'il voulait entrer dans le cerveau du pauvre Peter.
- On devrait peut-être aller voir ce qu'elle a, non ? fit James. Il posa son encrier sur la table pleine de parchemins en désordre.
- Ouais. J'y vais, annonça Sirius.



- T'es plutôt doué pour me trouver, Black, grimaça Betty.
- Qu'est ce que t'as été faire ? demanda le jeune homme, les yeux écarquillés. Elle avait les cheveux en bataille, parsemés de brindilles ça et là, méconnaissables. Ses yeux étaient rouges et elle avait des griffures sur la joue droite, ainsi qu'un bleu près de sa bouche. Elle tenait sa main gauche serrée contre son corps, et avait une lueur bizarre dans le regard.
- Lena n'est pas la seule douée pour balancer des uppercuts, tu sais, dit Betty.
Sirius se laissa tomber sur le sol dur et humide, en face de Betty et posa ses mains sur ses genoux.
- Qu'est ce qu'il se passe, Betty ?



- C'est pire que ce que je croyais ! s'exclama Tina qui tournait dans la Salle Commune comme une furie.
- Tu ne pourrais pas être un peu plus claire ? demanda Lena qui fronçait les sourcils en regardant son amie déambuler comme un lion en cage.
- Je pensais qu'elle s'était calmée, depuis la dernière fois où elle a pété une durite. Je suis trop conne !
- Hein ? Pourquoi tu dis ça ? s'étonna Lily qui s'était enfoncée dans son fauteuil favori, comme pour se protéger, préserver la paix.
- Mais enfin ! Quand est-ce que remonte notre dernière conversation ? Est-ce qu'on a demandé à Betty ce qui s'était passé la dernière fois ? Non ! Elle s'est sûrement imaginée qu'on en avait rien à foutre ! Et à raison ! Parce qu'on était trop occupées par nos personnes pour nous apercevoir qu'elle va mal !
- Tais-toi, Tina, coupa Lena d'une voix calme. Tu vas trop loin.
Lily regardait ses deux amies s'affronter du regard. Aucune ne voulait rien dire pour ne pas blesser l'autre, mais cet accord ne tenait qu'à un fil. Un signe et tout serait brisé.
- Tu peux me dire en quoi j'exagère ? demanda plus sereinement Tina qui s'était arrêtée de sillonner entre les fauteuils.
- On ne lui a rien demandé en imaginant que si elle voulait nous parler, elle l'aurait fait. Pas besoin qu'on la harcèle pour ça. Et ce mois-ci on a pas eu le temps ! Qu'est ce que tu crois ? Le mois après les vacances de Noël c'est toujours le plus long, le plus dur, celui où vit comme des pantins mal articulés tirés par des sadiques qui nous mènent la vie dure! C'est normal que t'aies l'impression qu'on a pas parlé. Mais on y peut rien. C'est passé. Voilà tout.
- C'est marrant. Cette année t'as beaucoup perdu ton sang froid. Avec Remus, avec Blaise, avec moi. Toi qui es si calme, d'habitude... Je savais bien que cette année était bizarre.
- En parlant de Remus, si on allait le voir ? s'exclama joyeusement Lily, soulagée que ses deux amies n'aient pas pété une durite, elles aussi.



Ses yeux se remplirent de larmes. Bon sang qu'elle se détestait quand elle se mettait à pleurer comme un gros bébé ! Devant un garçon, en plus ! Elle qui s'était forgé une image de dure à cuire, c'était râpé! Tu parles d'une rebelle !
A son plus grand étonnement, Sirius la prit dans ses bras pour la consoler. Sans un mot. Comme si c'était normal qu'elle pleure et que lui soit là pour réparer les pots cassés. Qu'est ce qu'il faisait là, d'abord ? Comment il la trouvait, à chaque fois, après un moment, comme pour lui permettre de rester toute seule, un peu comme s'il respectait son envie de solitude, au début de la crise ?
Sirius était plein de ressources, Betty le savait. Et elle se laissa aller à son chagrin.



- Bonjour Mrs Pomfresh, chuchota Lena. Remus va bien ?
- Entrez, jeunes filles. Bonjour à vous. Ne faites pas de bruit. Il est dans le fond, derrière le rideau. Ne restez pas plus de dix minutes. Cette fois c'est plus grave.
Tina et Lily se regardèrent, avec un peu de crainte dans les yeux. Grave ?
Le trio s'avança prudemment vers la direction indiquée. Lena souleva le rideau avec un peu d'appréhension, les poings serrés. A la vue de son ami, Lily serra les mâchoires avec force. Tina sentait sa gorge qui lui faisait mal, tout d'un coup. Remus était vraiment mal en point. Il était pâle comme un mort, ses yeux étaient cernés de violet foncé et une pellicule de sueur lui couvrait le corps entier. Remus paraissait maigre, il avait la peau sur les os. Lena émit un croassement.
- Qu'est ce que tu dis ? murmura Lily, la mâchoire encore contractée.
- Je pense qu'elle dit « oh mon dieu ! », sourit légèrement Tina, qui avait néanmoins envie de pleurer, aussi idiot que ça puisse paraître.
- Remus ? chuchota Lena. Tu m'entends ? Comment tu te sens ? Tu veux quelque chose ?
- Je crois que ça va, chuchota-t-il, un mince sourire étirant ses lèvres craquelées. Il ouvrit un oeil, puis l'autre et se redressa difficilement sur ses coudes.
- J'ai l'air si horrible ? Vous en faites des têtes ! demanda-t-il en riant doucement.
Tina émit un petit rire de gorge, visiblement soulagée de voir Remus en possession de toutes ses facultés mentales, tandis que Lily souriait franchement. Seule Lena avait l'air encore sous le choc.
- Où est Betty, Lena ? interrogea Remus, visiblement déçu.
- Elle s'est tirée, expliqua Tina. Sirius est parti à sa recherche y'a pas une heure.
- Tout va bien, alors, murmura le jeune homme en grimaçant.
- On ne peut pas en dire autant de toi, Remus. Tu devrais te voir, tu as l'air vraiment atteint !
- Merci beaucoup, Lily, sourit ce dernier.
- La visite est finie, jeunes filles ! s'exclama l'infirmière. J'ai un patient à soigner. Vous reviendrez plus tard. Au revoir !



Ca devait faire une heure que Sirius était parti à la rescousse de Betty. James jeta un oeil à la Carte du Maraudeur, encore incomplète. Ils étaient dans la Forêt Interdite, côte à côte. Il se demandait ce qu'ils pouvaient bien fabriquer.
- Pete ? Tu sais ce que Betty peut bien avoir ?
- Aucune idée, répondit l'interpellé. On peut pas dire que tout le monde ait été heureux de vivre, ce mois-ci, avec toutes nos obligations, mais celui qui devrait jeter l'éponge, ici, c'est bien moi ! ajouta-t-il en souriant.
- Ca, tu peux le dire, mon vieux, rigola James. D'un autre bord, c'est normal que Pat aille voir ce qu'elle a. On peut dire que lui aussi en a bavé, hein. Ils ont l'air d'avoir une relation étrange, eux deux.
- Comment ça ? interrogea Peter qui mâchonnait distraitement un cookie, répandant des miettes sur ses devoirs.
- T'es innocent, mon pote, sourit James en réajustant ses lunettes sur son nez. Reste-le.



Betty gardait le silence. Elle se sentait bien, dans ses bras forts et protecteurs. Maintenant, elle comprenait pourquoi tant de filles étaient amoureuses du beau Sirius Black. Rebelle, ténébreux, cynique, souriant, la mèche dans l'oeil. Normal. Mais elle ne l'aimait pas comme ça. Non. Sirius était comme... sa seule famille. Et c'était bon de sentir qu'elle avait de la valeur à ses yeux. C'était différent, avec ses amies. Même si elles étaient comme des soeurs, elles aussi. Ce n'était pas la même chose. Et Betty était bien en peine d'expliquer pourquoi.
- Alors, tu vas m'expliquer ce qu'il se passe, Betty ? entendit-elle chuchoter dans son oreille.
- Je sais pas comment dire. Tu risquerais de prendre peur, ricana la jeune fille.
Betty inspira profondément, et commença à raconter :
« Je n'ai pas de place, dans ma famille. Je n'existe pas. Quand j'étais petite, ma mère attendait un bébé. Mon frère. Elle est tombée dans l'escalier et l'a perdu. Elle m'a accusée. Et depuis ce jour là, je vis comme une ombre dans ma « maison ». Mon père s'en moque royalement. Il est totalement indifférent à ma présence. Pas de lettres, pas de cadeaux, pas de paroles. Rien. J'ai l'impression d'être sans valeur, abandonnée, sans personne. Je sais que j'ai des amis. Je vous ai, vous tous, et merci... Mais depuis janvier... Je sais pas. Alors qu'une nouvelle année commence, moi, j'ai l'impression de ne plus exister. D'être une carapace creuse. Je me sens comme une automate. Sans coeur, sans émotions. Vide. Et en même temps... ça contredit ce que je viens de dire, avec mon sentiment d'abandon et tout. Il faut que je me remette les idées en place, hein ? »
Après un moment de silence, Sirius, l'air sérieux, parla :
- Si ça se trouve, toi et moi on est frangins, ma petite. Tu viens de décrire ce qui se fait appeler mon existence, à peu de choses près.
Ils se regardaient droit dans les yeux, intensément.
- Je suis naïve. Je croyais qu'en parler dénouerait totalement les noeuds que j'ai un peu partout dans le corps. Mais non.
- Il faut du temps, Betty. La paix vient avec le temps. Viens, maintenant. Rentrons. Je vais te conduire à l'infirmerie. Rassure-moi sur un point : est ce que tu te mutiles ?
- Quoi ? Mais bien sur que non ! J'ai été courir et je suis tombée sur Nott, alors j'ai décidé de me défouler à mains nues. J'ai appris la boxe avant mes neuf ans.
- C'est précoce !
- Ca fait partie de ma personnalité.


Photo : Sirius Black
C'est l'acteur Cillian Murphy,
j'ai vraiment galéré à trouver
quelqu'un qui pouvait "correspondre".
Chapitre 30 - A ma manière, j'ai essayé d'être libre

# Posté le dimanche 06 août 2006 10:09

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:42