« La révolte des Créatures des Eaux en 1674 prit fin avec un millier de morts.
Une guerre se déclara, car, en effet, les créatures voulaient un peu plus de respect de la part des humains, qui eux les considéraient comme des hybrides de bas étage ne possédant pas l'intelligence supérieure, dite humaine. »
« Des hybrides de bas étage ne possédant pas l'intelligence supérieure, dite humaine. »
Lena poussa son livre. Elle venait de relire la même phrase cinq fois.
Une énorme migraine lui martelait le crâne. Elle posa sa plume.
Elle pressa ses paumes sur ses yeux, comme pour les empêcher de sortir de leurs orbites. Son oeil gauche pleurait. Elle avait le vertige.
- Je t'ai dit quelque chose de méchant ? lui demanda Sirius d'un drôle d'air, de l'autre coté de la table.
Lena ne répondit pas. Elle respirait difficilement et tenait toujours ses deux paumes collées sur sa figure.
- Tu as l'air fatiguée, lui dit James. Tu devrais peut-être te coucher.
Mais elle ne bougeait toujours pas.
Remus se leva et s'approcha d'elle, doucement.
- Je vais t'accompagner à ton dortoir, d'accord ? lui dit-il d'une voix tendre.
- Tu ne peux pas, Remi, grimaça Sirius, n'oublie pas qu'une alarme se déclenche et qu'un toboggan te fait gentiment descendre sur le cul...
- Ca va, murmura faiblement Lena. Je... vais aller me coucher.
Elle s'appuya sur la table, pour se lever, difficilement, tandis qu'une douleur insupportable lui vrillait les tempes. Debout, elle fit un pas, les jambes tremblantes, puis un autre, et s'écrasa lourdement au sol.
Elle ouvrit difficilement un oeil, puis l'autre. La lumière l'aveugla. Elle plissa les yeux et vit trois têtes masculines penchées sur elle.
- On va te conduire à l'infirmerie, lui disait une voix lointaine, tandis que les lèvres de Sirius bougeaient.
- Non... non, protesta faiblement Lena, je veux pas...
- Sans discutions, petite Lena, tu es malade.
Lena avait le teint livide. Sa respiration sifflait.
- S'il vous plait... Je ne veux pas aller là-bas... C'est maudit...
James fronça les sourcils.
- Qu'est ce qu'elle a dit ?
- Que c'était des brocolis ? supposa stupidement Sirius.
- C'est maudit, répondit Remus. Il s'accroupit à coté de Lena, et tâta son pouls.
- Qu'est ce qu'on fait, alors ? demanda James, inquiet.
Sirius ne répondit pas. Il regardait la poitrine de Lena qui se soulevait irrégulièrement. En sentant le regard de Remus, il rougit et bafouilla des excuses incompréhensibles.
- On devrait peut-être la porter à notre dortoir ? hasarda James. On ne peut pas l'obliger à aller à l'infirmerie.
Sirius et Remus acquiescèrent.
- Mais c'est le lit de Peter ! chuchota une voix.
- Tant pis, il prendra le mien, répondit calmement quelqu'un d'autre.
- Mais Rémi, tu dormiras où, toi ? murmura une troisième personne.
Remus ne répondit pas. Il enleva les chaussures de Lena, et ses chaussettes. Se rappelant soudainement que dans ce genre de circonstances, il fallait ouvrir les cols et les ceintures pour permettre aux personnes inconscientes de respirer, il se mit à rougir stupidement. Rien qu'a l'idée de...
- Qu'est ce que tu fais ? murmura James, étonné.
- Il profite de la vue tant qu'elle est évanouie, ce petit voyeur, pouffa doucement Sirius.
- Taisez-vous ! marmonna Remus à voix basse. Ouvrez un peu la fenêtre et apportez moi des serviettes froides et humides.
Lena poussa un soupir douloureux. Elle eut un hoquet de douleur tandis que quelque chose de froid se posa sur son front et se mit à grogner quelque chose.
- Qu'est ce qu'elle essaye de dire ? demanda Sirius qui fouillant dans ses affaires.
- Je ne sais pas, répondit Remus qui enlevait doucement les cheveux collants du front de Lena. Ses joues le brûlaient.
- Sirius, qu'est ce que tu fous ? chuchota James qui marchait en rond dans la pièce.
- Je cherche un grand t-shirt léger, qu'elle puisse le mettre. Elle doit crever de chaud dans l'uniforme. En voyant James lui lancer un drôle de coup d'oeil, il précisa : « Elle le mettra toute seule, évidemment. »
- On doit aller chercher Mc Gonagall, dit James, qui semblait réfléchir. Elle saura quoi faire. Je pense qu'elle saura où trouver l'infirmière.
- Tu sais où se trouve Mc Gonagall ? demanda Remus en fronçant les sourcils.
- A son bureau, il n'est que vingt heures.
- Je viens avec toi, dit Sirius.
Remus était perdu. Il savait que ce qu'il faisait était un bon début, mais pas pour quelqu'un qui semblait dormir et ne pas se réveiller. Il n'avait suivi aucun cours de soins médicaux et se gifla mentalement en se disant qu'il devrait peut-être le proposer aux Préfets.
- Jared ?
Remus écarquilla les yeux. Lena lui parlait.
- Jared ? répéta-t-elle, la voix rauque.
- Je suis là. Remus essayait stupidement de la rassurer.
- Oh, Jared, tu m'as tellement manqué... Je ne savais pas quoi faire, pour consoler maman... quand tu es parti... Tu étais trop jeune... Pendant des mois... p..personne ne parlait. Je pense... avec du recul, que c'est à ce moment là... que papa est devenu a..alcoolique... Il suit une ...cure, maintenant. Et maman... était inconsolable. Elle se disait que ...c'était sa faute, et qu'...elle n'aurait jamais du te... laisser entre les mains de ...ces médecins. Elle se disait ...aussi ... qu'elle n'... n'aurait jamais du te... laisser aller... là-bas, à ... à Melbourne.
Lena s'arrêta brusquement. Sa gorge lui faisait mal.
Remus, en voyant que Lena fermait les yeux de douleur
(et qu'elle avait des hallucinations, en plus d'une fièvre qui la faisait délirer ! Qu'est ce qu'elle racontait ?) lui fit boire lentement de l'eau.
- A Melbourne... C'était beau, là-bas ? Tu n'as jamais su me le dire. Quand maman m'a laissée entrer, j'ai cru que ce n'était pas toi, dans ce lit. Tu étais si maigre. Et tes cheveux... Tu n'en avais plus. Toi qui étais si beau... Ton visage était plein de plaies... Tes os semblaient... vouloir sortir de... ta figure, et... tu avais l'air de... d'un cadavre. C'est à ce moment là que j'ai su que tu allais mourir... grand frère.
Cette phrase résonna comme un coup de poing à Remus. Ainsi, elle avait eu un frère qui était mort, dans un hôpital.
C'est maudit...
Pauvre Lena. Elle semblait avoir vécu des horreurs que peu d'entre eux avaient réussi à surmonter et à exorciser. Il se reprit, se disant à juste titre que Lena n'aimerait pas le regard de pitié qu'il posait sur elle à cet instant.
Remus regarda sa montre, voyant qu'à peine dix minutes étaient passées depuis le départ de ses deux amis. Il se demanda où étaient passés les autres avant de se rappeler qu'ils étaient en retenue, avec Mrs Jones. Elle n'était pas vraiment terrible, comme tortionnaire. Mc Gonagall aurait pu les envoyer chez O'Connor, par exemple.
Lena bougeait. Elle remuait faiblement dans tous les sens et poussait sa couverture. Remus essaya de l'aider dans sa manoeuvre, mais elle frissonna si violemment qu'il lui remit la couverture jusqu'aux épaules.
Elle ouvrit lentement les yeux. Et les referma en voyant Remus la regarder avec un regard où était mêlé l'inquiétude, la culpabilité, la gêne et la tristesse.
- Où suis-je ? crossa-t-elle pitoyablement dans une tentative de dialogue.
- Dans notre dortoir, rougit Remus. Où as-tu mal ?
- Partout... A la tête... J'ai... l'impression qu'une bombe a explosé mon cerveau.
- Je vais te conduire à la salle de bains. James et Sirius ne devraient pas tarder à revenir. Ca fait quand même une demi heure qu'ils sont partis.
- Parle moins fort, supplia-t-elle, alors que Remus murmurait comme s'il était au chevet d'une mourante. Un horrible écho me perfore la boite crânienne.
Elle glissa sa jambe gauche - nue, ne put-elle s'empêcher de remarquer, en dehors du lit, devant un Remus plus qu'écarlate, et essaya vainement de lever le reste de sa carcasse atrocement lourde.
Voyant sans doute qu'elle avait quelques difficultés à se lever, il s'approcha d'elle et la souleva doucement hors du lit.
Les jambes tremblantes, elle essaya de se repousser de Remus qui la tenait avec fermeté et douceur, comme si elle allait tomber.
Ce qu'elle fit.
Lena avait une envie irrésistible de se transformer en parquet verni tandis qu'elle se tenait à genoux, au sol, les jambes plus tremblantes que jamais et une impression de vertige revenant au galop.
Il la releva et la conduisit gentiment dans la salle de bains, sans rien dire.
Accrochée au lavabo, Lena commençait à avoir la nausée. Elle leva les yeux jusqu'au miroir pour constater avec horreur que Remus était toujours témoin de ses états pitoyablement...
navrants.
Ses cheveux étaient emmêlés, et collés sur son front transparent, en sueur. Ses yeux étaient vitreux et n'allaient pas tarder à sortir de leurs orbites, tandis qu'elle transpirait de tous ses pores et que ses lèvres étaient blanches. Joyeux Halloween, pensa-t-elle lamentablement tandis qu'une vague de douleur lui trancha la tête.
- Je vais mourir, réussit-elle à articuler, tandis que Remus la faisait asseoir sur un siège.
- Mais non, murmura ce dernier avec gentillesse.
- Ca ne peut pas être pire que de se transformer en loup-garou, après-tout, hein ?
Remus écarquilla les yeux, blême. Il avait la bouche grande ouverte et une expression d'horreur, de dégoût de tristesse et d'humiliation immense se peignirent sur son visage.
Les yeux de Lena pleuraient. Elle ne savait plus si c'était de douleur physique ou mentale. Elle les ferma, songeant finalement à une tentative de suicide.
Après un long moment de silence, pendant lequel aucun des deux n'avait ouvert la bouche, Remus se lança.
- Comment, quand, et pourquoi. Il essayait de maîtriser sa voix, mais n'y parvenait apparemment pas.
- Je... tiens d'abord à m'excuser, Remus, murmura faiblement Lena, qui semblait au bord de l'agonie suite aux tortures mentales qu'elle subissait, qu'elle se faisait subir ou qu'elle faisait subir. Je l'ai su... en troisième année, quand... on était en groupe, en Potions. A cause du Napel... je... tout s'est mis en place, et... je l'ai su... l'allergie... et les devoirs... de... sur... ça.
Remus ouvrit les yeux. Il eut un pincement au coeur quand il vit que Lena le regrettait profondément.
- A... après, j'ai... compris... que ça devait être terrible... pour toi... les tourments... physiques et mentaux... que tu devais - dois... subir... même si, au début... j'avoue que ça m'a... choquée... mais je n'aurais jamais été te dénoncer, oh ça jamais.
Lena avait dit cette dernière phrase avec assurance, et elle regardait Remus comme s'il allait la mettre au défi de la contredire.
- Je... ne t'ai... jamais considéré... comme une bête abjecte, à bannir. Et je ne le ferai jamais. Remus Lupin, sache que tu es une personne à part entière, humaine, même si quelque nuits par mois, tu te transformes en loup-garou. Ca fait partie de toi, je ne le nie pas, mais cela ne te rend pas moins fréquentable ni moins toi, lui assura-t-elle en levant l'index avec difficulté dans l'idée de le lui planter dans la poitrine fermement avant de le laisser tomber lourdement, et j'aimerais sincèrement que tu arrêtes de te martyriser en te demandant si tu es digne de nous ou si on crierait au loup en s'enfuyant avec horreur. D'accord ? lui ordonna-t-elle en insistant sur ce dernier mot.
- Je... ne... Oui, articula Remus faiblement. Même s'il savait - et que Lena aussi, le savait, qu'il continuerait sans aucun doute ses petites déprimes morbides, comme à chaque pré-pleine lune.
Lena laissa tomber sa tête en arrière (comme elle lui semblait horriblement lourde !), heurtant le dossier avec douleur, et ses mains se crispèrent sur celles de Remus.
- Je... j'arrive... plus à... respirer.
- Héhé, je vous tiens, bande de petits merdeux !
Sirius et James se retournèrent comme un seul homme. Ils découvrirent avec épouvante que Rusard se tenait derrière eux, Miss Teigne à ses pieds, un sourire sardonique étalé sur la face.
Sirius sourit intérieurement en se disant qu'il avait vraiment une abominable face vue de près. Pas que de loin ça vaille le coup, mais...
- Suivez-moi dans mon bureau, susurra mielleusement le concierge, une lueur perverse dans le regard.
- Nous devons aller chercher le Professeur Mc Gonagall, Monsieur, répondit James, poliment - mais avec ironie, en insistant bien sur le dernier mot.
- Non, non, mes très chers petits agneaux. Suivez-moi, avant que je doive me servir de mon fouet ! articula-t-il avec rage, se demandant sans doute ce qu'il ferait si les deux jeunes lui filaient entre les doigts.
- Cracmol, quand tu nous tiens, se chanta Sirius intérieurement.
- Monsieur, reprit poliment James, nous devons absolument aller voir notre Professeur.
- Donnez moi seulement une raison valable, que je la vérifie, et si elle s'avère fausse, je vous colle pendant les deux prochaines années.
- Lena Dimitriadis est souffrante, et elle ne souhaite pas aller à l'infirmerie, commença Sirius.
- Haha ! je vous tiens ! s'exclama le vieil homme avec extase. Désolé, mais ce n'est pas la bonne réponse, minauda-t-il, comme dans un jeu télévisé. Dans mon bureau ! Immédiatement ! rugit-il en soufflant son haleine pestilentielle au visage des deux jeunes Gryffondors.
James et Sirius se regardèrent avec effroi, pensant sûrement tous les deux que des retenues à volonté avec ce cher Rusard ne serait pas vraiment jouasse, aussitôt ils se mirent à courir, en espérant semer le vieux concierge et son chat lépreux, qui les suivirent avec presque autant d'acharnement, aussi vite que les rhumatismes du vieux croc mort le permettaient.
Après ce qui sembla être une demi-heure de course poursuite à Sirius, il s'arrêta, sentant que James lui fonça dessus, alors qu'il courrait à en perdre haleine deux secondes auparavant.
- Je pense qu'on est perdus, dit Sirius pour toute explication.
- Eh merde ! jura James. Si seulement Lup était avec nous...
- Shh, j'entends parler, lui souffla Sirius.
Il s'avança avec précaution devant une porte qui filtrait de la lumière par la serrure. Sirius colla son oreille contre la porte et fit signe à son ami de faire pareil.
Il frappa à la porte, et entra.
Lily, Betty, Tina et Peter le regardaient avec des yeux ronds.
- Hum, hum, toussota le Professeur. Quel est le but de votre visite ici, Mr Black ?
- Excusez-moi, Madame.. Nous sommes venus ici car nous cherchions le Professeur Mc Gonagall qui aurait pu nous dire où se trouvait Mrs Pomfresh, qu'elle puisse aller soigner Lena qui est malade et qui refuse d'aller à l'infirmerie, mais comme nous sommes tombés sur vous en premier... Sirius ouvrit les bras en signe de fatalité.
- Je vois, fit suspicieusement Mrs Jones. Mais votre retenue n'est pas terminée, vous ! signala-t-elle à Peter qui se levait. Je vais vous confier à mon collègue, Mr O'Connor, tandis que je vais aller voir de quoi il retourne. Attendez-moi quelques instants.
Sirius regarda Tina qui faisait la grimace. L'idée de nettoyer les télescopes à nouveau ne l'enchantait guère, apparemment. Il sourit, et leva le pouce pour annoncer que tout allait bien.
Mrs Jones revint. Elle dit qu'O'Connor arrivait, et elle suivit les deux garçons.
- Quels symptômes avait votre amie, Mr Potter ? demanda le Professeur.
- Elle avait l'air, euh, fatiguée, et Remus lui a mis des serviettes froides sur le front, tandis qu'il lui ouvrait le col pour qu'elle puisse mieux respirer... Sans doute qu'elle avait de la fièvre, mais elle s'est à moitié évanouie, ses jambes tremblaient et elle était blanche comme neige.
- Je vois, dit Mrs Jones. Malheureusement, je ne sais pas où se trouve Mrs Pomfresh actuellement, nous devons donc aller chercher Minerva... Mc Gonagall, ajouta-t-elle devant son excès de familiarité.
Remus ouvrit la bouche avec horreur. Lena commençait à devenir bleue, et lui restait là comme un imbécile. Il était paralysé.
Comment faisait-on pour rendre la respiration ?? Il ne se souvenait plus, il avait oublié ! Lui d'habitude si attentif, il se souvenait de tout, mais là ! Et dire que Lena avait été obligée de lui parler, si elle ne s'était pas mise à parler, et à s'échauffer, il ne lui serait rien arrivé, évidemment ! Tout ça c'est ta faute ! lui hurlait sa conscience. Et ses amis qui n'arrivaient pas ! Il était planté là, impuissant et commençait sérieusement à paniquer et à devenir hystérique.
Respire, pensa-t-il et se mettant à trembler, tandis que Lena ne savait pas respirer, elle. Pris d'une impulsion, il essaya de faire apparaître un masque à oxygène, comme il en avait vu l'illustration dans le livre de Lily, mais il n'y arrivait pas.
Bouche à bouche, se dit-il, effrayé.
Il prit Lena précautionneusement dans ses bras, la mit au sol, ouvrit encore plus sa chemise, regardant un point imaginaire en face de lui, et mit un miroir de poche devant la bouche et le nez de Lena pour voir si elle respirait encore. Presque pas. La buée apparaissait irrégulièrement sur le miroir, avec un synchronisme de moins en mois rapproché.
Remus prit son courage à deux mains (
Gryffondor ! hurlait une voix dans sa tête) et frappa fort sur la poitrine de Lena. Une fois, deux fois, trois fois, sans résultat.
Il se dit avec raison qu'il devrait frapper un peu plus fort, après tout, il fallait que cela le soit assez pour avoir des résultats concluants,
hein ?
La poitrine de Lena ne bougeait plus. Tandis qu'il conversait avec lui même, elle était morte.
Morte. Complètement morte.
Remus songea à s'ouvrir les veines avec le miroir qu'il avait lancé sur le mur avec hargne, haine, tristesse, colère, culpabilité, chagrin, panique, culpabilité, quand il frappa de toutes ses forces sur la poitrine de Lena.
- Vis ! Vis ! hurla-t-il en frappant, frappant, frappant, encore, et toujours. VIS ! Ne meurs pas, se mit-il à sangloter, réalisant que si elle mourait... Une partie de lui aussi. Il ne voulait pas qu'elle meure. Ils avaient tant de choses à faire, ensemble.
Remus Lupin pleurait sur le corps qu'il croyait sans vie de Lena Dimitriadis.
La seule qu'il n'ait jamais...
Elle eut un sursaut, un râle, comme si elle se réveillait de la Mort, et tomba dans les pommes.
- Faudrait peut-être qu'on se dépêche, Madame, sans vous manquer de respect, commença Sirius.
- Vous avez raison, Black, répondit Mc Gonagall.
Et elle se mit à courir en direction de la tour Gryffondor, suivie de ses deux élèves plus qu'étonnés.
On frappa à la porte. Remus vint ouvrir, et se recula en laissant place à son Professeur.
- Mon Dieu ! s'exclama-t-elle silencieusement, avec horreur. Lupin... Que... Je ne... Expliquez-vous, lui ordonna-t-elle.
- Je lui ai sauvé la vie. Elle a failli mourir.
Minerva Mc Gonagall regardait Remus Lupin. Il semblait épuisé. Il avait les yeux rouges, gonflés, comme s'il avait pleuré toutes les larmes de son corps. Il regardait Lena avec tendresse. Avec... amour. Et Minerva se dit à cet instant qu'elle n'avait jamais rien vu d'aussi... beau. D'aussi simple. Les mots lui manquaient.
Lena Dimitriadis dormait. Elle avait sur le visage quelques couleurs et sa respiration était régulière, signe de bonne santé. Elle tenait dans sa main celle de Lupin, qui s'était rassis à son chevet et qui semblait extrêmement heureux mais terriblement malheureux.
Minerva Mc Gonagall mit sa main sur l'épaule de son élève, et lui conseilla de dormir.
Photo : Remus Lupin