- Quoi ?
- Arrête de me chaperonner, Remus, je suis assez grand pour me gérer tout seul!
- Mais enfin, Sirius ! Ne fais pas l'enfant ! Va voir Mrs Pomfresh pour qu'elle te donne une potion Pimentine, tu es malade, et je ne tiens pas à l'être aussi !
- J'aurais l'air de quoi, avec de la fumée me sortant par les oreilles ! James va se moquer de moi ! Sirius prit un air boudeur.
- Et tu oses prétendre que tu n'as pas besoin de chaperon ! sermonna Remus, tu boudes comme un enfant capricieux !
- C'est juste qu'on ne s'est pas assez occupé de moi quand j'étais petit... fit semblant de pleurnicher Sirius.
- Allez, sourit Remus, viens.
Bettt était assise dans la Salle d'Etude. Elle dessinait un Sombral, qu'elle avait vu dans un livre. C'était pour le cours de Soins aux Créatures Magiques. Leur Professeur, Mrs Gobe-Planche, avait eu une allergie pendant qu'elle leur parlait des Sombrals, à la lisière de la Forêt Interdite. Entre des éternuements et des plaques violettes apparaissant partout sur les parties visibles de son corps, elle leur avait demandé de faire ce devoir et de prendre congé.
Tina, qui était au cours avec elle, était partie à la Bibliothèque faire des recherches pour son mémoire.
- Tu dessines vachement bien !
Betty sursauta : « Tom ?! Mais qu'est ce que tu fais là? Je suis vraiment contente de te revoir ! » Elle le serra dans ses bras et lui colla une bise sonore sur la joue.
- Désolé de t'avoir fait peur, fillette. Tom lui sourit.
- Je pense qu'on devrait partir d'ici, dit Betty. Mc Gonagall nous regarde d'un air sévère.
- Allons à la Bibliothèque, fit Tom après avoir salué son ancien Professeur de Métamorphose.
- Alors, fit Betty, impatiente, que fais-tu ici ? As-tu reçu ma lettre ?
- J'ai bien reçu ta lettre, Bilouille, ce matin, même. J'allais t'envoyer la réponse quand un hibou officiel de Dumbledore est arrivé.
- Il voulait que tu viennes ici, fit Betty, platement, mi figue, mi raisin. Ainsi il ne venait pas pour elle. Cachant sa déception, elle continua : « Qu'est ce qu'il te veut ? »
- Je travaille pour lui, commença Tom. En fait, il m'a engagé cet été... Promets moi que ça restera secret, grimaça-t-il. Alors que Betty acquiesça, il poursuivit : « Il m'a engagé dans l'Ordre. »
Il y avait dans le mot ordre une telle importance qu'il fallait obligatoirement une majuscule.
Si Tom espérait avoir produit un quelconque effet, il fut déçu, car Betty demanda: « Qu'est ce que c'est ? »
- Oh, Remus, tu es impossible ! s'exclama Lena avant d'éclater de rire. Comment veux-tu que nous arrivions à traduire ce texte runique si on ne fait que plaisanter?
- Je ne sais pas, Lena. Après tout, c'est toi qui doit trouver la solution en tant que future Ministre de la Magie, et, accessoirement, Tyran, dit Remus.
- Ok. Bon, on travaille une demi-heure, et on rigole la demi-heure suivante. Qu'en penses-tu ?
- C'est pas très sérieux, Lena, tout ça, fit Remus d'une voix faussement réprobatrice.
- Hé ! Regarde Sirius ! s'exclama Lena en pouffant. Il a pris de la Pimentine ?
- Je l'ai obligé, déclara fièrement Remus.
- Pourquoi il reste tout seul, à ton avis ? demanda Lena.
- On a l'air tellement pris dans notre travail qu'il ne veut sûrement pas nous déranger, fit Remus, malicieusement.
- Ca doit être ça ! dit Lena. Bon, on s'y remet ?
- Qu'est ce que tu fais, Tina ?
- Je commence mon mémoire.
- Oh, fit Lily. Je peux m'asseoir ?
- Bien sûr.
- Tu sais que tu n'es pas obligée, n'est ce pas ?
Lily s'inquiétait pour Tina. Depuis l'incident avec Sirius, elle se plongeait dans le travail.
- Oui, je sais.
- Ca parle de quoi ?
- Je ne sais pas encore. Je fais une liste de sujets qui ont l'air intéressants.
- Tu ne viens pas manger ? demanda Lily.
- C'est déjà l'heure de déjeuner ?
Tina n'avait pas l'air de se rendre compte du temps qui passait.
- Oui. Dis moi, fit Lily, ça fait combien de temps que tu travailles ?
- Oh... Ca doit faire moins de deux heures. Tina rougit devant le regard inquisiteur de Lily. Mais je n'ai pas séché, je t'assure ! Gobe-Planche a fait une crise d'allergie, et on a eu du temps libre.
- Allez, viens, on va aller se remplir l'estomac, dit Lily avec un grand sourire, arrachant de force Tina à son futur mémoire.
- Ca s'appelle l'Ordre du Phénix. C'est une « association » secrète dirigée par Dumbledore qui vise à espionner les Mangemorts pour déjouer leurs plans. En gros, quoi, précisa-t-il devant le regard mi-admiratif, mi-horrifié de Betty. On a un Quartier Général où les réunions ont lieu. Là, je dois aller lui faire mon rapport, termina Tom, fièrement.
- Si je te demandais qui en fait partie, tu me répondrais quoi ? demanda Betty.
- Je te répondrais que je ne peux pas te le dire. Secret professionnel, plaisanta-t-il.
- Pourquoi le Professeur Dumbledore t'a-t-il choisi ? Parce que tu travailles dans un bar ?
- Exact, fillette. Je peux voir ou entendre certaines choses, ça peut être utile, fit-il avec un clin d'oeil conspirateur.
- Ecoute, reprit-il, je vais te conduire à la Grande Salle, c'est l'heure de manger, d'accord ? Je vais chez Dumbledore. On se voit dimanche à onze heures, aux Trois Balais, okay ?
Ils marchèrent en silence jusqu'à la porte de la Salle.
- Bon, je te laisse, fillette, prends soin de toi, lui dit-il en la serrant dans ses bras.
- Toi aussi, lui répondit difficilement Betty, car elle subissait « l'étreinte de l'ours » des bras puissants de son ami.
Une fois dans la Grande Salle, elle dit à ses amies, en chuchotant, ce qui était difficile, vu le bruit : « Les filles, vous savez ce qu'est l'Ordre du Phénix ? »
- Vraiment ? fit James, une fois que Betty eut fini ses explications.
- Eh oui, dit-elle, en buvant un verre de jus de citrouille.
- C'est bizarre... Il était plongé dans ses pensées.
- Qu'est ce qui est bizarre, James ? demanda Sirius.
- Mes parents... Ils en font partie, mais n'ont jamais voulu me dire ce que c'était. Il fronça les sourcils. Je comprends maintenant...
- Tu comprends quoi ? demanda Lily impatiemment.
- Leurs petits secrets à propos de leur temps libre, voilà ce que je comprends ! Pourquoi tu t'intéresses à ça ? Et puis, excuse-moi, mais ça te regarde en quoi ?!
- Ah, fit Lily, étonnée. Elle rougit. Excuse-moi, c'est vrai que cela ne me regarde pas.
- James ! s'écria Lena, regarde !
Plusieurs étudiants étonnés tournèrent la tête vers Lena. Elle sourit, embarrassée, en leur faisant signe que ce n'était rien.
- Mais regarde, bon sang !
- Regarder quoi ? demanda stupidement James, l'air étonné.
- Derrière toi ! Tu le fais exprès ? Dépêche toi, il va s'asseoir !
James tourna la tête vivement. Il s'exclama « Oh ! », et se tourna vers Lena : « Tu as raison, c'est bien lui »
- Alors voilà, dit Lena. Qui se propose pour aller lui parler ?
- Mais Lena, de quoi tu parles ? demanda Tina, qui jusque là n'avait pas ouvert la bouche.
- Sandy, c'est bien ça ? demanda Remus, même si sa question sonnait comme une affirmation.
- Effectivement, fit Lena.
- Quelqu'un peut m'expliquer ? demanda Peter. De quoi parlez-vous ?
- Peter, dit Betty avec une voix qui montrait qu'elle devait puiser loin dans les limites de sa patience, Sandy, tu ne te rappelles plus ? Le garçon cliniquement mort...
- Ah, oui ! s'exclama Peter, j'avais oublié.
Betty lui sourit. Elle le traitait durement, ce pauvre garçon, parfois. Ce n'était pas sa faute s'il n'était pas très intelligent.
- Je veux bien aller lui parler, déclara Lily. Mais pour lui dire quoi ?
- Comment il s'appelle, par exemple. Fais ami-ami avec lui, lui dit James, avec un sourire encourageant.
Lily pouffa : « Et pour quelles raisons irais-je faire ami-ami avec lui, James ? Il me faut une raison crédible. »
- Tu devrais penser à le trouver mignon, dit Tina, décidée à s'engager dans la conversation.
- Je dirais plutôt qu'en tant que Préfète de Gryffondor, Lily devrait plutôt lui proposer son aide dans une matière quelconque, dit Remus avec une grimace.
- Mais il n'est même pas à Gryffondor ! dit Betty.
- Et alors ? Il suffit d'une bonne raison, c'est tout, dit Sirius. Ah, venez, on va être en retard au cours d'Histoire.
- Depuis quand tu t'occupes d'arriver à l'heure aux cours, Sirius ? demanda Peter.
- Depuis que je l'ai décidé. Ce fut sa seule réponse.
- La bataille de Grinderwald en 1945 fut gagnée par le Professeur Dumbledore, votre actuel Directeur, jeunes gens, dit Binns de sa voix monotone.
- Si seulement il avait de la passion pour son cours, chuchota Betty entre deux bâillements, il pourrait nous la faire partager et on serait peut-être plus motivés pour ne pas s'endormir à son cours...
- C'est vrai, mais ça n'empêche pas James et Sirius de jouer à tic-tac-toe au lieu de ronfler, dit Lily avec un sourire.
- J'ai gagné ! s'exclama doucement Sirius. Héhé, James, tu vas devoir danser en costume de danseuse hawaïenne, ce soir ! Et pas question de te défiler ! Remus en est témoin, pas vrai, Lup' ?
- Ouaip. Remus paraissant extrêmement serein. Il était tout à fait à son aise, sa chaise à moitié contre le mur, et il se balançait, ne prenant aucune note, laissant ce soin à Peter. Celui-ci s'en arrachait d'ailleurs les cheveux.
- Dis moi, Tina, comment ça va ?
- Oh, bien, répondit cette dernière.
- Mais encore ? insista Lena.
- Je lui ai écrit une lettre. Trois, en fait. Et j'ai reçu la sienne en même temps que je lui envoyais les miennes. Il m'a répondu, mais je n'ai encore rien trouvé de bien à lui répliquer.
- Tu devrais peut-être ne rien lui écrire et lui parler en face, non ? Ce serait une bonne idée, qui sait ? proposa Lena.
- Tu as peut-être raison. Elle sourit à Lena, sourire faux qu'elle servait toujours depuis moins d'une semaine à tout le monde, même si elle savait que ses amies n'étaient pas dupes.
- Donc, je m'avance vers lui à la Bibliothèque et je lui demande s'il a besoin d'aide, c'est bien ça ? Ensuite je me présente et je suis souriante et serviable, un peu comme une serveuse est obligée d'être, hein ?
Lily était un peu stressée. Elle n'avait pas encore vraiment l'habitude de mentir et de se servir d'un pauvre enfant innocent pour les desseins de ses amis.
- Mais oui, ne stresse pas, Lily Jolie, la rassura James. Si tu veux, je peux te faire un bisou en signe d'encouragement. Il s'arrêta, horrifié par ce qu'il venait de dire, devant les rires moqueurs de ses (prétendus) amis qui se moquaient allégrement de son dérapage verbal. Ils savait que ça allait le suivre toute sa vie.
- Okay, dit simplement Lily qui avait néanmoins rougit sous le compliment et la proposition, j'y vais, murmura-t-elle en déposant très rapidement ses lèvres sur la joue brûlante de James.
- Tiens, tiens, c'est notre petit Potter avec sa clique et sa petite copine la Sang de Bourbe ! s'exclama une voix haineuse.
- Oh, mais qui vois-je ? s'exclama une autre voix, froide et plus forte, cette fois. Cette chère Wells, l'autre Sang de Bourbe, accompagnée de son futur gendre, Pettigrow, avec la garce de l'école, ainsi que Black, le traître à son sang, et aussi accompagnée de ce très cher Lupin, l'ami des bêtes. Il ne reste plus que toi, très chère Lena, s'avança Zabini, accompagné de sa bande de Serpentard.
Les Gryffondors sortirent leurs baguettes, devant les Serpents venimeux qui étaient déjà armés.
- Aimerais-tu, ma toute belle, connaître le même destin que ton feu oncle ? Ce serait dommage, une si jolie jeune fille. Zabini était très proche d'elle maintenant. Elle pouvait sentir son haleine tiède et fétide. A moins que ce n'était que son imagination ? Ne viendrais-tu pas dans nos rang et abandonner ces bâtards ? dit-il, en montrant le petit groupe du doigt. Un pouvoir tel que le tien pourrait être beaucoup mieux utilisé avec nous...
Lena le regarda dans toute sa hauteur. Il avait une tête et demi de plus qu'elle, ce qui n'était pas très difficile, vu son petit mètre soixante. Elle lui sourit, d'un sourire carnassier, et lui décrocha un direct gauche, comme elle tenait sa baguette de sa main droite.
Il était tombé, sous la puissance du choc, et avait sa main sur son nez ruisselant de sang. Il cracha (du sang, aussi, et assez curieusement, deux dents), aux pieds de Lena.
- Si jamais tu t'avises encore une fois de m'approcher, moi, ou mes amis à moins de cinquante mètres, je te promets non pas un nez et des dents cassés, mais bien pire que ça. Et maintenant dégage, à moins que tu ne souhaite que je te casse quelque chose d'autre.
Zabini, la main toujours sur le visage, fit un signe à ses amis de foutre le camp, et vite.
L'autre, McNair , à qui appartenant la voix haineuse, lança à Lena : « Attends toi à souffrir, et très fort. », avant de disparaître, à la suite de sa petite bande.
Le premier à retrouver la parole fut Sirius : « Tu m'épates. T'as vraiment un bon direct gauche. Vachement douée. On t'a influencée. Il sourit. C'est bien. » Il lui sourit, encore plus, d'un sourire éclatant. Après un court silence, Peter demanda : « Ton oncle est mort ? »
Contre tout attente, Lena éclata en sanglots. Elle s'enfuit en courant.
- Hey ! Lena ! Attends ! s'exclama Remus, en même temps que Lily, Tina, et Betty.
Remus se lança à sa poursuite, laissant les autres reprendre leurs esprits.

