Elle s'étira, se leva, ouvrit la fenêtre et alluma la radio.
De la musique rock pour bien se réveiller, rien de tel.
Elle descendit les escaliers en pyjama, et prépara des pancakes pour toute la famille. Sa soeur, de mauvaise humeur, en robe de chambre rose bonbon à peluches, descendit à dix heures et demie pour piquer du gâteau.
- Hé, dit Lily, laisses-en pour les parents !
- Fous moi la paix ! hurla Pétunia, hystérique, tu m'énerves avec tes histoires ! Je prends des pancakes si je veux, et si t'es pas contente, tu peux aller voir ailleurs ! Ils sont vraiment dégueulasses ! cria Pétunia, et en plus d'être cinglée, t'es même pas capable de faire des pancakes ! Maman nous avait appris à en faire quand on avait neuf ans ! T'es vraiment qu'une incapable !
- T'as bien dormi, Pétunia, à moins que tu te sois faite larguée par ton affreux bonhomme de Vernon ? Et puis je te signale que les pancakes sont meilleurs cuits ! Si tu veux qu'ils soient bons, prends ceux qui viennent de sortir du four.
Non mais vraiment !
Pétunia, visiblement écoeurée de s'être fait humilier, se dirigea rageusement vers sa chambre pour n'en sortir que pour aller se plaindre à sa mère.
N'importe quoi !
Après le petit déjeuner, Lily monta à l'étage pour se doucher. A Pré-Au-Lard, elle avait, dans une boutique de cosmétiques, acheté un gel douche Bulles En Fruits qui, à chaque douche qu'on prenait, faisait pleins de parfums différents. Merveilleux, comme sensation.
Revigorée, elle se demandait bien ce qu'elle pourrait faire de sa journée.
Pour commencer, écrire une lettre à Betty, son autre amie.
Lily s'était perdue le premier jour d'école avec Lena, ne sachant où aller pour le cours de Sortilèges. Elles avaient croisé Betty au troisième étage, perdue elle aussi, terrorisée par un affreux tableau qui la poursuivait, de toile en toile. Pouffant d'abord, Lena et Lily l'avaient suivie, pour ensuite hurler et s'enfuir avec leur future amie.
Lily se demandait toujours si c'était un rituel pour les premières années ou un simple hasard, mais elle avait sa petite idée là-dessus.
Elles s'étaient fait sermonner par leur directrice de Maison, le Professeur Mc Gonagall et avaient raté leur première heure de cours, avec la menace de la lettre aux parents. Pas très glorieux comme première journée.
Souriant à ces souvenirs, Lily termina la matinée en écrivant sa lettre.
Salut, Bet !
Comment tu vas ? Moi, je vais bien, sauf que ma soeur a failli me gâcher la journée. Une histoire de pancakes, j't'expliquerai.
Je me demandais comment ça se passait, en Turquie, c'est bien ?
J'ai eu des nouvelles de Lena, elle s'éclate en Belgique.
T'as eu des nouvelles de qui, toi ?
Tina va venir me voir demain. On est toutes les deux coincées dans notre beau petit pays, alors on en profite pour se voir souvent.
Tu reviens quand ?
Dis le moi, comme ça on pourra se voir directement.
Je t'embrasse.
Lily
Entendant sa mère l'appeler, elle se dirigea vers le salon, en fermant sa lettre et en l'accrochant à la patte d'Ergon, son hibou.
Son père et sa mère lui faisaient face, avec un grand sourire.
- Alors, chérie, comment se passent tes vacances ? lui demanda son père.
Elle n'avait pas eu beaucoup l'occasion de le voir, ces temps-ci. A croire que pendant l'été il y avait une recrudescence de suicides et d'accidents.
- Bien, bien, et les vôtres ?
Comme Lily sortait souvent flâner dehors, pour se promener avec des amis Moldus, ou bien en solitaire, et que ses parents avaient un emploi du temps assez chargé, ils ne se voyaient presque qu'au repas du soir.
En effet, son père, était tout le temps fourré à l'hôpital, et sa mère, directrice de Centre de Vacances pour enfants y était de huit heures à dix-sept.
- Bon, dit sa mère, légèrement nerveuse, ce soir, nous avons un invité.
- Oh, qui est ce ?
- Le copain de Pétunia.
- Ah. Son sourire se décomposa immédiatement de son visage. Allez savoir pourquoi.
- Donc, ton père et moi l'avons invité parce que ta soeur y tenait beaucoup. J'imagine qu'elle tient à lui pour vouloir que nous le rencontrions, fit sa mère en se tordant les mains.
- Et je suis obligée d'assister à ce dîner ? Non, non, s'il vous plait...
- Oui, c'est pourquoi nous te demandons de te tenir à carreaux.
- Quoi ? Mais enfin, papa, tu dis ça comme si j'étais une sale gosse égoïste et hystérique. Tu me confonds avec Pétunia, là ! s'exclama Lily, en gigotant sur son siège. Faut pas exagérer, quand même !
- Je sais, chérie, dit son père avec un léger sourire sur les lèvres, ce qui ne convenait pas du tout à sa femme qui le regardait d'un air outré.
- Mais non, Velna, se défendait Eric, je ne disais pas que Pétunia était ce que Lily en avait dit, s'expliqua-t-il en bafouillant, je disais juste que Lily ne devait en aucun cas faire allusion à la Magie, et tout ça !
- Eh, papa, je ne suis pas stupide, tu sais, je m'inventerai une histoire plausible, parce que sinon Pétunia va m'en vouloir jusqu'à la fin de sa vie parce que j'aurai fait fuir son âme soeur de Don Juan avec mes histoires de dégénérée... D'après Pétunia, encore.
Après s'être mise d'accord avec ses parents sur un mensonge pas trop abracadabrant pour ce fameux Vernon, elle se dirigea vers sa chambre pour se rendre présentable.
Pas que je sois machiavélique, non, mais je veux faire enrager ma chère soeur qui verra son pauvre chéri baver sur moi, niark niark...
Au lieu de ça, elle se mit à danser sur du rock endiablé en pensant à cette soirée qui risquait de ne pas être très amusante.
Dommage que Remus, Peter, Sirius et James ne soient pas là à la place de cet empoté de mec qui sortait avec sa soeur.
Ding donc !
