- *** de réveil !
Lily l'éteignit, se frotta les yeux, s'étira et regarde l'heure : sept heures et demie du matin.
- Mais pourquoi j'ai mis ce foutu réveil si tôt ?
Elle se souvenait, maintenant. Tout revint à elle en flash. Elle avait été voir ses amies chez Betty, elles s'étaient amusées comme des folles, Betty avait piqué de la bière dans le frigo et elles s'étaient légèrement bourrées. Crétines qu'elles étaient.
- La gueule de bois. La première de ma courte vie ! Ca se fête !! Quelle petite nature je fais !
Elle se leva en essayant de faire le moins de bruit possible, les autres dormaient. Elle avait pris sa lettre officielle qu'elle devrait renvoyer avant le lendemain.
Elle repensa à Tina qui parlait du Sacré-***-Qui-Se-Trouvait-Tellement-Intelligent-Qu'il-Se-Faisait-Apeller-Lord-Genre-Je-Suis-Noble...
Ses entrailles se glacèrent rien qu'à cette pensée. Elle avait suivit La Gazette du Sorcier, pendant ses vacances, et les meurtres du Mage Noir et de ses Mangemorts étaient souvent à la Une. Elle avait peur. Elle pensa à ses parents, sa soeur, ses amies, aux Moldus qu'elle côtoyait pendant les vacances, à tous ces innocents qui étaient morts, ceux qui s'étaient battus, les familles des disparus, et à tous les autres qui risquaient de mourir.
Elle pensait à Sirius. Un soir, elle l'avait découvert rouge de rage dans la salle Commune. Elle lui avait demandé ce qui s'était passé et il lui avait tendu une lettre.
Elle s'en souvenait encore... Cette écriture serrée, distinguée...
Cher Fils,
Je voulais vous annoncer le mariage de votre tante Andromeda avec un Moldu, un certain Tonks. Elle s'est apparemment entichée de cette vermine alors qu'elle était destinée à Malefoy. Elle sera bien sûr rayée de l'Arbre Généalogique.
Je voulais vous tenir au courant des dernières nouvelles de notre prestigieuse et noble famille.
Votre mère, Mrs Black.
Il avait prit la lettre des mains de Lily et l'avait jetée dans le feu. Il avait envie de crier, il était rouge et ses mains tremblaient.
- Ah, quelle vieille harpie sénile! s'était-t-il enfin écrié, de quel droit se permet-elle de juger et de critiquer les gens de la sorte!
Il s'était mit à hurler des choses incompréhensibles dans le silence troublant de la Salle Commune.
Il s'effondra dans un fauteuil et sa voix se brisa. Lily s'accroupit près de Sirius. Il se blottit dans ses bras comme un enfant qui aurait eu peur de l'orage et elle le berça, en lui disant des douces paroles pour l'apaiser. Il avait finit par s'endormir.
Lily était étonnée. Elle avait toujours su que Sirius était de sang pur et que sa famille était aristocrate, mais elle ne savait pas qu'il éprouvait une telle haine envers les siens et que dans ce genre de familles, les mariages étaient arrangés. A la réflexion, c'était évident. Si elle en croyait les rumeurs de folie qui touchaient ces si nobles familles, par la consanguinité...
Mais elle ne pensait pas que Sirius se mettrait dans un état pareil pour si peu. Il y avait autre chose... N'empêche qu'elle était sacrément mal à l'aise qu'il lui pleure dessus comme ça. Elle n'était pas habituée à des crises de larmes, surtout pas de la part de Sirius Black, le tombeur de ces dames.
Elle avait mal au ventre rien que d'y repenser. Il avait tellement la haine contre sa famille et leurs idées. Ils approuvaient Le-Sanguinaire-Bientôt-Aliéné.
Ils avaient renié Sirius parce qu'il n'avait pas été envoyé à Serpentard (!!)
Son illustre famille l'avait renié parce qu'il était ami avec des Sang de Bourbes. Elle.
Ils le détestaient et il le leur rendait bien.
Sirius n'avait jamais plus vu sa mère. Ni personne du mauvais côté de la famille.
Tout ça, elle l'avait appris après, par des intermédiaires, se sentant égoïste de ne pas s'être intéressée au cas Sirius un peu plus tôt, et que ce soient ces petites pestes de radoteuses qui trouvaient ça tellement rebelle de la part du Ténébreux (Sirius, pas Voldy) qui le lui aient dit, par le plus grand des hasards.
Lily se dirigea vers la salle de bain, en zigzaguant entre les sacs de couchages posés au sol où dormaient ses amies. Lena grognait quelque chose et Tina souriait. Lily aurait aimé avoir un sommeil si paisible. Le réveil plutôt.
Elle ouvrit la boite à pharmacie, et dénicha une boite d'aspirine. Deux, cul sec.
Les parents de Betty étaient Moldus. Comme les siens. Ca a été un choc pour eux d'apprendre que leur fille était une sorcière. Comme pour les siens. Ils ne disposaient donc pas de Potions, ou quoique ce soit d'autre qui permettait de ne plus avoir mal à la tête en trois secondes. Elle attendrait le temps qu'il faudra.
Elle prit une douche chaude, froide, chaude, et froide, pour bien se réveiller et pour avoir les idées plus claires. Elle s'était toujours servie chez ses amies, ça avait toujours été comme ça. Depuis qu'elles se connaissaient, du moins. Elle avait vraiment les pensées embrouillées ce matin !
Elle entendit des rires qui venaient de la chambre.
Quand elle entra, elle reçut un coussin qui était destiné à sa figure, gracieuseté de réflexes.
Une monstrueuse bataille d'oreillers s'ensuivit.
Vers huit heures et demie, les filles, dans la cuisine, étaient en train, plutôt bien que mal, de préparer le petit déjeuner.
- Bon, comme Tina et moi sommes sorcières et que nous ne savons pas comment faire un petit déjeuner à la moldue, nous allons vous regarder faire, hein, Tina, dit Lena en faisant un grand sourire.
- Eh, y'a pas d'âge pour apprendre, feignasse ! s'écria Lily, viens, on va lui montrer comment marche un presse-fruits !
Quand Lily actionna la machine, Lena la regarda d'un oeil soupçonneux.
- T'as peur qu'elle t'attaque ? s'esclaffa Tina.
- Nan, mais imagine qu'on soit transformées en fruits, et qu'on nous presse comme ça ! Quelles souffrances terribles on endurerait ! essaya de se justifier Lena. Excusez-moi, c'est le matin.
- Mais pourquoi on serait transformées en fruits ? demanda Betty, qui versait
le jus dans des verres, n'en menant pas large.
- Faisons comme si je n'avais pas manifesté ma présence, fit Lena.
- Lena, t'es incorrigible, quelques fois ! lui dit Tina affectueusement en lui pinçant la joue comme une vieille tante qui sentait la pâtée pour chats.
Et elles se mirent toutes à rire, d'un rire qui sonnait faux tellement leurs voix étaient cassées.
- On est vraiment crevées pour rire pour un rien, comme ça ! En plus j'ai un affreux mal de crâne, fit Lena en grimaçant.
- Moi, j'ai déjà pris une aspirine, dit Lily. Deux, en fait.
- Une aspi quoi ? C'est quoi, ça ? demanda Tina, curieuse
- Aspirine, reprit Betty. Viens, je vais te montrer, et même t'en donner. Nous n'avons pas de potions, ici.
Et elles montèrent ensembles à l'étage en écoutant Betty qui expliquait les propriétés des médicaments moldus et tout le bataclan.
Quand elles furent enfin prêtes pour faire des courses sur le Chemin de Traverse, Lily, prise d'une soudaine inspiration, prit son formulaire, le remplit, ferma son enveloppe et la mit en poche. Elle la donnera à un hibou une fois chez Tom.

