Chapitre 16 - L'Ordre

- Ca suffit !
- Quoi ?
- Arrête de me chaperonner, Remus, je suis assez grand pour me gérer tout seul!
- Mais enfin, Sirius ! Ne fais pas l'enfant ! Va voir Mrs Pomfresh pour qu'elle te donne une potion Pimentine, tu es malade, et je ne tiens pas à l'être aussi !
- J'aurais l'air de quoi, avec de la fumée me sortant par les oreilles ! James va se moquer de moi ! Sirius prit un air boudeur.
- Et tu oses prétendre que tu n'as pas besoin de chaperon ! sermonna Remus, tu boudes comme un enfant capricieux !
- C'est juste qu'on ne s'est pas assez occupé de moi quand j'étais petit... fit semblant de pleurnicher Sirius.
- Allez, sourit Remus, viens.


Bettt était assise dans la Salle d'Etude. Elle dessinait un Sombral, qu'elle avait vu dans un livre. C'était pour le cours de Soins aux Créatures Magiques. Leur Professeur, Mrs Gobe-Planche, avait eu une allergie pendant qu'elle leur parlait des Sombrals, à la lisière de la Forêt Interdite. Entre des éternuements et des plaques violettes apparaissant partout sur les parties visibles de son corps, elle leur avait demandé de faire ce devoir et de prendre congé.
Tina, qui était au cours avec elle, était partie à la Bibliothèque faire des recherches pour son mémoire.
- Tu dessines vachement bien !
Betty sursauta : « Tom ?! Mais qu'est ce que tu fais là? Je suis vraiment contente de te revoir ! » Elle le serra dans ses bras et lui colla une bise sonore sur la joue.
- Désolé de t'avoir fait peur, fillette. Tom lui sourit.
- Je pense qu'on devrait partir d'ici, dit Betty. Mc Gonagall nous regarde d'un air sévère.
- Allons à la Bibliothèque, fit Tom après avoir salué son ancien Professeur de Métamorphose.

- Alors, fit Betty, impatiente, que fais-tu ici ? As-tu reçu ma lettre ?
- J'ai bien reçu ta lettre, Bilouille, ce matin, même. J'allais t'envoyer la réponse quand un hibou officiel de Dumbledore est arrivé.
- Il voulait que tu viennes ici, fit Betty, platement, mi figue, mi raisin. Ainsi il ne venait pas pour elle. Cachant sa déception, elle continua : « Qu'est ce qu'il te veut ? »
- Je travaille pour lui, commença Tom. En fait, il m'a engagé cet été... Promets moi que ça restera secret, grimaça-t-il. Alors que Betty acquiesça, il poursuivit : « Il m'a engagé dans l'Ordre. »
Il y avait dans le mot ordre une telle importance qu'il fallait obligatoirement une majuscule.
Si Tom espérait avoir produit un quelconque effet, il fut déçu, car Betty demanda: « Qu'est ce que c'est ? »


- Oh, Remus, tu es impossible ! s'exclama Lena avant d'éclater de rire. Comment veux-tu que nous arrivions à traduire ce texte runique si on ne fait que plaisanter?
- Je ne sais pas, Lena. Après tout, c'est toi qui doit trouver la solution en tant que future Ministre de la Magie, et, accessoirement, Tyran, dit Remus.
- Ok. Bon, on travaille une demi-heure, et on rigole la demi-heure suivante. Qu'en penses-tu ?
- C'est pas très sérieux, Lena, tout ça, fit Remus d'une voix faussement réprobatrice.
- Hé ! Regarde Sirius ! s'exclama Lena en pouffant. Il a pris de la Pimentine ?
- Je l'ai obligé, déclara fièrement Remus.
- Pourquoi il reste tout seul, à ton avis ? demanda Lena.
- On a l'air tellement pris dans notre travail qu'il ne veut sûrement pas nous déranger, fit Remus, malicieusement.
- Ca doit être ça ! dit Lena. Bon, on s'y remet ?


- Qu'est ce que tu fais, Tina ?
- Je commence mon mémoire.
- Oh, fit Lily. Je peux m'asseoir ?
- Bien sûr.
- Tu sais que tu n'es pas obligée, n'est ce pas ?
Lily s'inquiétait pour Tina. Depuis l'incident avec Sirius, elle se plongeait dans le travail.
- Oui, je sais.
- Ca parle de quoi ?
- Je ne sais pas encore. Je fais une liste de sujets qui ont l'air intéressants.
- Tu ne viens pas manger ? demanda Lily.
- C'est déjà l'heure de déjeuner ?
Tina n'avait pas l'air de se rendre compte du temps qui passait.
- Oui. Dis moi, fit Lily, ça fait combien de temps que tu travailles ?
- Oh... Ca doit faire moins de deux heures. Tina rougit devant le regard inquisiteur de Lily. Mais je n'ai pas séché, je t'assure ! Gobe-Planche a fait une crise d'allergie, et on a eu du temps libre.
- Allez, viens, on va aller se remplir l'estomac, dit Lily avec un grand sourire, arrachant de force Tina à son futur mémoire.


- Ca s'appelle l'Ordre du Phénix. C'est une « association » secrète dirigée par Dumbledore qui vise à espionner les Mangemorts pour déjouer leurs plans. En gros, quoi, précisa-t-il devant le regard mi-admiratif, mi-horrifié de Betty. On a un Quartier Général où les réunions ont lieu. Là, je dois aller lui faire mon rapport, termina Tom, fièrement.
- Si je te demandais qui en fait partie, tu me répondrais quoi ? demanda Betty.
- Je te répondrais que je ne peux pas te le dire. Secret professionnel, plaisanta-t-il.
- Pourquoi le Professeur Dumbledore t'a-t-il choisi ? Parce que tu travailles dans un bar ?
- Exact, fillette. Je peux voir ou entendre certaines choses, ça peut être utile, fit-il avec un clin d'oeil conspirateur.
- Ecoute, reprit-il, je vais te conduire à la Grande Salle, c'est l'heure de manger, d'accord ? Je vais chez Dumbledore. On se voit dimanche à onze heures, aux Trois Balais, okay ?

Ils marchèrent en silence jusqu'à la porte de la Salle.
- Bon, je te laisse, fillette, prends soin de toi, lui dit-il en la serrant dans ses bras.
- Toi aussi, lui répondit difficilement Betty, car elle subissait « l'étreinte de l'ours » des bras puissants de son ami.

Une fois dans la Grande Salle, elle dit à ses amies, en chuchotant, ce qui était difficile, vu le bruit : « Les filles, vous savez ce qu'est l'Ordre du Phénix ? »


- Vraiment ? fit James, une fois que Betty eut fini ses explications.
- Eh oui, dit-elle, en buvant un verre de jus de citrouille.
- C'est bizarre... Il était plongé dans ses pensées.
- Qu'est ce qui est bizarre, James ? demanda Sirius.
- Mes parents... Ils en font partie, mais n'ont jamais voulu me dire ce que c'était. Il fronça les sourcils. Je comprends maintenant...
- Tu comprends quoi ? demanda Lily impatiemment.
- Leurs petits secrets à propos de leur temps libre, voilà ce que je comprends ! Pourquoi tu t'intéresses à ça ? Et puis, excuse-moi, mais ça te regarde en quoi ?!
- Ah, fit Lily, étonnée. Elle rougit. Excuse-moi, c'est vrai que cela ne me regarde pas.
- James ! s'écria Lena, regarde !
Plusieurs étudiants étonnés tournèrent la tête vers Lena. Elle sourit, embarrassée, en leur faisant signe que ce n'était rien.
- Mais regarde, bon sang !
- Regarder quoi ? demanda stupidement James, l'air étonné.
- Derrière toi ! Tu le fais exprès ? Dépêche toi, il va s'asseoir !
James tourna la tête vivement. Il s'exclama « Oh ! », et se tourna vers Lena : « Tu as raison, c'est bien lui »
- Alors voilà, dit Lena. Qui se propose pour aller lui parler ?
- Mais Lena, de quoi tu parles ? demanda Tina, qui jusque là n'avait pas ouvert la bouche.
- Sandy, c'est bien ça ? demanda Remus, même si sa question sonnait comme une affirmation.
- Effectivement, fit Lena.
- Quelqu'un peut m'expliquer ? demanda Peter. De quoi parlez-vous ?
- Peter, dit Betty avec une voix qui montrait qu'elle devait puiser loin dans les limites de sa patience, Sandy, tu ne te rappelles plus ? Le garçon cliniquement mort...
- Ah, oui ! s'exclama Peter, j'avais oublié.
Betty lui sourit. Elle le traitait durement, ce pauvre garçon, parfois. Ce n'était pas sa faute s'il n'était pas très intelligent.
- Je veux bien aller lui parler, déclara Lily. Mais pour lui dire quoi ?
- Comment il s'appelle, par exemple. Fais ami-ami avec lui, lui dit James, avec un sourire encourageant.
Lily pouffa : « Et pour quelles raisons irais-je faire ami-ami avec lui, James ? Il me faut une raison crédible. »
- Tu devrais penser à le trouver mignon, dit Tina, décidée à s'engager dans la conversation.
- Je dirais plutôt qu'en tant que Préfète de Gryffondor, Lily devrait plutôt lui proposer son aide dans une matière quelconque, dit Remus avec une grimace.
- Mais il n'est même pas à Gryffondor ! dit Betty.
- Et alors ? Il suffit d'une bonne raison, c'est tout, dit Sirius. Ah, venez, on va être en retard au cours d'Histoire.
- Depuis quand tu t'occupes d'arriver à l'heure aux cours, Sirius ? demanda Peter.
- Depuis que je l'ai décidé. Ce fut sa seule réponse.

- La bataille de Grinderwald en 1945 fut gagnée par le Professeur Dumbledore, votre actuel Directeur, jeunes gens, dit Binns de sa voix monotone.
- Si seulement il avait de la passion pour son cours, chuchota Betty entre deux bâillements, il pourrait nous la faire partager et on serait peut-être plus motivés pour ne pas s'endormir à son cours...
- C'est vrai, mais ça n'empêche pas James et Sirius de jouer à tic-tac-toe au lieu de ronfler, dit Lily avec un sourire.
- J'ai gagné ! s'exclama doucement Sirius. Héhé, James, tu vas devoir danser en costume de danseuse hawaïenne, ce soir ! Et pas question de te défiler ! Remus en est témoin, pas vrai, Lup' ?
- Ouaip. Remus paraissant extrêmement serein. Il était tout à fait à son aise, sa chaise à moitié contre le mur, et il se balançait, ne prenant aucune note, laissant ce soin à Peter. Celui-ci s'en arrachait d'ailleurs les cheveux.
- Dis moi, Tina, comment ça va ?
- Oh, bien, répondit cette dernière.
- Mais encore ? insista Lena.
- Je lui ai écrit une lettre. Trois, en fait. Et j'ai reçu la sienne en même temps que je lui envoyais les miennes. Il m'a répondu, mais je n'ai encore rien trouvé de bien à lui répliquer.
- Tu devrais peut-être ne rien lui écrire et lui parler en face, non ? Ce serait une bonne idée, qui sait ? proposa Lena.
- Tu as peut-être raison. Elle sourit à Lena, sourire faux qu'elle servait toujours depuis moins d'une semaine à tout le monde, même si elle savait que ses amies n'étaient pas dupes.

- Donc, je m'avance vers lui à la Bibliothèque et je lui demande s'il a besoin d'aide, c'est bien ça ? Ensuite je me présente et je suis souriante et serviable, un peu comme une serveuse est obligée d'être, hein ?
Lily était un peu stressée. Elle n'avait pas encore vraiment l'habitude de mentir et de se servir d'un pauvre enfant innocent pour les desseins de ses amis.
- Mais oui, ne stresse pas, Lily Jolie, la rassura James. Si tu veux, je peux te faire un bisou en signe d'encouragement. Il s'arrêta, horrifié par ce qu'il venait de dire, devant les rires moqueurs de ses (prétendus) amis qui se moquaient allégrement de son dérapage verbal. Ils savait que ça allait le suivre toute sa vie.
- Okay, dit simplement Lily qui avait néanmoins rougit sous le compliment et la proposition, j'y vais, murmura-t-elle en déposant très rapidement ses lèvres sur la joue brûlante de James.

- Tiens, tiens, c'est notre petit Potter avec sa clique et sa petite copine la Sang de Bourbe ! s'exclama une voix haineuse.
- Oh, mais qui vois-je ? s'exclama une autre voix, froide et plus forte, cette fois. Cette chère Wells, l'autre Sang de Bourbe, accompagnée de son futur gendre, Pettigrow, avec la garce de l'école, ainsi que Black, le traître à son sang, et aussi accompagnée de ce très cher Lupin, l'ami des bêtes. Il ne reste plus que toi, très chère Lena, s'avança Zabini, accompagné de sa bande de Serpentard.
Les Gryffondors sortirent leurs baguettes, devant les Serpents venimeux qui étaient déjà armés.
- Aimerais-tu, ma toute belle, connaître le même destin que ton feu oncle ? Ce serait dommage, une si jolie jeune fille. Zabini était très proche d'elle maintenant. Elle pouvait sentir son haleine tiède et fétide. A moins que ce n'était que son imagination ? Ne viendrais-tu pas dans nos rang et abandonner ces bâtards ? dit-il, en montrant le petit groupe du doigt. Un pouvoir tel que le tien pourrait être beaucoup mieux utilisé avec nous...
Lena le regarda dans toute sa hauteur. Il avait une tête et demi de plus qu'elle, ce qui n'était pas très difficile, vu son petit mètre soixante. Elle lui sourit, d'un sourire carnassier, et lui décrocha un direct gauche, comme elle tenait sa baguette de sa main droite.
Il était tombé, sous la puissance du choc, et avait sa main sur son nez ruisselant de sang. Il cracha (du sang, aussi, et assez curieusement, deux dents), aux pieds de Lena.
- Si jamais tu t'avises encore une fois de m'approcher, moi, ou mes amis à moins de cinquante mètres, je te promets non pas un nez et des dents cassés, mais bien pire que ça. Et maintenant dégage, à moins que tu ne souhaite que je te casse quelque chose d'autre.
Zabini, la main toujours sur le visage, fit un signe à ses amis de foutre le camp, et vite.
L'autre, McNair , à qui appartenant la voix haineuse, lança à Lena : « Attends toi à souffrir, et très fort. », avant de disparaître, à la suite de sa petite bande.
Le premier à retrouver la parole fut Sirius : « Tu m'épates. T'as vraiment un bon direct gauche. Vachement douée. On t'a influencée. Il sourit. C'est bien. » Il lui sourit, encore plus, d'un sourire éclatant. Après un court silence, Peter demanda : « Ton oncle est mort ? »
Contre tout attente, Lena éclata en sanglots. Elle s'enfuit en courant.
- Hey ! Lena ! Attends ! s'exclama Remus, en même temps que Lily, Tina, et Betty.
Remus se lança à sa poursuite, laissant les autres reprendre leurs esprits.
Chapitre 16 - L'Ordre

# Posté le samedi 22 avril 2006 07:15

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:30

Chapitre 17 - Quand tout va mal... Rien ne va

Remus courait. Il ne faisait que courir. Toute sa vie, il n'avait fait que fuir. Au début, il fuyait l'amitié de ses meilleurs amis, s'en sentant indigne. Il fuyait les gens, comme s'il était atteint d'une maladie contagieuse. Il se sentait souillé, oppressé. Il ne pensait pas avoir le droit de vivre. Il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était demandé s'il avait le droit. Le droit de vivre ce qu'il vivait. Il était si heureux...
Mais en même temps tellement triste. La vie est parfois injuste, tellement injuste. Et quand ses amis avaient découvert ce qu'il était, la bête immonde qu'il devenait quand la lune était pleine, il leur avait dit : « Je vais aller demander à Mc Gonagall de me changer de dortoir, si vous voulez » Il avait douze ans. Il s'était mis à pleurer- avec retenue, bien sûr, avec James, Sirius et Peter, quand ils l'avaient serré dans leurs bras, et quand ils lui avaient dit que maintenant ils seraient unis pour toujours. Et ils avaient éclaté de rire quand Peter lui avait raconté tout ce qu'ils (ses meilleurs amis) avaient fait pour découvrir ce qu'il avait réellement.
Il avait tenté de leur expliquer, le pourquoi du comment, mais un regard en direction de James, Sirius, ou Peter lui avait fait comprendre que ce n'était pas la peine de raviver les plaies qui n'étaient même pas encore cicatrisées.
Mais Remus n'arrivait pas à se sentir digne d'eux. Cette amitié solide, prête à toutes épreuves, il ne pensait pas y avoir droit.
Son père avait failli le tuer, en lui tirant dessus avec des balles d'argent. Oh, oui, Remus s'en souvenait comme si c'était en train de se passer en ce moment même.
Il pensait que son père ne savait pas que c'était lui, Remus, son fils, le loup-garou. Il le savait ? Son père lui avait jeté un regard de tel dégoût quand il avait découvert Remus, à neuf ans, mordu, que sa mère s'était mise à pleurer en retenant son père qui avait visiblement envie de le frapper, en essayant de l'apaiser. Remus savait que son père était un tireur hors-pair, et que s'il l'avait raté, c'était intentionnellement. Peut-être n'aurait-il pas du le rater, justement... Ca lui aurait évité tant de souffrances, mais en même temps Remus ne voulait pas mourir, il aimait trop vivre pour ça, même si en ce moment, par exemple, il se sentait mal, tellement mal. Il était si triste...
Le cours de ses pensées fut interrompu par des sanglots étouffés. Ils venaient de la volière. Remus s'approcha, à pas feutrés, pour apercevoir Lena assise dans un coin, elle caressait une chouette effraie.
- Remus, dit-elle.
Elle leva ses yeux vers lui.
- Tu es venu, constata-t-elle. Pourquoi ?
Remus franchit la distance qui le séparait de Lena et s'accroupit face à elle. Il posa ses mains sur les genoux de Lena et lui répondit : « Dans de tels moments, ce n'est jamais bon de rester seul. Même si on le désire, on se rend compte que ce n'est pas une bonne idée. » Le chouette s'envola. « On est seul, on a froid, et personne sur qui pleurer. » Il sourit. « Voilà pourquoi je suis venu. J'avoue aussi que ma curiosité m'a piquée. » Il leva son visage plein de larmes et lui sourit. « Je suis là. Maintenant, si tu veux que je partes, je le ferai. D'accord ? » Lena hocha la tête. « Reste. » Elle tenta de lui sourire, mais le résultat n'était pas très convaincant.
Remus lui tendit un mouchoir.
- Que s'est-il passé, avec Zabini ?



L'histoire avait fait le tour de l'école. Elle avait été véhiculée par Sirius Black, qui ne cessait de vanter le direct gauche de la petite grecque et le fait qu'elle avait cassé le nez et les dents de ce... Serpentard de Zabini. L'histoire n'était pas encore arrivée aux oreilles des Professeurs, mais ça ne saurait tarder.
- Il faut qu'on se venge, dit James. Je propose de leur faire subir la pire honte de toute leur vie. Plutôt bon, comme plan, non ?
- Bien sur, et tu ne penses pas qu'on risque le renvoi à revendiquer une attaque contre Zabini et sa bande? s'exclama Tina, c'est aussi intelligent que de les provoquer en duel dans un couloir rempli de Profs. Tina vit à la tête de James et de Sirius, ainsi que Peter que c'était exactement à quoi ils pensaient. Elle rit.
- Ah, non, je n'avais pas pensé au renvoi, fit James, embarrassé.
- Je sais quoi faire, dit Betty.
- Moi aussi, dit Lily, mais expose ton idée la première. Elle lui sourit.
- Je propose de me renseigner sur eux, premièrement. Savoir de quoi ils ont peur, en particulier Zabini et McNair. Je saurais me renseigner, j'ai des informateurs, expliqua-t-elle devant l'air septique de James et de Sirius. Elle leur sourit. Ensuite, je propose d'infester leurs douches, leurs malles, et leurs lits. Qu'en pensez-vous ?
- Pas mal, sourirent les garçons.
- Ensuite, ce qu'il faudrait faire, c'est les humilier publiquement, continua Lily. Je ne sais pas encore comment, mais j'y arriverai. Le seul truc qui cloche, c'est qu'ils vont nous en vouloir toute leur vie et qu'on se sera fait des ennemis. Mais bon, c'est plus malheureux pour eux que pour nous, pas vrai ? Nous, on sait se défendre intelligemment.
Lily avait une tête bizarre, entre l'envie de vengeance et le triomphe.
- J'ai trouvé. Je sais. Elle souriait, les yeux pétillants.
- Dis nous ce que c'est, alors ! fit Peter.
- Ce sera une surprise... Je vais à la Bibliothèque !




- Zabini, articula Lena avec dégoût. Oui... Son père, c'est lui, le Mangemort qui a tué mon oncle. Lena renifla avec difficulté. J'adorais Jean. C'était mon oncle préféré. Le frère de ma mère. Il travaillait au Ministère. C'était top secret, ce qu'il faisait, je n'ai jamais su. Il vivait en Grèce, mais il y a six ans, ou sept, je ne sais plus il est venu ici, en Angleterre. Mes parents l'ont hébergé, et je voyais bien qu'il y avait de l'électricité dans l'air. Il travaillait sûrement pour la lutte contre Voldemort (Remus remarqua que Lena avait dit son nom, mais il ne lui dit rien), je suis sure qu'il a fait partie de l'Ordre. Il savait ce qu'il faisait, les risques à encourir, la peur d'un espion, et tout ça. Je ne sais même pas pourquoi je te dis ça, tu sais. Il avait pris un appartement tout près de chez nous, et j'allais chez lui, pour le voir, tout simplement. C'est là que je l'ai vu. Mort. C'était horrible.
Lena chuchota, la voix complètement brisée.
- Il était en bas de l'escalier, qui menait à sa chambre. Ses cheveux étaient arrachés. Il lui restait quelques touffes sur son crâne, qui était en sang. Ses bras formaient des angles bizarres, j'avais l'impression que tous ses os étaient brisés.
Elle s'arrêta, pour reprendre son souffle. Elle se moucha et se passa rageusement les mains sur les yeux, qui étaient rouges et gonflés. Lena toussa.
- Il, il n'avait plus de main gauche. Il avait un moignon à la place ! Elle avait presque crié ces mots, en bégayant et en pleurant de plus belle.
- Je voyais les os blancs, brillants, qui dépassaient. C'est à ce moment là que j'ai vomi. Son visage était tuméfié. Ses yeux me fixaient, épouvantés. Sa bouche, pleine de croûtes, formait une grimace d'horreur. Sa robe de sorcier était brûlée, à certains endroits, je voyais sa peau brûlée à vif. Il avait de grosses blessures, profondes, là où du sang avait séché. Il lui manquait une chaussure.
Lena s'arrêta. Elle garda le silence pendant plusieurs minutes.
- Je voyais sa baguette brisée, à côté de lui. Elle semblait écrasée.
C'est à ce moment là que j'ai entendu des transplanations et des voix. Je me suis approchée discrètement, dans la mesure du possible. Il y avait sept types. Cagoulés. J'ai su reconnaître leurs voix, quand les Aurors me l'ont demandé, plus tard. J'ai même vu un visage. Le père de Zabini, qui avait enlevé sa cagoule. Après un moment ils ont re-transplané, et c'est à ce moment là que je me suis évanouie. Je me suis réveillée à St-Mangouste, et les Aurors étaient là. Je m'étais souvenue de tout, sauf du visage que j'ai vu. Réaction post-traumatique, comme on dit, scientifiquement. C'était le premier juillet. Je viens de m'en souvenir, il y a une demi-heure, quand Zabini était près de moi. Voilà, tu sais tout.
Et Lena, qui s'était calmée jusque là, recommença à pleurer.


Betty marchait rapidement. Ses cheveux blonds et bouclés volaient derrière elle.
- Ah, enfin, te voilà ! susurra une voix mielleuse.
- Excuse-moi, mais je n'ai que deux minutes de retard ! s'exclama-t-elle en jetant un coup d'oeil à sa montre.
- Soit, répliqua le jeune homme. Je n'ai pas que ça à faire, tu me fais perdre mon temps.
- Ben voyons ! ricana Betty, tu dois sûrement assister à une réunion top secrète au fin fond de tes cachots. Elle grimaça, réalisant que si elle se moquait de lui son plan pourrait tomber à l'eau. Il fallait qu'elle soit gentille. Ou du moins respectable.
- Voyons, Wells, pourquoi m'as-tu fait venir ?
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins. J'ai besoin de savoir de quoi ont peur McNair et Zabini.
- Pourquoi devrais-je t'en informer ? demanda le Serpentard, caché derrière une statue.
- Tu dois t'en douter, non ? s'exclama Betty avec acidité.
- Non, je ne m'en doute pas. Alors ? fit-il, en haussant le sourcil.
- A cause de ce qu'ils ont fait à Lena, voyons !
- Tu vas me dire que ton amie ne s'est pas assez bien défendue toute seule... je n'aurais jamais imaginé la petite Dimitriadis frapper qui que ce soit, mais nous ne sommes pas là pour en discuter, pas vrai ? Betty aurait juré voir l'ombre d'un sourire frémir sur les lèvres de son interlocuteur. C'est typiquement Gryffondoresque de s'occuper de défendre de ses amis alors que ceux-ci n'ont rien demandé, n'est ce pas ? Soit, continua-t-il, en voyant le bouche de Betty s'ouvrir d'indignation, je peux te conseiller. Mais qu'aurais-je en contre partie ?
- Je... commença Betty. Qu'est ce qui te ferait plaisir ?
- Plaisir ! ricana le jeune Serpentard. Rien d'autre ne pourrait me faire plaisir qu'écraser ce stupide Potter, mais je ne peux pas te demander cela vu qu'il fait actuellement partie de tes amis, mmh ? Voyons voir... Dans ce cas, je te demanderai quelque chose d'autre. Laisse moi réfléchir. Viens dans dix minutes à la lisière de la Forêt Interdite.
Et il la planta là, derrière la statue de la Sorcière Borgne, sa cape volant derrière lui.


Remus était bouleversé. Que pouvait-il faire ? La vie de Lena était menacée, si les Mangemorts étaient au courant qu'elle les avait vus, et lui il était là comme un crétin à la regarder pleurer dans ses mains. Si seulement il pouvait la réconforter. Lena avait vu des choses terribles, et apparemment c'était la première fois qu'elle se confiait à quelqu'un. Comment pouvait-elle faire semblant et vivre normalement après une telle tragédie ! Il se demandait s'il pouvait tenter quelque chose de réconfortant, mais quoi ? Il n'avait aucune connaissance en matière de filles, et encore moins en matière de consolation ! Il commençait à trouver sa position inconfortable, ça faisait vingt minutes qu'il se tenait accroupi devant elle. Il se leva, s'assit à côté d'elle et lui prit la main. Après quelque secondes, Lena se blottit dans le creux de son cou. Remus frissonnait, et il était certain que ce n'était pas de froid. Il se maudit d'avoir de telles pensées en de telles circonstances, et se mit à lui caresser les cheveux, se demandant honteusement si c'était une chose à faire quand une fille pleurait. Sûrement mieux que de lui donner de petites tapes dans le dos.


- Mais à quoi tu joues ? Tu veux organiser un parcours fléché, c'est ça ? Tu aurais pu m'envoyer un carton d'invitation, au lieu de...
- Chuuuut ! chuchota le Serpentard caché derrière un arbre. Tais-toi ! Tu veux nous faire repérer ? Il la tira et elle se retrouva collée à lui derrière l'arbre. Elle se dégagea en deux secondes.
- Qu'est ce que tu fais ! s'exclama Betty, furieuse.
- Tu penses vraiment que c'est mon genre de donner rendez-vous à une fille dans la forêt et d'inventer une quelconque excuse pour qu'elle se rapproche de moi ? Il ricana. Regarde plutôt par là.
Betty rougit. Il y avait des élèves qui étaient tout près. Dans sa petite tête elle s'était imaginée (avec dégoût, c'est vrai) que son cher espion prenait des initiatives pour sortir avec elle. Elle interrompit ses pensées, honteuse et demanda : « Pourquoi m'as-tu donné rendez-vous ici après dix minutes ? C'était trop dangereux pour toi de rester quelques secondes de plus derrière la statue de la Sorcière Borgne ? »
- Exactement. Et puis il fallait que je réfléchisse.
- Réfléchir ? demanda stupidement Betty. A quoi ?
- A ce qui pourrait me faire plaisir, voyons !
- Ah. Qu'est ce que c'est ?
- Je veux que tu m'invites au Bal de Noël.
- Tu rigoles ?! s'exclama Betty, cachant mal son horreur.
- Evidemment. Il haussa les yeux au ciel. Sérieusement, je voudrais un livre.
- Lequel ?
- Mille et unes potions efficaces en tout genre, du Professeur Folet.
- Mais il ne fait pas partie de la Bibliothèque, si ?
- Non, je t'aurais demandé autre chose, sinon.
- Il te le faut pour quand ?
- Le vingt-deux novembre.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est mon anniversaire, expliqua-t-il, d'une voix lasse.
- Oh. Betty sourit. Tu auras dix-sept ans ?
- C'est ça.
- C'est chouette.
- Très, répliqua-t-il avec ironie. Ecoute, je peux te dire que McNair déteste les grenouilles et les sauterelles. Et les Sang de Bourbes, mais ça j'imagine que tu t'en doutes. Et Zabini, lui, déteste tout ce qui grouille. Satisfaite ?
- C'est cher payé pour un livre, ça, dit Betty.
- N'oublie pas que c'est mon anniversaire !
- Ca l'est vraiment ? demanda Betty en haussant le sourcil.
- Oui. En plus, McNair est gay. Enfin, en passe de le devenir. Il a des magazines très intéressants en dessous de son lit. Son interlocuteur ricana. Zabini n'est pas très costaud. Je peux te dire en effet, en étant son colocataire, qu'il est mou, flasque assez mal fourni. Il étira ses lèvres en un rictus moqueur.
Betty éclata de rire, en mettant ses mains sur sa bouche pour en atténuer le bruit.
- Merci !
Comme elle voyait son informateur partir, elle lui demanda :
- Pourquoi tu fais ça pour moi, qui suis une Sang de Bourbe ? C'est la charité qui se moque de l'hôpital !
Il se tourna et la regarda.
- Peut-être que je n'ai rien contre les Moldus et les enfants de ceux-ci. Peut-être que je t'apprécie à ta juste valeur.
Severus Rogue laissa Betty seule dans la Forêt, après un signe d'au revoir, abasourdie par ses dernières paroles.


Photo : Lena Dimitriadis
Chapitre 17 - Quand tout va mal... Rien ne va

# Posté le samedi 22 avril 2006 07:24

Modifié le samedi 23 décembre 2006 06:39

Chapitre 18 - Comme si de rien n'était

- Il faut que tu ailles voir Dumbledore.
Lena était face à un miroir dans les toilettes des filles du Deuxième Etage.
- Non, Remus. Pourquoi, d'ailleurs ?
Elle s'aspergeait le visage d'eau, mais les plaques rouges qui apparaissaient sur son visage quand elle pleurait ne partaient pas. Et ses yeux étaient toujours aussi gonflés. Si seulement elle pouvait se souvenir de ce Sortilège que Betty lui avait appris pour qu'elle n'ait pas une tête de cadavre déterré !
- Pourquoi ? Mais pour lui parler de Zabini !
Remus avait failli laisser échapper une exclamation exaspérée. Parfois, il avait vraiment l'impression que ses interlocuteurs ne l'écoutaient pas.
- Oh, pour ça. Oui, j'irai le voir après le dîner. Ou demain.
Lena avait l'air extrêmement détendue, pour quelqu'un qui avait de nouveau vécu un traumatisme.
- Je pensais que tu voulais que j'aille voir le Directeur à cause de la bagarre avec Zabini Jr, expliqua-t-elle devant le regard interrogateur de Remus.
- Comme je si voulais que tu te dénonces, fit-il, gentiment.
- C'est marrant. Tu as vu, quand nous sommes descendus de la volière, il y avait plein de petits de Première ou Deuxième Année qui me regardaient bizarrement. Ils chuchotaient à mon passage.
- Oui. Remus sourit. C'est sûrement Sirius, ou James, ou les deux, qui ont raconté l'histoire a quelqu'un qui l'a fait véhiculer dans toute l'école.
- Super ! Maintenant j'ai une réputation de boxeuse !
- C'est bon à savoir ! dit Remus en souriant, imité par Lena.



- J'ai ce qu'il faut ! Partons à la chasse aux asticots ! s'exclama joyeusement Betty aux garçons qui étaient attablés dans leur Salle Commune.
- Maintenant ? demanda bêtement James.
- Pour qui ? Zabini ou McNair ? continua Sirius.
- Des bestioles grouillantes pour Zabini et une invasion de sauterelles et de grenouilles pour McNair. J'ai aussi appris que celui-là avait de la lecture sous son lit. Elle s'arrêta, satisfaite. Devant l'air impatient des trois Maraudeurs, elle précisa : « Des magazines gays. »
Sirius, James, Peter et elle éclatèrent de rire.
- C'est pas vrai ! articula James.
...
- Qui est ton informateur, qu'on lui fasse un ovation ? demanda Sirius entre deux hoquets après dix minutes de fou rire.
- Ca, fit Betty en s'essuyant les yeux, je ne peux pas vous le dire !
- Je comprends, dit Peter. Mais quand irions-nous chercher des insectes ?
- A Pré-Au-Lard, commença Betty.
- On aura l'air con avec nos épuisettes et nos bocaux dans la boue ! s'exclama James.
- Je te rappelle que tu es un sorcier ! On trouvera bien un moyen de faire ça incognito ! Et puis d'où tu connais ces mots ?
- En cours d'Etude des Moldus, on a parlé de la pêche aux vers, pour pêcher, justement, expliqua James.
- Pour ta future belle-famille, c'est ça ? demanda Betty avec un sourire, tandis que Peter ricanait.
- Hein ?
- Tu suis ce cours pour ta future belle-famille, pas vrai ?
Rouge jusqu'à la racine des cheveux, James marmonna quelque chose d'inaudible à l'intention de Betty.
En voyant Tina arriver dans la Salle Commune, Sirius se leva et l'interpella : « Il faut qu'on parle. Je crois ?»



Lily était assise à une table reculée de la Bibliothèque. Plusieurs livres étaient ouverts autour d'elle et elle gribouillait quelque chose d'illisible sur un parchemin.
- Bonjour, fit une voix.
Lily leva la tête et écarquilla les yeux en voyant Sandy debout devant elle.
- Bonjour, bégaya Lily, qui es-tu ?
- Je m'appelle Donald McIntosh, et je suis en Deuxième Année à Serdaigle.
- Oh, fit stupidement Lily. Euh, assieds-toi, lui dit-elle en regardant le garçon toujours debout face à elle. Ses yeux étaient bleus et vifs.
- Tu es bien la Préfète de Gryffondor ? demanda Sandy - ou Donald.
- Oui, c'est bien moi. Tu as un quelconque problème ?
Lily savait bien que s'il avait un problème, il se serait adressé au Préfet de sa Maison, mais elle essayait d'avoir une conversation avec le petit Serdaigle.
- Oh, non, aucun, dit Donald en souriant. C'est juste que le garçon là-bas veut t'inviter au Bal.
- Hein ? s'exclama Lily. Elle regarda dans la direction indiquée, et remarqua avec horreur que c'était un pauvre type édenté de Poufsouffle.
- C'est bizarre, ça, fit Lily en essayant de changer la conversation, je ne t'ai pas vu à l'école en septembre.
Le visage souriant de Donald se ferma.
- Non, c'est vrai. J'étais malade.
- Pas trop grave, j'espère ? s'enquit Lily, nerveuse et consciente d'avoir touché un point sensible.
- Une leucémie. Rien de bien important, fit-il. Je vais y aller, après tout j'ai fait ce que ce type m'a demandé de faire, continua-t-il avec un regard en direction du garçon qui souriait de toutes les dents qui lui restaient.
Lily essaya de voir s'il y avait une trace d'ironie dans la voix du jeune garçon quand il avait répondu à sa question, mais il n'y en avait aucune.
- Au revoir, dit Donald.
- Salut, répondit piteusement Lily.
Elle rangea les livres à leur place, fourra le parchemin dans son sac, et s'approcha du garçon qui avait visiblement l'air d'attendre sa réponse.
- Désolée, mentit honteusement Lily, mais j'ai déjà un cavalier.
- Ok, fit le jeune homme, déçu. Ce n'est pas grave.



- Ici, je pense que c'est parfait.
Sirius poussa la porte d'une salle, où se trouvaient plusieurs fauteuils, une table au centre de ceux-ci et une armoire qui ressemblait à un garde-manger.
- Où est ce qu'on est ? demanda Christina en avançant prudemment, comme si elle s'attendait à tomber dans un piège.
- Dans la Salle sur Demande, expliqua fièrement Sirius. Cette salle peut se transformer en tout ce que tu souhaites.
- Vraiment tout ? demanda Tina, qui était émerveillée.
- A ma connaissance, oui. Remus m'a dit une fois qu'il a réussi à faire apparaître un cheval, mais je ne sais pas si c'est vrai...
Sirius était content de retrouver l'ancienne Tina, celle qu'elle était avec lui avant qu'il ne fasse tout foirer entre eux deux, même s'il se doutait qu'elle allait de nouveau s'enfermer dans sa bulle quand ils discuteraient.
Tina ferma les yeux, se concentra un instant, et dans un 'pop', une guitare apparut.
- Waouh ! Trop génial ! Quand as-tu découvert cette salle ?
- En Première Année, on essayait d'échapper à Rusard qui nous pourchassait, et on était coincés, ici, parce qu'O'Connor arrivait de l'autre côté, quand une porte est apparue dans le mur. C'était cette salle qui s'était transformée en placard à produits de nettoyage à notre demande! On a pu leur échapper. Sirius sourit à ses souvenirs.
- Ecoute, reprit-il, si je t'ai emmenée ici, c'était pour...
- Qu'on discute, je sais, termina Tina. Vas-y, je t'écoute.
Sirius s'assit dans un fauteuil, suivit de Tina. Il se concentra quelques secondes, et commença : « Voilà... »



- Oh, tant pis !
- Quoi ? demanda Remus, étonné.
- Je n'arrive plus à me souvenir de ce sortilège !
- Lequel ? Je pourrais peut-être t'aider ?
- Non, je ne crois pas, dit Lena avec un sourire mutin. C'est un sortilège de filles.
- Hein ? s'exclama Remus.
- Oui, tu sais, pour avoir l'air fraîche et pimpante alors qu'on a passé la nuit à réviser, par exemple.
- Oh !
- Tu es très éloquent, aujourd'hui, Remus.
- Je... Remus rit. Tu as raison. C'est juste que... Je ne pense pas que tu aies vraiment besoin d'utiliser ce sortilège.
- Moi, si. Regarde ! j'ai une tête de déterrée !
- Nan, je ne trouve pas. Tu es très belle, bafouilla-t-il, son visage couleur écrevisse
- Ah, euh, merci, dit Lena, écarlate.

Ce fut tout ce qu'elle trouva à répondre. Super, comme répartie brillante.
Le silence gêné fut interrompu par Mimi Geignarde qui se mit à hurler hystériquement en les menaçant de diverses malédictions s'ils ne décampaient pas de ses toilettes immédiatement.
Une fois dehors, Lena s'exclama : « Viens, on va aller voir le Directeur maintenant. »
- Maintenant ? demanda Remus.
- Oui, on a encore le temps avant de manger, après tout.
- Allons-y.



« Je peux te dire que tu n'y es pour rien. Le seul qu'il faut blâmer, c'est moi. Même si tu me reproches beaucoup de choses quand même. C'est marrant, tu sais. Enfin, ça ne l'est pas, mais en même temps si. C'est ridicule, en fait. Disons simplement que j'ai fait ça pour nous protéger. Te protéger de moi, et me protéger de toi. Laisse-moi finir, tu poseras les questions après. Disons que ça m'arrive d'être bizarre avec les gens, en particulier quand je les aime bien. Je suis ultra protecteur, donc dangereux. Ca peut paraître fou, mais c'est comme ça. J'ai pété les plombs, c'est vrai, et j'en suis vraiment désolé. Comment t'expliquer ? Tu es vraiment quelqu'un d'exceptionnel. Même si tu le sais déjà. Et je l'ai découvert pendant nos retenues. Sauf que, peu à peu, au fond de moi, quelque chose de bizarre se passait. Pour faire simple. (plutôt con, hein?) Hum...
Je vois à ta tête que tu n'es pas plus avancée. Moi non plus, en fait. Je peux juste te dire pour le moment que tu n'y es pour rien, et que moi seul suis responsable.
Quand j'aurais compris, je te ferai signe. »
Sirius se leva brusquement, faisant tomber le fauteuil en arrière.
- Merde !
Et il alla le relever, pour ensuite se tenir devant une fenêtre qui était apparue, laissant filtrer un soleil imaginaire dans la pièce.
- Tu m'as expliqué le « Ce n'est pas à cause de » et pas le « Parce que », en fait, c'est bien ça ? demanda Tina, qui regardait Sirius toujours accoudé au rebord de la fenêtre.
- C'est bien ça, dit-il en se retournant lentement.
Après quelques minutes de silence, Tina lança : « C'est bon ! On oublie ! »
- Pardon ? Sirius cligna des yeux plusieurs fois, comme s'il essayait d'émerger d'un sommeil particulièrement profond.
- On oublie ce qu'il s'est passé. On recommence sur de nouvelles bases. Et tu m'expliqueras ce qu'il s'est exactement passé quand tu seras prêt. Maintenant, si tu veux te faire pardonner, tu devras être très gentil, termina Tina avec un petit sourire timide.
- Ca, tu ne devras pas me le répéter deux fois ! s'exclama Sirius, tout joyeux.


- Ah, Lily, tu es là ! s'exclama James.
- Hein ? Oh, euh, oui.
- Ca va pas ? demanda Peter.
- Si, mais en fait, non, parce que j'ai rencontré Sandy qui s'appelle en fait Donald McIntosh, il est venu me parler parce que y'avait un moche type de Poufsouffle qui voulait m'inviter au Bal mais je lui ai dit que j'avais déjà un cavalier et puis Sandy (qui est en fait Donald) m'a dit qu'il avait eu une leucémie, rien de grave, mais c'est impossible parce qu'il était quand même malade et que tu l'as vu de tes yeux vu. Puis ses cheveux sont trop longs donc il m'a menti.
- Tu as un cavalier ? s'exclama James, horrifié.
- Une leucémie ? Rien de grave ? s'exclama Betty, horrifiée elle aussi.
- Euh, dit Peter. Désolé de pas avoir suivi le mouvement, s'excusa-t-il.
- Mais non, je n'ai pas de cavalier, dit Lily qui s'écrasa dans un fauteuil. Oui, une leucémie, mais il m'a menti. Vous avez vu ses cheveux ? Dans le monde Moldu, les médecins utilisent la chimiothérapie pour venir à bout de ce cancer, mais ici, je ne sais pas comment ça fonctionne, mais je pense que si les sorciers avaient trouvé une solution, ils l'auraient fournie aux Moldus, non ?
- Normalement, la chimiothérapie est efficace, mais pas à cent pour cent, réfléchissait Betty.
- Non, dit James. Enfin je n'en sais rien, mais mon père m'a expliqué une fois que les sorciers utilisaient une potion qui a en fait les mêmes propriétés de la chimiothérapie (ils ont juste changé de nom, par orgueil, je suppose), mais la potion fait aussi perdre les cheveux, à titre d'effet secondaire, par exemple. Ils en sont donc au même résultat, les Moldus et les Sorciers. Si seulement les scientifiques pouvaient s'unir, peut-être pourraient-ils trouver un autre remède moins contraignant...
- Je pensais que les sorciers ne s'occupaient pas des Moldus, dit Betty.
- Dans certains cas, si, répondit James.
- Dites, fit Lily, Remus et Lena ne sont toujours pas rentrés ?



- Tu connais le mot de passe ? demanda Remus qui se tenait devant les gargouilles.
- Non. Je n'avais pas pensé à ça, grimaça Lena. Tu le connais, toi ?
Remus eut un sourire victorieux.
- Ouais ! Mais je ne pense pas que le Directeur apprécie qu'on vienne le déranger.
- Me déranger à quel sujet, Mr Lupin ?
Le Directeur se tenait derrière eux, un sourire amusé flottant sur ses lèvres.
- Pourrions-nous en discuter dans votre bureau, Professeur ? Enfin je veux dire dans un endroit tranquille, pas au beau milieu d'un couloir, se rattrapa en vitesse Lena, consciente de son impolitesse.
- Mon bureau est assez tranquille, Miss, dit le Directeur. Suivez-moi.
Il lança à la gargouille : « Poltron ! Chimère ! » et la gargouille laissa place à un escalier en colimaçon.
- Prenez place, jeunes gens, leur dit-il une fois en haut, en s'asseyant lui même, les regardant par dessus ses lunettes en demi-lune.
Lena et Remus s'assirent, se jetant des coups d'oeils inquiets.
- En fait voilà, commença Lena, tout à l'heure, en voyant Zabini, je, euh...
- Oui, Miss Dimitriadis ? demanda Dumbledore, en croisant ses longs doits sous son menton, attentif et soucieux.
- Je me suis souvenue que son père faisait partie des Mangemorts qui ont tué mon oncle ! s'écria Lena avec un hoquet.
Remus, qui regardait Dumbledore, s'aperçut que celui-ci parut étonné un instant.
Le Directeur se leva, et arpenta la pièce.
Remus regardait Lena qui luttait contre ses larmes, gêné, ne sachant toujours pas quoi faire. Il décida finalement de faire comme n'importe qui aurait fait, il serra ses mains dans les siennes, non sans rougir stupidement.
- Tenez, mon enfant, fit Dumbledore en tendant un mouchoir à Lena.
- Je sais que ça va vous être difficile, reprit le vieil homme, alors je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous éviter de revivre cela encore une fois. Je vais appeler les Aurors, mais vous n'êtes pas obligée d'assister à l'interrogatoire. Je m'en chargerai moi même, si cela est trop dur pour vous. Néanmoins vous devez me donner certains détails, pour que je puisse régler cette histoire en une fois. Etes-vous d'accord ? demanda Dumbledore, soucieux du bien être de son élève.
- Je vais vous raconter, renifla Lena.




- Bah ça alors ! siffla Sirius, qui était assis en face de Betty.
- Ouais ! fit James. Mais je pensais qu'on devait attendre Lup et Lena.
- Bah, ça fait plus de deux heures qu'ils sont on ne sait où, on n'allait pas les attendre indéfiniment, pas vrai ? fit Tina.
- Je me demande ce qu'ils sont en train de faire, ricana Betty.
- N'oublie pas que Lena pleurait quand elle s'est enfuie, Bet, sermonna gentiment Lily.
- Justement ! ricana Sirius, je vous l'avais bien dit ! Il sauve les demoiselles en détresse, pas vrai, Peter ? plaisanta-t-il assez stupidement en lui collant une claque sur l'épaule.
- Entre temps, dit ce dernier en ignorant Sirius, on a trouvé un bon plan pour se venger des Serpentard !


Photo : James Potter
Chapitre 18 - Comme si de rien n'était

# Posté le mercredi 03 mai 2006 11:17

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:52

Chapitre 19 - Arrête de rêver !

Voler, loin d'ici, pour toujours, à jamais, seule, vivante, libre, heureuse, comme un ange exceptionnel, dans le ciel, longtemps, une sensation merveilleuse d'amour, de bonheur...
BOUM !
Elle voyait Tina, qui riait, riait, qui se moquait d'elle...
Ensuite Lily, qui la regardait avec des yeux emplis de pitié...
Et Lena, qui pouffait en la montrant du doigt.
Betty tombait, tombait, en voyant ses amies voler autour d'elle, qui portaient une chemise blanche, comme des anges...
BOUM !
Son père, quand elle avait cinq ans, qui la réprimandait fermement, parce qu'elle avait attendu le Père Noël, en se cachant derrière le fauteuil, et qu'il ne venait pas. Elle pleurait, tandis que son père lui hurlait qu'il n'existait pas !
Sa mère, quand Betty avait neuf ans, qui était tombée dans l'escalier (« C'est ta faute ! ») et qui avait perdu le bébé. C'était un garçon.
Sa grand-mère, quand elle avait dix ans, qui disait qu'elle n'était bonne à rien, lors d'un repas familial, et que personne ne prenait sa défense, baissant tous la tête.
Et ils tournaient tous autour d'elle, comme des ombres maléfiques, ricanant, hurlant, se déformant, pour se transformer peu à peu en...
BOUM !
- Aïe !
- Betty, ça va ?
Betty était tombée de son lit, en plein cauchemar. Elle leva la tête, et vit les trois têtes inquiètes de ses meilleures amies.
Ravalant les larmes qui lui picotaient les yeux, elle se leva et rit un peu nerveusement.
- Je suis tombée de mon lit, s'excusa-t-elle pitoyablement. Je faisais un drôle de rêve. Elle sourit, sans conviction. Désolée de vous avoir réveillées ! Je vais essayer de faire moins de bruit. Recouchez-vous, allez ! s'exclama-t-elle en chuchotant, tandis que ses amies hésitaient, la mine ensommeillée.

Betty se recroquevilla dans son lit, dans la position du foetus, en serrant fort contre elle le petit lapin qui ressemblait maintenant à une loque, qu'elle avait reçu de son grand-père maintenant décédé, quand elle était née.



- Lena ? C'est comment, déjà, ce sortilège que je t'ai appris, l'année passée ? demanda Betty qui contemplait sa mine affreuse dans le miroir de la salle de bains.
- Quel sortilège ? Il faut bien avouer que tu m'en a appris plusieurs, répliqua Lena.
- Tu sais bien, celui de coquetterie !
- Comme si t'avais besoin de ça ! T'es toute belle !
- Pas de matin, grimaça Betty en s'aspergeant pour la septième fois de l'eau fraîche sur le visage.

- Betty, tu as bien dormi ? demanda Lily, inquiète, qui se servait des céréales.
- Uh ?
Betty dormait à moitié dans son assiette, le coude sur la table, elle essayait de retenir sa tête qui tombait.
- Pas beaucoup, hein ? fit James.
- Pas trop, nan...
- Tu veux une potion d'après gueule de bois ? ricana Sirius.
- Nah ! J'ai pas la gueule de bois.
- Tu devrais peut-être aller à l'infirmerie, dit Lena.
- Non, cha va aller, bailla Betty, venez, on va être en retard en Botanique.


BOUM !
- Oh, pardon ! s'exclama Betty qui avait foncé dans un type robuste. C'était Rogue.
- Ce n'est rien, marmonna ce dernier en s'en allant.
- Hé ! fit Tina, je rêve ou Rogue a dit que ce n'était pas grave ?
- Je ne sais pas, répondit évasivement Betty.

- Vous allez bien, Mrs Wells ? demanda Chourave. Vous êtes toute pâle. Voulez-vous que quelqu'un vous accompagne à l'infirmerie ?
- Non, merci, Madame, ça ira, dit Betty en lâchant sa plante. Oups ! Désolée ! s'exclama-t-elle. Réparo !
- Laissez, ma grande. Mr Lupin va vous accompagner à l'infirmerie, dit gentiment le Professeur.

Devant les escaliers, Betty commença à voir flou.
- Wow ! s'exclama-t-elle faiblement en vacillant.
- Ca va ? s'enquit Remus qui accrocha fermement mais doucement son bras à celui de Betty.
- Oui, juste le manque de sommeil, chuchota-t-elle en tombant en avant, rattrapée par Remus.
- Allez, viens ! dit ce dernier en la portant presque.

Arrivés à l'infirmerie, Remus entra, sans frapper. Il surprit son Professeur de Métamorphose qui parlait doucement mais avec agitation à l'infirmière.
- Lupin ! s'exclama-t-elle, en faisant disparaître les parchemins posés sur la table.
- Désolé, Professeur, c'était ouvert, mentit honteusement Remus, qui portait toujours Betty.
- Que s'est-il passé ? cria Mrs Pomfresh.
- Elle dit qu'elle a mal dormi, expliqua Remus, mais personnellement je pense que c'est du surmenage...
- Qu'est ce que je vous disais, Minerva ! s'exclama l'infirmière, ces pauvres enfants ont beaucoup trop de travail ! Allons, mon garçon, posez là sur ce lit !
Tandis que Remus s'exécuta, elle lui cria, visiblement à bout de nerfs : « Merci, vous pouvez partir. Dites à ses amis qu'ils ne pourront pas venir la voir avant le déjeuner. Bonne journée ! »
Remus se fit congédier gentiment mais fermement, et sans perdre plus de temps, il se dirigea vers la Serre numéro six.


Betty se promenait, dans le centre de Londres, apparemment. Les gens étaient flous, il n'y avait qu'elle qui était visible dans toute cette masse humaine.
Elle marchait, pour s'arrêter à un café. Elle commanda un expresso, à en juger la tasse - elle qui n'en buvait jamais, et soudain, elle qui était une spectatrice extérieure au rêve vit par les yeux de Betty - ses yeux. Betty plongeait son regard dans le café, où des volutes de fumées s'échappaient lentement. Elle découvrit avec horreur un foetus dans le fond.
Betty s'arma de sa cuillère - et de courage, pour éviter que cette chose ne se noie. Mais les foetus ne peuvent pas se noyer, Betty ! hurla quelqu'un dans sa tête.
Mais la cuillère glissait sur le foetus, et Betty n'arrivait pas à sortir le petit de sa tasse de café. Il commençait à suffoquer, et sa soeur paniquait. Dans sa folie grandissante, elle lui lança un bout de sucre qui pourrait peut-être faire office de bouée. Mais le sucre fondait, et le foetus était recouvert d'un liquide jaune clair. Du liquide amniotique ! hurlait une voix dans la tête de Betty. Tu l'as tué ! Ton frère ! Il est mort par ta faute ! Ces phrases résonnaient dans son crâne comme des coups de poings violents.
Betty jeta un oeil dans la tasse qui était vide de café, a présent. Un foetus recroquevillé, orange et mort s'y trouvait. Mort, mort, mort, mort...
Soudain, le cadavre se métamorphosa en quelque chose de flou, qui bougeait, comme une scène de cinéma.
Betty plongea son regard dans le fond de la tasse (« Le cercueil de ton frère tué ! ») et se trouva sept ans en arrière.

Sa mère était couchée dans un lit d'hôpital, avec son père assis sur une chaise, à son chevet. Ils étaient faibles, malades.
Sa grand-mère était assise dans le fond de la chambre, avec un tricot à la main. Son regard haineux se darda sur la petite Betty terrorisée de neuf ans.
On frappa à la porte. « Entrez ! » s'exclama la vieille femme.
- Comment allez-vous ? demanda un jeune homme, qui, à en juger par sa tenue, était médecin.
- Comment va-t-elle ? MAIS COMMENT OSEZ-VOUS ! hurla la grand-mère de Betty. Ma fille a perdu son enfant, celui qu'elle désirait tant, par la faute de cette gamine ignoble, continua-t-elle en montrant la fillette blonde qui serrait un lapin dans ses bras, et vous lui demandez si elle va bien ! Vous êtes dépourvu de cerveau et de coeur, mon pauvre garçon ! Sortez immédiatement ! cria la vieille femme, possédée.
- Je vais appeler la sécurité. Venez, petite, dit le médecin en donnant sa main à Betty pour qu'elle la prenne. Je vais vous éloigner de cette atmosphère haineuse et dingue, que vous puissiez un peu respirer.
Betty, tremblante, prit la main du jeune docteur et se retourna pour voir sa grand-mère vociférer des atrocités à son égard et à celui du médecin.

Elle cligna des yeux.
- Où suis-je ? demanda-t-elle d'une voix pâteuse.
- A l'infirmerie, petite.
- James ?
- C'est moi, répondit ce dernier avec un sourire éblouissant. Comment tu te sens ?
- J'ai déjà vécu mieux. J'ai l'impression d'avoir dormi des heures.
- C'est le cas. Cinq heures.
- Ah. Betty rougit. Il l'avait vue dormir. Son visage était trempé. Où sont les autres ? demanda-t-elle.
- Ils arrivent bientôt, ils mangent, dit James. Ils mangeaient, plutôt, rectifia-t-il avec un sourire en voyant une joyeuse petite bande entrer dans l'infirmerie.




Betty n'arrivait pas à se sentir bien. Elle avait un sentiment de culpabilité énorme qui lui rongeait l'intérieur. Elle savait qu'elle n'avait pas fait tomber sa mère dans l'escalier. Sa mère l'avait accusée, imitée par sa grand-mère qui la détestait de toutes façons, alors qu'elle n'était pas responsable. Elle le savait, mais elle n'arrivait pas à se défaire de cette bestiole qui lui pourrissait les organes, ou quoi que ce soit d'autre. Son père, lui, avait toujours joué les indifférents. Il avait toujours voulu d'un garçon, pour pouvoir jouer au foot, chasser, jouer au billard, regarder des matchs de hockey sur glace, de boxe, manger de gros hamburgers, et plein de choses que Betty aimait faire même si son père refusait de trouver cela à son goût - ou de l'admettre, elle ne savait pas.
Il voulait un garçon ! Et le seul garçon qu'il avait pu avoir était mort.
D'une fausse couche, suite à une chute dans l'escalier.
Chute causée par le déséquilibre et le vertige de sa femme, enceinte.
Pas à cause d'elle !
La petite Betty, celle de neuf ans, avait pu retrouver un semblant de paix grâce au jeune médecin qui l'avait emmenée chez un psychologue.
Elle avait refoulé cette partie de sa vie dans un endroit reculé de son cerveau qui s'éveillait dans son subconscient.

Betty avala le contenu d'une fiole, et s'endormit d'un sommeil profond, sans rêves.


Photo : Betty Wells
Chapitre 19 - Arrête de rêver !

# Posté le mercredi 03 mai 2006 11:23

Modifié le samedi 23 décembre 2006 09:29

Chapitre 20 - Les Dieux veulent nous noyer

Il pleuvait sur les boutiques de Pré-Au-Lard. Il pleuvait sur la Tour de Gryffondor où les élèves broyaient du noir. Il pleuvait sur la cabane d'Hagrid qui était sûrement en train de se réchauffer devant un bon feu. Il pleuvait sur le Lac où même les créatures enfouies au fin fond de l'eau glacée ressentaient la pluie. Il pleuvait sur les créatures de la Forêt Interdite, sur le Stade de Quidditch, sur les gobelins asthmatiques, sur les amours, sur les étreintes, les fuites, les tristesses, les joies, les pensées.
Il pleuvait sur Poudlard.
Quelle vie.
- Excuse-moi.
- Mmh ? fit Lily en se retournant de la fenêtre où ruisselait eau et tristesse.
- Je ne voulais pas te déranger, commença James qui était debout face à elle, raide comme un piquet.
- Tu ne me déranges pas, coupa Lily. Elle se posta face à la fenêtre.
Un éclair zébra le ciel gris.
- Qu'est ce que tu veux? soupira-t-elle.
- Rien, répondit James qui fronça les sourcils. Je... je peux m'asseoir ?
- Evidemment, dit Lily en se bougeant les fesses de la banquette.
Après un long moment de silence, James se gratta la gorge.
- Tu devrais aller à l'infirmerie, lui dit Lily en lui jetant du coup d'oeil.
- Non, fit James. Enfin, je n'en ai pas besoin ! Qu'est ce que tu as ? demanda-t-il.
Un problème ?
- Si j'avais un problème, sache que je m'en serais déjà débarrassée toute seule ! s'exclama Lily avec une soudaine colère.
- Ok, te fâche pas ! dit James. Je m'en vais.
Ce qu'il fit.
- Pauvre crétin ! chuchota Lily en enfouissant sa tête dans ses bras, les yeux dans le vague.


- Oh, le joli hibou ! s'exclama Lena. Comment s'appelle-t-il ?
Elle tenait dans ses deux paumes ouvertes une petite boule de plumes gazouillante.
- Zeus, dit Remus en souriant. Il accrocha sa lettre à la patte de « Zeus ».
- Zeus, répéta Lena.
- Oui, on est très portés sur les prénoms grecs, dans la famille, expliqua Remus en lançant son hibou dans la pluie, après lui avoir dit la destination.
- Ah, non, dit Lena. Remus, c'est romain. Dans la légende romaine, Romulus, le frère jumeau de Remus, le tue pour régner sur Rome. Tu n'as pas de frère jumeau, j'espère ? grimaça Lena qui frissonnait sous les énormes gouttes de pluie qui lui martelaient le crâne.
- Quelle pluie pour une fin d'octobre ! s'exclama-t-elle.
- Non, pas de soucis, rigola Remus. Je n'ai pas de frère jumeau. Viens, descendons d'ici, il commence à faire trop froid.


- Ne me jetez pas de cailloux, mais j'ai l'impression de tenir la chandelle, marmonna Betty en se lissant les cheveux grâce à sa baguette.
Devant l'air horrifié de ses amis, elle précisa : « Tenir la chandelle de votre amitié, bien sur ! »
- Bien sur ! dit Sirius en s'enfournant une poignée de cacahouètes.
Il se mit à ouvrir la bouche en mâchonnant tout en se faisant passer pour Rogue, ce qui fit rire Tina qui plissait le nez d'un air dégoûté.
- Hum, fit Betty avec un petit sourire de circonstance. Je vais aller voir Lily. Ne vous occupez surtout pas de moi !


- Un conseil en passant, dit James, comme Betty s'approchait de lui, ne va pas voir Lily. Il était affalé sur son fauteuil préféré et regardait le feu qui dansait dans l'âtre.
- Pourquoi ? demanda Betty qui voyait l'air peiné de son ami.
- Je sais pas. Peut-être parce que le match de Quidditch a été annulé à cause de ce temps de chien ! Non, sérieusement, elle est énervée, et triste, aussi. C'est pourtant Halloween, ce soir ! Tout le monde est content quand c'est Halloween !
- Justement, dit Betty. Elle est tout le temps comme ça, quand c'est Halloween.
- Qu'est ce que cette date a d'important pour elle ?
James avait l'air intéressé.
- Elle dit qu'il pleut tellement qu'on dirait que les dieux veulent nous noyer.
Betty s'assit en face de James et se boucla les cheveux. Elle tapa la mesure d'une chanson imaginaire sur sa cuisse.
- Nous noyer ? sourit James. Bah, de toutes façons, elle a pas à s'en faire ! C'est le jour J !
- Il est toujours malade, Peter ? demanda Betty qui changeait de sujet comme de coiffure. Ses cheveux étaient tressés, à présent. J'ai l'air d'une pieuvre, comme ça ? demanda-t-elle en grimaçant.
- Non, ça te va bien. C'est joli. Il toussa. Ouais, il est toujours malade, sourit-il d'un air triomphant. La preuve que tout est ok pour tu-sais-quoi.


Lily se regardait dans la glace. Minutieusement, depuis au moins un quart d'heure. Ses amies avaient insisté pour qu'elle s'habille autrement que mal.
Le résultat étaient monstrueux. Elle avait l'air d'un jeu d'échec.

- Bon, elle sort ? Ca fait une demi-heure qu'elle est là-dedans.
- Tu commences à t'impatienter, Tina, c'est mauvais pour toi, dit Betty.
- Pourquoi mauvais pour elle ? demanda James.
- Elle se met à chanter ce qui est dangereux pour sa propre santé mentale, expliqua Lena.
- J'aimerais bien t'entendre chanter, moi, dit Remus.
- Il ne vaut mieux pas, dit Sirius, je l'ai entendue, c'était pire que la Grosse Dame quand elle a un verre de trop dans le nez.
- Hey ! s'exclama Tina en lui balançant une taloche. Fais attention à ce que tu dis !
- Tiens, tiens, voilà la reine du Bal, annonça Betty.
- Arrête de raconter n'importe quoi ! s'étrangla Lily.
James toussa, assez bruyamment
- Je crois que j'ai pris froid à l'entraînement, marmonna-t-il.
- C'est bon, vieux, respire, lui dit Sirius en lui claquant le dos, aidé par Remus.
- On va chercher Peter ? demanda Betty.



C'était magnifique. Lily jeta un oeil à ses amies pour voir qu'elles avaient des étoiles dans les yeux. Elle devait sûrement en avoir aussi.
Le ciel magique était, malheureusement, à l'image même du vrai ciel.
Les éclairs zébraient le ciel, et le tonnerre grondait.
Si un Ogre avait débarqué dans la Grande Salle à cet instant, Lily ne l'aurait pas entendu tellement il y avait du bruit.
Des citrouilles magiques volaient autour des bougies, et elles ricanaient diaboliquement. Leurs visages étaient tournés vers les élèves, et leurs traits horribles semblaient être réels.
Eveillée de sa contemplation, Lily s'assit sous le regard impatient de sa Directrice de Maison.
Le Professeur Dumbledore se leva.

Chers Elèves, commença-t-il.
BADABOUM !
Les élèves s'entre-regardèrent, se demandant si c'était une farce ou si tous les arbres de la Forêt étaient tombés en même temps sur le Château.
- James, demanda Lily, c'était prévu au programme?
- Je ne veux pas te faire peur, Lily, mais je pense que non, dit Sirius.
- A moins que... commença Remus.
- A moins que quoi ? demanda Peter, pas le moins du monde hystérique.
- Tiens, Peter, je ne t'avais pas vu ! s'exclama Tina. Comment tu vas ?
- Bien, bien, bafouilla-t-il, tandis que la terre tremblait.
- C'est bon, dit soudainement Betty, mon plan est actif.
Les tremblements s'arrêtèrent net.
- Ton plan ? demanda James avec une grimace idiote.
- Oui, mon plan ! Tu ne crois quand même pas que je n'allais rien faire ? Il m'a traitée de Sang de Bourbe ce £¤;/$%§&#@ !
- Quel vocabulaire ! On t'a influencée, dit Sirius avec un sourire éclatant. C'est bien.
- Hum, fit Lena. Tu ne nous en avais pas parlé !
- Non. Mais...
- Shhh ! fit Tina. Le Directeur se relève !

Chers Elèves, reprit-il, comme vous avez pu le constater, un tremblement de terre s'est manifesté pendant quelques secondes. Rien de cassé, j'espère ? demanda-t-il à la masse d'étudiants assis à leurs tables.
Bon, continua-t-il, je voulais tout simplement vous souhaiter une joyeuse soirée de All Hallow Even ! Bon appétit !

- Ca ne sert à rien de me regarder avec des yeux suppliants, Peter ! Je ne te dirai pas ce que c'est ! Mais ce soir, y'aura du spectacle, ah ça, ouais.
Betty souriait d'un air carnassier. Elle avait une drôle de tête avec ses tresses.
- En parlant de plan, sourit Lena. J'ai...
Un éclair déchira le ciel.
- Tu as peur de l'orage, Remus ? demanda-t-elle, étonnée.
- Non, dit-il d'un air préoccupé, mais j'ai senti quelque chose...
- Senti ? Comment ça ?
- Euh, l'intuition, si on veut, essaya-t-il de plaisanter, soudainement mal à l'aise.
- Les gars, dit James, si on mangeait ?
- Rien de tel pour couper la conversation de ceux qui n'en ont pas, sourit Tina. Tu me sauves du manque cruel de dialogue de Sirius...
- Il a faim, rien de plus. Il n'y a rien d'autre que de l'égoïsme dans sa proposition, fit Sirius. Dans le genre estomac sur patte, on fait pas mieux. Enfin si. Il y a Peter.
Ce dernier sursauta et fit tomber son bol de soupe quand le Baron Sanglant lui passa à travers le corps.
- Peter ! s'exclama Betty. De la si bonne soupe ! On n'a pas idée d'un gaspillage pareil !
- Désolé, marmonna Peter.
Lily toussa. Encore et encore. Elle était prise dans une quinte de toux.
- Hey, ça va, grande ? demanda Lena.
- Passe moi de l'eau au lieu de raconter n'importe quoi ! s'étouffa Lily.
SPLAAATCH
- Eh merde ! s'exclama Lily. Je suis désolée, James! Laisse moi te sécher !
Elle lui avait craché toute l'eau qu'elle essayait d'avaler dessus.
- Au moins, j'ai le mérite de t'avoir sauvé la vie, dit James avec une drôle de tête, trempé.
Il la regarda soudain comme si lui manquait quelque chose sur la figure.
- Quoi ? demanda Lily qui avait dégainé sa baguette.
- Je.. Euh.. Tu as de très jolies boucles d'oreilles.
De gros anneaux hypnotiseurs tournaient à ses oreilles.
James commençait à rouler des yeux.
C'était assez comique, de son point de vue. Encore un peu et il ferait tout ce qu'elle désirait. Muhahahaha.

- Attention, jeunes élèves ! fit Nick Quasi Sans-Tête (sans tête, cette fois) qui frôla Lena, (pour aller - sans doute, à la fête des fantômes, comme chaque année, qui avait lieu dans les cachots), qui chuta sur Betty.
- Ha ! s'exclama cette dernière en tombant à moitié sur un type à coté d'elle.
- Ca va ? demanda un beau brun aux yeux bleus de Septième Année.
- Oui, merci. Désolée, rougit Betty en se tenant correctement.
- Tu es bien Betty, de Sixième ?
- C'est moi.
- Ca te dit de venir au Bal de Noël avec moi ?
- Uh ?... Laisse moi réfléchir, d'accord ?
- Pas de problème, lui répondit ce dernier en lui faisant un clin d'oeil. Il se tourna vers son ami de l'autre côté et continua sa conversation.
- C'est ce qu'on appelle quelque chose de vite expédié, commenta Sirius.
- Tu vas aller avec lui ? demanda Peter.
- A ton avis ? railla Tina.
- T'avais un espoir secret, c'est ça, Peter ? plaisanta Lena.
- Non, bien sur que non, cafouilla ce dernier en s'enfournant une part de tourte.
- C'est qui, ce gars, au fait ? demanda Betty qui s'était tue depuis.

- C'est l'heure ! s'exclama fébrilement Remus.
- L'heure de quoi ? demanda Lily qui sirotait un jus de citrouille.
- Du feu d'artifice !
- Ah bon ? Je ne savais pas qu'il y en avait un ! s'exclama Lena en éclaboussant Tina et Lily de ketchup. « Désolée ! »
- Bien sur ! James pensait que c'était à cause du temps que le match n'a pas eu lieu, mais c'était pour préparer les feux d'artifices ! Les plus spectaculaires qu'on n'ait jamais vus !
- C'est d'un romantique ! papillonna Sirius.
- Tais-toi ! fit Lena en lui balançant un coup sur la tête.
- Mais je disais ça pour moi !
- C'est ça, oui, dit James. Allez, tais-toi un peu, le compte à rebours a commencé.

Une explosion de couleurs, d'animaux, de personnes célèbres, de poèmes, de fleurs, d'étincelles, de bestioles louches, d'étoiles, de créatures magiques, de soleils, de ballons, de centaures, de licornes, de fumées, de dessins quelconques, colora le ciel noir pour se terminer enfin, après une heure, par une pluie de bonbons reçus en exclusivité.

- C'était merveilleux ! s'exclama Tina en détachant les syllabes.
- Oai, dit Betty en sautillant.
- Qu'est ce qu'on fait, maintenant ? demanda Lily.
- On attend. Ils arrivent, dit James.
Chapitre 20 - Les Dieux veulent nous noyer

# Posté le samedi 13 mai 2006 06:03

Modifié le samedi 23 décembre 2006 06:43